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Les textes que l'on aime

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Message par Kerkallog le Dim 1 Nov 2020 - 18:33

Les textes littéraires que vous appréciez pour toutes les raisons qui vous sont propres:

Les bijoux

La très-chère était nue, et, connaissant mon coeur,
Elle n'avait gardé que ses bijoux sonores,
Dont le riche attirail lui donnait l'air vainqueur
Qu'ont dans leurs jours heureux les esclaves des Maures.

Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
Ce monde rayonnant de métal et de pierre
Me ravit en extase, et j'aime à la fureur
Les choses où le son se mêle à la lumière.

Elle était donc couchée et se laissait aimer,
Et du haut du divan elle souriait d'aise
A mon amour profond et doux comme la mer,
Qui vers elle montait comme vers sa falaise.

Les yeux fixés sur moi, comme un tigre dompté,
D'un air vague et rêveur elle essayait des poses,
Et la candeur unie à la lubricité
Donnait un charme neuf à ses métamorphoses ;

Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,
Polis comme de l'huile, onduleux comme un cygne,
Passaient devant mes yeux clairvoyants et sereins ;
Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne,

S'avançaient, plus câlins que les Anges du mal,
Pour troubler le repos où mon âme était mise,
Et pour la déranger du rocher de cristal
Où, calme et solitaire, elle s'était assise.

Je croyais voir unis par un nouveau dessin
Les hanches de l'Antiope au buste d'un imberbe,
Tant sa taille faisait ressortir son bassin.
Sur ce teint fauve et brun, le fard était superbe !

Et la lampe s'étant résignée à mourir,
Comme le foyer seul illuminait la chambre,
Chaque fois qu'il poussait un flamboyant soupir,
Il inondait de sang cette peau couleur d'ambre !

Charles BAUDELAIRE
1821 - 1867


https://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/charles_baudelaire/les_bijoux

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Message par trollinet le Dim 1 Nov 2020 - 20:53

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent


Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ; ce sont
Ceux dont un dessein ferme emplit l'âme et le front.
Ceux qui d'un haut destin gravissent l'âpre cime.
Ceux qui marchent pensifs, épris d'un but sublime.
Ayant devant les yeux sans cesse, nuit et jour,
Ou quelque saint labeur ou quelque grand amour.
C'est le prophète saint prosterné devant l'arche,
C'est le travailleur, pâtre, ouvrier, patriarche.
Ceux dont le coeur est bon, ceux dont les jours sont pleins.
Ceux-là vivent, Seigneur ! les autres, je les plains.
Car de son vague ennui le néant les enivre,
Car le plus lourd fardeau, c'est d'exister sans vivre.
Inutiles, épars, ils traînent ici-bas
Le sombre accablement d'être en ne pensant pas.
Ils s'appellent vulgus, plebs, la tourbe, la foule.
Ils sont ce qui murmure, applaudit, siffle, coule,
Bat des mains, foule aux pieds, bâille, dit oui, dit non,
N'a jamais de figure et n'a jamais de nom ;
Troupeau qui va, revient, juge, absout, délibère,
Détruit, prêt à Marat comme prêt à Tibère,
Foule triste, joyeuse, habits dorés, bras nus,
Pêle-mêle, et poussée aux gouffres inconnus.
Ils sont les passants froids sans but, sans noeud, sans âge ;
Le bas du genre humain qui s'écroule en nuage ;
Ceux qu'on ne connaît pas, ceux qu'on ne compte pas,
Ceux qui perdent les mots, les volontés, les pas.
L'ombre obscure autour d'eux se prolonge et recule ;
Ils n'ont du plein midi qu'un lointain crépuscule,
Car, jetant au hasard les cris, les voix, le bruit,
Ils errent près du bord sinistre de la nuit.

Quoi ! ne point aimer ! suivre une morne carrière
Sans un songe en avant, sans un deuil en arrière,
Quoi ! marcher devant soi sans savoir où l'on va,
Rire de Jupiter sans croire à Jéhova,
Regarder sans respect l'astre, la fleur, la femme,
Toujours vouloir le corps, ne jamais chercher l'âme,
Pour de vains résultats faire de vains efforts,
N'attendre rien d'en haut ! ciel ! oublier les morts !
Oh non, je ne suis point de ceux-là ! grands, prospères,
Fiers, puissants, ou cachés dans d'immondes repaires,
Je les fuis, et je crains leurs sentiers détestés ;
Et j'aimerais mieux être, ô fourmis des cités,
Tourbe, foule, hommes faux, coeurs morts, races déchues,
Un arbre dans les bois qu'une âme en vos cohues !

Victor HUGO
1802 - 1885


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Message par Kerkallog le Dim 1 Nov 2020 - 21:02

...çà sentait fort le Victor dès le début! cheers

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Message par Kerkallog le Jeu 5 Nov 2020 - 20:15

INCIPIT:


"...Ce fut comme une apparition :

Elle était assise, au milieu du banc, toute seule ; ou du moins il ne distingua personne, dans l'éblouissement que lui envoyèrent ses yeux. En même temps qu'il passait, elle leva la tête ; il fléchit involontairement les épaules ; et, quand il se fut mis plus loin, du même côté, il la regarda.

Elle avait un large chapeau de paille, avec des rubans roses qui palpitaient au vent derrière elle. Ses bandeaux noirs, contournant la pointe de ses grands sourcils, descendaient très bas et semblaient presser amoureusement l'ovale de sa figure. Sa robe de mousseline claire, tachetée de petits pois, se répandait à plis nombreux. Elle était en train de broder quelque chose ; et son nez droit, son menton, toute sa personne se découpait sur le fond de l'air bleu.

Comme elle gardait la même attitude, il fit plusieurs tours de droite et de gauche pour dissimuler sa manœuvre ; puis il se planta tout près de son ombrelle, posée contre le banc, et il affectait d'observer une chaloupe sur la rivière.

Jamais il n'avait vu cette splendeur de sa peau brune, la séduction de sa taille, ni cette finesse des doigts que la lumière traversait. Il considérait son panier à ouvrage avec ébahissement, comme une chose extraordinaire. Quels étaient son nom, sa demeure, sa vie, son passé ? Il souhaitait connaître les meubles de sa chambre, toutes les robes qu'elle avait portées, les gens qu'elle fréquentait ; et le désir de la possession physique même disparaissait sous une envie plus profonde, dans une curiosité douloureuse qui n'avait pas de limites.

Une négresse, coiffée d'un foulard, se présenta, en tenant par la main une petite fille, déjà grande. L'enfant, dont les yeux roulaient des larmes, venait de s'éveiller. Elle la prit sur ses genoux. " Mademoiselle n'était pas sage, quoiqu'elle eût sept ans bientôt ; sa mère ne l'aimerait plus ; on lui pardonnait trop ses caprices. " Et Frédéric se réjouissait d'entendre ces choses, comme s'il eût fait une découverte, une acquisition.

Il la supposait d'origine andalouse, créole peut-être ; elle avait ramené des îles cette négresse avec elle ?

Cependant, un long châle à bandes violettes était placé derrière son dos, sur le bordage de cuivre. Elle avait dû, bien des fois, au milieu de la mer, durant les soirs humides, en envelopper sa taille, s'en couvrir les pieds, dormir dedans ! Mais, entraîné par les franges, il glissait peu à peu, il allait tomber dans l'eau ; Frédéric fit un bond et le rattrapa. Elle lui dit :

- " Je vous remercie, monsieur. "

Leurs yeux se rencontrèrent.

- " Ma femme, es-tu prête ? " cria le sieur Arnoux, apparaissant dans le capot de l'escalier. ...

Flaubert - L'éducation sentimentale - Extrait du chapitre 1 de la première partie....."

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Message par Catharing le Mar 29 Déc 2020 - 18:29

Salut,


Préface. (Il n'y a plus rien, 1973)  Léo Ferrer

La poésie contemporaine ne chante plus … elle rampe.
Elle a cependant le privilège de la distinction…
Elle ne fréquente pas les mots mal famés… elle les ignore.
On ne prend les mots qu’avec des gants : à « menstruel » on préfère périodique »,
Et l’on va répétant qu’il est des termes médicaux

Qu’il ne faut pas sortir du laboratoire et du codex.
Le snobisme scolaire qui consiste, en poésie, à n’employer que certains mots déterminés,
à la priver de certains autres, qu’ils soient techniques, médicaux, populaires ou argotiques,
Me fait penser au prestige du rince-doigts et du baisemain.
Ce n’est pas le rince-doigts qui fait les mains propres ni le baisemain qui fait la tendresse.
Ce n’est pas le mot qui fait la poésie mais la poésie qui illustre le mot.
Les écrivains qui ont recours à leurs doigts pour savoir s’ils ont leur compte de pieds,
Ne sont pas des poètes, ce sont des dactylographes.

Le poète d’aujourd’hui doit être d’une caste d’un parti ou du « Tout Paris ».
Le poète qui ne se soumet pas est un homme mutilé.
La poésie est une clameur. Elle doit être entendue comme la musique.
Toute poésie destinée à n’être que lue et enfermée dans sa typographie n’est pas finie.
Elle ne prend son sexe qu’avec la corde vocale
Tout comme le violon prend le sien avec l’archet qui le touche.
L’embrigadement est un signe des temps. De notre temps.

Les hommes qui pensent en rond ont les idées courbes.
Les sociétés littéraires c’est encore la Société.
La pensée mise en commun est une pensée commune.

Mozart est mort seul, accompagné à la fosse commune par un chien et des fantômes.
Renoir avait les doigts crochus de rhumatismes.
Ravel avait dans la tête une tumeur qui lui suça d’un coup toute sa musique.
Beethoven était sourd. Il fallut quêter pour enterrer Bela Bartok.
Rutebeuf avait faim. Villon volait pour manger. Tout le monde s’en fout.

L’Art n’est pas un bureau d’anthropométrie.
La Lumière ne se fait que sur les tombes.

Nous vivons une époque épique et nous n’avons plus rien d’épique.
La musique se vend comme le savon à barbe.
Pour que le désespoir même se vende il ne nous reste qu’à en trouver la formule.
Tout est prêt : les capitaux, la publicité, la clientèle.
Qui donc inventera le désespoir ?

Avec nos avions qui dament le pion au soleil.
Avec nos magnétophones qui se souviennent de ces « voix qui se sont tues »,
Avec nos âmes en rade au milieu des rues,
Nous sommes bord du vide, ficelés dans nos paquets de viande
à regarder passer les révolutions.
N’oublier jamais que ce qu’il y a d’encombrant dans la Morale,
C’est que c’est toujours la Morale des Autres.


Les plus beaux chants sont des chants de revendication.
Le vers doit faire l’amour dans la tête des populations.
A l’école de la poésie, on n’apprend pas. ON SE BAT !

________________________________________________________
"Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n’est pas que vous croyez ces mensonges mais que plus personne ne croit plus rien.
Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut se faire une opinion.
Il est privé non seulement de sa capacité d’agir mais aussi de sa capacité de penser et de juger.
Et avec un tel peuple, vous pouvez faire ce que vous voulez." H.Arendt

"La liberté d'opinion est une farce si l'information sur les faits n'est pas garantie et si ce ne sont pas les faits eux-mêmes qui font l'objet du débat."  H.Arendt

Lalalalalala
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Message par Kyraly le Mar 29 Déc 2020 - 19:11

Un aviateur irlandais prévoit sa mort 

Je le sais, que mon destin m’attend

 Là-haut quelque part dans les nuages ;

 Je ne hais pas qui je combats,

 Je n’aime pas qui je protège ;

 Mon pays a pour nom Kiltartan Cross,

 Mes compatriotes, ses pauvres.

 Quelle issue probable leur ferait tort

 Ou les rendrait heureux ?

 Devoir ni loi ne m’obligeraient,

 Pas plus la foule que l’Etat ;

 L’appel d’une joie solitaire

 M’a projeté dans ce tumulte ;

 J’ai tout bien pesé, fait un bilan ;

 L’avenir : un vain souffle ;

 Le passé : rien de plus,

 Devant cette vie, cette mort.


WB Yeats
 (Poème en hommage à l’aviateur Robert Gregory)

________________________________________________________
« La guerre, c'est la paix. » : L Tolstoi (je crois)
« La liberté, c'est l’esclavage. » : Spartacus (pas sur)
« L'ignorance, c'est la force. » : F Dostoïevski (a vérifier)
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Message par Kyraly le Mer 13 Jan 2021 - 9:58

The Charge of the Light Brigade
BY ALFRED, LORD TENNYSON
I
Half a league, half a league,
Half a league onward,
All in the valley of Death
   Rode the six hundred.
“Forward, the Light Brigade!
Charge for the guns!” he said.
Into the valley of Death
   Rode the six hundred.

II
“Forward, the Light Brigade!”
Was there a man dismayed?
Not though the soldier knew
   Someone had blundered.
   Theirs not to make reply,
   Theirs not to reason why,
   Theirs but to do and die.
   Into the valley of Death
   Rode the six hundred.

III
Cannon to right of them,
Cannon to left of them,
Cannon in front of them
   Volleyed and thundered;
Stormed at with shot and shell,
Boldly they rode and well,
Into the jaws of Death,
Into the mouth of hell
   Rode the six hundred.

IV
Flashed all their sabres bare,
Flashed as they turned in air
Sabring the gunners there,
Charging an army, while
   All the world wondered.
Plunged in the battery-smoke
Right through the line they broke;
Cossack and Russian
Reeled from the sabre stroke
   Shattered and sundered.
Then they rode back, but not
   Not the six hundred.

V
Cannon to right of them,
Cannon to left of them,
Cannon behind them
   Volleyed and thundered;
Stormed at with shot and shell,
While horse and hero fell.
They that had fought so well
Came through the jaws of Death,
Back from the mouth of hell,
All that was left of them,
   Left of six hundred.

VI
When can their glory fade?
O the wild charge they made!
   All the world wondered.
Honour the charge they made!
Honour the Light Brigade,
   Noble six hundred!

un magnifique poème pour un acte héroiquement stupide :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Charge_de_la_brigade_l%C3%A9g%C3%A8re
(le film avec Eroll Flynn est admirable)

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Message par KrAvEn le Mer 13 Jan 2021 - 10:56

In french, here Alfred Lord Tennyson - Paroles de « The Charge of the Light Brigade » + traduction en français (lyricstranslate.com)


L'aigle et les poules - EMCI TV 

Les textes que l'on aime  1378866653_619_1200x667x0
Une vieille légende indienne raconte qu'un brave trouva un jour un oeuf d'aigle, et le déposa dans le nid d'une « poule de prairie ». L'aiglon vit le jour au milieu d'une portée de poussins de prairie, et grandit avec eux.

Toute sa vie, l'aigle fit ce qu'une poule de prairie fait normalement. Il chercha dans la terre des insectes et de la nourriture. Il caqueta de la même façon qu'une poule de prairie. Et, lorsqu'il volait, c'était dans un nuage de plumes et sur quelques mètres à peine.

Après tout, c'est ainsi que les poules de prairie sont censées voler.

Les années passèrent. Et l'aigle devint très vieux. Un jour, il vit un oiseau magnifique planer dans un ciel sans nuage. S'élevant avec grâce, il profitait des courants ascendants, faisant à peine bouger ses magnifiques ailes dorées.

"Quel oiseau splendide !" dit notre aigle à ses voisins. "Qu'est-ce que c'est ?"

"C'est un Aigle, le roi des oiseaux," caqueta sa voisine. "Mais il ne sert à rien d'y penser à deux fois. Tu ne seras jamais un aigle."

Ainsi, l'aigle n'y pensa jamais à deux fois.

Il mourut, en pensant qu'il était une poule de prairie.

Vous est-il arrivé de penser, vous aussi, que vous étiez une poule de prairie ?

Pensez-y à deux fois...

________________________________________________________
Aussi audacieux soit-il d'explorer l'inconnu, il l'est plus encore de remettre le connu en question ! (Kaspar) - In Shadow, A Modern Odyssey - Ozymandias - La grande implosion/Rapport sur l'effondrement de l'Occident (Pierre Thuillier)
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Message par KrAvEn le Jeu 14 Jan 2021 - 11:29

KrAvEn a écrit:In french, here Alfred Lord Tennyson - Paroles de « The Charge of the Light Brigade » + traduction en français (lyricstranslate.com)


L'aigle et les poules - EMCI TV 

Les textes que l'on aime  1378866653_619_1200x667x0
Une vieille légende indienne raconte qu'un brave trouva un jour un oeuf d'aigle, et le déposa dans le nid d'une « poule de prairie ». L'aiglon vit le jour au milieu d'une portée de poussins de prairie, et grandit avec eux.

Toute sa vie, l'aigle fit ce qu'une poule de prairie fait normalement. Il chercha dans la terre des insectes et de la nourriture. Il caqueta de la même façon qu'une poule de prairie. Et, lorsqu'il volait, c'était dans un nuage de plumes et sur quelques mètres à peine.

Après tout, c'est ainsi que les poules de prairie sont censées voler.

Les années passèrent. Et l'aigle devint très vieux. Un jour, il vit un oiseau magnifique planer dans un ciel sans nuage. S'élevant avec grâce, il profitait des courants ascendants, faisant à peine bouger ses magnifiques ailes dorées.

"Quel oiseau splendide !" dit notre aigle à ses voisins. "Qu'est-ce que c'est ?"

"C'est un Aigle, le roi des oiseaux," caqueta sa voisine. "Mais il ne sert à rien d'y penser à deux fois. Tu ne seras jamais un aigle."

Ainsi, l'aigle n'y pensa jamais à deux fois.

Il mourut, en pensant qu'il était une poule de prairie.

Vous est-il arrivé de penser, vous aussi, que vous étiez une poule de prairie ?

Pensez-y à deux fois...
Pour les enfants, rajoutez une fin heureuse ; demandez à l'enfant d'imaginer ce que l'aigle aurait dû faire.

Dans le même état esprit (ne pas écouter les pensées négatives), mais avec une fin positive : la course de grenouille. La course de grenouilles | MOMES.net
Une bande de grenouilles décida d’organiser une course. L’enjeu était d’être la première à arriver tout en haut d’une très grande tour.

Dès que la nouvelle de la course se répandit dans le village, des tas de grenouilles curieuses se rassemblèrent pour voir et soutenir les concurrentes.

Pleines de courage et de motivation, les candidates se placèrent sur la ligne de départ et commencèrent à grimper.

Mais très vite, les villageoises se mirent à faire des commentaires désobligeants : “Elles n’y arriveront jamais !”, “Elles sont bien trop lentes !”

Au bout de quelques minutes, certaines grimpeuses se sentirent démotivées et quittèrent la course. D’autres succombèrent à la fatigue et préférèrent s’asseoir pour regarder celles qui continuaient.

Les commentaires des villageoises reprirent de plus belle : “Pour qui se prennent-elles, si c’était possible, nous l’aurions déjà fait !” dirent certaines. “On n’a jamais vu pareille sottise, les grenouilles ne sont pas faites pour grimper !” dirent d’autres.

Les petites concurrentes malgré leur courage, commencèrent à mesurer les difficultés de leur projet. Elles quittèrent la course l’une après l’autre.

Toutes. Sauf une.

Elle grimpait lentement, sans relâche, tandis qu’autour d’elle les commentaires se faisaient de plus en plus insistants : « Descends, tu n’y arriveras jamais ! ». « Ce que tu es ridicule ! ».

Pourtant, inlassablement, la petite grenouille continua à avancer.

Après un énorme effort, elle finit par gagner le sommet. Toutes se précipitèrent autour d’elle pour savoir comment elle avait fait pour réaliser ce que personne au monde n’avait encore jamais fait. L’une d’entre elles s’approcha pour lui demander sa recette.

C’est alors qu’elle découvrit que la petite championne était sourde…

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Message par Résilient Hier à 8:41

Le Yéti a écrit:Depuis le début de cette crise pseudo-sanitaire en mars 2020, il est rapidement devenu clair qu’il fallait se fixer ses propres règles de conduite pour rester en accord avec soi-même et ne pas vivre idiot.
Mais la détérioration de la situation, face à la régression répressive de dirigeants dépassés – troisième confinement en vue, passeports sanitaires en vue (le personnel soignant vacciné arborera un badge pour bien le distinguer des autres…), création d’une unité CRS d’intervention rapide… – pousse à passer à un autre stade : l’entrée en semi-clandestinité, c’est-à-dire la mise en actes concrets de nos règles personnelles de comportement.
Pour tout vous dire, en ce qui me concerne, c’est déjà le cas depuis quelques temps. Mais la nouveauté, c’est le constat qu’il n’y a pas que les révoltés chroniques à se livrer à des actes séditieux. Les gens que je côtoie quotidiennement n’ont rien de militants chevronnés, mais adaptent désormais leurs vies à leur gré, transgressent les règles absurdes du confinement, ont fait fi des interdictions pendant les fêtes, s’organisent en marge de la vie économique habituelle quand celle-ci patine, font fi des couvre-feux pour se retrouver dans des bars clandestinement ouverts [photo]

La semi-clandestinité, étape intermédiaire avant la lutte clandestine totale pour la vie et la dignité

L’acte subversif de la semi-clandestinité se distingue de l’acte délictueux qui vise à satisfaire un appétit égoïste. Il n’a rien à voir non plus avec la posture assez ado et stérile de l’insoumission qui prône la désobéissance au chef, quand le véritable subversif se passe juste de l’autorité lorsque celle-ci a failli.
C’est la faillite de l’autorité et toutes les conséquences chaotiques qui en résultent – économiques, politiques, sociales, morales, intellectuelles – qui contraignent les citoyens adultes et responsables à choisir de vivre au quotidien en semi-clandestinité.
Mais les esprits restés saints et lucides savent aussi que le chaos va aller s’aggravant, que l’attitude des gouvernants va encore se tendre et poussera à des comportements bien plus radicaux : réaction de dignité, la semi-clandestinité n’est que l’étape intermédiaire avant la lutte clandestine totale visant à récupérer une liberté perdue.


Ici

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Message par KrAvEn Hier à 9:08

Résilient a écrit:Ici
"Vivre libre, c’est désormais se résoudre à vivre en semi-clandestinité".

Ca a toujours été un peu le cas pour au moins une minorité de personnes (un peu "hors norme"), non ?

"Je me sens toujours heureux, savez vous pourquoi ? Parce que je n'attends rien de personne. Les attentes font toujours mal, la vie est courte. Aimez votre vie, soyez heureux, gardez le sourire et souvenez vous : avant de parler, écoutez. Avant d'écrire, réfléchissez. Avant de prier, pardonnez. Avant de blesser, considérez l'autre. Avant de détester, aimez et avant de mourir, vivez !" William Shakespeare.

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Message par Résilient Hier à 9:19

Krav a écrit:Ca a toujours été un peu le cas pour au moins une minorité de personnes (un peu "hors norme"), non ? 

Oui. Mais là, précisément, il parle de gens normaux. 
Avec tout ce qu'ils nous pondent de lois, de règlements qui deviennent techniquement ou financièrement inapplicables, beaucoup de gens s'habituent actuellement à vivre certains aspects de leurs vies en "semi-illégalité" (défaut d'assurance, de permis, armes non déclarés, permis de construire ou d'aménager absents, contrôle technique périmé...). 

Ça peut générer un sentiment d'impunité qui pourrait rapidement mener vers des trucs plus illégaux. 

Voir par exemple comment ça se passe dans les "quartiers". 

Une parfaite illustration du proverbe "Qui vole un oeuf (finit par) voler un boeuf".

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Message par KrAvEn Hier à 9:28

Résilient a écrit:Oui. Mais là, précisément, il parle de gens normaux. 
Avec tout ce qu'ils nous pondent de lois, de règlements qui deviennent techniquement ou financièrement inapplicables, beaucoup de gens s'habituent actuellement à vivre certains aspects de leurs vies en "semi-illégalité" (défaut d'assurance, de permis, armes non déclarés, permis de construire ou d'aménager absents, contrôle technique périmé...). 
Yep ! Les russes ont connus ça, autrefois ; la dissidence est passé à l'ouest, dixit Alexandre Issaïevitch Soljenitsyne.
Tout ça (usine à gaz, interdictions, mensonges, etc) aura mené à l'effondrement du bloc de l'est.

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