Sémiologie de la situation de crise forçant à l'action

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Message par MonteRosso le Jeu 17 Fév 2011 - 13:20

Sémiologie de la Crise.

Définition de Wikipedia * :
La sémiologie (du grec « séméion », le signe, et logos, "discours", "raison", "étude") est la science des signes. Le terme sémiologie a été créé par Emile Littré et pour lui, il se rapportait à la médecine. Il a ensuite été repris et élargi par Ferdinand de Saussure, pour qui la sémiologie est « la science qui étudie la vie des signes au sein de la vie sociale ». Toute science étudiant des signes est une sémiologie.

Je me prépare à faire face à quelque chose, mais si ce "quelque chose" est difficilement détectable, comment faire pour le voir ?

Trouver et interpréter les signes annonciateurs d'évènements est toujours l'obsession de l'homme. De l'antique Pythie au statisticien en passant par le climatologue pour aboutir au citoyen moyen... tous cherchent à prévoir un avenir, ou du moins, raison cartésienne aidant, à en discerner les grandes lignes.

A notre micro-échelle (individuelle ou cellule familiale proche : couple et enfants) quels sont les domaines à surveiller pour ne pas rater "le signe", celui qui chez nous (apprentis survivants) deviendra le "top départ" de notre procédure de crise et de "réaction" ?

Ne nous leurrons pas, personne ne va nous donner ce "top" au bon moment. Il faut le trouver seul.

Une bonne connaissance de l'Histoire et des civilisations est nécessaire pour profiter du catalogue des anciens fléaux et de leurs conséquences.
Mais, rien ne sera aussi "lisible" que par le passé, dans nos pays "modernes" on ne parle plus de "famines", "d'épidémies", "guerre civile", termes qui pourtant ont qualifié et fixé des périodes de notre Histoire. Désormais, tout est plus flou, plus rapide, mélangé, complexe... et appeler un chat un "chat" n'est plus de nos jours politiquement correct.

Mon but ici est bien de ramener cela à la notre "micro-échelle", celle du "libre arbitre personnel" ; devant certaines situations et face aux choix possibles nous serons seuls .

Pour tenter de simplifier, j'ai dégagé trois grandes catégories et pour chacune, deux analyses suivant un facteur clef qui est celui de la vitesse :
  • -Causes naturelles
  • Rapides
  • Lentes


  • -Causes économiques (sociales)
  • Rapides
  • Lentes


  • -Causes personnelles
  • Rapides
  • Lentes


Causes naturelles rapides :
Essentiellement au niveau local, ce sont des évènements désormais trop célèbres : inondations, incendies, glissement de terrain.
Voir les signes :
Analyse géographique locale, topographie, climatologie, ventologie, pluviométrie, géologie.
Quoi faire :
Aucune ambigüité quant à la conduite à tenir : protection maximale du domicile et évacuation immédiate avec utilisation des Bobs et assimilés. Point de chute obligatoire sans transport de danger.

Causes naturelles lentes :
Evolution du climat vers des extrêmes (sécheresse, pluies...). Appauvrissement des sols, déforestation, pollution.
Nous savons nous adapter au changement lent de notre environnement grâce à la technologie.
Voir les signes :
Evaluer la dépendance à l'énergie et à l'eau et en déduire un coefficient de "vulnérabilité" en cas de pénurie de celles-ci.
Observer les signes sur son habitat, fissures, moisissures, lézardes, recul de la végétation, érosion... tout ce qui peut engendrer un phénomène rapide est à considérer en urgence.
Quoi faire :
Quand le danger sera estimé proche du réel, se préparer à changer d'endroit. Ce qui n'est pas à proprement parler une évacuation, plus un déménagement. L'anticiper pour ne pas perdre trop de valeur si revente il y a (et ne pas mettre autrui en danger - préférer une "reconversion de l'endroit" si possible).

Causes économiques (sociales) rapides :
Guerre, attentat, émeutes... le meilleur exemple est actuellement (février 2011) la situation des pays d'Afrique du nord.
Voir les signes :
Suivi assidu de l'actualité, recoupement d'informations, surveillance des prix des denrées de base, taux de chômage, puissance de l'état, collecte d'informations internationales. Analyse du macro vers le micro et du micro vers le macro. Surveillance de sa rue, son quartier, sa ville. Dés que l'approvisionnement en denrées de base et/ou que les évènements vont toucher le quartier et/ou la rue : aucune ambigüité quant à la conduite à tenir.
Quoi faire :
Protection maximale du domicile et évacuation immédiate avec utilisation des Bobs et assimilés. Point de chute obligatoire avec transport de danger, mode "profil bas" le danger peut être partout.

Causes économiques (sociales) Lentes :
Dégradation progressive généralisée. Paupérisation et fracture sociale en inexorable marche. Coût de la vie et du travail démesuré.
Voir les signes :
Analyse à faire pour évaluer à quel moment l'Etat va être démissionnaire et rendre à chaque personne ses responsabilités vitales.
Respect de l'ordre public, taux de violence et criminalité, identitarisme, conservation des structures sociales locales et nationales, continuité des prestation sociales (sécurité sociale), approvisionnement en énergie des collectivités, surveillance globale de l'entretien des infrastructures, observation des mouvements corporatistes, cours des bourses effondrés, inflation/déflation ... pour tenter de résumer : quand tous les prélèvements sur mon salaire ne serviront plus à ce pourquoi ils sont destinés, si mon salaire m'est toujours versé et/ou ce qui va déboucher sur une cause rapide à brève échéance.
Quoi faire :
Repli progressif vers point de chute et préparation pour une vie en autarcie (production des denrées de base et nouvelle donne commerciale basée sur le troc). Pas de transport de danger.


Causes personnelles rapides :
Cela peut être un accident handicapant, un deuil, une dépression grave, une perte de travail au plus mauvais moment... la liste est malheureusement infinie.
Voir les signes :
Le moment clef est celui ou la dépense globale pour continuer "comme avant" va devenir trop élevée et remettre en cause des acquis et des statuts. Tant sur le plan moral que matériel.
Quand une action n'aura plus que des mauvaises conséquences, quand elle entérinera cet état de dégradation, quand le choix de la bonne voie "habituelle" ne sera plus possible, il faudra changer.
Quoi faire :
Abandonner ses habitudes. Gel de l'attitude consumériste et repli direct vers le point de chute avec mise en place d'une vie en autarcie (production des denrées de base et nouvelle donne commerciale basée sur le troc) ou sur de nouvelles bases locales. Pas de transport de danger. Utilisation rapide d'un réseau pour stopper la chute et se stabiliser en urgence avant de reconstruire sur une nouvelle donne.


Causes personnelles lentes :
C'est sans doute le pire scénario car la lenteur vaut l'habitude et l'invisibilité et que le monde à côté, lui, ne change pas.
Voir les signes :
Perte de pouvoir d'achat au niveau du minimum acceptable : nourriture, santé, hygiène, logement.
Conditions de vies dégradées et atteinte de l'intégrité morale. Dettes, marginalité patente, exclusion douce consentie.
Quoi faire :
Repli progressif vers point de chute et préparation pour une vie en autarcie (production des denrées de base et nouvelle donne commerciale basée sur le troc). Pas de transport de danger. Développer un réseau sur cette nouvelle donne.


Dans tous les cas, il y a trois points obligatoires qui sont à traiter dés maintenant :
  • - son état de santé à conserver à son maximum tant que tout va bien : soins différés, régimes, sport, addictions
  • - préparer un fond d'urgence (stock de nourriture, somme d'argent ou valeurs utilisables, matériel)
  • - développer un réseau de confiance, pour être aidé sans honte mais aussi pour aider les autres sans craintes pour soi-même.



Et ne jamais oublier que rien n'est acquis, rien n'est certain, rien n'est fixe, rien n'est éternel, rien n'est fini...


* : lien explicite :http://fr.wikipedia.org/wiki/Semiologie

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Message par Athea le Jeu 17 Fév 2011 - 21:07

Salut Monterosso,

Quel résumé!
On ne peut quasiment rien contre toutes ces causes, on ne peut que subir et encaisser. Tout va donc dépendre de notre attitude. Accepter ce qui arrive. Considérer que c'est une "leçon" -même cuisante- et avancer. On est notre meilleur investissement. Tomber et se tromper n'est pas une faute. Juste se relever, il faut. C Maître Yoda qui me l'a dit Sémiologie de la situation de crise forçant à l'action 79689 Sémiologie de la situation de crise forçant à l'action 314191 .

Pour ce qu'il y a à faire, il y a quand même un point qui me chagrine : ta solution récurrente "idéalisée" AMHA du point de chute.
Evidemment si tout est détruit et inhabitable on ira voir ailleurs, préparé ou pas.
-D'abord parce que nous sommes nombreux à ne pas avoir de point de chute. J'ai des points de repli : famille, ami(e)s) qui ne peuvent être que temporaire.
-Ensuite parce qu'ailleurs ce ne sera pas forcément meilleur, il faut donc bien s'informer, et on ne sait pas ce qui peut nous tomber dessus. Il n'y a aucun lieu 100% à l'abri du K2KK.
-Enfin c un choix. Jusqu'à quand on reste, on encaisse et on résiste? Tout seul(e) ou avec d'autres membres de son entourage famille / amis / voisin? On les laisse, on va voir et on revient les chercher?

Je n'ai pas de réponses toutes faites, ça demande réflexion scratch

Pour ce qui est des signes qui me feront bouger, c + un évènement, la lecture de ce forum geek , une phrase que j'entend, quelque chose qui me fera prendre conscience que ça y est ce n'est plus comme avant. Mais c difficile avec nos habitudes et quand ça se délite doucement.

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Message par MonteRosso le Ven 18 Fév 2011 - 1:21

merci Athea de répondre. Je me sentais seul avec l'écho...o...o...... sdf sdf sdf ...

Je dois suite aux points que tu soulèves préciser deux choses.

Le point de chute est l'endroit choisi à l'avance pour servir de lieu de repli, si on est "bien" préparé on doit en avoir plusieurs dans différentes régions et biotopes.

Qu'il soit une résidence secondaire, une grange sur un terrain d'un ami... ou une petite grotte cachée dans une forêt domaniale.
C'est un élément obligatoire de notre préparation. Car en cas de problème il faudra fuir.

Ailleurs, l'herbe n'est pas plus verte, tu as bien raison de le préciser. Mais le but de notre "anticipation des risques" c'est bien de se trouver un endroit qui pourra toujours avoir de l'herbe, fut-elle un peu sèche.

Pour mieux me faire comprendre, je vais utiliser un exemple.

Un SDF (Sans Domicile Fixe).
J'ai un profond chagrin à chaque fois que je croise un SDF. Au point que rares sont les fois ou je ne donne pas quelques euros.
Un SDF, c'est un cas patent de cause individuelle qui a mal tournée. Son monde s'est écroulé. Et à son niveau, c'est comme un cataclysme.
Imaginons que cette personne ait disposé durant ses années de normalité, de la culture "olduvienne" sur le survisme.
Penses-tu qu'elle serait là, à manger dans les poubelles, à se faire tabasser et pire... coincée entre la peur d'un néant inconnu et une société qui la rejette sans pour autant pouvoir s'en détacher ? Pire sans aucune liberté de choix ?

Que serait cette personne si, sentant sa position sociale compromise, au lieu de rester sur les vestiges imaginaires de son passé, elle partait vers ce lieu multiforme, synonyme d'autre chose ? Sans culpabilité, sans le fardeau de l'exclusion ? vers son "point de chute" il y a longtemps choisi ?

Je pense qu'au delà de la douleur causée par la perte de son identité sociale, cette personne serait libre, sauvée de la gangrène que représente sa chute. Ce sera dur, ça oui. Mais avec bien plus de dignité que la demi-vie de paria moderne. Et dans ces cas là, la dignité, ça compte beaucoup.

Si ça tourne mal pour moi et que je me retrouve sans point de chute ? je partirai dans la verte. Mieux vaut être libre dans les bois qu'esclave d'une ville. C'est aussi à cela que je me prépare. M'adapter. Résister, ne jamais capituler. (lire le Cr d'OUtback - survie dans les Pyrénées * pour une bonne illustration)

Et même si un point de repli est "temporaire", il peut être suffisant pour stopper une chute qui serait instoppable si tu restais en marge de ton ancien milieu
Pour moi, ailleurs sera meilleur, toujours. Il est du reste cynique de voir que la société a créé une "case" extrêmement rigide pour les disgraciés, case-cage d'une solidité écœurante comparée à celle de nos statuts, acquis et positions...

Pour ta dernière question : jusqu'à quand on reste... c'est là le but de ma réflexion. Je vous l'ai livrée un peu "crue" il est vrai, mais j'ai écris avec honnêteté ce qui ME fera bouger et le prisme magique pour le voir.

* Lien explicite : http://le-projet-olduvai.forumactif.com/t611-outback-survie-dans-les-pyrenees?highlight=outback

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Message par Ash le Ven 18 Fév 2011 - 23:09

Petit truc en passant, je suis SDF, dans le sens sans domicile fixe, je ne suis pas un questeur, un mendiant ni un clochard, un bon copain qui est aussi SDF est un enfant de l'art, il ne possède que ce qui lui est nécessaire, presque rien sinon une énorme quantité de personnes avec lesquelles il est en adéquation, parmi lesquelles un gars qui vit dans une ancienne maison de maître ravagée par la mairie communiste de l'époque qui y voulait des HLM, demeure aujourd'hui en mauvais état mais très bien outillée par lui, il mange d'ailleurs les poubelles des supermarchés, a horreur du gâchis, n'achète que de la viande et du vin, roule à l'huile de frite dans sa nevada et écoute radio classique.

Comme quoi, on peut être SDF et/ou sans le sou et/ou ultra minimaliste sans pour autant ni faire la manche ni avoir une hygiène indécente. Certains se complaisent à mon sens dans une certaine médiocrité, sentiment partagé par de nombreux SDF de tous âges.

Comme a dit un charpentier hier, ce n'est pas la chute qui fait mal mais l'arrivée.

Pour parler de la mendicité, les mendiants chinois travaillent jusqu'à très tard, j'en ai croisé un six heures après le coucher de soleil (minuit, à Shanghai, heure à laquelle il n'y a plus un chat dans les rues), ils ne boivent pas, ne fument pas (un sou est un sou) et n'ont aucune possibilité d'aide étatique, sauf si ils sont issus de minorités (comme les thibétains, les quelques uns que j'ai vu dans le sichuan étaient malpropres, impolis et ivres, a contrario).
Pour résumer, on peut se trouver dans des situations catastrophiques en gardant l'envie, envie qui est conservée quand on n'a pas de filets de protection, on a tendance à se relâcher naturellement dans un tout-sécurité. Ne serait-ce que sur des chantiers, ça se voit, on n'a pas le même entrain dans un chantier très encadré et sûr que sur un chantier risqué et merdique, l'ambiance n'a rien à voir.

C'est la raison pour laquelle à mon sens, le survivalisme ou le survisme se passe principalement en interne, savoir conserver l'envie, la niaque même dans la merde, savoir les retrouver si on les a perdues. C'est par fierté que nombreux sont ceux qui font la manche, encore une idée de dû bien souvent, nous, on se démerde seuls ou accompagnés, mais on se démerde.

Je ne dirait évidemment pas que je vis en K2KK tout le temps mais que la liberté encore relative est antinomique avec le confort, "les choses qui te possèdent finissent par te posséder".

L'action n'a pas besoin de causes mécaniques normalement, c'est le propre de l'humain, soit-disant.

Sinon, je suis désolé si j'ai un peu pourri le sujet avec des remarques un peu trop perso mais sur certains sujets, je démarre vite mais merci de la réflexion que tu as nourri, elle peut néanmoins être très utile.

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Message par Athea le Sam 19 Fév 2011 - 5:39

+1, merci Johann
Je n'ai pas voulu répondre de suite à MonteRosso mais j'estime que les SDF sont aussi des survivors, à leur manière. Eux ne pourraient pas survivre dans la verte donc ils ont choisi de rester parce qu'ils savent comment ça marche dans une ville.
C increvable un homme quand il ne veut pas mourir! Shocked Sémiologie de la situation de crise forçant à l'action 728472

Je connais aussi des personnes "comme toi". Trés sympa et trés contents de leur sort et trés débrouillards. Ils ont un toit mais pas de revenu. Mais la liberté a un coup : on n'a pas toujours ce quo'n veut, et les repas qu'ils partagent volontiers sont parfois frugaux.
Je trouve qu'on s'habitue à tout et que parfois on laisse tomber pour "sombrer dans la médiocrité" comme tu dis.

Certains ne réagiront pas ou se laisseront aller quelques soient les signes. Il y en aura de + prêts que d'autres. Tous pourront survivre (ou pas) mais pas dans les mêmes conditions, ni dans le même état d'esprit.

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Message par MonteRosso le Sam 19 Fév 2011 - 7:50

alors, si j'ai posté, c'est pour débattre, sinon, je resterai assis comme un crouton sur le tas égoïste de mes certitudes qui de fait ne supporteraient que moi.

Merci Athea et Johann de me donner l'occasion de rectifier le flou que par maladresse j'ai laissé.

Le SDF générique dont je parle, c'est uniquement celui qui est victime du système de consommation. Celui qui de haut est maintenant en bas, sans possibilités "morales" de remonter car la société ne veut pas/plus de lui, mais dont il pense avoir encore besoin et ne pas pouvoir se passer : son unique monde "unique". Celui qui n'arrive pas à se faire à l'idée que son statut passé.... est passé, celui qui va s'y accrocher jusqu'à tomber plus bas encore. la victime du "pas solvable... pas vivable". La société fabrique des stéréotypes pour ceux qu'elle a exclu.

Je partais de cette idée, de ce SDF là. En aucun cas de celui qui assume, gère, ou a choisi. Pardon pour mon imprécision.

Je voulais pour celui là, parler d'espoir, de la possibilité de poser son regard ailleurs, différemment. De repartir.

Mon exemple est maladroit et je n'arrive pas à mieux m'exprimer avec... désolé, mauvais choix.




fouet aïe !

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Message par Ash le Dim 20 Fév 2011 - 1:49

Pas de soucis, j'y suis peut-être allé de manière un peu brutale, tu m'en excuseras, par contre, j'ai une petite précision à faire à Athea:
Ils ont un toit mais pas de revenu.
Moi, c'est l'inverse! Je bosse comme un con quand je ne suis pas en vadrouille, l'avantage du point de vue SDF (je ne le suis 'que' depuis juillet dernier), c'est qu'on limite énormément les frais fixes du coup, ben... je met de coté pour m'acheter une baraque (à retaper évidemment).

Comme tu dis, Montagne Rouge, ces gens là, restent bloqués dans une idée consumériste de la chose c'est là qu'intervient la fierté dont j'ai parlé précédemment dans le sens où relâcher l'apparence de la possession (et comme j'ai dit et le répète, faire la manche est dans ce sens) est une dégringolade sociale, se démerder avec pas grand chose mais surtout avec soi même et PAR soi-même est considéré comme un déclin par nos modernes, comme une évolution par mes potes évoqués plus haut ainsi que par moi.

Pour en revenir au sujet principal, la situation de crise forçant à l'action dépend intrinsèquement de notre propre capacité à voir loin et c'est le point principal à travailler je pense.
Étant donné que le gros du problème, à mon sens, est sociétal, directement relié à la sur-organisation mal faite des nations en tant que telle et que nous ne nous nommons pas légion, n'étant pas si nombreux, le plus mieux est d'essayer de voir quand et comment la tour de babel va se casser la gueule si tel sera jamais le cas.

L'action peut donc être partagée différemment:

-Recherche et anticipation
--pourquoi chercher?
--quelles sont nos craintes?
--qu'est-ce qui est malheureusement probable?
--se renseigner encore et toujours

-Prévention
--s'équiper dedans comme dehors aux problèmes potentiels trouvés, par ordre de priorité adapté à soi
--comprendre nos lacunes, travailler sur soi-même et sur notre environnement immédiat

-Palliation (sisi, c'est français)
--ben, une fois que ça c'est cassé la gueule, on rentre dans ton classement, MR:

* -Causes naturelles
* Rapides
* Lentes


* -Causes économiques (sociales)
* Rapides
* Lentes


* -Causes personnelles
* Rapides
* Lentes

Car à mon sens, la situation de crise est permanente, seul le degrés d'affectation directe et personnelle peut changer. On est toujours victime du monde qui nous entoure, à soi même de modifier le niveau de cette victimisation virtuelle, potentielle et réelle, correspondant donc à la tripartition anticipation-prévention-palliation.

Mes deux kobos.

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Message par MonteRosso le Dim 20 Fév 2011 - 7:14

No blems, Johann, je suis un faux tendre mrsgreen et ma maladresse est réelle, j'ai succombé moi aussi à cette "compartimentation verbale". Comme quoi....

J'ai initié ce fil car un copain a vu mon TSM et m'a dit :

"oui mais alors, quand ouvres-tu par exemple ta chlorexidine ? pour un petit bobo ? ou un gros bobo ? Sur quels critères vas-tu juger l'importance du bobo et donc son besoin de chlorexidine..."

Je me suis rendu compte que cette question en cachait une autre... énorme.

J'ai essayé de fragmenter au maximum le problème pour prendre chaque aspect et l'analyser plus facilement.

Ta trilogie -Recherche et anticipation-Prévention-Palliation s'intègre bien à ma question et je complèterai par ce que volwest (si tu me permets...vw) a écrit sur son blog (résumé ici) la vie est survie.

Ce qui me chagrine, c'est que face à des personnes qui ne sont absolument pas préparées à regarder en face l'aspect éphémère et fragile de nos situations, je ne trouve pas le "bon" ton.

Johann a écrit:... notre propre capacité à voir loin

que tu as raison....

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Message par MonteRosso le Jeu 24 Fév 2011 - 18:15

Alors, j'ai eu de longues (et acharnées) discutions avec trois personnes d'horizons sociaux divers (mais de milieu urbain, je poserai les même à des ruraux dés que possible).

A chacune j'ai posé la même question.
Le préalable étant que chacune possède (par supposition) une cabane rudimentaire (façon point de chute) sur un terrain sûr hors de la zone à évacuer.

"Si les pouvoirs publics (avec autorité, au sens large : ceux sur lesquels on s'appuie au quotidien) suite à un évènement grave ne sont plus en mesure de donner un ordre d'évacuation clair. A partir de quel moment penserez-vous légitime de vous le donner vous même"

en gros, trois réponses :

1/ Si ma vie est tout le temps en danger clairement établi
2/ Si malgré mon travail, je ne suis plus payé et que ce à quoi j'ai droit ne m'est plus donné (de l'électricité aux soins médicaux...)
3/ Si la vie de tous les jours devient trop dure, voire impossible (achats, nourriture... violence... un salmigondis de raisons sociales)


Le plus dur reste donc : trouver une grille parfaite pour analyser et permettre de "qualifier" une situation.

Il reste clair que j'ai posé ces questions dans un contexte actuel assez tendu et riche en exemple de crise (mouvements en Afrique du nord). C'est à prendre en compte.
Ces trois personnes ont utilisé les même questions supplémentaires pour tenter d'affiner ma question :

- Mon courrier ? si je pars et rate des lettres importantes ?
- Et ce que je dois payer ? factures ? je vais être majoré ?
- Et mon travail ? je n'y vais plus ?
- Et si mes voisins restent ?

Alors, faut-il appréhender le problème à l'envers ?

- Quand je ne recevrai plus de courrier
- Quand je ne pourrai plus payer ce que je dois
- Quand je ne pourrai plus aller travailler
- Quand les autres partiront...

Alors il sera temps pour moi de partir aussi.


le problème de cette pseudo résolution, c'est que dans notre cas, nous avons une culture du survisme (ou au moins une volonté manifeste de l'acquérir).
Nous devrions donc être "bien" meilleurs que mes trois cobayes sur la lecture des signes.





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