Pourquoi un rendement négatif doit être un signe d'inquiétude ?

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Pourquoi un rendement négatif doit être un signe d'inquiétude ?

Message par albertspetz le Ven 20 Mar 2015 - 20:53

Pourquoi les emprunts de certains états ou de grandes sociétés ont un rendement négatif ?      ====> Source : http://leblogalupus.com/2015/03/15/important-a-propos-des-taux-de-rendement-negatifs-par-bruno-bertez/

La question afin de faciliter la compréhension:



Comment se fait-il que des gens ou des institutions paient pour posséder des titres émis par l’état ou des grandes sociétés comme Nestlé ? Comment se fait-il que certains acceptent de voir leur capital s’éroder de cette façon ?
D’abord il faut avoir présent à l’esprit que ce que les gens ou les institutions échangent, ce n’est pas du cash, mais des dépôts bancaires. En achetant un emprunt à taux négatif, ils procèdent à un échange, ils échangent une créance sur leur banque contre une créance sur un débiteur solide comme un gouvernement ou Nestlé.
Cela signifie qu’ils considèrent que le gouvernement en question ou la grande multinationale est plus sure, plus solvable que leur banque. Voilà ce qu’il faut avoir présent à l’esprit. Un dépôt bancaire n’est pas un droit de propriété classique, en fait ce n’est plus un dépôt, c’est une créance sur la banque. Un dépôt bancaire n’est plus un dépôt, cela c’était avant, un dépôt bancaire c’est une relation avec la banque, relation gouvernée par les lois bancaires et le code monétaire. Or tout a été changé subrepticement. Le motif du changement est scélérat, car il se résume à ceci: en cas de crise, il ne faut pas que ce soit le contribuable qui paie, mais les clients des banques. Sous prétexte de protéger le contribuable, en fait on veut faire payer le client de la banque. C’est une escroquerie intellectuelle, car tout le monde étant bancarisé, la classe des contribuables et celle des clients se recouvrent. En fait quand ils disent « contribuables », comprenez l’Etat, le Gouvernement. Il s’agit de protéger l’Etat, le Gouvernement, de couper le lien entre le système bancaire et les gouvernements pour protéger ces derniers.
Vous comprenez que l’achat de titres souverains ou solides avec des taux négatifs n’a de sens que si on considère que les dépôts bancaires sont menacés. En achetant ces titres, on prend une assurance, on se couvre contre un ou plusieurs risques; ces risques sont variés, mais néanmoins réels.


Il y a le risque de taxation sur les dépôts bancaires par les gouvernements. Il y a le risque de taux négatifs sur les dépôts imposés par les banques comme cela se fait déjà, sans publicité, dans beaucoup d’endroits en Europe. Il y a le risque de bail-in c’est à dire de blocage de votre compte de dépôt lors de difficultés de votre banque. Et surtout, ce dont on ne parle pas, le risque de « run ». Un run c’est quand tout le monde se précipite à la banque pour retirer son argent. Le run met la banque en faillite par manque de liquidités et c’est le risque,  le gros risque caché du système. Ce risque est colossal. Pour le contrer, les gouvernements ont justement institué des limites aux montants de retraits et des limites dans la périodicité de ces retraits, cela protège le banques, mais cela transforme vos avoirs en avoirs non liquides, ce n’est plus du cash. Dans un second temps, après le blocage vient l’amputation, la confiscation partielle.
C’est contre tous ces risques que les gros, les ultras riches, les institutions veulent se protéger.
Et pour se protéger, alors il faut prendre une assurance et pour avoir une assurance, il faut payer. Ainsi les taux négatifs doivent être interprétés comme un coût, une prime d’assurance que l’on paie, un sacrifice pour améliorer sa sécurité.
Plus les taux vont devenir négatifs et plus ils vont se généraliser, plus les assurances seront chères, ce qui signifie que la perception du risque va augmenter et si la perception du risque augmente alors le risque réel augmente lui aussi. C’est une prophétie qui se réalise d’être crue, comme souvent en matière financière. Cela, les idiots qui gouvernent n’y ont pas pensé, ils accroissent eux même le risque qu’ils prétendent juguler.
Les taux négatifs constituent l’aveu par les gouvernements et les Banques Centrales que non seulement la crise n’est pas finie, mais qu’elle n’est pas encore commencée!
En fait nous sommes dans un gigantesque piège et la vérité oblige à dire qu’il n’y a pas d’endroit ou se cacher, « no place to hide ».



Pour fuir le risque qui pèse sur les dépôts bancaires, vous pouvez acheter des fonds d’Etat, des obligations Corporates, des actions etc . Mais tout ce que vous pouvez acheter est surévalué. Tout ce qui est achetable est en bulle comme on dit. Le risque de baisse est colossal, au moins de 50% mais plutôt de 60% à mon avis. Donc vous remplacez un risque de prélèvement peut être pas trop important, par une risque d’amputation de votre capital beaucoup plus gros.
Ils ont piégé les gens, les peuples, voilà la réalité et c’est volontaire, c’est cynique.
Quand on est en mode risk-off, c’est à dire peur du risque, on va sur le cash et les fonds d’état avec les risques que cela comporte et décrit ci-dessus, quand on est en mode risk-on, appétit pour le risque, on va sur les actions et on supporte les risques de surévaluation que cela comporte.
Dans l’univers conventionnel, vous êtes baisés pour parler crument.
Les gouvernements jouent avec vous à cache-cache, mais vous êtes toujours perdants.
Tout se passe comme sur l’autoroute lorsqu’il est embouteillé. Vous voyez un trou, vous changez de file et vous croyez aller plus vite que les autres. Quelques minutes plus tard vous constatez que c’est votre ancienne file qui roule mieux, vous rechangez et ainsi de suite. Vous avez oublié dans votre comportement la loi du marché qui est que tout s’égalise, au fil du temps.
Si vous fuyez le cash, vous allez vous faire tarter par les taux négatifs sur les fonds d’Etat, si vous fuyez les fonds d’Etat vous allez vous faire tarter sur les actions etc, en boucle… no place to hide.
L’achat d’or est une assurance, mais il a un coût bien entendu. Ils se débrouillent pour vous faire peur, vous dissuader, donc faire chuter les cours de temps à autre, ils introduisent de la volatilité. Et puis ils vous effraient avec les menaces de réquisition, de taxation, de vol etc. Et l’or n’est pas très liquide, c’est un coût à ajouter.



Mais la seule protection c’est de sortir de l’univers, de leur univers.



Les conseils :




Lire aussi

Le fléau des taux très faibles

http://www.agefi.com/quotidien-agefi/forum-blogs/detail/edition/2015-03-17/article/la-couverture-du-risque-de-brusque-hausse-des-taux-devient-assez-couteuse-lorsque-les-taux-sont-carrement-negatifs-394244.html

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Re: Pourquoi un rendement négatif doit être un signe d'inquiétude ?

Message par argoth le Ven 20 Mar 2015 - 21:12

Super claire, ça ma beaucoup aidé a comprendre le pourquoi.

Merci Smile

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Pas capable est mort hier, il s'essaye est né ce matin.

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Re: Pourquoi un rendement négatif doit être un signe d'inquiétude ?

Message par albertspetz le Sam 9 Avr 2016 - 21:19

Francois Perol, (ancien conseiller économique à l’Élysée durant la présidence de N. Sarkozy) directeur général de BPCE (Banque populaire Caisses d'épargne), deuxième plus grande banque de France, est plus inquiet maintenant qu'il ne l'était en 2009.....


source : http://www.talkmarkets.com/content/ceo-of-2nd-largest-french-bank-more-worried-than-in-2009?post=91023
http://www.nytimes.com/reuters/2016/04/09/business/09reuters-bcpe-rates.html?_r=0


Dernière édition par albertspetz le Sam 9 Avr 2016 - 21:28, édité 1 fois (Raison : ajout 2ème source)

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Re: Pourquoi un rendement négatif doit être un signe d'inquiétude ?

Message par kyuzo le Sam 9 Avr 2016 - 23:05

Intéressant et éclairant , en rapport avec la déflation ( au moins depuis 2011) qui en fait diminue la valeur en euros constants.
Par contre je ne suis pas sur que l'immobilier locatif urbain soit une bonne solution : pas mal d'impayés, future modification de l'impot foncier ? geek quelques retex sur mon secteur ( ancien) paris sud .
Questions :
- fond d'état OK mais lesquels
Je pensais mettre un peu de blé dans le Crédit coopératif pour aider les TPE ? ton avis ?

( pour info je ne suis pas rentier ce sont des économies de taf Rolling Eyes affraid )

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Re: Pourquoi un rendement négatif doit être un signe d'inquiétude ?

Message par Barnabé le Lun 11 Avr 2016 - 8:17

kyuzo a écrit:Intéressant et éclairant , en rapport avec la déflation ( au moins depuis 2011) qui en fait diminue la valeur en euros constants.
il y aurait une déflation depuis 2011 ? Dans quel(s) pays ? As-tu une source STP ?

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Re: Pourquoi un rendement négatif doit être un signe d'inquiétude ?

Message par trollinet le Lun 11 Avr 2016 - 13:43

A votre avis si ma banque coule avec mes économies, est-ce que mon emprunt en cours (dans cette même banque) est considéré comme remboursé ? dévil dévil dévil dévil

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Re: Pourquoi un rendement négatif doit être un signe d'inquiétude ?

Message par Kerkallog le Lun 11 Avr 2016 - 14:39

...article de décembre 2015 parcouru en diagonale hier soir:


Faire payer les clients pour sauver les banques ? Pas si choquant !

Publié le 26 décembre 2015 dans Monnaie et finance



"Une directive européenne permet désormais de ponctionner les comptes des clients pour financer le sauvetage d’une banque. Bonne ou mauvaise idée ?

Aujourd’hui, je parlerai de la fameuse question du chyprage des comptes dans cet article rédigé en collaboration avec mon ami Daniel Duco : depuis deux ans et l’affaire de la confiscation partielle des dépôts de banques chypriotes d’un montant supérieur à 100 000€ (à hauteur de 47,5%), l’on voit tourner dans les médias et surtout sur les réseaux sociaux beaucoup de protestations contre ce mécanisme.
Et bien sûr, l’agacement a pris une nouvelle dimension avec la nouvelle de l’adoption d’une directive européenne permettant aux banques de « ponctionner les comptes des déposants ». Il semble aujourd’hui de bon ton de dénoncer, à propos de cette mesure, la mise en place d’une politique de confiscation, la mise en servitude des déposants vis-à-vis des banques

Ces mauvaises interprétations auraient pu être évitées si les gens s’étaient efforcés, tout simplement, d’aller lire ladite directive.
...
Pourquoi le « chyprage » n’est pas fondamentalement scandaleux
Les clients de la banque, les déposants, sont tous logés à la même enseigne : celui qui a 200 000 euros sur son compte comme celui qui a 2 000 euros. S’il n’y a pas assez pour les désintéresser l’un et l’autre, alors leurs créances ne seront payées qu’à proportion de ce qui est possible, et de manière équivalente. C’est-à-dire que si la somme disponible est de 150 000 euros, le gros créancier ne sera remboursé qu’à hauteur de 148 514 euros, et le petit à hauteur de 1485 euros.
Ainsi donc, dans le cas de la faillite normale d’une banque, les actionnaires perdent leur argent les premiers, les créanciers obligataires les seconds, et les déposants tentent de limiter leurs pertes en se disputant, sur un pied d’égalité, l’argent disponible.
...
Et en cas de « chyprage » ?

Le chyprage arrive donc lorsque la banque est au bord de la faillite : les actionnaires et les créanciers obligataires sont les premiers visés, et seulement ensuite les déposants, c’est-à-dire que tous sont frappés dans le même ordre que dans le cas d’une faillite normale.
La différence se situe au niveau de la situation des déposants : en effet le chyprage accorde un privilège aux petits déposants, aux dépens des gros. Pour illustrer ceci, reprenons notre exemple ci-dessus : un gros déposant qui a 200 000 euros en compte, un petit déposant qui a 2 000 euros. Alors que, dans le cadre d’une faillite normale, le gros déposant aurait, dans notre hypothèse, récupéré 148 514 euros et le petit déposant 1485 euros, perdant respectivement 51 486 euros et 515 euros, dans le cadre d’un chyprage le gros déposant conserverait 147 999 euros seulement, perdant 52 001 euros, tandis que le petit déposant conserverait l’intégralité de ses 2000 euros.
C’est comme si, dans un processus de faillite normale, le petit déposant se voyait octroyer une priorité dans le paiement de sa créance sur la banque, de préférence au gros déposant.
En résumé :

  1. Les actionnaires ne sont pas protégés par rapport à une faillite « normale »,
  2. Les déposants, pris dans leur globalité, ne sont pas dans une situation plus défavorable que dans une faillite classique
  3. Les petits déposants sont favorisés, car ils ne subissent pas de perte au lieu d’en subir une
  4. Les gros déposants sont défavorisés, car leur perte est gonflée, puisqu’ils supportent celle des petits déposants à leur place

En conséquence, l’on peut faire l’analyse suivante :

  • le « chyprage » ne consiste pas à protéger les actionnaires des banques au détriment des déposants1
  • le « chyprage » consiste en une garantie des dépôts des petits déposants (moins de 100 000 euros en compte) aux dépens de l’intégrité des dépôts des gros déposants (plus de 100 000 euros)

Ce que l’on peut trouver éventuellement scandaleux c’est l’aspect redistributif du risque, qui fait payer les riches, pénalise les gros épargnants face aux petits. Mais cette critique précise n’a rien de fondamentalement différent de celle qui peut être portée à l’encontre de la progressivité de l’impôt, par exemple.
...

En bref, avec le chyprage :

  • les déposants ne sont pas exposés à un risque plus grand que lors d’une faillite classique
  • les déposants sont protégés, au moins partiellement, contre le risque de bank run
  • ces garanties pèsent sur les épaules des gros déposants, mais il s’agit d’un réaménagement de leur risque habituel plutôt que d’un accroissement
  • le contribuable est protégé car non impliqué dans le bail in.

Les raisons habituellement soulevées pour hurler contre le chyprage sont donc erronées. Il n’est pas sérieux de continuer à faire tourner cette information en boucle en criant que l’Europe conspire pour tuer les déposants au profit des méchants banquiers. N’importe quel juriste un peu au fait de la pratique normale des faillites et des procédures collectives hausse les épaules devant de pareilles accusations.
..."


_Ce sont des extraits d'un article un peu plus long.
Qu'en est-il vraiment pour le déposant +/-100 OOO€.
Il me semble judicieux de disposer de plusieurs comptes bancaires & d'être sous la barre des 100 000€.

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Re: Pourquoi un rendement négatif doit être un signe d'inquiétude ?

Message par Philippe-du-75013 le Lun 11 Avr 2016 - 14:52

trollinet a écrit:A votre avis si ma banque coule avec mes économies, est-ce que mon emprunt en cours (dans cette même banque) est considéré comme remboursé ? dévil dévil dévil dévil
Non, parmi les moyens de sauvetage d'un banque ou de désintéressement partiel des créanciers de cette banque la revente des crédits serait une des mesures prises. Cette revente des crédits peut prendre une forme plus complexe, par exemple si les crédits sont accordés par une filiale spécialisée, cette filiale peut être revendu en bloc à une banque concurrente en meilleur santé.

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Re: Pourquoi un rendement négatif doit être un signe d'inquiétude ?

Message par kyuzo le Lun 11 Avr 2016 - 15:52

salut
J'ai trouvé ça
http://money.cnn.com/2016/02/29/investing/europe-economy-deflation-stimulus/index.html
c'est très orienté US mais récent ! Dans les suppléments éco du monde, souvent pas trop mauvais geek , ce sujet est régulièrement abordé. L'ennui c'est qu'en économie , une crise n'est jamais comme la précédente en fait ( ie pas de reproductibilité) .
Mais la baisse de l'activité est générale.
Par exemple l'immobilier même des centre-villes n'augmente plus voire baisse dans les villes moyennes.

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Re: Pourquoi un rendement négatif doit être un signe d'inquiétude ?

Message par Barnabé le Mar 12 Avr 2016 - 13:13

La déflation est la baisse de l'indice des prix à la consommation. Quelques remarques :
- depuis 1985-1986, la France a une inflation basse.
- dans une année d'inflation basse, il y a presque toujours un ou deux mois de légère baisse des prix. Une baisse des prix mensuelle n'est donc pas un phénomène nouveau ou alarmant, en soi.
- en inflation moyenne annuelle, on ne peut pas dire comme tu l'as fait qu'il y a une déflation depuis 2011. En France, les chiffres de l'INSEE sur l'inflation annuelle sont :
2011 : 2,1 %
2012 : 2,0 %
2013 : 0,9 %
2014 : 0,5 %
2015 : 0%.

Il faut ensuite expliquer que du point de vue des économistes classiques, une inflation modérée est une bonne chose. Pour caricaturer : il faut que la monnaie perde de la valeur, de façon à ce que les gens soient incités à investir leur argent dans l'économie afin de produire un rendement.

Du point de vue du pékin moyen, c'est l'inverse : l'inflation, c'est la hausse des prix, et il trouve toujours que les prix augmentent trop vite par rapport à son pouvoir d'achat.

Il est vrai que, depuis quelques années, l'inflation trop faible est une inquiétude pour les économistes et pour la banque centrale européenne. D'où des politiques (prudemment) inflationnistes visant à "fournir de la monnaie à l'économie", notamment avec des taux d'intérêts très bas.

Il est vrai aussi que, tout particulièrement en 2015 et 2016, l'inflation atteint des niveaux très bas, et même négatifs dans certains pays. Malgré les mesures déjà prises.
Voir par exemple :
http://fr.global-rates.com/statistiques-economiques/inflation/indice-des-prix-a-la-consommation/ipch/zone-euro.aspx
http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan-eco/dessous-chiffres/2016/01/19/29006-20160119ARTFIG00244-le-niveau-d-inflation-de-nos-voisins-europeens-est-il-pire-que-le-notre.php
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2016/03/01/20002-20160301ARTFIG00002-il-n-y-a-plus-assez-d-inflation-en-zone-euro.php

Quand même, dans l'ensemble, je dirais qu'on est plus sur un phénomène d'inflation quasi-nulle, que sur une vraie déflation.

-0,2 % sur un mois, il n'y a pas encore de quoi fouetter un chat. Mais c'est un sujet à suivre.

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Re: Pourquoi un rendement négatif doit être un signe d'inquiétude ?

Message par Ash le Mar 12 Avr 2016 - 22:32

On peut aussi croiser cette croissance avec la croissance mondiale moyenne ou avec la zone ocde/euro, donc déflation relative, enfin, ce qu'on qualifie de déflation ici...

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Re: Pourquoi un rendement négatif doit être un signe d'inquiétude ?

Message par albertspetz le Jeu 22 Sep 2016 - 20:53

La terrible vérité derrière les taux d’intérêt négatifs par J-M Vittori Lrs Echos


La crise financière que nous subissons depuis près d’une décennie est née d’un excès de dettes. Ceux qui ont trop prêté doivent accepter de prendre leurs pertes. Ou d’être prélevés sur leur épargne, ce qui revient au même.


Mais pourquoi donc cette étrange folie ? Après les banques centrales et les Etats, les entreprises se mettent aux taux d'intérêt négatifs. La française Saint-Gobain et l'allemande Henkel ont levé des centaines de millions en faisant miroiter un taux négatif de 0,05% par an. Un peu comme si elles attrapaient des mouches avec du vinaigre. Ce n'est pas fini car la Banque centrale européenne (BCE) achète des obligations à tour de bras, à tel point que cette matière première de la finance se raréfie. Les prix vont donc encore monter, et les taux d'intérêt encore baisser. La Banque du Japon est sur la même tendance. Et même si la Réserve fédérale des Etats-Unis semble pour l'instant regarder plutôt vers la hausse des taux, les Américains s'inquiètent de ce qui se passera lors de la prochaine récession. En décortiquant les propos tenus par Janet Yellen, la présidente de la Fed, lors de l'université d'été des banquiers centraux à Jackson Hole, certains experts ont trouvé dans une note de bas de page l'indice que la Fed pourrait alors baisser son taux directeur jusqu'à... -9%.


Les banquiers centraux ont d'excellentes raisons de pratiquer l'inondation. Il faut relancer l'investissement trop faible, pénaliser l'épargne trop forte, redonner le goût du risque aux investisseurs. Tant pis si les banquiers souffrent, peinant à prendre une marge sur un produit de base au prix négatif ! Mais les grands argentiers visent en réalité une autre cible : les épargnants. Même s'ils ne l'avoueront jamais.
Pour comprendre pourquoi les épargnants sont visés, il faut remonter le fil d'une décennie de crise. Comme toutes les grandes tempêtes financières, celle de 2007-2008 est venue d'un excès de crédit. Trois économistes qui scrutent cet excès depuis des années, Oscar Jorda, Moritz Schularick et Alan Taylor, décrivent dans leur dernier article académique un mouvement en forme de « crosse de hockey ». Dans les dix-sept pays étudiés, le crédit bancaire au secteur privé a par exemple bondi de 80% du PIB en 2000 à 120% en 2009. « Jamais dans l'histoire du monde industriel le levier n'avait été plus grand ». Les emprunteurs ont trop emprunté. Le pendant de l'histoire est souvent oublié : si des emprunteurs ont trop emprunté, cela signifie fatalement... que des prêteurs ont trop prêté.
Le problème, c'est que les prêteurs sont des épargnants. Ils ont le défaut d'être beaucoup plus nombreux que lors de la dernière dépression, celle des années 1930. Ils sont aussi souvent âgés, ce qui veut dire qu'ils votent beaucoup. Pas question de les froisser et encore moins de les effaroucher, ce qui pourrait les amener à vider leur compte en banque.

.../...
Mais si les prêteurs ne perdent rien, cela implique que les emprunteurs ont trop à rembourser. On a perdu le mode d'emploi des deux seuls leviers qui permettent d'échapper à cette loi d'airain : la croissance (qui accroît l'argent disponible pour rembourser) et l'inflation (qui diminue le montant réellement remboursé). C'est tout le drame de la Grèce.

Pour sortir de la crise, ceux qui ont trop prêté devront prendre leurs pertes. C'est ce qui s'est passé lors de la crise de la dette latino-américaine des années 1980, même s'il a fallu perdre une décennie pour en arriver là. C'est ce qui s'est passé aux Etats-Unis à partir de 2009. En cinq ans, 465 banques ont fermé leurs portes. Les autres ont essuyé des centaines de milliards de dollars de pertes sur leurs prêts immobiliers. Les futurs retraités vont découvrir peu à peu que leurs fonds de pension rapporteront beaucoup moins que ce qu'ils espéraient (le célèbre fonds Calpers annonce encore un rendement de 6,5% alors que ses placements lui ont rapporté dix fois moins l'an dernier). C'est ce qui ne s'est pas encore passé en Europe et au Japon, ou trop peu. Les actionnaires français ont certes l'impression d'avoir été tondus (-25 % pour l'indice CAC40 depuis le pic de 2008) , mais ce n'est pas le cas des Britanniques (le FT100 est étal) ou des Allemands (+30 % pour le Dax30). L'idée avancée par le FMI en 2013 d'une taxe de 10% sur les patrimoines pour solder la crise avait amusé la galerie. La taxation des dépôts au-delà de 100.000 euros dans les banques chypriotes la même année avait été regardée avec commisération. Mais quand une banque bavaroise applique depuis le 1er septembre 2016 un taux négatif de 0,5% sur les dépôts des particuliers au-delà de 100.000 euros, elle prend exactement la même mesure, en l'étalant dans le temps. Voilà pourquoi les taux d'intérêt négatifs sont là pour longtemps : c'est le moyen rampant de faire payer la facture de la crise à ceux qui l'ont jusqu'à présent évitée.


Source : http://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0211305520881-la-terrible-verite-derriere-les-taux-dinteret-negatifs-2028429.php#xtor=CS1-33

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Re: Pourquoi un rendement négatif doit être un signe d'inquiétude ?

Message par La teigne le Ven 23 Sep 2016 - 19:57

Je lit actuellement "La stratégie Alpha" de John Pugsley.
Je n'en suis qu'aux premiers chapitres mais j'ai compris l'essentiel.
Le papier monnaie est basé sur du vent. Il n'y a pas de vraie "métal or/ argent" tangible derrière, pour rembourser les épargnants. Ce ne sont que des lignes de comptes.
Le jour où le système se cassera la gueule on aura plus que nos yeux pour pleurer.
Le livre date un peut mais vue qu'il revient aux origines du système, à la création des banques, il reste hélas d'actualité.

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Re: Pourquoi un rendement négatif doit être un signe d'inquiétude ?

Message par troisgriffes le Sam 24 Sep 2016 - 10:36

@La teigne:
Toutes les monnaies sont fictives en elles-mêmes.
Ce ne sont que des facilités pour les échanges commerciaux et n'ont pour valeur que celle que l'on veut bien leurs attribuer
par convention.
L'étalon or/argent à l'avantage de se baser sur des métaux à la valeur quasi-universellement reconnue mais présente
d'autres inconvénients(voir l'histoire des monnaies).
De plus,comme tu pourras le lire sur le fofo(et ailleurs),dépassé un certain point de dégradation même les métaux précieux
n'ont plus aucune valeur(ne se mange pas,ne tient pas chaud,etc...).

troisgriffes
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Re: Pourquoi un rendement négatif doit être un signe d'inquiétude ?

Message par Ash le Sam 24 Sep 2016 - 12:01

Ou que comme la Société des Nations, l'Union Latine s'est fait torpiller par la contingence anglo-saxonne :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_latine_(monnaie)

Pour mémoire, c'était une monnaie internationale convertible lancée en 1865, la page wikipedia parle surtout des problèmes liés à la convertibilité, ça permet déjà de prendre du recul...

Ash
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Re: Pourquoi un rendement négatif doit être un signe d'inquiétude ?

Message par Barnabé le Ven 30 Sep 2016 - 0:05

Le papier monnaie est basé sur du vent.

Non, pas du vent, pas du rien. Les monnaies sont fiduciaires. Fiduciaire veut dire : basé sur la confiance. Ni plus, ni moins.

Il n'y a pas de vraie "métal or/ argent" tangible derrière, pour rembourser les épargnants

Effectivement. Toute référence aux métaux précieux dans les monnaies modernes a été abandonnée par les accords de la Jamaïque en 1976.

A propos du livre Alpha Strategy, il a été publié en 1980. Il a donc poussé les américains à acheter de l'or et de l'argent, au moment où les cours des métaux précieux étaient les plus hauts. Les cours sont ensuite redescendus très fortement et sont restés bas pendant 20 ans.

Admirez le timing (cours de l'or ajusté de l'inflation, ce qui est très adapté car c'est la juste mesure de l'effort financier que doivent faire les gens pour acheter de l'or) :


Quand aux réserves de nourriture et autre biens tangibles pour faire face à la catastrophe à venir... eh bien, elle n'est jamais venue, sur le territoire des Etats-Unis en tout cas. Que d'argent, de temps et de nourriture perdus.

Barnabé
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