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[Retex] L'élevage et la mort, théorie et pratique

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Message par Willou Mer 4 Mar 2015 - 1:47

Salut les amis.
Voici un témoignage à coeur ouvert sur l'élevage que vous ne trouverez peut-être pas ailleurs, et en bonus un retex sur la première phase de préparation d'une carcasse (éviscération et dépeçage). Je n'ai pas eu le temps consulter le contenu existant sur le forum pour les raisons expliquée plus bas.
Je sais qu'il y a pas mal de chasseurs qui me lisent, mais j'écris plutôt pour ceux qui comme moi ne connaissent pas ces choses-là et n'ont pas l'expérience de la mort.

Dans ma démarche pour devenir plus autonome, j'élève depuis un an trois chèvres et un bouc de la race rustique Massif central.

Je me suis bien fait à l'idée que produire du lait signifie aussi avoir des chevraux et savoir quoi en faire. La plupart des végétariens que j'ai rencontrés croient que consommer des laitages évite de tuer des bêtes !
Les femelles à la limite peuvent agrandir le troupeau, mais plus d'un bouc c'est pas possible longtemps. Ca signifie soit les vendre, soit les manger. Je suis pour remplacer 95% de la ration de viande des occidentaux par des haricots et des lentilles, mais j'avoue qu'un peu de viande les jours de fête, c'est pas de refus.

Alors toujours dans l'optique d'autonomie et de qualité alimentaire, j'ai choisi la seconde option (les manger) et m'y suis préparé psychologiquement. Car un animal d'élevage, ça n'est pas du gibier. Ca n'est pas un trophée que l'on a chassé (même respectueusement) et jamais connu. Quand on élève peu d'animaux, c'est un peu comme votre chien ou votre chat. Ils ont un nom, vous connaissez leur caractère. Ils vous reconnaissent et viennent vous faire des bafouilles.

Je me suis donc dit, je ne donnerai pas de nom aux chevraux, et dès leur naissance, je garderai à l'esprit qu'ils seront destinés à l'abattage. Malgré la difficulté (un chevreau, c'est comme un chaton), je ne développerai pas de lien affectif avec eux.

OK

Maintenant, si je vous dis que j'ai trouvé ce matin le cadavre de mon jeune bouc reproducteur, mort cette nuit d'une mort violente dans des circonstances tragiques (dont je n'ai pas du tout envie de parler) ?
Là je parle du futur papa, pas des chevreaux. Je parle de celui que je vois tous les jours, qui m'accompagne en balade et me donne des coups de cornes quand je ne lui gratte pas derrière les oreilles.
De mon pote Django quoi.

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                   Juillet, âge 5 mois                    Décembre, âge 10 mois             Février, âge 1 an

Ne pas le manger aurait été comme une deuxième mort. Il aurait été élevé et serait mort pour rien. J'ai donc décidé de m'occuper de la carcasse car la viande était encore consommable d'un point de vue sanitaire (peut-être un peu limite diront certains).
N'ayant pas encore eu de naissance, le premier abattage n'était pas prévu avant belle lurette. Je n'avais pas de raisons de me préparer à court terme à devoir éviscérer et dépecer une bête de 40 kg.
Sans connaissances particulières sur la préparation d'une carcasse, je suis parti de zéro, en néophyte complet, et dans l'urgence. Car il ne fallait pas traîner pour éviter que la viande ne soit gâtée.

Je lis 2-3 tutos sur le net (notamment celui-là bien imagé). Puis j'aiguise au max un bon opinel acier (pierre plate puis pierre à faux très fine, à l'eau), enfile des gants latex, et je me lance.

[Ames sensibles s'abstenir]

Je commence par le pendre par les pieds pour faire sortir le mucus qu'il a dans les poumons.

Je découpe la peau verticalement au milieu des bourses pour dégager les testicules.
La pointe du couteau traverse difficilement la peau. En faisant un mouvement parallèle (comme une scie) ça coupe beaucoup mieux.
La peau colle à la chair et aux testicules. Je dois tirer légèrement dessus et promener le fil de mon couteau entre la peau et le reste en frottant légèrement, sans trop appuyer, pour couper la membrane transparente qui la retient sur chaque centimètre carré de chair.
Toujours verticalement, je remonte pour atteindre la base des testicules. Puis je descends pour ouvrir la peau de la verge en deux et j'en profite pour aller jusqu'au nombril. J'y vais doucement, car j'ai dans la tête l'image hollywoodienne des intestins qui se déversent d'un coup si je perce l'abdomen.
Je découvre que la verge remonte sous la peau jusqu'à l'anus. Différents tuyaux conduisent le sperme et l'urine. J'essaie de ne pas sectionner celui de l'urine (l'urètre) tout en me disant pour la première fois de la journée, et pas la dernière, que j'aurais dû mieux suivre les cours d'anatomie au collège.

Une fois les testicules et la verge sortis je change de stratégie pour éviter la scène hollywoodienne des intestins et dépose la carcasse sur le flan sur une table en extérieur, à l'ombre côté nord. L'avantage est que les divers organes sont censés reposer gentiment sur la table une fois l'abdomen ouvert plutôt que de pendre dans le vide au risque de se percer.
Je tranche la peau de la gorge verticalement pour sectionner sous le menton la trachée et l'oesophage (tuyau entre la bouche et l'estomac), que je dégage et laisse pendre.
Les manipulations et les positions ne sont pas évidentes car la carcasse a déjà pris pendant la nuit la raideur cadavérique avec le cou complètement tordu de travers. Je transpire pas mal et les positions de travail sont inconfortables et fatigantes.

Puis je découpe la peau autour de l'anus pour pouvoir le tirer plus tard en même temps que les intestins.
Je me rattaque à la peau de l'abdomen, puis à l'abdomen lui-même (toujours dans le sens de la longueur). Il est gonflé à mort, certainement à cause de la fermentation nocturne. Dès que je l'ouvre un petit peu, les estomacs (multiples chez les herbivores) s'expandent et rendent très délicate l'ouverture de l'abdomen sans les percer.
D'après le tuto, ça avait ensuite l'air facile de sortir tout ce petit monde en deux temps : d'abord partie digestive et vessie, puis partie poumons / foie / coeur. Il suffisait de tirer un peu après avoir coupé la peau autour de l'anus, la trachée et l'oesophage. Et ben non, ou alors j'ai mal compris, ce qui est plus probable.

Les estomacs gonflés prennent toute la place et compactent les intestins contre la colonne vertébrale. Je galère un moment, en découpant tout doucement les différentes membranes qui ne semblent pas être des organes et les accrochent de partout sur les parois. Finalement, j'arrive à aperçevoir les intestins et j'essaie de les dégager doucement. Je dois couper mieux tout autour de l'anus et vraiment couper tous les muscles et décoller le colon, car il ne vient pas juste en tirant un peu. J'y vais molo parce qu'en plus du colon il y a la vessie pas loin et pas question de percer un des deux.
Du sang commence à se mettre de partout et à remplir l'abdomen. J'ai peur d'avoir percé un intestin, mais ce sont juste des artères ou veines le long de la colonne vertébrale. Ouf !
Une vieille locataire débarque à l'improviste pour me verser un loyer et repart épouvantée.
Et finalement, au bout d'un moment, sans trop savoir comment, j'arrive à tout sortir sans catastrophe (perçage des intestins = infection de la viande) excepté la vessie qui est encore en place.

Pour la vessie, je n'ai pas réussi à la sortir avec la verge. J'ai fini pas couper la verge, et vider la vessie par le trou.
J'ai réussi à couper proprement au couteau la symphyse pubienne (partie basse du bassin qui forme le trou par lequel passe le colon et l'urètre), mais finalement ça ne m'a pas beaucoup aidé.

Je mets de côté le foie (magnifique), les reins et le coeur. Les poumons seront pour les poules une fois hachés.
Les testicules et le système digestif sont enterrés profondément dans le compost (pour éviter les charognards), comme préconisé pour les petites carcasses d'animaux par le spécialiste auteur de The Humanure Handbook. Chez moi, tout ce qui n'est pas polluant part au compost.

J'emporte la carcasse pour la pendre cette fois par la tête dans un coin où il y a un jet d'eau. Nettoyage des poils et du sang.
Je retire la partie basse des pattes en les coupant au niveau des genous.
Je retire la peau progressivement en continuant de la même manière avec le couteau. Des habitués feront peut-être moins dans la dentelle en tirant fortement.
Renettoyage des poils et du sang, et voilà, première étape enfin terminée... La découpe des morceaux est pour demain, je branche un congel supplémentaire.

De manière générale, toutes les brindilles, poils et compagnie ont tendance à se coller à la chair et à la graisse. C'est difficile de les décoller, même avec un jet d'eau. Idem pour le sang qui est difficile à nettoyer sur les poils.
Les gants en latex à usage unique, c'est bien, le toucher est parfaitement préservé, mais ça ne tient pas longtemps, en 1h ou 2 ça casse... (comme d'autres choses d'ailleurs)
Temps total estimé 5-6h en comptant le nettoyage.

J'ai pendu la carcasse dans une remise au frais pour la nuit, normalement à l'abri des mouches, pour laisser reposer la viande jusqu'à demain.


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                                 Aujourd'hui

Désolé, j'ai vraiment pas eu le coeur de photographier les étapes, j'ai déjà beaucoup pris sur moi pour "immortaliser" la carcasse et la peau pour Oldu.
(d'autant que je ne prétends pas écrire un tuto, juste raconter les étapes et difficultés rencontrées par un novice)

Voilà pour le retex, aujourd'hui j'ai disséqué et dépecé mon pote Django. Sad  J'ai toujours du mal à croire que je ne vais pas trouver pour le sortir demain matin, comme tous les jours depuis un an.
La mort c'est la vie, mais quand c'est quelqu'un qu'on a apprécié, c'est triste. Crying or Very sad

N'hésitez pas si vous avez des conseils pour la suite, ou des remarques sur des erreurs que j'ai pu faire. Soyez sympa c'est tout ce que je demande.

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Message par Kerkallog Mer 4 Mar 2015 - 9:29

...merci pour ce descriptif très clair pouce 
çà me rappelle mes émois lorsque j'accompagnais le grand-père pour tuer le lapin...

Pour nettoyer les parties cuissots-viande:
une brosse dure avec une bassine d'eau chaude, une dilution de vinaigre & du gros sel ,& frotter vigoureusement.les poils et débris collent sur le gras de la viande.

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Message par Barrique Mer 4 Mar 2015 - 12:46

Salut Willou,


Merci pour ce retex, je trouve que tu as fait preuve d'une grande force morale.

Je suis dans le même cas que toi, à savoir que je n'ai jamais tué et dépecé un animal (excepté 3 poissons que j'ai péché) et j'attends la prochaine occasion pour aller tuer un poulet avec ma grand-mère afin d'avoir une réelle expérience de la mort.

Tout ça dans l'optique un jour d'avoir poules, cochons et autres pour ma consommation personnelle.

Donc toute expérience pour arriver à franchir ce cap et à franchir notre zone de confort est la bienvenue, car je pense que le confort moderne nous a fait perdre de vu certains aspects de la vie des générations précédentes, et qu'il est important de retrouver même si ce n'est pas évident.

Petite question peut-être un peu stupide, mais comment as-tu réussi à prendre le recul nécessaire pour "agir"?


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Message par Menuki Mer 4 Mar 2015 - 13:18

Willou a écrit:Je parle de celui que je vois tous les jours, qui m'accompagne en balade et me donne des coups de cornes quand je ne lui gratte pas derrière les oreilles.
De mon pote Django quoi.
Sachant à quel point les biques peuvent être attachantes, je comprends la difficulté de l'exercice.

Willou a écrit:J'y vais doucement, car j'ai dans la tête l'image hollywoodienne des intestins qui se déversent d'un coup si je perce l'abdomen.
J'ai eu la même idée que toi en vidant mon premier canard. Je pensais qu'il suffisait d'ouvrir le ventre et que tout allait sortir tout seul mais pas du tout. Tout est accroché de partout.
Je ne comprends donc pas : dans les tutos , ils ouvrent et tout sort tout seul ou ils expliquent qu'il n'y a qu'à détacher ceci ou cela mais comment on fait?
Moi, j'ai dû ouvrir la carcasse en deux pour pouvoir glisser ma lame par derrière et libérer les reins et tout le reste.

Si les experts ont une opinion...

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Message par Aristote Mer 4 Mar 2015 - 13:33

Merci pour ce retex clind'oeil

Juste une remarque sous forme de question , quand on trouve un animal mort, il vaut mieux ne pas consommer les parties meurtries.
Cependant si l'animal a été mordu par un autre animal porteur d'une maladie, quid des règles et des précautions à prendre pour éviter une éventuelle contamination ?

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Message par argoth Mer 4 Mar 2015 - 15:56

Salut je vais commencer par mes condoléance pour ton compagnon et merci d’avoir partagé avec nous.

 Ce que tu as réussi à accomplir au vu des circonstances est vraiment très bien.  C'est surement une expérience difficile pour toi, tu as réussi à faire ce qui devait être fait, aussi difficile que cela puisse être.  Je te dirais bien bravo ou félicitation, mais je ne crois pas qu'a tes yeux se soit de circonstance.  Alors je vais juste te dire que dans la situation ou tu te trouvais tu as agit au mieux de ce que tu pouvais, en espérant que ça t'apporte un léger réconfort.

 Tu ne le mentionne pas, peut être là tu fais?  Attaché l'anus avec une ti-rap, une ficelle, un bout de fil électrique, pour le maintenir fermer.  C'est toujours une bonne idée, ça évite que quoi que se soit sorte par là, à un moment ou l'autre de l'opération et ne viennent souiller ta viande.  Sinon dure d'en dire plus sans avoir été là pour te voir, mais je dirais que tu t'en est très bien sortie selon moi.

 Oui les pros, ça leur prends 5 minutes sur leur vidéo, mais ne pas oublié que les vidéo ne sont pas forcément tournée en continu ou montré en totalité.  Certain arrive à le faire très rapidement quand même, mais après de nombreuse heures de pratique.  Sinon oui tout est toujours bien attaché et il faut y allez avec précaution et prendre son temps, surtout au début.  Avec le temps, tu découvriras des manœuvres et ''trucs'' qui te feront gagner du temps sans parler de la dextérité que tu acquières.

 Je sais je reste assez vague et avar d'explication, mais ici comme ailleurs sur le net quand on me demande.  Ce que je dis est toujours la même chose à se sujet.  Viens avec moi ou trouve toi quelqu'un qui sais faire et fait toi le montrer en vrai.  Bien sur dans ton cas, c’était hors de question, il fallait agir rapidement.


 On trouve dans le marché des kits/nécessaire à gibier, avec scie et lame incurvé.  Ça facilite les choses pour certaine étapes, même si ce n’est pas essentiel, tu as très bien réussi sans cela.  Je comprends que tu étais dans l’urgence, mais ça pourrait être intéressant de t’équipe pour la suite.  Si jamais suite il y a, certaine personne après une expérience ne souhaite pas réitérer la chose.  Et tu sais quoi, c’est correct aussi, il faut apprendre a connaitre et a respecter c’est limites et celle des autres.


Aristote a écrit:Juste une remarque sous forme de question , quand on trouve un animal mort, il vaut mieux ne pas consommer les parties meurtries.
Cependant si l'animal a été mordu par un autre animal porteur d'une maladie, quid des règles et des précautions à prendre pour éviter une éventuelle contamination ?

Salut Aristote, ça vas dépendre, il a été mordu par quoi?  Un animal venimeux, quel genre de poison?  Il a été mordu par un animal contaminé?  Contaminé par quoi, la rage, une maladie propre à son espèces, autres chose?

Contaminé par un virus?  Le h5n1, est détruit par la chaleur 56  degré C pendant 3 heures ou 60 degré pendant 30 minutes.  Est-ce le cas pour tous les virus, par forcément et comment tu fais pour savoir si c’est un virus et de quel virus il s’agit?

Contaminé par une bactérie? LA TULARÉMIE, 10 minutes à 56 degré, sensible également au chlore et à la javel.  D’autres seront tuée par le froid, d’autre insensible et comment plus haut, tu le sais comment?

Contaminé par un parasite, La trichinose est un ver invisible, il est faut que  la viande atteigne 71 degré c en intérieur une fois complètement cuite.  Bref tu me vois venir. Avec la suite Smile

Sur un forum internet, au vu des implications que la consommation d’une telle viande pourrait avoir et sans aucune moyen de savoir par quoi exactement elle aurait pu être contaminée.   Le seul conseil sensé qu’on peut donner est le même que celui qu’on retrouve sur les sites officiel.  On ne touche pas à une carcasse d’animal mort sans protection adéquate et ont ne consomme pas la viande.  Après chacun est grand et fait comme il veut.

A+

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On hérite pas de la terre de nos parents, on l'emprunte a nos enfants.

Un peuple qui est près a cédez un peu de libérer pour plus de sécurité, ne mérite n'y l'un, n'y l'autre et finira par perdre les deux. Thomas jefferson.


Pas capable est mort hier, il s'essaye est né ce matin.
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Message par Aristote Mer 4 Mar 2015 - 16:47

Argoth a écrit:Sur un forum internet, au vu des implications que la consommation d’une telle viande pourrait avoir et sans aucune moyen de savoir par quoi exactement elle aurait pu être contaminée. Le seul conseil sensé qu’on peut donner est le même que celui qu’on retrouve sur les sites officiel. On ne touche pas à une carcasse d’animal mort sans protection adéquate et ont ne consomme pas la viande. Après chacun est grand et fait comme il veut.


Salut à toi Argoth et merci encore pour tes explications. Smile
C'est bien ce que je craignais. Vaut mieux ne pas y toucher. Mais bon, en mode survie on fait cuire (griller) chaque morceau de viande avant de consommer.

Cependant une morsure de serpent je parle dans certains pays où on trouve par exemple (excusez moi du pire) des mamba du genre:
 (100 à 120 mg de venin, mais cela peut aller jusqu'à 400 mg, 10 à 15 mg de son venin étant mortel pour un homme adulte qui succombe entre 10 et 20 minutes après l'injection. Par conséquent, la quantité de venin injectée en une seule morsure suffirait en théorie pour tuer entre 12 et 40 hommes.)

Le fait de faire cuire la viande, je pense ne doit pas spécialement atténuer l'effet du venin.
Vous me direz, si la bête ne présente pas de trace de morsure il faudrait quand-même se méfier car celle-ci peut très bien avoir été mordue par un serpent et avoir fait le repas de certains charognards de nuit qui lui auront occasionné des marques d'agression post-mortem.

Désolé Willou de dévier un peu du sujet de ton retex. Mais ce qui est intéressant c'est que l'expérience des uns amène aussi à d'autres questions. clind'oeil

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Message par Barnabé Mer 4 Mar 2015 - 17:46

Mais bon, en mode survie on fait cuire (griller) chaque morceau de viande avant de consommer.
Ah non, désolé. Une viande grillée risque de rester saignante à l'intérieur ; et si elle très cuite, il y a de fortes chances que ça soit dur comme de la semelle.

La bonne précaution par rapport à une viande douteuse, mais qu'on veut/doit manger, c'est de la couper en petits morceaux et de la faire cuire longuement dans l'eau bouillante. En résumé, un ragoût, pas une grillade. (source : Wiseman).


Le fait de faire cuire la viande, je pense ne doit pas spécialement atténuer l'effet du venin.

D'après maximil qui a l'air de savoir de quoi il cause mais ne cite pas sa source :
 il n'y a que de très rares serpents (j'en ai noté 1 seul :-/) ayant un venin thermolabile, et de toutes façons, celui ci n'est pas dans nos régions ni sur notre continent. Tous les autres ne le sont pas.
source : http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,4497.40.html
Donc, il semblerait que la cuisson de la viande ne permette pas de détruire le venin de serpent.


Dernière édition par Barnabé le Mer 4 Mar 2015 - 18:10, édité 2 fois
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Message par Aristote Mer 4 Mar 2015 - 18:05

Barnabé a écrit:La bonne précaution par rapport à une viande douteuse, mais qu'on veut/doit manger, c'est de la couper en petits morceaux et de la faire cuire longuement dans l'eau bouillante. En résumé, un ragoût, pas une grillade. (source : Wiseman).

Merci d'avoir rectifié cette bourde. pouce C'est important de le préciser. Donc pas de grillade...

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Message par troisgriffes Mer 4 Mar 2015 - 18:35

@Barrique: c'est avant tout psychologique,la façon dont tu conçois les choses.
Par exemple tu dis 
"je n'ai jamais tué et dépecé un animal (excepté 3 poissons que j'ai péché)"


La pêche décrite autrement:
Mine de rien,tu as arraché de leur milieu naturel ces pauvres petites bêtes qui te n'ont rien fait ,en les faisant simultanément s'étouffer à petit feu,
se faire dessécher par l'air et leur fracasser
violemment le crane contre le rocher le plus proche.
Et non content de cela,encore  agonisant,ils se font éventrer puis empaler sur un bâton avant de se faire immoler sur ton feu de camps...
Donc un véritable psychopathe tueur en série(trois victimes). Laughing


Un poisson,un lapin ou un mouton ,c'est bonnet blanc et blanc bonnet .

Je sais pas si j'ai réussis à te faire comprendre la chose.
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Message par fokeltok Mer 4 Mar 2015 - 18:40

Salut
Vraiment je trouve que tu décris très bien ce qu'on ressens dans cette situation, et pour tous ceux qui n'y ont jamais été confronté, c'est très utile d'avoir ce genre de témoignage mesuré.
Je pratique peu sur les grands animaux (pour les cochons, j'ai des potes qui font le plus gros du travail et je ne fais que "l'apprenti" qui tient les morceaux, qui rince, qui prépare les outils, qui porte, qui fais la vaisselle et qui sert un coup à boire...) le geste technique que tu décris, je ne le maîtrise pas, et je ne suis pas sur de le maîtriser dans l'urgence et/ou sous le coup de l'émotion. Par contre pour les petits animaux (poules, lapins canards), il faut bien que je m'y colle, et ce n'est jamais un moment plaisant. Même pour mes animaux de basse-cour, les liens de l'éleveur avec ses bêtes existe, pour ma part. Et j'aime beaucoup ta phrase :
Ne pas le manger aurait été comme une deuxième mort. Il aurait été élevé et serait mort pour rien.

C'est exactement l'idée que je me fais de mes potes à poils et à plumes, même les petits. Certains ont des noms, d'autres pas, mais ils ont tous une importance, une particularité, une singularité. J'ai du respect pour chacun d'eux sans en faire des "personnalités" humaines. On s'endurcit un peu avec le temps, mais un peu seulement. Et ça, il est bon de le savoir avant de se lancer dans l'élevage. Ce rapport de proximité du petit éleveur "de subsistance" est encore un peu différent de celui de l'éleveur professionnel, puisque ce sont nos "potes" qui nous permettent de manger de bons produits (de bons oeufs, de la bonne viande) et l'élevage n'est ni notre métier ni notre but central. On est sûrement moins blindés. Et la mort est assez présente (peut-être encore plus avec des petits animaux de basse-cour, durée de vie plus courte, fragilité des petits, mais plus grand nombre d'individus)

Je ne suis pas sûr qu'on soit capable de ne pas développer de lien affectif avec nos animaux, et le fait de ne pas leur donner de nom, je n'y crois pas non plus. A mon sens, il est plus utile de travailler sur une bonne relation, une préparation à la fin, à la "séparation", sur une "conscience" de nos choix alimentaires et de nos responsabilités. Mais on s'attache toujours.
Je préfère que finisse dans mon assiette un animal heureux, que j'ai bien traité, qui m'a apporté de bons moments, une baisse de mon stress quotidien et du sien (c'est bon pour la viande de l'un comme de l'autre !!), plutôt qu'une hypocrisie qui consisterait à manger des lasagnes industrielles parce que ça ressemble pas au cheval trop mignon qui a servi à les fabriquer. J'aime qu'on regarde les choses en face.

Comment te sens-tu pour renouveler l'expérience ?
Mon conseil : entoure-toi de gens d'expérience, ou au moins d'amis ayant une sensibilité proche concernant les relations avec les animaux. (inutile d'inviter des potes végétaliens, bien sûr, mais des bouchers-techniciens maltraitants qui méprisent les animaux, c'est aussi traumatisant quand on veut apprendre...)

Autre conseil : le "petit remontant", le coup à boire pendant les opérations dont je parlais au début... Avec prudence et modération. L'abattage peut être traditionnellement un moment collectif et festif (pas pour la satisfaction de tuer mais pour le résultat qui peut être un moment de partage,de récompense des efforts fournis) Si tu as vraiment du matos de boucher, faut avoir toutes ses capacités jusqu'à la fin des opérations : Le couteau hyper-tranchant, les mains poisseuses, le nerf résistant, l'esprit embrumé du cinquième verre de gnôle à 10h00 du matin... le numéro du S.A.M.U. sera utile dans pas longtemps. C'est du vécu (maintenant je choisis mes amis bouchers...)
cordialement
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Message par Barrique Mer 4 Mar 2015 - 20:09

troisgriffes a écrit:@Barrique: c'est avant tout psychologique,la façon dont tu conçois les choses.
Par exemple tu dis 
"je n'ai jamais tué et dépecé un animal (excepté 3 poissons que j'ai péché)"


La pêche décrite autrement:
Mine de rien,tu as arraché de leur milieu naturel ces pauvres petites bêtes qui te n'ont rien fait ,en les faisant simultanément s'étouffer à petit feu,
se faire dessécher par l'air et leur fracasser
violemment le crane contre le rocher le plus proche.
Et non content de cela,encore  agonisant,ils se font éventrer puis empaler sur un bâton avant de se faire immoler sur ton feu de camps...
Donc un véritable psychopathe tueur en série(trois victimes). Laughing


Un poisson,un lapin ou un mouton ,c'est bonnet blanc et blanc bonnet .

Je sais pas si j'ai réussis à te faire comprendre la chose.

Effectivement je comprends tout à fait ton analyse, à la différence que je n'avais pas de lien affectif avec ces poissons et que cela m'a beaucoup coûté de le faire.
Habituellement je relâchais mes prises vu que j'ai du mal avec le concept "de tuer pour rien", mais là, avec la "nécessité" de manger (bivouac au bord d'un lac sans repas) + la  volonté de franchir un cap, je l'ai fait.

Je pense que ce qui est le plus dur lorsque l'on élève des animaux pour sa "consommation" personnelle, c'est vraiment l'acte de tuer tout en procédant de manière la plus rapide et respectueuse possible de l'être vivant en question, à plus forte raison lorsque une relation c'est installée.

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Dernière édition par Barrique le Jeu 5 Mar 2015 - 9:05, édité 1 fois
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Message par grosminet Mer 4 Mar 2015 - 20:23

donner la mort à un animal dont on se sent proche (c'est à dire un lapin, un chien, un chevreuil, mais pas un insecte, un poisson ni un mollusque) sera plus ou moins facile selon le mode d'exécution choisie. Une arme à feu, par exemple, apporte une distanciation (physique et bien réelle), un côté jeu vidéo, et surtout, évite de se salir les mains. Aller au contact pour égorger ou bastonner, c'est autrement plus difficile moralement, sans parler du risque physique que représente l'animal qui défend sa vie, et bien sûr de la "technicité" que cela requiert.
Les chasseurs qui ont déjà servi un gibier à la dague me comprendront...
Cherchez autour de vous des personnes ayant déjà supprimé des portées de chiots ou de chatons jugées indésirables, et vous constaterez que la plupart, pour ne pas se salir les mains, utilisent des techniques peu ragoutantes (noyades ou bastonnade en sac, brise-nuque, poison, etc)
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Message par serilynpayne Jeu 5 Mar 2015 - 11:04

c'est un peu "costaud" à manger le bouc !! 

par principe un animal mort >>> c'est équarrissage , mais je comprend que l'on souhaite en faire des steaks !  perso je ne me serais pas fait chier , j'aurais prélevé les 2 filets et point . 

Quand on fait du lait comme tu dis Wilou , on se retrouve effectivement avec des chevreaux dont on ne sait que faire . Un cousin qui a 70 chèvres lui il ne s'emmerde pas , il les tues à la naissance car il n'y a pas de marché pour la viande (un chevreau par ici ça se vend 2 ou 3 euros vivant) Si on les garde il vont boire du lait et c'est ça de moins pour les fromages . Les Turcs et les arabes sont assez friands de "cabri" et c'est quasi la seule clientèle habituelle .

J'avais dans l'idée de récupérer des chevreaux , de m'en servir pour débroussailler et puis de prendre contact avec des personnes de la communauté arabe et eux ils s'occupent de tout ... C'est pas très légal , c'est un peu comme l'Aïd ... 

Pour revenir à la tuerie des animaux d'élevage , on n'a plus ce détachement qu'avaient nos grands parents , on a été formaté autrement soit par l'école soit par nos habitudes de consommation , la pub , la télé , les reportages chocs etc ... Du coup faut laisser notre sensibilité de côté et se forger un esprit "pratique". Je pense que c'est aussi difficile de tuer un poulet  de sa basse cour que des chatons sur-numéraires .

J'élève des cerfs , on tue les daguets de 18 mois , soit à la carabine , soit directement à l'abattoir  , certains même les tuent dans la bétaillère au pistolet ... Au niveau sensibilité c'est un peu plus facile car ces animaux ne sont pas "domestiques" pas de câlins , de gratoullis sous le museau  et de plus c'est une finalité de l'élevage = pour la viande .

Pour la chasse c'est encore différent car l'animal à traiter est déjà mort , mais c'est nous qui "donnons" la mort et on a aussi le choix de ne pas le faire à ce moment là . Quand l'animal est mort , lièvre , faisan , chevreuil , il faut faire la suite  , c'est incontournable .  D'ailleurs c'est aussi un problème dans les associations de chasse , souvent c'est la même personne qui s'occupe de la carcasse et pas mal de chasseurs ne veulent pas se salir les mains !!


Pour le côté pratique , ben faut y'aller , le mieux avec un tuteur , et ça vient assez vite . D'ailleurs plus facile de découper soigneusement une bête d'élevage que du gibier chassé , surtout suivant les dégâts du tir qui peuvent compliquer l'exploitation correcte de la carcasse (balle de ventre) .

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Message par Willou Sam 7 Mar 2015 - 1:00

Merci pour vos réponses à tous.
Je crois avoir réussi l'épreuve, ça fortifie... !
Je vais essayer de vous répondre dans l'ordre.

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Message par Willou Sam 7 Mar 2015 - 1:24

Barrique a écrit:Tout ça dans l'optique un jour d'avoir poules, cochons et autres pour ma consommation personnelle.
Donc toute expérience pour arriver à franchir ce cap et à franchir notre zone de confort est la bienvenue, car je pense que le confort moderne nous a fait perdre de vu certains aspects de la vie des générations précédentes, et qu'il est important de retrouver même si ce n'est pas évident.
Je n'aurais pas mieux exprimé ma pensée.
Il est tellement facile de fermer les yeux sur certaines choses qui sont aujourd'hui banales comme la viande.

Barrique a écrit:Petite question peut-être un peu stupide, mais comment as-tu réussi à prendre le recul nécessaire pour "agir"?
Question difficile.
J'ai été profondément choqué quand j'ai trouvé le cadavre. Je n'ai pas fondu en larmes, mais j'ai bloqué pendant un temps indéterminé.
Puis j'ai fait les choses dans l'ordre de priorité où elles me venaient à l'esprit, même si je ne connaissais pas encore la suite : sortir le corps du puits, amener les autres chèvres de leur cabanon au pâturage. Mon esprit évaluait toutes les options. A un moment j'étais assez désorienté pour penser un instant à l'option de le ressusciter.
Je crois qu'il y a un court instant, quand tu es confronté à un choc, où tu as le choix entre céder à tes émotions, te laisser aller ou nier ce que tu vois, ou bien rester présent pour la suite des évènements, sans pour autant rejeter tes émotions. C'est peut-être ce que tu appelles le recul.
Ca peut dépendre des caractères ou de tes expériences personnelles. Pour ma part ça n'est pas la première épreuve difficile que j'ai vécu depuis 2014, peut-être que ça a joué.

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Message par Willou Sam 7 Mar 2015 - 2:02

Menuki a écrit:
Willou a écrit:Je parle de celui que je vois tous les jours, qui m'accompagne en balade et me donne des coups de cornes quand je ne lui gratte pas derrière les oreilles.
De mon pote Django quoi.
Sachant à quel point les biques peuvent être attachantes, je comprends la difficulté de l'exercice.
Tu as tout compris...

Menuki a écrit:
Willou a écrit:J'y vais doucement, car j'ai dans la tête l'image hollywoodienne des intestins qui se déversent d'un coup si je perce l'abdomen.
J'ai eu la même idée que toi en vidant mon premier canard. Je pensais qu'il suffisait d'ouvrir le ventre et que tout allait sortir tout seul mais pas du tout. Tout est accroché de partout.
Je ne comprends donc pas : dans les tutos , ils ouvrent et tout sort tout seul ou ils expliquent qu'il n'y a qu'à détacher ceci ou cela mais comment on fait?
Moi, j'ai dû ouvrir la carcasse en deux pour pouvoir glisser ma lame par derrière et libérer les reins et tout le reste.
Si les experts ont une opinion...
Même problème que toi. J'imagine que c'est implicite ou évident pour tout ceux qui le pratiquent couramment.

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Message par Willou Sam 7 Mar 2015 - 2:10

Aristote a écrit:Juste une remarque sous forme de question , quand on trouve un animal mort, il vaut mieux ne pas consommer les parties meurtries.
Là il est mort noyé. Je n'ai pas consommé les poumons.
Une taxidermiste m'a dit que dans ce genre de mort des toxines sont accumulées dans le sang pendant la panique et qu'il vaut mieux éviter de consommer les parties contenant beaucoup de sang. Je l'ai su après coup et je n'ai pas eu d'intoxication ni de désagréments.

Aristote a écrit:Désolé Willou de dévier un peu du sujet de ton retex. Mais ce qui est intéressant c'est que l'expérience des uns amène aussi à d'autres questions.
Je t'en prie, c'est toujours intéressant.


Dernière édition par Willou le Sam 7 Mar 2015 - 2:23, édité 1 fois

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Message par Willou Sam 7 Mar 2015 - 2:20

argoth a écrit:
Salut je vais commencer par mes condoléance pour ton compagnon et merci d’avoir partagé avec nous.
Ce que tu as réussi à accomplir au vu des circonstances est vraiment très bien.  C'est surement une expérience difficile pour toi, tu as réussi à faire ce qui devait être fait, aussi difficile que cela puisse être.  Je te dirais bien bravo ou félicitation, mais je ne crois pas qu'a tes yeux se soit de circonstance.  Alors je vais juste te dire que dans la situation ou tu te trouvais tu as agit au mieux de ce que tu pouvais, en espérant que ça t'apporte un léger réconfort.
Merci quand même...

argoth a écrit:
Tu ne le mentionne pas, peut être là tu fais?  Attaché l'anus avec une ti-rap, une ficelle, un bout de fil électrique, pour le maintenir fermer.  C'est toujours une bonne idée, ça évite que quoi que se soit sorte par là, à un moment ou l'autre de l'opération et ne viennent souiller ta viande.  Sinon dure d'en dire plus sans avoir été là pour te voir, mais je dirais que tu t'en est très bien sortie selon moi.
Bonne remarque. Je ne l'ai pas fait et effectivement ça aurait pu mal se passer car le colon était plein. Ca m'aurait sûrement fait gagner du temps.

argoth a écrit:Je sais je reste assez vague et avar d'explication, mais ici comme ailleurs sur le net quand on me demande.  Ce que je dis est toujours la même chose à se sujet.  Viens avec moi ou trouve toi quelqu'un qui sais faire et fait toi le montrer en vrai.  Bien sur dans ton cas, c’était hors de question, il fallait agir rapidement.
+1 rien ne vaut les mains dans le cambouis et l'expérience.

argoth a écrit:Si jamais suite il y a, certaine personne après une expérience ne souhaite pas réitérer la chose.  Et tu sais quoi, c’est correct aussi, il faut apprendre a connaitre et a respecter c’est limites et celle des autres.
Ca n'est pas encore bien clair pour moi pour l'instant. Je pense que j'ai besoin de le refaire dans d'autres circonstances pour vraiment savoir. Tu as raison, il ne faut pas se mettre la pression ni se rendre malade si on ne supporte pas.

argoth a écrit:On ne touche pas à une carcasse d’animal mort sans protection adéquate et ont ne consomme pas la viande.
A fortiori quand on ignore la cause et la date de sa mort.

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Message par Willou Sam 7 Mar 2015 - 3:02

fokeltok a écrit:Salut
Vraiment je trouve que tu décris très bien ce qu'on ressens dans cette situation, et pour tous ceux qui n'y ont jamais été confronté, c'est très utile d'avoir ce genre de témoignage mesuré.
Je pratique peu sur les grands animaux (pour les cochons, j'ai des potes qui font le plus gros du travail et je ne fais que "l'apprenti" qui tient les morceaux, qui rince, qui prépare les outils, qui porte, qui fais la vaisselle et qui sert un coup à boire...) le geste technique que tu décris, je ne le maîtrise pas, et je ne suis pas sur de le maîtriser dans l'urgence et/ou sous le coup de l'émotion. Par contre pour les petits animaux (poules, lapins canards), il faut bien que je m'y colle, et ce n'est jamais un moment plaisant. Même pour mes animaux de basse-cour, les liens de l'éleveur avec ses bêtes existe, pour ma part. Et j'aime beaucoup ta phrase :
Ne pas le manger aurait été comme une deuxième mort. Il aurait été élevé et serait mort pour rien.

C'est exactement l'idée que je me fais de mes potes à poils et à plumes, même les petits. Certains ont des noms, d'autres pas, mais ils ont tous une importance, une particularité, une singularité. J'ai du respect pour chacun d'eux sans en faire des "personnalités" humaines. On s'endurcit un peu avec le temps, mais un peu seulement. Et ça, il est bon de le savoir avant de se lancer dans l'élevage. Ce rapport de proximité du petit éleveur "de subsistance" est encore un peu différent de celui de l'éleveur professionnel, puisque ce sont nos "potes" qui nous permettent de manger de bons produits (de bons oeufs, de la bonne viande) et l'élevage n'est ni notre métier ni notre but central. On est sûrement moins blindés. Et la mort est assez présente (peut-être encore plus avec des petits animaux de basse-cour, durée de vie plus courte, fragilité des petits, mais plus grand nombre d'individus)

Je ne suis pas sûr qu'on soit capable de ne pas développer de lien affectif avec nos animaux, et le fait de ne pas leur donner de nom, je n'y crois pas non plus. A mon sens, il est plus utile de travailler sur une bonne relation, une préparation à la fin, à la "séparation", sur une "conscience" de nos choix alimentaires et de nos responsabilités. Mais on s'attache toujours.
Je préfère que finisse dans mon assiette un animal heureux, que j'ai bien traité, qui m'a apporté de bons moments, une baisse de mon stress quotidien et du sien (c'est bon pour la viande de l'un comme de l'autre !!), plutôt qu'une hypocrisie qui consisterait à manger des lasagnes industrielles parce que ça ressemble pas au cheval trop mignon qui a servi à les fabriquer. J'aime qu'on regarde les choses en face.
Merci Fokeltok pour ton retour. Je me reconnais bien dans ce que tu décris.

Je n'ai pas encore eu de naissances de chevreaux ni de poussins, mais c'est pour bientôt. Ta remarque sur le lien affectif et le nom des animaux m'a fait beaucoup réfléchir. J'ai pris conscience que cette idée de ne pas s'attacher est peut-être vaine et non-pertinente, dans ce type de petit élevage conscient et de subsistance que tu décris bien.

Cette présence de la mort peut permettre aussi de la regarder en face, de lui retirer cette aura malsaine et taboue qui l'entoure souvent, en lui faisant regagner sa véritable place dans l'ordre des choses, sans pour autant qu'elle en devienne banale comme dans l'élevage industriel actuel.
fokeltok a écrit:Comment te sens-tu pour renouveler l'expérience ?
Mon conseil : entoure-toi de gens d'expérience, ou au moins d'amis ayant une sensibilité proche concernant les relations avec les animaux. (inutile d'inviter des potes végétaliens, bien sûr, mais des bouchers-techniciens maltraitants qui méprisent les animaux, c'est aussi traumatisant quand on veut apprendre...)
Merci pour ton conseil, j'essaierai de trouver des amis compétents et dans le même esprit que moi.
Comme je répondais à Argoth, ça n'est pas encore complètement clair pour moi pour l'instant, mais je crois que j'ai besoin de retenter l'expérience dans d'autres circonstances.
Au final, je me sens plus fort et plus sûr de moi, car j'ai surmonté l'épreuve. Et vos encouragements ont eu leur part, merci.
Dès que j'ai le temps je vous poste la suite et fin de ce retex, car l'histoire n'est pas finie.

Pour ce qui est du petit remontant, ça sent le vécu... C'est bien de prévenir pour ceux que l'idée pourrait tenter. Je me dis que ça peut être la récompense de l'après, mais pendant ça me semble impossible, vu la délicatesse et la difficultés de l'opération (pour moi en tous cas). Et puis je verrais trop ça comme une fuite de l'instant présent. J'aime aussi regarder les choses en face.
Vu la durée, la fatigue et la difficulté, j'ai vraiment eu de la chance de ne pas me trancher un doigt car j'avais affûté mon couteau comme ma faux.

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Message par Willou Sam 7 Mar 2015 - 3:05

grosminet a écrit:donner la mort à un animal dont on se sent proche (c'est à dire un lapin, un chien, un chevreuil, mais pas un insecte, un poisson ni un mollusque) sera plus ou moins facile selon le mode d'exécution choisie. Une arme à feu, par exemple, apporte une distanciation (physique et bien réelle), un côté jeu vidéo, et surtout, évite de se salir les mains. Aller au contact pour égorger ou bastonner, c'est autrement plus difficile moralement, sans parler du risque physique que représente l'animal qui défend sa vie, et bien sûr de la "technicité" que cela requiert.
Les chasseurs qui ont déjà servi un gibier à la dague me comprendront...
Cherchez autour de vous des personnes ayant déjà supprimé des portées de chiots ou de chatons jugées indésirables, et vous constaterez que la plupart, pour ne pas se salir les mains, utilisent des techniques peu ragoutantes (noyades ou bastonnade en sac, brise-nuque, poison, etc)
Toute la question est de savoir, est-ce qu'il faut chercher la facilité... ?

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Message par Willou Sam 7 Mar 2015 - 3:15

serilynpayne a écrit:c'est un peu "costaud" à manger le bouc !!
Ca va. Il n'avait qu'un an, était assez propre, pas d'odeur forte imprégnée dans la viande même s'il était entier.
serilynpayne a écrit:par principe un animal mort >>> c'est équarrissage , mais je comprend que l'on souhaite en faire des steaks !  perso je ne me serais pas fait chier , j'aurais prélevé les 2 filets et point . 
Tu as raison, mais je préfère bosser à l'ancienne. Je comprends la flemme (ou le peu de bénéfices), mais c'est pas banal pour moi, c'était un peu une épreuve initiatique mais aussi l'expiation d'une certaine culpabilité...
serilynpayne a écrit:D'ailleurs c'est aussi un problème dans les associations de chasse , souvent c'est la même personne qui s'occupe de la carcasse et pas mal de chasseurs ne veulent pas se salir les mains !!
Je suis surpris je n'imaginais pas ça. Au final c'est un peu comme partout, on laisse faire le sale boulot aux autres.
serilynpayne a écrit:Pour le côté pratique , ben faut y'aller , le mieux avec un tuteur , et ça vient assez vite . D'ailleurs plus facile de découper soigneusement une bête d'élevage que du gibier chassé , surtout suivant les dégâts du tir qui peuvent compliquer l'exploitation correcte de la carcasse (balle de ventre) .
J'imagine pas la galère... !

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Message par serilynpayne Sam 7 Mar 2015 - 11:34

serilynpayne a écrit:D'ailleurs c'est aussi un problème dans les associations de chasse , souvent c'est la même personne qui s'occupe de la carcasse et pas mal de chasseurs ne veulent pas se salir les mains !!
Je suis surpris je n'imaginais pas ça. Au final c'est un peu comme partout, on laisse faire le sale boulot aux autres.
serilynpayne a écrit:Pour le côté pratique , ben faut y'aller , le mieux avec un tuteur , et ça vient assez vite . D'ailleurs plus facile de découper soigneusement une bête d'élevage que du gibier chassé , surtout suivant les dégâts du tir qui peuvent compliquer l'exploitation correcte de la carcasse (balle de ventre) .
J'imagine pas la galère... !




C'est pas du sale boulot , au contraire c'est assez noble , mais ça demande de s'impliquer , d'apprendre , voir de pousser de côté celui qui le fait d'habitude pour prendre sa place clind'oeil 




Pour les bêtes "mal chassées" donc balle de ventre , ou balle de cuisse et animal qui a couru pendant 2 heures , il y a malheureusement de la perte , des fois l'animal entier !! d'où l'intérêt de maitriser son tir, donc la distance de tir et le calibre , le calibre 22 de ce fait étant interdit pour la chasse au gros gibier. Généralement les défauts de tir se rencontrent dans les battues sur des tirs instinctifs , en affut c'est plus précis .

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Message par Willou Sam 7 Mar 2015 - 14:08

serilynpayne a écrit:C'est pas du sale boulot , au contraire c'est assez noble , mais ça demande de s'impliquer , d'apprendre , voir de pousser de côté celui qui le fait d'habitude pour prendre sa place clind'oeil
Tu as raison, je me suis mal exprimé.

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Message par Willou Sam 7 Mar 2015 - 22:40

Suite et fin de l'histoire. J'essaie de vous la faire plus courte cette fois.

Le lendemain, après avoir laissé reposer la carcasse une nuit, je me lance dans la découpe.
Le plus difficile est de couper la tête, que je n'ai pas encore dépecée.
Même si c'est long, la découpe de la viande me paraît facile par rapport au travail de la veille. Autant sur le plan psychologique, car progressivement le cadavre et l'individu laissent place à la viande, que sur le plan technique, car il n'y a pas de risque de percer la vessie ou un intestin.

[Retex] L'élevage et la mort, théorie et pratique Img_5913     [Retex] L'élevage et la mort, théorie et pratique Img_5914

Je découpe d'abord les quartiers, que je redécoupe ensuite en plus petits morceaux car je ne mange pas souvent de viande, et pas en grosses quantités (je l'utilise plutôt comme une épice, pour donner du goût aux plats). Je les congèle au fur et à mesure.
Je ne pense pas avoir fait la découpe parfaitement dans les règles de l'art boucher, ça n'est pas bien important pour moi.

Le soir, je fais cuire les abats, coeur, foie, reins, car je n'ai pas trop confiance dans leur conservation, même au congel.
Je ne suis pas croyant ni mystique, mais je fais aussi cuire la tête, puis je mange le coeur et la cervelle, symboliquement, pour que mon pote Django continue de vivre au-travers moi.
C'est difficile d'extraire la cervelle sans passer par casser le crâne. Le trou où passe le tronc cérébral est étroit.

[Retex] L'élevage et la mort, théorie et pratique Img_5915

Voilà mon principal outil depuis le début. J'ai tout fait avec, excepté fendre la colonne vertébrale, où je me suis aidé d'un mauvais hachoir.
Le défaut que j'ai noté avec l'opinel à certains moments, c'est que la pointe est très retroussée. Il aurait été pratique d'avoir en complément un couteau à pointe droite, à l'anglaise je crois qu'on appelle ça.

J'ai fait une erreur importante, celle de négliger la fourrure pendant que je m'occupais de la viande. Je l'ai laissée pendre au soleil pour la faire sécher mais sans la gratter. Je ne m'étais pas renseigné avant de faire ça. Une amie taxidermiste m'a dit qu'il aurait mieux valu la mettre au frais, voire au congel. Le risque est que la peau commence à se décomposer et que les poils se détachent. Je crois que ma chance a été que le soleil, assez fort ce jour-là, l'a séchée rapidement et quasi-stérilisée.

Je rattrape le coup le lendemain en la trempant dans l'eau froide quelques heures pour la ramolir. Ensuite je la gratte, toujours au frais pour pas qu'elle chauffe, pour retirer autant de chair et de graisse que possible collées à la peau. J'utilise un outil de potier que j'ai sous la main et qui fait office de grattoir émoussé. Je n'ai pas réussi à déterminer entre les différents tutos s'il fallait un outil parfaitement aiguisé ou émoussé pour ça...
Dans certaines zones c'est impossible de gratter, c'est trop fusionné à la peau. Là j'utilise mon couteau, toujours parfaitement aiguisé. Je fais involontairement deux trous de quelques centimètres, dommage...
La tâche est longue et fastidieuse, mais le résultat en vaut la peine.
Ensuite j'étends la peau sur une planche inclinée (pour l'écoulement du jus). Pour bien la tendre, j'y vais par étapes, en déclouant plusieurs fois les clous et en ajustant jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de plis. Puis je recouvre le tout d'une grosse couche de sel. J'ai acheté le sel en vrac à la Biocoop de mon village. Le défaut est qu'il est très humide, donc plus lourd (et plus cher), et il semble un peu moins bien pomper l'humidité de la peau (c'est peut-être seulement une impression).

La suite sera dans quelques jours. Je poncerai la peau avec du siporex (béton cellulaire) pour retirer les derniers restes collés, puis je la tannerai en utilisant la méthode de la poudre d'alun. Je n'en ai pas trouvé en magasin de bricolage, mais en pharmacie, 5€ les 250g.
La taxidermiste m'a conseillé de neutraliser l'acidité de la peau en la trempant ensuite dans une solution de bicarbonate de soude. Je verrai si je fais comme ça ou si je tente avec de l'eau de cendre, qui est aussi alcaline.

Voilà, pour moi c'était une bonne leçon de vie et un sacré apprentissage, même si je ne souhaite à personne que ça se produise dans ces circonstances...
Ca m'a fait du bien de partager ça et d'en parler.

Willou
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