Comprendre la taille des arbres

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Comprendre la taille des arbres

Message par Barnabé le Jeu 25 Sep 2014 - 0:19

Quelques généralités :

Déjà, il faut savoir qu'un arbre ne pousse pas comme un animal. Sur un être humain, par exemple, quand un gamin fait 1,2m de haut, il a les épaules à 1m de haut. Quand il fait 1,80m, les épaules, son "embranchement", sont montées aussi.
Un arbre, lui, garde toujours ses embranchements au même endroit. S'il y a une fourche à 1m de haut, 50 ans plus tard, la fourche sera toujours à la même hauteur. L'arbre croît en poussant au-delà de ce qu'il a déjà. Mais ce qu'il a déjà, ça reste à la même place.

Ensuite, il faut savoir qu'un feuillu repousse de là où on le coupe. Si on le coupe au pied, il va rejaillir du pied (principe du taillis). Si on le coupe à 2 m de haut, il va rejaillir à 2 m de haut (principe des arbres têtards).
A l'inverse, les résineux ne rejettent pas. Si vous le coupez au pied, il est foutu. Si vous le coupez à la moitié de sa hauteur, il va peut-être réussir à relancer ses branches vers le haut, mais ça sera très moche.

Ensuite, on taille (en général) hors végétation, donc en hiver. Mais si vous coupez à l'automne, il y aura tout l'hiver pour que l'eau, le gel, les insectes et les champignons commencent à faire des dégats. Il vaut mieux tailler en fin d'hiver, mais avant la montée de sève. En France, selon les régions, ça va être janvier, février ou mars.

Enfin, il faut laisser de la place pour le bois jeune. Imaginez que vous avez un arbuste qui fait une énorme boule de 4 m de rayon autour du pied, soit 8 m de diamètre. C'est trop grand, ça bouche le chemin, donc vous voulez le ratiboiser à 2m de rayon soit 4 m de diamètre. Si vous coupez toutes les branches à 2m d'extension, ça sera hideux, il y aura de gros moignons durs à ces 2 m d'extension, et dès qu'il poussera de nouvelles branches, il dépassera la taille que vous souhaitez, et vous serez en permanence en train de le ratiboiser, ce qui le stressera car les branches jeunes sont celles où il y a les feuilles, et les feuilles, il en a besoin pour vivre. Il vaut mieux couper ces branches beaucoup plus court (par exemple à 1 m, 1,2 m du pied). De là, il va relancer des branches jeunes, que vous taillerez amoureusement pour lui donner la forme que vous voulez. Ensuite, vous pourrez le tailler plus régulièrement. Mais il aura donc 1 m de grosses branches charpentières, et 1 m de branches jeunes pleines de feuilles. Il sera beaucoup plus joli et en meilleure santé que si vous aviez coupé les grosses branches à 2 m d'extension.

Bon, maintenant, où couper une branche ? Il y a le tronc, puis le bourrelet ou collet, puis la branche. Si vous coupez à ras du tronc, vous enlevez le bourrelet, et l'arbre ne pourra pas cicatriser. En effet, c'est à partir de ce bourrelet que l'arbre va produire de l'écorce, afin de cicatriser en couvrant la branche morte avec de l'écorce jeune.
Si vous coupez à 5 cm du tronc, le bourrelet va lancer une cicatrisation qui va recouvrir le moignon. Mais avant qu'il ait recouvert les 5 cm de moignon, il va falloir des années, et pendant ce temps-là, le moignon pourrit et sert de porte d'entrée aux insectes, champignons, etc.
La bonne taille coupe donc à ras, non pas du tronc, mais du bourrelet. Avec un peu d'expérience, on repère facilement ce bourrelet qui fait un renflement à la base de la branche. Illustration :


et voilà le résultat d'une cicatrisation en bonne voie :


La taille, c'est quoi ? C'est une forme de sculpture. On sélectionne les branches qu'on veut garder. Par exemple, un arbre va peut-être lancer 2 ou 3 branches dans la même direction. Ca fait trop : pas assez de lumière qui rentre, branches qui se blessent les unes les autres en frottant avec le vent... Vous sélectionnez donc la branche qui est la plus jolie, ou celle qui va dans la direction que voulez, et vous enlevez les autres.

Avec quel outil tailler ?
Pour les petites branches, un sécateur.
Pour les branches plus grosses, un grand sécateur à deux poignées.
Pour les branches en hauteur, un émondoir.
Pour les branches encore plus grosses, une scie à branches de jardinier. La denture est spécifique et va laisser une surface bien nette, pas mâchée.
Pour les branches vraiment très grosses, scie à bûches ou tronçonneuse.
Comme pour tous les outils, choisir du bon matos, apprendre à l'affûter, et le ranger à l'abri de l'humidité. Si vous ne vous en resservez pas de longtemps, nettoyez puis huilez la lame.

Comment employer l'outil ?
Rappelez-vous : vous voulez laisser le collet intact, car c'est lui qui va lancer la cicatrisation. Ca veut dire que la "mâchoire" inférieure de votre sécateur doit être en contact avec la partie qui va tomber. Pas avec le collet qui reste sur l'arbre, sinon vous l'abîmez.

Comment apprendre à tailler ? Réfléchissez, coupez peu, apprenez au fur et à mesure. Regardez faire les gens expérimentés. L'oeil et le cerveau s'éduquent. Progressivement, vous apprendrez à reconnaître le bois mort du bois vivant (même en hiver), les fourches, les bourgeons, le fameux collet qu'il faut préserver à la base de la branche, etc.

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Re: Comprendre la taille des arbres

Message par Aristote le Jeu 25 Sep 2014 - 2:06

Merci pour ce topic. Le coup du bourrelet je ne connaissais pas.
Juste une requête, tu ne pourrais pas nous faire un topo avec la taille des arbres fruitiers ?
Mais bon, il y a peut-être autant de façon de tailler que d'espèces d'arbres.
Mais peut-être aussi qu'il existe des principes généraux ?
A+ clind'oeil

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Re: Comprendre la taille des arbres

Message par Barnabé le Jeu 25 Sep 2014 - 9:45

tu ne pourrais pas nous faire un topo avec la taille des arbres fruitiers ?
Mais bon, il y a peut-être autant de façon de tailler que d'espèces d'arbres.
Non, je ne peux pas. D'une part, je ne suis pas assez pointu. Ensuite, il y a déjà plein de ressources, sur internet ou dans des bouquins (un bouquin généraliste comme "Le guide du jardin bio" contient déjà pas mal d'infos, mais il vaut mieux compléter par un livre dédié à la taille des arbres fruitiers). Enfin, c'est très compliqué. Ca dépend non seulement des espèces, mais même souvent des variétés à l'intérieur des espèces. Il faut apprendre à distinguer les bourgeons à feuille, les bourgeons à fruit, les coursonnes, etc. Et pour une même espèce et une même variété, il y a de nombreuses façons de mener les arbres (scions, espalier, gobelet...) qui vont nécessiter chacune une approche différente.
Le mieux, en plus d'internet et des bouquins, est de se former auprès de gens compétents. Des gens vraiment compétents ! Pas juste un voisin qui dit "oh, je fais comme je peux". Autant je recommande les voisins comme source d'info pour le jardinage "généraliste", car ils ont des années d'expérience cumulée sur les cultures qui réussissent ou non sur votre terrain et dans votre climat, autant les gens qui savent vraiment tailler (et greffer), c'est beaucoup moins fréquent.

Je continue avec mes généralités :

Pour couper des branches importantes, il faut prendre la précaution de couper une première fois un peu plus loin que l'endroit où l'on veut placer la taille définitive, en commençant par un trait de scie en-dessous. Ainsi, on enlève du poids et on supprime le risque que la branche se déchire en abîmant l'arbre. Puis, on coupe à ras du collet.
La première coupe peut être réalisée avec un outil plus rapide, puisqu'elle sert juste à supprimer du poids. La seconde mérite qu'on y passe plus de temps pour avoir une coupe nette.
Par exemple, on peut faire la première coupe avec une scie à bûche ou une tronçonneuse. Pour la seconde, on préférera une scie à branches de jardinier.

Quand on taille une branche quelque part sur sa longueur (donc pas à ras du tronc), il faut se demander comment l'arbre va repartir de là. Il faut lui proposer la solution pour la suite !
- Sur les petites branches, notamment sur les fruitiers, on va couper un peu après des bourgeons qui sont bien disposés. Par exemple, on veut que l'arbre fourche à partir de là où on coupe. On va choisir un endroit où il y a un bourgeon orienté vers le bas, suivi de deux bourgeons orientés d'un côté et de l'autre. Ca devrait produire deux à trois branches en fourche.
- Sur les grosses branches, on va couper à un endroit où il y a un tire-sève, c'est à dire une branche qu'on laisse pour qu'elle amène la sève, ce qui va faciliter la cicatrisation. Il faut couper un peu en biais. Si on coupe droit, la zone sous l'écorce où circule la sève va rester vivante du côté du tire-sève, mais mourrir de l'autre. Ca fait un talon, un moignon de bois mort qui va ralentir la cicatrisation. C'est très bien illustré sur cette page :
http://elagage.comprendrechoisir.com/comprendre/taille-des-arbres

Si les arbres ont des maladies, il faut désinfecter les outils de coupe avant de passer d'un arbre à l'autre, par exemple en pulvérisant de l'alcool à brûler sur les lames.

Enfin, dans les généralités, il faut savoir que, plus la taille est sévère, plus ça va stresser l'arbre. Parmi les réactions possibles :
1) il meurt
2) certaines des branches coupées meurent
3) il est plus sensible aux maladies, pendant plusieurs années (soit mécaniquement, à cause des ouvertures crées par les coupes ; soit aussi par le stress qui modifie la composition de sa sève et diminue ses défenses).
4) il réagit en faisant des gourmands. Un gourmand, ça fait partie des choses sur lesquelles il faut s'exercer l'oeil pour apprendre à le reconnaître. C'est une branche qui pousse tout droit vers le haut et très fort. Ca peut partir à tous les niveaux : des racines, du pied, sur le tronc, sur les branches. L'arbre essaie de faire, en quelque sorte, des troncs de remplacement pour remplacer ce qu'on lui a coupé.
Il y a deux raisons pourquoi il faut couper les gourmands :
- ce n'est pas beau. En général, on taille un arbre pour essayer de lui donner une certaine forme. Avoir des sortes d'"arbres sur l'arbre", qui poussent très haut, tout droit, souvent touffus, c'est pas ce qu'on veut.
- l'énergie qu'il met à faire pousser ce bois, il ne la met pas ailleurs. Pour un arbre fruitier notamment, la pousse des gourmands va se faire au détriment de la production de fruits.
On taille les gourmands assez souvent. Il faut inspecter les arbres plusieurs fois dans l'année, même quand l'arbre est en végétation, et couper les gourmands sans attendre (et toujours à ras du collet, comme toute branche). Il ne faut surtout pas attendre l'hiver suivant pour supprimer les gourmands.

Sécurité :
Attention, c'est dangereux ! Les risques sont :
- se couper avec les outils
- monter dans l'arbre, sur une échelle, un escabeau, et tomber.
- être déséquilibré par la branche coupée, et tomber.
- se prendre une branche ou un arbre sur la tête.

Soyez précautionneux. Si vous utilisez une échelle ou un escabeau, assurez-vous qu'ils soient super stables. Mettez une dalle ou une planche (non glissante) sous les pieds pour pas qu'ils s'enfoncent dans le sol.
Si vous montez dans l'arbre, attention aux branches mortes, aux branches de trop faible diamètre, aux branches cassantes.
D'une manière générale, si vous ne le sentez pas (notamment pour de l'élagage de branches importantes en hauteur), il vaut mieux demander à un pro, en l’occurrence ça sera un grimpeur-élagueur. Soyez-là au moment où il travaille : vous aurez un spectacle impressionnant sous les yeux, et vous comprendrez mieux pourquoi il valait mieux faire appel à un pro. Twisted Evil

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Re: Comprendre la taille des arbres

Message par Mutof le Ven 26 Sep 2014 - 18:15

Quelle est la période de taille la plus indiquée?

Je "sais" que c'est en automne au moment de la descente de sève. Mais est-ce le cas pour toutes les essences?

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Re: Comprendre la taille des arbres

Message par Barnabé le Ven 26 Sep 2014 - 19:03

Mutof a écrit:Quelle est la période de taille la plus indiquée?
C'est l'hiver. Donc, après la chute des feuilles et avant les premiers signes de remontée de sève (débourrement des bourgeons).
Eviter les périodes de gelées.
Idéalement, c'est en février-mars (selon le climat local), quand on approche de la fin de l'hiver mais que les bourgeons n'ont pas encore débourré. Pourquoi ? Parce que, par rapport à une coupe à l'automne, les surfaces coupées resteront exposées moins longtemps aux éléments, donc le bois s'abîme moins avant que la cicatrisation commence et on limite des risques que des maladies s'y installent.
Pour autant, le risque est de rater la période optimum et d'intervenir quand les bourgeons s'ouvrent.
Bref, il faut tailler en hiver, si possible à la fin de l'hiver, mais sans trop tarder non plus. Si on a peur de se rater ou si on a beaucoup à tailler, tailler n'importe quand en hiver en évitant simplement les périodes de gel.

Mais les arbres fruitiers à noyaux supportent très bien la taille en vert, qu'on fait après la récolte des fruits. Il y a une accalmie de l'activité de l'arbre à cette période. Pour les cerisiers, on dit même qu'il ne faut les tailler qu'à cette période.
Je crois que les arbres à noyaux supportent moins bien la taille, pour deux raisons : 1) ils fructifient sur le bois de l'année précédente, donc si on taille trop, on n'aura pas de fruits (le "vieux bois", de plus d'un an, ne portera plus de fruits). 2) Je crois qu'ils cicatrisent moins bien. Donc, mollo sur la taille des arbres à noyaux.

Après, comme je l'ai déjà dit, je ne rentrerai pas dans le détail de la taille à appliquer à chaque espèce, c'est trop compliqué et je ne suis pas assez calé. Achetez un bon bouquin de référence, participez à des séances de formation, interrogez ceux qui savent.

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Re: Comprendre la taille des arbres

Message par Cyrus_Smith le Ven 26 Sep 2014 - 19:46

Barnabé a écrit:Pour autant, le risque est de rater la période optimum et d'intervenir quand les bourgeons s'ouvrent.
Si on rate le bon moment (ça m'est arrivé l'hiver dernier, très doux), est-il préférable de le faire quand même ou d'attendre l'hiver suivant?

Barnabé a écrit: Achetez un bon bouquin de référence,
Des recommandations particulières?

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Re: Comprendre la taille des arbres

Message par Barnabé le Ven 26 Sep 2014 - 20:05

Si on rate le bon moment (ça m'est arrivé l'hiver dernier, très doux), est-il préférable de le faire quand même ou d'attendre l'hiver suivant?

Je n'en sais rien ! Et je suppose que ça dépend du type de taille : pour une taille de formation sur un très jeune arbre, une année ratée c'est énorme, donc il vaut peut-être mieux intervenir, même tard. Pour un arbre plus ancien, c'est moins important donc on peut peut-être attendre.

Toi qui es un scientifique, dans un cas comme ça, si tu avais deux arbres à peu près similaires, il fallait en tailler un et pas l'autre, et voir lequel s'en sort le mieux ! clind'oeil Et ce n'est pas qu'une boutade, la taille s'apprend aussi avec beaucoup de patience et d'observation.

Dans tous les cas, il reste la solution de la taille en vert, fin juin ou début juillet. Ce qu'il faut éviter, c'est de tailler en pleine poussée de sève de printemps.


Des recommandations particulières?

Non. Il faut feuilleter et voir si on trouve le livre suffisamment clair et compréhensible.

un autre sujet : pour les très vieux arbres, et les arbres qui ont pris une forme complètement aberrante et qu'il faudrait ratiboiser sévèrement : il faut se demander un bon coup s'il vaut mieux laisser tel quel, ou ratiboiser sévèrement, ou bien carrément supprimer l'arbre et en planter un jeune.
En effet, ratiboiser sévèrement va stresser énormément l'arbre et ne pas forcément résoudre tous les problèmes. Exemple, chez mes parents, il y avait 5 vieux poiriers qui n'ont jamais bien donné, qui étaient chétifs, qui choppaient toutes les maladies, et qui n'ont jamais été taillés. J'en ai viré 3 et essayer de remettre les deux autres dans le droit chemin par une taille sévère. Sur ces 2, la taille sévère a provoqué l'apparition de nombreux gourmands que j'ai dû couper plusieurs années de suite. Ces 2 arbres ont survécu, mais ils sont restés chétifs, maladifs, et donnant peu. diagnostic : mauvaise adaptation au terrain et au climat, et variété trop sensible aux maladies. Pas de miracle.

Autre exemple, un cerisier décati qui ne produit que des cerises véreuses car trop tardif. Ca vaut peut-être la peine de le virer pour le remplacer par un petit jeune (qu'on prendra d'une variété précoce pour éviter ou en tout cas limiter l'envahissement par la mouche de la cerise).
Si on a plusieurs arbres de la même variété, ça parle d'autant plus en faveur d'en supprimer une partie (par exemple un sur 3). Ainsi, on va continuer à récolter les fruits des vieux pendant que les jeunes atteignent l'âge de production. Quand les jeunes seront bien entrés en production, on pourra couper le 2e sur 3 et replanter un jeune. Et 5 ans plus tard, on finit avec le 3e sur 3.

Attention, pour éviter les maladies, l'arbre jeune doit être de préférence planté sur une zone vierge. Si on doit planter sur l'emplacement d'un ancien arbre, intervertir entre arbre à noyaux et arbre à pépin, pour limiter les maladies. Exemple : on coupe un cerisier et un pommier la même année : on va planter le jeune pommier à la place du vieux cerisier, et le jeune cerisier à la place du vieux pommier. Dans ce cas, bien engraisser le terrain aussi, y compris avec des minéraux (corne broyée), car l'arbre précédent a du pomper pas mal le sol.

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Re: Comprendre la taille des arbres

Message par Ash le Ven 26 Sep 2014 - 23:13

Sujet qui tombe à point nommé, j'allais faire de la taille sévère d'ici quelques semaines sur pommiers, ça se fera donc plus tard. Là, ce sont deux vieux arbres malades plein de gui, je voulais tester... Si l'an prochain ils n'ont pas repris convenablement, je les virerai pour mettre des plus jeunes.

de manière plus précise, j'ai un noyer qui donne peu, avec deux branches basses mal exposées, un vieux de la vieille m'a recommandé de le tailler pendant qu'il donnait ses fruits et de l'arroser copieusement de bouillie bordelaise régulièrement ensuite. Je ne sais pas si c'est la meilleure solution, j'ai toujours du mal à tailler du bon pépère bien plus vieux que moi...

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Re: Comprendre la taille des arbres

Message par Aristote le Sam 27 Sep 2014 - 1:07

Ash a écrit:j'ai toujours du mal à tailler du bon pépère bien plus vieux que moi...
pouce  C'est une pensée ma foi bien sympathique.

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Re: Comprendre la taille des arbres

Message par Barnabé le Sam 27 Sep 2014 - 10:52

Ash a écrit:Sujet qui tombe à point nommé, j'allais faire de la taille sévère d'ici quelques semaines sur pommiers, ça se fera donc plus tard. Là, ce sont deux vieux arbres malades plein de gui, je voulais tester... Si l'an prochain ils n'ont pas repris convenablement, je les virerai pour mettre des plus jeunes.
Je te conseille de ne pas tailler sévèrement. Sur des vieux arbres, ça risque de leur faire un choc et le résultat risque d'être pire qu'avant ! Il vaut mieux y aller progressivement (c'est à dire y revenir plusieurs années de suite en faisant peu chaque année).

Pour commencer, il faut faire du nettoyage :
- virer les branches mortes
- virer les branches vraiment mal conformées ou redondantes
- enlever le gui. Attention, pour vraiment supprimer le gui il faut creuser profond pour supprimer le suçoir.

de manière plus précise, j'ai un noyer qui donne peu, avec deux branches basses mal exposées, un vieux de la vieille m'a recommandé de le tailler pendant qu'il donnait ses fruits
Pourtant, le noyer ne se taille pas. La taille est plus néfaste que bénéfique pour le noyer. Le risque est notamment d'avoir des entrées de maladie, mais aussi de provoquer l'apparition de gourmands qui vont lancer l'arbre dans la production de bois sans aucun effet bénéfique.

Si tu tiens à le tailler :
- période : on lit de tout : juin parce que les autres périodes provoquent des écoulements de gomme ; septembre ; hiver (hors saison végétative et hors gel). Je ne sais pas qui a raison.
- déjà, supprimer les branches mortes.
- si tu veux couper ces deux branches basses, moi je commencerai par une seule cette année. Faire une coupe bien propre. Mettre une bonne dose de mastic. L'intérêt du mastic est discutable, mais sur un arbre sensible aux maladies et dont le bois exposé pourrit assez rapidement, je ne prendrais pas le risque de ne rien mettre. Voir comment il réagit. Si tout se passe bien, tu pourras faire la 2e branche l'an prochain. Tu peux aussi faire une branche en hiver, et l'autre fin juin, et voir laquelle guérit le mieux. Ca serait une expérience intéressante.

et de l'arroser copieusement de bouillie bordelaise régulièrement ensuite.
Arroser au pied ? Je ne vois pas trop l'intérêt. Si on traite à la bouillie bordelaise, c'est par pulvérisation sur les branches / le feuillage. Ce qui, sur un noyer, vu sa taille, nécessite une bonne sulfateuse, un grand escabeau, et une bonne dose de patience ! Ca prévient la bactériose et l'anthracnose. Chercher sur internet pour les dosages et les périodes d'application.

Après, tu dis qu'il donne peu, mais avant de savoir quelles solutions appliquer, il faudrait comprendre de quoi il souffre. Quels sont les symptômes ? Quel âge ? Quel type de terrain ? Quel climat, quel exposition ? Si tu veux lancer un diagnostic à distance "à la Catalina" clind'oeil, il faudrait ouvrir un fil spécifique, car ça ne relève pas de la taille des arbres.

Dans les deux cas, pommiers et noyers, tu pourrais commencer par appliquer les quelques conseils généralistes suivants :
o à l'automne, ramasser les feuilles mortes et les fruits tombés, et tout brûler. La raison : ce sont des réservoirs à maladies.
o brosser l'écorce à la brosse métallique, pour enlever, lichen, mousses etc. Ne pas blesser l'écorce non plus, mais bien la nettoyer. Bien nettoyer aussi les fourches et les creux qui ont tendance à accumuler de la matière organique.
o appliquer un badigeon sur le tronc (aussi haut qu'on peut, y compris les branches charpentières) une fois en octobre-novembre, une fois en fin d'hiver. Par temps sec et non gélif. Il existe différentes recettes, voici celle du petit guide du jardinage biologique :
- terre argileuse et bouse de vache
- silicate de soude (2%) ou décoction de prêle (10%)
- lait 1 %
- eau pour obtenir la consistance d'une pâte à crêpe.
Appliquer avec un gros pinceau ou une grosse brosse à poils assez durs pour pouvoir, en tamponnant, atteindre les replis de l'écorce.
o Fumure : Ajouter au pied de l'arbre (surtout à une distance entre les 2/3 et les 3/3 de l'extension des branches). Idéalement, il faut adapter sa composition aux besoins identifiés de l'arbre. En première approche, on peut partir sur du compost mûr et y ajouter quelques poignées de corne broyée. C'est à épandre à l'automne. Si tu n'as pas de compost mûr, essaie de récupérer un tombereau de fumier, laisse le en tas un an, et ça fera un bon compost. On peut gratouiller la surface du sol pour faciliter l'incorporation de la fumure, mais il faut rester superficiel pour ne pas blesser les racines.
o maintenir l'herbe très courte sous les arbres. On peut par exemple passer la tondeuse sans sac. Il s'agit de limiter la concurrence de l'herbe, qui pompe beaucoup de nutriments et d'eau.
o En période de sécheresse, arroser. Il faut pratiquer de gros arrosages à environ une semaine d'écart. (C'est vrai que ce sont surtout les jeunes arbres qui risquent de crever ; les vieux arbres ont des racines profondes et supportent généralement la sécheresse. Mais ça ne veut pas dire que ça ne les stresse pas. Et qui dit stress dit sensibilité accrue aux maladies. Donc il faut arroser. Si vous arrosez un peu tous les jours, vous arrosez l'herbe, vous aurez un joli gazon ! Pour atteindre les racines de l'arbre, il faut arroser beaucoup d'un coup, mais peu souvent.

Globalement, le "malentendu" vient du fait que la plupart des fruitiers sont des arbres assez fragiles. Il suffit de regarder des vieux vergers laissés à l'abandon : les fruitiers sont supplantés par la végétation "sauvage", plus vigoureuse. Donc, des fruitiers laissés à eux-mêmes choppent des maladies et font des fruits petits et avec des défauts. Si on veut améliorer la production, il faut prodiguer aux arbres toute une série de soins. On peut choisir de ne rien faire ou presque, mais alors il ne faut pas s'étonner d'avoir une production médiocre.


Dernière édition par Barnabé le Dim 28 Sep 2014 - 10:02, édité 1 fois

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Re: Comprendre la taille des arbres

Message par Ash le Sam 27 Sep 2014 - 17:08

Merci de l'avis.

Là, j'ai juste commencé à virer les branches mortes sur un pommier, je virerai le gui qu'il reste sous peu, l'avantage avec le pommier, c'est qu'étant un bois clair, on peut facilement identifier le suçoir du gui et donc tailler selon les besoins.

C'est entendu pour la taille et la fauche, chi va piano...

Pour le noyer, j'ai déjà commencé un paillage y'a quelques mois qui ne fait manifestement pas de problème. Détail, quand je parlais d'arroser de la bouillie, c'était au pulvérisateur, j'ai un gloria pas piqué des vers alors ça va le faire je pense...
Autre raison pour la taille, la proximité avec la route de la plus basse des charpentières, ça risque de devenir dangereux à terme...

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Re: Comprendre la taille des arbres

Message par Catalina le Sam 27 Sep 2014 - 22:34

Merci BARNABE pour ce fil, je le mets dans mes favoris !!!

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Re: Comprendre la taille des arbres

Message par Willou le Mer 15 Oct 2014 - 9:34

Un excellent travail au sujet de la taille, écrit par des chercheurs :
"De la taille à la conduite des arbres fruitiers" dirigé par Evelyne Leterme et Jean-Marie Lespinasse.

Ils expliquent que la taille est souvent une pratique sans justification scientifique et qu'il faut changer nos mentalités à ce sujet.
N'oublions pas que les pratiques actuelles de taille conduisent à des vergers entièrement malades, où les arbres ont parfois besoin de plusieurs dizaines de "traitements" aux pesticides par an pour pouvoir produire décemment... !

Ils ne rejettent pas toutes les opérations de taille, mais préconisent de les faire de manière ciblée et adaptée à l'arbre et à son historique. Un arbre ne nécessite pas nécessairement la même taille tous les ans. Il faut comprendre sa physiologie... (facile à dire !)
La taille doit non seulement être adaptée à l'espèce mais aussi à la variété, car différentes variétés de fruitiers peuvent avoir différents ports.

Il y a des tailles à toutes les saisons, cela dépend de l'opération que vous voulez effectuer. Par exemple les tailles d'été servent plutôt à diminuer la vigueur d'un fruitier.

Ensuite, il faut savoir que les pros taillent pour avoir moins de fruits, mais plus gros, et pour éviter l'alternance des récoltes. Ca sert aussi à les faire fructifier plus jeunes, en les affaiblissant (la fructification est alors une réaction physiologique de survie, alors évitez d'acheter un arbre traumatisé en pépinière pour porter quelques pauvres fruits, prenez-le plutôt le plus jeune possible, juste après la greffe).

L'objectif principal de la "conduite" des arbres fruitiers proposée par les auteurs est d'éviter l'alternance des récoltes, de maintenir l'arbre en bonne santé (par ex. assainir les parties malades ou enchevêtrées) et évidement d'avoir de beaux fruits. Leur méthode de taille se rapproche alors plus de l'élagage et de l'éclairsissement.

Si vous taillez seulement votre fruitier pour éviter qu'il ne devienne trop grand, laissez tomber. Si vous avez peu d'espace, il faut réfléchir avant la plantation et choisir un porte-greffe nanifiant et/ou une variété peu vigoureuse (en pondérant cela avec la richesse du sol).
Si vous vous mettez en tête de tailler un arbre dont le code génétique lui impose d'être grand, c'est une guerre sans fin. Il vaut mieux l'aider à atteindre la forme pour laquelle il est le plus adapté et qui lui permettra d'être en bonne santé et de fructifier régulièrement.
Pour la récolte, si vous avez choisi un arbre vigoureux, c'est normal d'avoir besoin d'une échelle ! Il y aura un peu de perte dans les zones inaccessibles, cela nourrira la faune sauvage. clind'oeil

Pour maîtriser la vigueur d'un arbre, une technique que je ne connaissais pas est l'arcure. Grosso modo (je n'insulte personne clind'oeil) cela consiste à courber les branches avec de la ficelle de façon à donner un port légèrement pleureur à l'arbre. Cela réduit l'aspiration de la sève et la vigueur de la branche. Elle se met alors à fructifier plutôt que continuer à produire du bois. De cette manière, on peut transformer un gourmand en belle branche fruitière dans un espace encore non occupé.

Il est difficile de donner un cours de conduite sur un forum, c'est un métier et je n'ai pas du tout les compétences. Lisez le livre ! study

Willou
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Re: Comprendre la taille des arbres

Message par Barnabé le Jeu 16 Oct 2014 - 13:23

Willou : effectivement, sur un forum, on ne fait qu'aborder les bases. Après, à chacun d'approfondir avec le livre et/ou les conseils ad hoc.
Je ne connais pas le bouquin que tu cites. Sur les commentaires d'Amazon, on voit que certains lecteurs sont contents, d'autres trouvent qu'il est trop compliqué pour le jardinier amateur.

Perso, avec ce fil, je me place dans l'optique de donner quelques bases. En effet, les gens qui ne savent pas du tout tailler :
- soit ils ne taillent pas du tout et ce n'est pas bon (ça fait un arbre très fouillis, branchu, parfois bien trop haut ; ils laissent prospérer les gourmands, etc.)
- soit ils taillent en faisant des horreurs : taille en pleine sève ; branches coupées trop loin du tronc ou au contraire à ras... branches cassées à la main (si si, on le voit !), branches sciées à la scie à bûches et laissées dans cet état, branche lourde sciée directement à l'endroit où on veut tailler et du coup, elle casse en arrachant un bon bout de bois et d'écorce sur la partie qu'on veut laisser...

Donc, mes conseils visent à donner la base pour, au moins, ne pas faire n'importe quoi.

Si je pouvais résumer, je dirais : tailler peu, tailler bien !

...tailler peu... si ce n'est pour l'élagage. Là, il faut parfois savoir tailler fortement. Comme je disais, si on veut ramener un arbre à 2 m d'extension, il ne faut pas tailler à 2 m mais à 1 m, de façon à ce qu'il ait la place de refaire des branches dans l'espace qu'on lui alloue. Après, comme je l'ai dit, c'est violent, et l'arbre risque d'être malade ou de mourir, suite à cette intervention. Mais là, on parle surtout d'arbres et arbustes d'ornement ou de haie. Quand ils ont été laissés à pousser n'importe comment et qu'on veut les ratiboiser, il n'y a guère le choix : c'est soit cet élagage sévère, soit on coupe et/ou déracine l'arbre pour s'en débarrasser carrément.

A propos de l'arcure : la pratique de l'arcure, au sens propre, c'est vraiment très prononcé. Exemple :

Mais au début de la formation d'un arbre, on peut effectivement vouloir écarter des branches qui seraient trop verticales. On peut le faire avec des ficelles (ou des sangles larges élastiques, c'est le mieux et c'est ce qu'utilisent les pros me semble-t-il), ou bien en plaçant des intercalaires entre les branches (pour les repousser vers l'extérieur). Par contre, il faut faire très attention à ne pas couper la circulation de la sève, sinon la branche va être mal en point.

Quand l'arbre commence à fructifier, l'arcure peut se faire spontanément sous le poids des fruits. C'est le cas notamment des pommiers, qui finissent souvent par prendre un port retombant, avec des branches jusqu'au sol. Non seulement ça peut faire de l'arcure, mais ça peut même casser ! Si on voit que les fruits commencent à faire pencher les branches plus que ce qu'on souhaite, 2 solutions : la première : retenir les branches pour contrer cette arcure naturelle (c'est à dire retenir les branches en les attachant les unes aux autres, ou bien faire tout le tour de l'arbre avec une sangle comme pour faire un bouquet ; ou bien encore, leur placer un support pour les soutenir depuis le sol). La seconde solution : virer une bonne partie des fruits, voire tous les fruits sur les arbres très jeunes. On aura davantage de fruits les autres années, quand l'arbre aura consolidé ses branches principales dans la forme que l'on veut sans subir cette arcure excessive.

Sinon, je voulais donner quelques infos basiques sur la taille de formation d'un arbre fruitier :
- la plupart des fruitiers vont avoir tendance à pousser en hauteur avant de faire des fourches. Donc, les fruits vont être situés très haut.
- la taille de formation vise donc, en brisant cet élan vers le haut de l'arbre, à le forcer à former ses branches à la hauteur choisie.

Concrètement, ça veut dire que, si on achète un scion (un jeune arbre qui a la forme d'une seule et unique tige), on va le couper à une certaine hauteur (selon le résultat souhaité). A partir de là, il va former 2 à 4 branches en général, qui seront ses futures "charpentières". On retaille les charpentières à une certaine distance du tronc, ce qui l'oblige à fourcher à nouveau : ça fait des sous-charpentières.
L'essentiel du travail de cette taille de formation se fait les 3 premières années. Après, on est dans l'entretien, et les petits détails. C'est surtout les 3 premières années qu'il ne faut pas se planter.

Voici quelques images qui illustrent cela :


Exemple de la formation d'un pommier en forme de gobelet :
http://lesbeauxjardins.com/jardinons/fruitiers/arbres/pommiers/gobelet.htm

Les arbres fruitiers peuvent être menés dans bien des formes différentes :


La différence entre haute-tige, demi-tige, basse tige et fuseau :



Il faut bien voir que les formes "fortement contraintes" (palmette, U, cordon...) vont demander de l'entretien et du savoir-faire tous les ans. Et il faut dire que c'est tout à fait contradictoire avec la perspective que propose Willou de laisser la forme la plus "naturelle" possible à l'arbre. Par contre, c'est quand même intéressant quand on a peu de place, et qu'on veut "ranger" les arbres le long d'un mur, d'une allée, dans une platebande, en bordure de propriété....

Contrairement à ces formes "fortement contraites", un arbre dans une forme "semi-naturelle" peut rester plusieurs années sans être taillé. Après les premières années de formation, il peut "vivre sa vie". C'est mieux si on est là pour en prendre soin : enlever les gourmands, enlever 1 ou 2 branches mal placées, redondantes... Faire une taille de fructification pour les variétés qui le nécessitent... Mais si on ne le fait pas, ça ne vire pas à la catastrophe.

Alors que, les formes "fortement contraintes" ne peuvent pas rester plusieurs années sans être taillées et entretenues. On voit ça, malheureusement, quand une maison avec jardin est reprise par un nouveau propriétaire qui ne connaît rien au jardinage, ou bien quand elle reste inoccupée pendant plusieurs années. Les branches augmentent de diamètre et vont être étranglées par les liens qui les retiennent au palissage. Des gourmands se développent. Les branches poussent très en hauteur, bien au-delà de la forme habituelle de ces arbres palissées. Bref, c'est vite la catastrophe. Au bout de 5 à 10 ans, c'est quasiment irrécupérable.

Donc, n'opter pour des formes "fortement contraintes" que si on est sûr qu'il y aura quelqu'un pour en prendre soin pendant de nombreuses années. Si on veut un arbre qui demande moins d'entretien, et qu'on a la place, le plus simple est souvent la haute-tige ou la demi-tige.

Prendre en compte aussi que, pour un jardin, on peut avoir deux attentes contradictoires :
- pouvoir circuler facilement autour de l'arbre ;
- pouvoir atteindre facilement les fruits.

Si on fait une haute-tige, on aura bien la place de circuler debout autour de l'arbre, mais les fruits seront en hauteur. Si à l'inverse, on fait du basse-tige, gobelet, fuseau ou autre du même genre, les branches seront à hauteur d'homme, donc il y aura plus de difficulté pour passer la tondeuse ! Et si vous avez placé l'arbre trop proche d'un chemin de passage, il va rapidement encombrer votre chemin ; ça veut dire que, soit vous l'avez placé trop près du chemin, soit vous n'avez pas choisi la bonne taille compte tenu de cet emplacement.

Donc, entre pouvoir circuler sans être gêné par les branches, et avoir les fruits accessibles, il faut choisir ! On ne peut pas avoir les deux... sauf avec les arbres palissés, où on force les arbres à avoir toutes leurs branches dans le même plan, et on circule alors facilement le long de l'allée ainsi formée. On retrouve les avantages que je citais un peu plus haut.

Souvent, les arbres qu'on achète en jardinerie ou pépinière sont déjà formés. Non seulement on n'a pas besoin de savoir les former, mais en plus on a quelques années de moins à attendre avant d'avoir des fruits. Exemple :


Mais les scions (très jeunes arbres avec 1 seule tige toute droite) sont vendus moins chers (puisqu'ils sont plus jeunes et pas formés). Donc, si on n'est pas riche et pas pressé non plus, ça peut valoir la peine d'acheter des scions et de les former soi-même.

Après, il y a aussi la considération du porte-greffe. En résumé, il faut un porte-greffe peu vigoureux si on veut un port de petites dimensions ou des arbres palissés. Par contre, pour les plus grands ports (haute tige) il faut un porte-greffe vigoureux ; mais attention, ça va vraiment pousser grand, et il va falloir attendre plus longtemps avant d'avoir des fruits !
Souvent, quand on achète en jardinerie, on n'a pas ou peu d'infos sur le porte-greffe utilisé.

Voilà, je reste volontairement très basique, après il faut approfondir, en fonction du type de fruitier, de la place disponible, du porte-greffe utilisé, etc., avec les bons bouquins ou avec les bons conseils du pépiniériste.

Je complète un de mes posts précédents, puisque je ne peux plus l'éditer :
Si on doit planter sur l'emplacement d'un ancien arbre, intervertir entre arbre à noyaux et arbre à pépin, pour limiter les maladies.
Il faut ajouter que :
- évidemment, on ne peut planter un arbre à la place d'un autre que si on a déraciné le précédent ! Sinon, il reste toutes les racines sous le sol, qui sont encore vivantes, et il est évidemment hors de question de replanter un arbre à cette place !
- il est préférable laisser passer un an ou même plus, avant de replanter au même endroit, notamment pour vérifier qu'il y a pas de rejets à partir des racines. Si c'était le cas, il faudra creuser pour enlever cette racine... ou bien essayer de la tuer en appliquant sur le rejet un produit dévitaliseur de souche (mais c'est "mal").
D'une façon générale, il est bien préférable de planter un arbre sur une zone "vierge", plutôt qu'à l'emplacement d'un ancien arbre.

Barnabé
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Re: Comprendre la taille des arbres

Message par albertspetz le Jeu 16 Oct 2014 - 19:45

Une fois que vous aurez assimilé la taille, je montrerai la différence en une reine de rainette sans traitement et celles du commerce.


albertspetz
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