ART DE SOIGNER LES ABEILLES

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ART DE SOIGNER LES ABEILLES

Message par Aristote le Ven 23 Oct - 11:44:21



Salut à tous Smile

Suite au fil de Catharing et son florilège de documents:
http://www.le-projet-olduvai.com/t9619-florilege-d-ouvrages-anciens-pour-les-longues-soirees-d-hiver

J'ai décidé de faire la lecture de ce premier livre afin d'y relever les choses qui me semblent intéressantes et remarquables.

Je précise que ce n'est pas un résumé de l'ouvrage, mais plutôt un piquetage d'infos, justifié par mes connaissances et mes méconnaissances personnelles qui pourront peut-être susciter chez certains, des commentaires ou des précisions, voire correctifs….

Le but étant bien sûr d'en apprendre plus tout en se faisant plaisir. Very Happy

D'abord, quelques précisions sur l'auteur du livre Henri HAMET :

   

https://ivresdelivres.wordpress.com/2012/11/09/henri-hamet-apiculteur-dans-lame/

Biographie : http://www.la-ruche-sauvage.com/pop-ups/Hamet.html


Henri Hamet [1815-1889] était apiculteur dans l’âme. Depuis les premières ruches qu’enfant il installa en suivant l’exemple de celles de son père, jusqu’au rucher-école du jardin du Luxembourg qu’il fonda en 1856 et auprès duquel il donna ses célèbres cours, sa vie tout entière aurait pu être consacrée aux abeilles.
Mais le sort en décida autrement. Il dut gagner sa vie comme instituteur, libraire, directeur de journal, professeur de collège, dirigeant d’une fabrique d’hydromel. Il se fit des ennemis politiques, et ne put revenir à sa passion de toujours qu’après la quarantaine. Il est néanmoins considéré comme le père de l’apiculture française.


Un passage de sa vie que j'ai trouvé intéressant et qui nous en apprend sur l'homme :

Ni bonapartiste, ni royaliste, pacifiste et intransigeant envers ses principes de liberté, c'est sûrement sans penser aux conséquences que sa démarche peut avoir qu'il la fait.
Devenu libraire à Roye (80), rue Saint-Pierre, en janvier 1846, il y fonde "le journal du Santerre et du Noyonnais" journal d' intérêt local, non politique, car l'auteur ne possède pas les fonds nécessaires pour le cautionnement exigé.
Dès le premier numéro, il dénonce un acte de captation jésuitique; il s'agissait de la dot d'une fillette mineure dont un couvent des Ursulines voulait s'emparer. Le père de cette fillette avait employé force papiers timbrés pour qu'on lui rende sa fille et n'avait obtenu aucun résultat. Il saisit alors la parution du journal pour y publier quelques lignes et après que l'affaire y soit rendue publique, la fillette est libérée. Cependant, les captateurs portent plainte en diffamation pour le faire passer en assises. Une enquête a lieu qui établit que cette affaire est scandaleuse et H. Hamet bénéficie d'un non-lieu. Les captateurs ne sont pas condamnés et engage alors une action de dénigrement pour mettre H. Hamet à l'index qui sera obligé de suspendre la parution de son journal en 1847.
Il accuse aussi le maire de ne pas inscrire sur les listes électorales les citoyens dont les idées sont différentes aux siennes. Poursuivi et condamné à un mois d'emprisonnement et 200 francs d'amende, H. Hamet sollicite la clémence royale. Condamné de nouveau à 25 francs d'amende pour diffamation après avoir déclaré que la caisse de bienfaisance de Roye présente un "trou" de 500 francs, il est emprisonné fin 1846, la grâce royale lui étant refusée.


Au siège de Paris en 1870 par les Prussiens, il échappe à une fusillade déclenchée par les autorités, contre une foule inquiète des événements, non armée par mesure d'ordre.
Il cultive en Gâtinais-Beauce, à Meudon et à Paris, 500 ruches que les Prussiens, sauf à Paris, détruiront.
En 1886, il est victime d'un accident de voiture, une des roues lui passe sur la jambe; dès lors, il est pris de bronchite aigüe et atteint de congestion cérébrale et de paralysie.
En 1889, dans son journal "L'apiculteur", il écrit sa biographie publiée sur trois numéros.
Il décède le 8 octobre 1889 et est inhumé au Cimetière Montparnasse dans une concession perpétuelle gratuite décidée par le Conseil Municipal de Paris.




Le livre : ART DE SOIGNER LES ABEILLES

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9600785s






1er volet – page 1 à page 34

Page 16 : P.H estime l'espérance de vie d'une reine entre 5 et 6 ans ..

Alors que de nos jours on parle de 4 et 5 ans et de changer la reine tous les deux ans pour un meilleur rendement…cela prouve que les temps ont bien changé.





http://www.apiservices.com/rfa/articles/pourquoi_changer_reine.htm
Depuis quelques années seulement, on considère qu’une reine de 2 ans est en fin de vie. L’environnement extérieur et intérieur de la ruche chargé de pesticides et d’acaricides semble affecter les organes reproducteurs des reines comme l’appareil reproducteur des mâles.



Page 16 : Si la reine n'est pas fécondée dans les 15 jours de son existence, la ponte est défectueuse. Après le 16ème jour elle pond autant de mâles que d'ouvrières et après le 20éme jours elle ne pondra que des œufs de mâle.

Monsieur FEBURIER par expérience parle aussi de cela dans un de ses livres. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k28497m






Page 16 : La reine ne va jamais à la picorée :
Cela veut dire butiner.

Page 16 : L'abeille vit environ un an.
C'est faux, car au printemps une abeille vit entre un mois et deux mois et une abeille d'hiver vit six mois maximum.

P 16 : Elles emploient la propolis également pour attacher leurs rayons qu'elles commencent par la partie supérieure.
Cela est mentionné dans un autre ouvrage par Jacques DELILLE poète:


https://books.google.fr/books?id=n__qAAAAMAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false





Une de ses citations : "Les hypocrites, comme les abeilles, ont le miel à la bouche et l'aiguillon caché".


P31: L'aliment avec lequel elles sont nourries est une espèce de bouillie
(à priori, ils ne connaissaient pas encore le terme et peut-être les bienfaits de la gelée royale à l'époque)


P32 : Dés sa naissance l'abeille, comme les autres elle sort de la ruche et va butiner.
Non,
Au premier jour de sa vie, l’abeille est préposée au ménage.
Vers l’âge de trois semaines, l’ouvrière peut devenir butineuse et s'envole enfin hors de la ruche à la recherche de nectar.


P: 34 Il est mentionné que lors de la naissance des reines, celles-ci peuvent être retenues prisonnières huit jours, ce qui arrive souvent au temps de l'essaimage. Les ouvrières percent alors à l'opercule un petit trou par lequel la prisonnière passe la trompe pour recevoir du miel que les ouvrières lui présentent, c'est dans cette circonstance qu'elle fait entendre un cri particulier qu'on appelle chant de la mère.
Cela c'est intéressant et perso je ne savais pas que les reines pouvaient émettre un tel son.




https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=lM5H8E1uL-0


"Lorsque la colonie mère n’essaime pas à nouveau, la première reine de remplacement qui sort de sa cellule élimine les autres comme dans le cas d’une supersédure non liée à l’essaimage. Cependant, s’il se forme plusieurs essaims, chacun escortant une jeune reine, leur envol fait suite à un échange de signaux sonores entre la reine qui vient de faire sa mue imaginale et celles encloses dans leur alvéole. Les auteurs de langue anglaise ont donné à cette communication le nom de piping. La première reine émet un signal produit par la vibration de ses muscles alaires, le tooting, qui consiste en un son filé d’une ou deux secondes suivi de notes brèves. L’ensemble a une fréquence fondamentale de l’ordre de 500 Hz. Pendant cette émission, elle appuie son thorax contre la surface d’un rayon et communique ainsi les vibrations sonores au substrat. Les reines qui les perçoivent à l’intérieur de leurs cellules répondent par le quacking, succession de sons de courte durée, plus graves et délivrés à une cadence rapide. Expérimentalement, on peut provoquer le quacking en plaçant contre la paroi de la ruche un vibrateur qui diffuse un enregistrement du footing ou son imitation réalisée avec un générateur de fréquences. On pense que ces diverses émissions sonores perçues par les ouvrières les incitent à différer la désoperculation des cellules royales, empêchant ainsi la sortie simultanée de plusieurs reines et le combat mortel qui s’ensuivrait. Il est également possible que ces signaux interviennent pour accélérer le processus de l’essaimage. Lorsque le dernier essaim s’est formé, les ouvrières qui sont demeurées dans la colonie permettent à une reine de sortir et l’aident ensuite à exterminer les autres."


En espèrant que ce premier volet de commentaires vous ait plu... clind'oeil

À suivre …


Dernière édition par Aristote le Mar 27 Oct - 21:10:52, édité 1 fois

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Re: ART DE SOIGNER LES ABEILLES

Message par JCC le Ven 23 Oct - 15:29:20

merci pour les commentaire, c'est à lire à tête reposée

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Re: ART DE SOIGNER LES ABEILLES

Message par Aristote le Sam 24 Oct - 14:37:42

Je rapporte les paroles d'une de mes connaissances qui est très compétente dans ce domaine et qui a lu mes commentaires.


je précise qu'elle ne connaît ni mon pseudo ni mon appartenance à ce forum.


Bien sûr, les connaissances sur les abeilles ont progressé en 150 ans. C'est d'ailleurs un de mes émerveillements : depuis l'antiquité grecque et romaine au moins, l'homme étudie l'abeille et pourtant nous ne savons pas encore tout à son sujet. Il y a eu des erreurs restées célèbres, par exemple Aristote croyait que la reine était à la fois mâle et femelle (femelle parce qu'elle pond, mais à cette époque, pouvait-on imaginer que le personnage le plus important n'était pas un mâle ?) ; Varron prétendait que les abeilles naissaient du corps d'un bœuf en train de pourrir (confusion avec les mouches probablement), etc.

clind'oeil

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Re: ART DE SOIGNER LES ABEILLES

Message par Kerkallog le Sam 24 Oct - 16:54:44

...superbe lecture pour une belle écriture! pouce

Du coup hier soir j'ai relu quelques passages de "Souvenirs entomologiques" de Jean Henri Fabre toujours aussi fabuleux.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Souvenirs_entomologiques

Il y mentionne surtout les qualités de la piqure & des conséquences du venin sur d'autres insectes.

Un entomologiste,lui aussi poète, & une vie bien occupée!

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Henri_Fabre

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Re: ART DE SOIGNER LES ABEILLES

Message par Aristote le Jeu 12 Nov - 16:03:20

P37:
Lorsque les fleurs offrent une sécrétion copieuse, les butineuses ne prennent pas le temps de porter leur butin en haut de la ruche, elles le dégorgent dans la première cellule venue, et les travailleuses de l'intérieur s'occupent de le monter.

P39 : Lorsque le temps est mauvais à l'époque de l'essaimage et que le miel est peu abondant, la mère abeille va tuer elle-même au berceau ses enfants qui doivent lui succéder ; alors, la ruche n'essaime pas. Quelquefois elle ne tue que les plus âgées et épargne les plus jeunes ; dans ce cas l'essaimage n'est que retardé. Pour tuer les nymphes au berceau, elle perfore l'alvéole qui les renferme à l'endroit de leur ventre où elle darde son aiguillon. On remarquera que les larves de femelles n'ont pas, comme les autres larves, filé de coque soyeuse à cet endroit, ce qui permet à la mère de rencontrer sans obstacle les sections de l'abdomen de ses victimes.


Le monde des abeilles est vraiment un monde sans concession et sans pitié. Seule la survie de la colonie compte. 
Inversement, l'abeille n'hésite pas à se sacrifier pour sauvegarder les réserves de la colonie. Cependant, on peut s'interroger sur cet héroïsme aveugle.
L'abeille est-elle consciente qu'au moment où elle va planter son dard, celui-ci va rester dans la chair de sa victime et arracher ses entrailles ? Pas sûr, car ce n'est pas toujours le cas. En effet, son dard est cranté à son extrémité et lorsqu'elle nous pique, notre peau se referme sur ce fameux dard et le coince, l'abeille est donc éventrée. Mais lorsqu'elle pique un autre insecte, la carapace de celui-ci ne se referme pas sur le dard, l’abeille peut donc le ressortir !

   




Normalement une abeille pique rarement quand elle butine à moins de se sentir compressée, on peut même la toucher du doigt, elle continuera sa besogne.
À proximité de la ruche, elle sera plus agressive, car son instinct lui commandera de défendre la colonie. Bruits, odeurs, vibrations peuvent la mettre en alerte.
J'ai par exemple eu droit à une attaque en piqué en tondant le gazon. Je les soupçonne de repérer leur cible et de prendre de la hauteur pour se fondre sur la tête de leur victime dard en avant.
Il faut savoir aussi que les faux-bourdons ne piquent pas, car ils sont démunis de dard. Certains apiculteurs pour impressionner les néophytes les mettent dans leur bouche ou les tiennent entre les lèvres.

On peut s'interroger en remarquant qu'il n'y a pratiquement que les femelles qui piquent chez les insectes. Chez les Hyménoptères,  l'outil des femelles qui sert à pondre s'est progressivement transformé en aiguillon au cours de l'évolution c'est pourquoi les mâles en sont dépourvus...


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Re: ART DE SOIGNER LES ABEILLES

Message par Aristote le Lun 16 Nov - 17:15:39

P45 : Si un essaim, après être sorti de la ruche mère, s'élève beaucoup et fait mine de s'enfuir, il faut se hâter de lui projeter de l'eau avec une pompe de jardinier, ou bien de la poussière ou du sable. Ce stratagème réussit la plupart du temps à le faire fixer.


Ce genre de renseignement est difficile à trouver sur internet. Cela sent le vécu.

P49: On le fait aussi au moyen de la fumée de chiffon, de crottin de cheval, de bouse sèche de vache, de foin, etc.


C'est ce qu'ils devaient mettre dans leur enfumoir à  l'époque..


 
P49 : Aussitôt que les abeilles sont atteintes par la fumée, elles s'élèvent sur leurs pattes, redressent leur abdomen, font en quelque sorte pirouetter leurs ailes, sans doute dans la vue de purifier l'air de la ruche qui se trouve vicié.

Il s'agit de l'enfumage du corps de ruche. Normalement dés qu'une fumée pénètre dans la ruche toutes les abeilles par réflexe se mettent dans " état de bruissement "
C'est un battement d'ailes qui produit un grand bruit.



Le bruissement est aussi un signe de rappel lorsqu'un essaim se rassemble dans une ruche.
Après l'ouverture de la ruche, certaines abeilles battent le rappel: ailes en action pour diffuser la phéromone et abdomen relevé. On aperçoit une tache blanchâtre entre les deux derniers anneaux de l'abdomen (les "tergites"): c'est la glande de Nasanov, produisant le message chimique.


 


On peut les mettre dans cet état avec de la fumée, mais aussi en tapotant.
Si l'on tape contre la ruche elles bruissent et la durée de ce bruissement peut être une indication, à savoir qu'une ruche en bonne santé s'arrête rapidement de bruisser et l'inverse est mauvais signe.
Mais les bruissements ne sont pas toujours de mauvais augure. Souvent sur la planche d'envol en été, on peut remarquer quelques abeilles cramponnées entre elles la tête baissée et l'abdomen relevé. Dans cette position elles agitent rapidement leurs ailes, ce serait un signe de bien-être, mais surtout aussi un moyen de renouveler l'air de la ruche.

Des abeilles aussi que l'on sépare de leur reine mère (à l'occasion par exemple d'un essaim artificiel) et que l'on renferme prisonnières se mettent à bourdonner très rapidement. Cela peut-être interprété comme un cri de douleur et de détresse.

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Re: ART DE SOIGNER LES ABEILLES

Message par Aristote le Dim 6 Déc - 19:35:31

P 57.. Lorsque leur approvisionnement est insuffisant pour passer la mauvaise saison, on est obligé de donner aux abeilles une certaine quantité de miel, ce que l'on fait au commencement de l'automne. On met du bon miel de Bretagne, quelque peu chauffé, dans un rayon ou dans un vase que l'on couvre d'un canevas ou de brins de paille, et que l'on place le soir sous la ruche à nourrir. Les sirops, que les anciens auteurs ont recommandés pour nourrir les abeilles, ne valent pas le miel, même le miel inférieur.

Combien d'apiculteurs de nos jours nourrissent les abeilles avec le miel que celles-ci ont produit ?
Attention, un grand principe il ne faut pas nourrir les abeilles avec le miel d'une autre ruche ni avec un miel acheté dans le commerce, c'est un vecteur de maladies. Un pot de miel dans le commerce peut contenir des spores de loque américaine.

Déjà à cette époque l'auteur avait compris que le sirop n'est pas l'aliment naturel de l'abeille. Malgré tous les efforts possibles pour s'en approcher, le miel est un produit complexe qui ne peut pas être reproduit par l'homme. Partant de ce constat, pour obtenir des abeilles en bonne santé, mieux vaut ne pas avoir à nourrir trop souvent avec du sirop.

P57.. Les ruches, ou logements dans lesquels on établit des essaims, sont fabriquées avec de la paille, des planches, de l'osier ou d'autres branches de bois souple, des troncs d'arbre, des écorces de chêne-liége, etc. Elles sont de formes différentes et de grandeurs variables, selon les localités. Les ruches en paille sont moins impressionnables au froid

À l'époque, on faisait des ruches en paille comme celle-ci.



À priori comme le dit l'auteur, la paille est plus isolante que le bois.
D'ailleurs, c'est une idée intéressante pour rajouter une isolation, on pourrait en hiver se servir de paille pour isoler le couvre cadre. En plus, cette garniture régule l'humidité.



P 68..
On ne saurait, il est vrai, multiplier les ruches au delà des ressources locales ; c'est-à-dire que là où il n'y a de fleurs que pour 'un cent de ruches, on ne saurait en faire prospérer deux cents.

Une butineuse rayonne sur un périmètre de trois km autour de la ruche. Pour 1 g de nectar, les abeilles doivent butiner 8000 fleurs. Cent ruches de 70000 individus/ruche = 7 millions d'abeilles cela fait effectivement un sacré nombre de fleurs à trouver.


En ces temps, où tout était plus abondant que maintenant, ils avaient, le souci de préserver l'équilibre des ressources.

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Re: ART DE SOIGNER LES ABEILLES

Message par ghp le Dim 6 Déc - 19:49:10

Remarque : la reine a un dard rétractile. Elle n'a pas son abdomen arraché après avoir piqué l'homme (par exemple).

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Re: ART DE SOIGNER LES ABEILLES

Message par Aristote le Dim 6 Déc - 20:21:24

Ghp a écrit:Remarque : la reine a un dard rétractile. Elle n'a pas son abdomen arraché après avoir piqué l'homme (par exemple).


Oui, c'est une bonne remarque. Cela lui évite de mourir bêtement et de mettre en péril toute la colonie. C'est extraordinaire la mère nature a tout fait pour protéger la reine.

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