La responsabilité des conseilleurs, analystes, lanceurs d'alerte, auteurs survivalistes, etc.

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Message par Barnabé le Jeu 27 Fév 2014 - 13:12

On publie, sur ce site et ailleurs, des infos, des opinions, on relaie des bouquins et des points de vue, etc. Dont une bonne part sont plutôt "catastrophistes" et/ou "survivalistes".

Les lecteurs de ces éminents  conseilleurs, analystes, lanceurs d'alerte, auteurs survivalistes, économistes et prévisionnistes de tout poil, se basent sur leurs idées pour faire des choix. Des choix d'investissements, des choix de vie, etc.

Commençons par l'économie. Par exemple, O. Delamarche dit depuis au moins deux ans que le CAC doit s'effondrer vers les 1000 points ou même 600 points. Dans le même temps, le CAC 40, cet enfoiré, est remonté de 2800 points en septembre 2011 à 4300 points récemment. Tous ceux qui ont liquidé leurs actions, ou même qui ont shorté le CAC, sur les bons conseils de M. Delamarche, ont perdu beaucoup d'argent.

Dans le domaine de l'analyse économique, tout le monde sait que les conseils sont délicats à donner, et les auteurs prennent souvent des précautions du type "disclaimer" : ceci n'est pas un conseil d'investissement, DYODD (Do Your Own Due Diligence), etc. N'empêche, c'est tellement tentant de conseiller, prophétiser, voire gouroutiser.

Sur le trading et les placements, il y a même des gens qui s'abonnent à des lettres payantes d'information et de conseils très précis sur des choix d'investissements. Ces gens suivent ensuite ces conseils et investissent ensuite des sommes conséquentes. Les pertes financières possibles sont considérables. La responsabilité des conseilleurs est tout aussi considérable.

Parlons un peu plus des auteurs "survivalistes". Ceux de la fin des années 70 recommandaient d'acheter de l'or et de l'argent. Par exemple Howard Ruff avec How to Prosper During the Coming Bad Years (1979), Survive and Win in the Inflationary Eighties (1981). Mel Tappan avec Tappan on Survival (1980). John Allen Pugsley avec The Alpha Strategy (1980).
Manque de pot, 1980, c'était justement le sommet d'une bulle sur les métaux précieux. Ceux qui ont investi fortement sur les métaux précieux à ce moment-là, sur les bons conseils de ces auteurs, ont vu leurs métaux précieux perdrent énormément de valeur. En gros, l'once d'or est passée de 600-800 $ en 1980 à 300-400 $ pendant les deux décennies suivantes. Donc une perte de l'ordre de la moitié, voire les deux tiers de ce qui était investi sur l'or ; et c'était encore pire sur l'argent. Et c'est encore pire en tenant compte de l'inflation car si on revend 400 $ en 1995, on ne retrouve pas la moitié du pouvoir d'achat de 800 $ de 1980 ; plutôt le quart, sans doute. Et ils sont probablement nombreux à avoir revendu à perte, s'ils n'ont pas eu la patience d'attendre plus de 20 ans que ces métaux remontent enfin (les cours sont remontés à partir de 2000-2001 seulement).

Autres conseils classiques de ces auteurs survivalistes de la fin des années 1970-début 1980 : stocker du matériel, de la nourriture, des semences, des armes etc. Plus de 30 ans après, quel est l'état de ces stocks ? Quelle perte financière ont-ils occasionné, à cause de tout ce qui est a pourri, rouillé, périmé, est devenu obsolescent ou a été revendu à perte ?
(Sans parler de la question qui tue : à quel effondrement sociétal soudain et brutal ces préparatifs ont-ils permis de faire face ? Aucun).

Nouvelle vague d'alerte en 1998-1999 pour le fameux Y2K bug (bug de l'an 2000). Ceux qui ont acheté de l'or et de l'argent sur la base des conseils parus à l'époque, bravo ! C'était le début d'une décennie de hausse. Par contre, pour tous ceux qui ont acheté matériel, nourriture, armes etc, même question : 14 ans plus tard, quel est l'état de ces stocks ? Quelle perte financière ?
(Sans parler de la question qui tue : à quel effondrement soudain et brutal dû au Y2K ces préparatifs ont-ils permis de faire face ? Rien, niet, puisque le Y2K bug s'est révélé être un pet de lapin !).

De nos jours, en France, la nouvelle mode, le nouveau gourou, c'est notamment San Giorgio. BAD, réserves de nourriture, armes, formation de "clans" pour se préparer... C'est un investissement énorme en temps et en argent. Franchement, l'ensemble BAD + terrain + réserves de nourritures + armes (plus formation, stages, permis de chasse ou licence de tir, etc.), c'est un budget énorme. Pour la quasi-totalité des gens, s'ils veulent faire tout cela, il faut qu'ils y consacrent l'intégralité de leur patrimoine (y compris logement, voiture, épargne : tout doit être consacré à cette préparation !). Certains ultra-riches pourront se permettre de se préparer en y consacrant seulement quelques % de leur patrimoine, pour les autres, si on veut vraiment faire tout ce qu'il recommande, il faut quasiment que ça devienne la destination unique de nos moyens financiers et de notre temps libre.

Franchement, la responsabilité de tous ces conseilleurs, analystes, lanceurs d'alerte, auteurs survivalistes, etc. me paraît énorme, écrasante. Je n'aimerais pas être un de ces auteurs qui a écrit en 1980 "achetez de l'or, de l'argent, de la nourriture etc., crise imminente", et rencontrer en 1995 un lecteur qui me dise en face : "super, vos conseils. J'ai perdu 30 000 dollars sur les métaux précieux. Je n'en finis pas d'essayer de jongler avec mes stocks matériels sans perdre trop d'argent à cause des données périssables, de l'obsolescence, des trucs qui s'abiment ou tombent en panne. Je dois bien en être à 20 000 $ perdus sur ce poste. De toute façon, je suis vieux maintenant, mes enfants n'en ont rien à foutre de mes préparations. Bilan : 15 ans à faire le clown pour rien et cinquante mille dollars de perdus. Vous avez quoi à répondre à ça ?".

Je ne dis pas qu'il ne faut pas se préparer. Je dis : réfléchissez-y quand même bien. C'est votre vie, ce sont vos sous, et les enjeux sont considérables, dans les deux sens : si the big crise arrive enfin et que vous n'êtes pas préparé, c'est grave. Mais si vous y consacrez des moyens importants et que la crise n'arrive pas, c'est grave aussi. Et enfin, si c'est une crise de type "paupérisation progressive", mais que vous vous êtes préparés à une cris de type "fin du monde", vous risquez d'avoir passé beaucoup de moyens dans une préparation qui n'est pas adaptée à la situation réelle.

Après, si ce sont des compétences que vous vouliez de toute façon acquérir, si vous vous faites plaisir au passage (jardiner, bricoler, etc.) : tant mieux, c'est tout bénéf : non seulement vous vous faites plaisir, mais en plus vous vous préparez par la même occasion. Par contre, si la préparation représente un effort humain et financier considérable, et que vous ne feriez pas cet effort s'il n'y avait pas une crise imminente (disent-ils)... ça vaut la peine d'y réfléchir à deux fois.

Voilà, ce n'est pas la première fois que j'expose ces idées, mais j'avais envie de le faire bien clairement et bien proprement dans un fil spécifique.

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Re: La responsabilité des conseilleurs, analystes, lanceurs d'alerte, auteurs survivalistes, etc.

Message par Catharing le Jeu 27 Fév 2014 - 21:27

La plupart des lanceurs d'alerte ,et je parle bien des lanceurs d'alerte  ,ne se basent pas sur des idées mais la plupart du temps sur des faits (et pour eux ,les conséquences peuvent être dramatiques ),ce qui n'est pas effectivement pas le cas des prévisionnistes économiques ,auteurs de bouquins de survie et autres prophètes.
De plus ils le font de manière désintéressée , pour le bien commun et non leur intérêt personnel .

Selon Wikipedia
"...Le ou la lanceuse d'alerte prend des risques réels au nom de la cause qu'il entend défendre et diffuser : il met souvent en risque sa santé financière ou physique, la tranquillité de son couple ou de sa famille, sa sécurité personnelle, et son image (en cas de médiatisation, son nom et son visage sortent alors de l'anonymat – au sens de non-célébrité)..."

Et selon la Fondation Sciences Citoyennes
"Simple citoyen ou scientifique travaillant dans le domaine publique ou privé, le lanceur d’alerte se trouve à un moment donné, confronté à un fait pouvant constituer un danger potentiel pour l’homme ou son environnement, et décide dès lors de porter ce fait au regard de la société civile et des pouvoirs publics. Malheureusement, le temps que le risque soit publiquement reconnu et s’il est effectivement pris en compte, il est souvent trop tard.
Les conséquences pour le lanceur d’alerte, qui agit à titre individuel parce qu’il n’existe pas à l’heure actuelle en France de dispositif de traitement des alertes, peuvent être graves...."

Quant aux "autres conseils classiques de ces auteurs survivalistes de la fin des années 1970-début 1980 ",je pense qu'il faut aussi se replacer dans le contexte de l'époque,et ne pas  jeter la pierre à posteriori,car leurs conseils à l'époque pouvaient sembler judicieux .
On est encore en pleine Guerre Froide :
-1977 et 1983 la crise des euromissiles,
-1979 l'URSS envahit l'Afghanistan
-1983 le projet Guerre des étoiles de Reagan,
-1984 le boycott des JO de Los Angeles par 18 pays communistes dont l'URSS.

Alors oui,à l'époque il y avait de quoi se poser des questions quant à l'évolution de la situation entre les deux blocs (au moins jusqu'en 1985),quant à la maladie (sida) ,quant à la vie économique (deuxième choc pétrolier de 1979).
Et les motivations de ceux qui font des stocks aujourd'hui sont sans doute les mêmes que celles de l'époque ...

Enfin
"Franchement, la responsabilité de tous ces conseilleurs, analystes, lanceurs d'alerte, auteurs survivalistes, etc. me paraît énorme, écrasante. Je n'aimerais pas être un de ces auteurs qui a écrit en 1980 "achetez de l'or, de l'argent, de la nourriture etc., crise imminente", et rencontrer en 1995 un lecteur qui me dise en face : "super, vos conseils. J'ai perdu 30 000 dollars sur les métaux précieux. Je n'en finis pas d'essayer de jongler avec mes stocks matériels sans perdre trop d'argent à cause des données périssables, de l'obsolescence, des trucs qui s'abiment ou tombent en panne. Je dois bien en être à 20 000 $ perdus sur ce poste. De toute façon, je suis vieux maintenant, mes enfants n'en ont rien à foutre de mes préparations. Bilan : 15 ans à faire le clown pour rien et cinquante mille dollars de perdus. Vous avez quoi à répondre à ça ?".

..
Que les conseilleurs ne sont pas les payeurs et donc qu'il faut prendre avec mesure le conseil des autres car la décision finale n'engage, en terme de responsabilité, que le décideur.
En clair,que dans la vie on fait des choix ,bons ou mauvais et qu'il faut les assumer et ne pas chercher  systématiquement un tiers responsable de ses propres erreurs.
Que ce monsieur voit le verre à moitié vide alors qu'on peut le voir à moitié plein..qu'il a fait le choix de prévoir un coup dur potentiel pendant 15 années et que par chance cela n'est pas arrivé ,qu'il a pris ses responsabilités en tant que chef de famille  même si ses enfants n'ont pas conscience de ce que cela représente comme efforts financiers et humains (l'ingratitude des enfants^^).
Et enfin que la préparation c'est un état d'esprit voire une philosophie pour certains et que lorsque l'on s'engage dans cette voie c'est souvent pour la vie..

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Re: La responsabilité des conseilleurs, analystes, lanceurs d'alerte, auteurs survivalistes, etc.

Message par albertspetz le Ven 28 Fév 2014 - 10:59

La face noire et muette de la société française

Il y a des alertes, je vous les fais suivre. Il y a des opinions, je vous les fais suivre également. 
Et puis il y a des témoignages comme celui-ci.... je vous les fais suivre aussi.

"Se battre": gros plan sur la face "noire et muette" de la société française Par Nathalie AURIOL

 
 PARIS,  28 fév 2014 (AFP) - Seule au bord de la rivière, elle donne du pain aux cygnes et aux canards: "je suis exclue de tout, de tout", dit-elle. "Je ne fais plus partie du monde qui bouge, des gens qui partent tôt le matin, des gens qui choisissent ce qu'ils veulent manger, acheter".
 On ne sait rien d'elle, ni son nom, ni son histoire, si ce n'est que cette femme entre deux âges habite Givors, ancienne ville ouvrière près de Lyon, frappée par la désindustrialisation. Et qu'elle fait partie de ces "millions de Français pour qui la vie se joue chaque mois à 50 euros près". "La face noire et muette de notre société" à laquelle Jean-Pierre Duret et Andréa Santana ont donné la parole dans "Se battre", un documentaire qui sort le 5 mars sur les écrans, juste avant les municipales.
 "Je ne peux plus lire. J'allais à la bibliothèque, mais ma vue a changé énormément, je ne peux pas me payer une autre paire de lunettes", raconte la femme aux cygnes.
 "Des petits plaisirs, je ne m'en fais plus. Si, je m'en fais quand je suis ici", rectifie-t-elle. Puis elle part, décrochant avec d'infinies précautions son sac en plastique accroché à une jeune pousse d'arbre qu'elle ne veut pas briser.
 Pas d'histoire, pas de commentaire, pas de voix off: juste l'impact des témoignages et des visages filmés de près, des fragments de vie.
 "Nous n'avons pas à mettre nos mots sur les mots des autres. Ce film est destiné principalement à mettre en valeur les leurs", explique à l'AFP Jean-Pierre Duret. "Nous n'avons pas de leçons à donner, chacun ressort du film avec des mots, des visages et doit faire son propre travail".
 'T'es devenue quoi?'
 ====================
 Pendant trois mois, le couple de réalisateurs a suivi des habitants de Givors qui luttent ainsi chaque jour pour survivre, rencontrés par le biais d'une organisation caritative ou comme cette femme, au hasard de leurs déambulations dans la ville.
 Ils ont aussi filmé le quotidien des bénévoles qui leur viennent en aide, l'entreprise d'insertion, les tournées pour collecter les invendus des supermarchés, l'"épicerie" installée dans les locaux du Secours populaire.
 "Vous étiez venu le 28 novembre, vous êtes un peu en avance, c'est trop tôt pour vous servir", explique avec bienveillance une volontaire à l'homme aux cheveux gris, l'air fatigué, qui se présente ce jour-là. "Je n'ai plus rien à manger. Il me restait un steak haché, je l'ai mangé hier soir", répond-il.
 "Je suis un peu énervée d'être là", dit pudiquement une sexagénaire qui vient pour la première fois demander de l'aide. "Avec 109 euros, je ne peux pas...".
 Cette ancienne cadre d'une maison d'édition, qui gagnait jadis "20 à 30.000 francs par mois", cherche encore un emploi: "quand tu retombes sur des fiches de paie, des papiers, tu te dis: t'es devenue quoi?".
 Jean-Pierre Duret et Andréa Santana ont "tout fait" pour que ce film sorte avant les municipales: "notre objectif était qu'il serve à un débat". Mais en se "plaçant sur le plan citoyen" plus que politique.
 "Nous sommes des millions à ne pas aimer cette société à deux vitesses que nous sommes en train d'accepter", estime le réalisateur. "Cela franchit allègrement les rapports gauche/droite".

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Re: La responsabilité des conseilleurs, analystes, lanceurs d'alerte, auteurs survivalistes, etc.

Message par Barnabé le Ven 28 Fév 2014 - 11:02

Catharing, merci pour cette intervention qui contrebalance très bien la mienne.

Concernant le "a posteriori".
En matière d'investissement et de trading, on connaît bien le trading a posteriori. Par exemple : "ah, si j'avais acheté tel actif qui a fait +1 000 % en 2 ans". Sauf que...
- deux ans plus tôt, pouvait-on vraiment prévoir que ça allait monter à ce point ?
- Et pour engranger ces gains, il faut aussi être conscient qu'on est au sommet de la hausse et qu'il est donc temps de vendre. Or, évidemment, au moment où on voit "+1000 %", on est devant une courbe montrant une hausse continue, et on est bien tenté d'attendre que ça monte encore. Donc, deux ans plus tard, avons-nous les infos permettant de dire qu'il est temps de vendre pour engranger ces bénéfices ? Non plus.

La plupart du temps, les gens normalement constitués n'ont pas l'info permettant de prévoir une forte hausse ; et après un certain temps de forte hausse, il sont tout aussi incapables de savoir qu'il est temps de vendre parce que la hausse vient à son terme. C'est pour ça que le trading a posteriori est aussi trompeur : on détermine des gains fictifs de quelqu'un qui aurait parfaitement acheté sur le plus bas, et parfaitement vendu sur le plus haut ; or, ce type de trading optimum est extrêmement rare en réalité.

Donc, en 1980, comment pouvait-on diable savoir qu'il y aurait une (relative) sortie de crise économique, et que la guerre froide n'allait pas provoquer une troisième guerre mondiale ou autre catastrophe du même tonneau ? En fait, on ne pouvait pas le savoir. Donc, les auteurs qui disaient, en 1980, de se prémunir contre une crise éco qui durera peut-être ou une guerre qui viendra peut-être avaient raison. Tout est dans ce "peut-être".

Par contre, les auteurs doomers qui disaient que c'était certain, confirmé, imminent... à ceux-là, je continue de reprocher leur catastrophisme.

San Giorgio écrit dans son bouquin qu'il est certain que la crise grave arrivera d'ici 2020. Comme aux auteurs doomers des années 1980, je lui reproche d'être trop affirmatif sur la certitude de l'imminence de cette crise grave.

..Que les conseilleurs ne sont pas les payeurs...
Je suis d'accord avec tes réponses. J'aurais même un réponse encore plus laconique à faire à ce lecteur rencontré en 1995 : "quand on paie une assurance, et que l'accident n'arrive pas, on ne se plaint pas d'avoir payé une assurance. C'est le principe même d'une assurance qu'elle ne sert qu'en cas d'accident et, si l'accident n'arrive pas, on est content d'avoir évité l'accident plutôt que de se lamenter sur l'argent payé à l'assurance".

Sauf que... ça dépend de combien on paie cette assurance. Si je payais l'assurance de ma voiture 20 000 € par an, je ne remettrais pas en cause la nécessité d'une assurance automobile, mais je remettrai en cause son montant qui fait un prélèvement insupportable sur mes revenus.

Là aussi, si je ne reproche pas aux auteurs d'encourager les gens à se préparer... je leur reproche quand même l'ampleur financière et humaine des préparations recommandées.

Pour une personne moyennement riche (revenu médian des français : 29 k€ €/an ; patrimoine médian 150 k€), se préparer sur le modèle préconisé par San Giorgio "BAD-clan-réserves de nourriture, outils, réserve d'énergie fossile + énergies renouvelables, armes et munitions", ça veut dire y consacrer la plus grande part de ses revenus, de son patrimoine... et aussi une grande part de son temps et de son énergie, pendant plusieurs années.

Après, au final, il est bien évident que c'est à chacun de faire ses choix en son âme et conscience.

Pour autant, qui peut affirmer avoir un libre-arbitre parfait et ne jamais se laisser influencer d'aucune façon ?

On est bien obligé de constater que les auteurs (et les forums, blogs, etc.) peuvent avoir un effet d'endoctrinement. D'une part, parce que, sur internet, à force de parcourir des sites et des auteurs analogues (par effet des liens qui renvoient toujours vers du contenu orienté de la même façon), on va lire 99 % des choses favorables à une thèse ; d'autre part, parce que ces 99 % raillent aux passages les "mainstream" qui n'ont rien compris. Donc, on peut quand même arriver à s'auto-endoctriner en étant persuadé que nous, on a compris, et que ces idiots de mainstream n'ont rien compris.

Sur le survivalisme, celui qui ne lit que des bouquins et forums survivalistes "durs" (*) peut tout à fait se retrouver dans le même type d'auto-endoctrinement.
(*) : heureusement, olduvaï n'est pas dans cette optique ! clind'oeil

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Re: La responsabilité des conseilleurs, analystes, lanceurs d'alerte, auteurs survivalistes, etc.

Message par Catharing le Ven 28 Fév 2014 - 15:51

Barnabé a écrit:San Giorgio écrit dans son bouquin qu'il est certain que la crise grave arrivera d'ici 2020. Comme aux auteurs doomers des années 1980, je lui reproche d'être trop affirmatif sur la certitude de l'imminence de cette crise grave.
Effectivement..

Il est certain que prédire une crise grave pour 2040 ne serait pas très vendeur.. clind'oeil
Comment vendre un bouquin traitant de la préparation (et pas n'importe laquelle!) sans fixer une date butoir, une échéance tangible,concrète?
Comment toucher le grand public ,en général peu concerné par ce sujet (il suffit de lire les commentaires désabusés de certains membres quant à la "réceptivité" de leur famille et entourage) ,sans faire preuve de certitudes absolues qui permettent de cristalliser l'angoisse du lecteur et de créer un effet de buzz..ce qui est très bon pour les ventes..
Je parle de grand public par opposition au noyau assez faible ,que représente les survivalistes,preppers et autres prévoyants de tous bords qui n'ont pas besoin de marquer une croix sur un calendrier pour continuer leur préparation ,et qui représente un quota de ventes trop peu rentable..

La chance extraordinaire de ces auteurs c'est qu'ils commencent à leur tour à bénéficier d'un marché qui prospère celui du "business de la peur" relayé tous les jours par les médias qui en ont déjà fait leur gagne-pain quotidien ,bien plus rentable que de chercher le scoop...
Ce que certains auteurs doomers ou de SF maniaient de façon artisanale dans les années 70/80,est devenu une véritable industrie.

Un marché juteux,qui a participé à l'essor d'un autre marché très rentable lui aussi celui du business sécuritaire.
Ben oui ,si j'ai peur de ce que je mange,si j'ai peur de ce que je bois,de ce que je respire,de ce que je vois et j'entends du Monde,logique que je puisse avoir peur de ce qui m'entoure...des gens ,des chiens..mais surtout des gens.. clind'oeil


Ps:Ces propos n'engagent que moi .. ange 
Victor hugo disait:"Dans ce moment de panique, je n'ai peur que de ceux qui ont peur..." ses propos n’engagent que lui  clind'oeil

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Re: La responsabilité des conseilleurs, analystes, lanceurs d'alerte, auteurs survivalistes, etc.

Message par Rammstein le Ven 28 Fév 2014 - 21:47

C'est vrai que dans la sphère francophone, les quelques gourous en exercice ont tendance à prôner des préparations onéreuses, hors de portée du commun des mortels... Notons qu'à l'instar des auteurs américains à succès, aucun n'a vécu une réelle situation de crise économique...  mrsgreen 

Les "pauvres " (j'inclus dans cette catégorie 95% de l'humanité) représentent cependant un marché non négligeable, pour lequel des solutions bon marché existent. Pour quelques centaines d'euros on se paie une assurance tout risque valable (bouffe, eau, premiers soins, abri d'urgence...) et sans doute moins foireuse que la BAD + BOV + MRE + etc.

Evidemment on reste sur la thématique de la peur (c'est AMHA LE levier enclencheur de tout le processus de préparation), mais sans les excès du consumérisme survivaliste à la Rawles et consort.

Mes 2 roupies...

Rammstein

PS : pour ceux - pauvres prolétaires comme moi - qui souhaiteraient approfondir le sujet, je recommande la lecture de "Shoestring Survivalism", "Hard Times Handbook" et "Surviving The Economic Collapse", ouvrages qui ont des approches plus terre-à-terre que la plupart des publications "survivalistes".

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Re: La responsabilité des conseilleurs, analystes, lanceurs d'alerte, auteurs survivalistes, etc.

Message par Barnabé le Ven 28 Fév 2014 - 22:24

Rammstein a écrit:Pour quelques centaines d'euros on se paie une assurance tout risque valable (bouffe, eau, premiers soins, abri d'urgence...)

Oui ! Préparation qui n'est pas d'ailleurs pas spécifiquement survivaliste, cf les recommandations de la Croix rouge et compagnie. J'avais aussi été étonné de voir qu'en Martinique, les gens stockent de l'eau, de la nourriture, des piles éléctriques, du PQ etc. Ben oui, zone cyclonique, donc ces stocks sont non seulement des recommandations officielles mais aussi du simple bon sens.

Il faut citer aussi les autres investissements en faveur de sa propre vie, qui ne coûtent vraiment pas grand chose : régime alimentaire sain (notamment de type méditerranéen), limiter l'alcool, ne pas fumer ni consommer d'autres drogues, faire de l'exercice, limiter l'exposition à la pollution, entretenir une vie sociale et plus globalement essayer de voir la vie du bon côté. Là, on augmente vachement ses chances de vivre longtemps, et surtout de vivre longtemps en bonne santé (on est quand même plus heureux quand on est bien portant) ! D'ailleurs, on accorde de plus en plus d'importance à l'espérance de vie en bonne santé, ou espérance de vie sans incapacité (EVSI) ou Healthy Life Years (HLY) , plutôt qu'à l'espérance de vie tout court.

Bizarrement, ces sujets pragmatiques et peu coûteux sont très peu populaires parmi les survivalistes.  Laughing dévil

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Re: La responsabilité des conseilleurs, analystes, lanceurs d'alerte, auteurs survivalistes, etc.

Message par Philippe-du-75013 le Sam 1 Mar 2014 - 8:47

Rammstein a écrit:... pour ceux - pauvres prolétaires comme moi - qui souhaiteraient approfondir le sujet, je recommande la lecture de "Shoestring Survivalism", "Hard Times Handbook" et "Surviving The Economic Collapse",...
Pauvres prolétaires bien anglophones quand-même!  Je lis des mails professionnels en anglais et j'y répond mais je ne vais pas au delà, comme bien d'autres je suppose.

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Re: La responsabilité des conseilleurs, analystes, lanceurs d'alerte, auteurs survivalistes, etc.

Message par KrAvEuNn le Sam 1 Mar 2014 - 9:53

Salut !
Barnabé a écrit:si ce sont des compétences que vous vouliez de toute façon acquérir, si vous vous faites plaisir au passage (jardiner, bricoler, etc.) : tant mieux, c'est tout bénéf : non seulement vous vous faites plaisir, mais en plus vous vous préparez par la même occasion.
AMHA, par les temps qui courent - crises et 30 piteuses oblige - , cultiver une certaine autonomie, faire des économies en jardinant, bricolant, etc, permet d'améliorer sa résilience pour faire face aux situations de crise bien réelles et contemporaines et, de manière complémentaire, de se préparer, à court et moyen terme, pour faire face à de gros coups durs.

Acheter, stocker, compiler et accumuler des produits qui ne serviront, pour la plupart, probablement jamais, parce que l'effondrement ou le TEOTWAWKI sont des hypothèses - pseudoscientifiques - non vérifiables, ne suffit pas.

AMHA ce qui doit surtout être questionné, ce sont nombre de thèses et de "logiques" survivaliste et preppers : le grosbillisme, l'accumulation compulsive de matériel, la surconsommation de gadgets et de produits industriels, les hypothèses pseudo-scientifiques qui conduisent leurs auteurs et ceux qui les suivent à s'enfermer dans des scénarios aux issues sans cesse repoussées, etc. Bref, ce qui doit être remis en question, c'est la préparation majoritairement matérielle et consumériste et le stockage de matériels et de produits périssables qui s'en suit, basée sur une lecture en bonne partie dogmatique/pseudoscientifique de l'avenir et visant à faire face à un très éventuel effondrement, qui ne viendra probablement pas (Effondrement mon cul).
Une bonne analyse (objective) de la situation contemporaine et des tendances à court et moyen terme - le long terme étant quasi impossible à anticiper - est indispensable à une bonne gestion du risque.
L'émotion, trop souvent privilégiée chez les survivalistes, ne peut pas être la base majeure qui sert à anticiper, ou à gérer, un risque. C'est par l'émotion que pêchent, AMHA, trop de survivalistes et preppers.

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Re: La responsabilité des conseilleurs, analystes, lanceurs d'alerte, auteurs survivalistes, etc.

Message par Aristote le Sam 1 Mar 2014 - 10:31

Une résilience raisonnée sans tomber dans l'exagération d'un survivalisme primaire et compulsif. Voilà une bonne démarche qui crédibilise ce forum.
Pas de perte de temps dans du futile et de l'improbable.

Du concret, c'est comme ça qu'on avance...

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Re: La responsabilité des conseilleurs, analystes, lanceurs d'alerte, auteurs survivalistes, etc.

Message par KrAvEuNn le Sam 1 Mar 2014 - 12:36

Aristote a écrit:Du concret, c'est comme ça qu'on avance...
Oui. Par ailleurs il est profitable de s'accorder, de temps en temps, des poses, loin d'Internet, des livres spécialisés, etc et des réseaux IRL, afin de prendre un peu de recul avec tout ça. S'imprégner, au quotidien, d'infos, de réflexions, d'alertes, etc - notamment issues d'un même moule -, ayant trait à la survie, à la résilience, à la préparation, etc, et agir uniquement sur cette base peut vite devenir non seulement addictif et anxiogène, mais aussi nous influencer de manière négative en entretenant, chez nous, mauvais réflexes, achats compulsifs, justifications défensives, logiques biaisées, dissonance cognitive, paranoïa, etc.
Accepter les critiques - notamment les plus constructives ; les plus caricaturales ayant tendance à légitimer notre enfermement dans une postion défensive et, donc, à favoriser notre dissonance cognitive -, se remettre en question, pendre du recul, multiplier les sources d'info et aborder différentes analyses et solutions/alternatives - pas seulement les plus extrêmes et dures, ou les plus molles -, permet de "reformater" son "logiciel" d'analyse et comportemental et donc, d'éviter de trop penser en rond et, donc, de s'enfermer dans une position défensive et une impasse dogmatique. clind'oeil

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Re: La responsabilité des conseilleurs, analystes, lanceurs d'alerte, auteurs survivalistes, etc.

Message par tarsonis le Sam 25 Juil 2015 - 11:38

Salut !

Lanceur d’alerte, le Pr Christian Marescaux poursuivi par l’hôpital


Le Pr Christian Marescaux est poursuivi par… son employeur, les Hôpitaux universitaires de Strasbourg pour diffamation. En cause, les alertes lancées par le neurologue concernant les retards de prises en charge aux urgences, suite à l’indisponibilité des appareils de radiologie.

En cas de suspicion d’un accident vasculo-cérébral (AVC), sachez qu’il vous faudra attendre en moyenne 9 heures et 35 minutes aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) avant que débute votre prise en charge. Ce chiffre un brin effrayant est issu d’une thèse de médecine, soutenue en juin, et portant sur l’accueil de 374 patients aux urgences entre juin et juillet 2013. Et pour l’imagerie cérébrale, ajoutez 3 heures et 36 minutes, en moyenne.

Pourtant, comme dit la pub du Ministère de la santé, en cas de suspicion d’AVC, « chaque seconde compte », tout retard dans le diagnostic ou la prise en charge entraîne de sévères complications et des handicaps lourds. Aux HUS, la difficulté d’accès à l’Imagerie par résonance magnétique (IRM) pour les patients des urgences a pourtant été dénoncée depuis 2007 au moins par les responsables des services des urgences et de neurologie, notamment à la suite de complications chez plusieurs patients.

Ainsi en 2010, une patiente arrivée aux urgences de Hautepierre à 5h du matin avec des fourmillements aux quatre membres n’a pu bénéficier d’un examen IRM que vers 21h, alors qu’elle était devenue tétraplégique depuis 8h du matin !

« Au secours »

En 2011, dans un email envoyé à la direction et intitulé « au secours », le Pr Jérôme De Seze, neurologue au CHU de Hautepierre, s’alarme :

« Que faut-il faire dans ce CHU pour que nos patients puissent avoir accès à une IRM ? Les machines sont saturées par des consultations externes (publiques et privées) et les médecins des services n’ont aucun accès à l’IRM… Mes collègues s’épuisent à demander en permanence ces examens avec un succès de 0% cette semaine. C’est plus que démoralisant. »

Dans un email envoyé au directeur des HUS en juin 2010, le chef du service de neurochirurgie d’alors, aujourd’hui décédé, alerte :

   « Nous sommes confrontés à une limitation des examens dans la journée, puisque les créneaux de l’IRM sont très occupés. Beaucoup de patients sont hospitalisés plusieurs jours (de 2 à 8 jours) en attendant des examens d’IRM. »
[...]

Lorsqu’en avril, le Pr Christian Marescaux répète ces accusations devant plusieurs médias à la suite du décès du responsable de la neurochirurgie, les HUS décident de le poursuivre pour diffamation publique. L’audience doit se tenir lundi 15 juin devant le tribunal correctionnel de Strasbourg.
Pr Christian Marescaux : « Je grippe la machine à sous »

Pour le Pr Christian Marescaux, cet acharnement n’a qu’un but, étouffer toute critique, envoyer un message à ceux qui seraient tentés de l’ouvrir :

   « Je suis celui par qui le scandale arrive, je grippe la machine à sous des examens privés avec mes petits problèmes des patients des urgences, sans le sou et souvent banals. Ce que je dénonce, avec d’autres rares confrères, l’hôpital refuse de le voir, on ne veut pas ouvrir le débat de fond. Cette procédure, c’est l’épilogue de deux années de harcèlement invraisemblable, qui a touché mes proches, une partie de mes collègues, mes supposés soutiens, etc. Mais j’ai préparé avec mon avocat 80 pages de preuves de ce que j’avance, et une centaine de pages d’annexes. On verra bien qui ment au final ! »

Contactée, la direction des HUS n’a pas souhaité répondre à nos questions, indiquant réserver ses arguments pour le tribunal. Mais il est fort possible qu’elle n’ait pas l’occasion de les développer, car une première plainte des HUS en diffamation contre le Pr Marescaux a été jugée irrecevable en mai par la Cour d’appel de Colmar, en raison d’imprécisions dans sa rédaction. Or la seconde, jugée ce lundi, est rédigée avec les mêmes erreurs de formes.

Le débat sur les dysfonctionnements aux HUS risque donc d’être une nouvelle fois escamoté. Et en attendant, le nom du Pr Christian Marescaux a été retiré des entêtes du service de neurologie et toutes ses responsabilités, ainsi que ses gardes, lui ont été retirées.

Ils ont été lanceurs d'alerte et ils ont tout perdu...

En tant que responsable de l'unité neurovasculaire de l'hôpital de Hautepierre, Christian Marescaux est chargé d'accueillir les patients victimes d'accident vasculaire cérébral (AVC). C'est ainsi qu'il s'est rendu compte que pour les examens réalisés par résonance magnétique (IRM), des personnes non hospitalisées ou bien appartenant à la clientèle privée des médecins de l'établissement passaient avant tout le monde, au détriment des patients amenés en urgence.

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Re: La responsabilité des conseilleurs, analystes, lanceurs d'alerte, auteurs survivalistes, etc.

Message par Barnabé le Lun 27 Juil 2015 - 8:30

On s'éloigne un peu de l'idée première de ce fil... mais bon, à propos de lanceurs d'alerte, en voilà un intéressant et méritant :
http://www.sudouest.fr/2015/07/22/le-citoyen-s-est-reveille-2071967-3725.php

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Re: La responsabilité des conseilleurs, analystes, lanceurs d'alerte, auteurs survivalistes, etc.

Message par tarsonis le Lun 27 Juil 2015 - 9:37

Salut !

Il y a eu une émission intéressante hier sur France Inter au sujet des lanceurs d'alertes.
Homo Numericus s'engager avec Geoffroy De Lagasnerie


De nouvelles manières de faire de la politique s’inventent dans le monde numérique et des figures nouvelles émergent également. Qu’on les nomme « lanceurs d’alerte », « désobéisseur », « activistes » ou tout simplement journalistes, ils divulguent à une échelle sans précédent des secrets que les Etats préféraient jusque là garder soigneusement enterrés dans leurs plis les plus obscurs.

Pensez à Snowden, pensez à Assange, pensez à Manning : tous ont en commun d’avoir révélé des secrets d’état, de se battre pour approfondir la démocratie. Tous ont également en commun d’être considérés comme des ennemis d’état.


En podcast qulques temps, ou bien en téléchargement ici :
http://www.franceinter.fr/sites/default/files/sons/2015/07/s30/net-fi-afd2cd25-d886-4679-9eb9-7916340ca6d6.mp3

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Re: La responsabilité des conseilleurs, analystes, lanceurs d'alerte, auteurs survivalistes, etc.

Message par Ash le Lun 27 Juil 2015 - 19:58

Bnb, c'est publié après modification de la législation clind'oeil

Tarsonis, amha, on en est venu à avoir un appareil gouvernemental monolithique et sclérosé, nécessitant des lanceurs d'alerte extérieurs alors qu'auparavant on pouvait avoir un Général Bigeard qui ouvrait sa grande jacte, il était d'ailleurs respecté et médiatisé pour celà. Actuellement seuls les généraux Desportes et Dary l'ouvrent mais qui les entend ?
la collusion entre les médias majoritaires et les politiciens majoritaires donne un ensemble monolithique, base d'un totalitarisme d'ailleurs, ne laissant place qu'à quelques exceptions (Assange, Snowden, Manning, mais aussi dans un autre registre Robin par exemple) laissant les lanceurs d'alerte 'officiels' prendre le relai par obligation plus que par devoir et minimisant souvent la portée des faits (raison pour laquelle aucune tête ne tombe et aucune modification géopolitique n'est effectuée, ou presque).
Ces exceptions sont donc porteurs d'un message majoritairement connu par l'appareil et ses ramifications mais le fait que la plèbe y ait accès est dérangeant, expliquant que dans le pays de la terreur et du coup d'état institutionnel (1958), nous ayons quelque mal à accepter un réfugié politique gênant.

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Re: La responsabilité des conseilleurs, analystes, lanceurs d'alerte, auteurs survivalistes, etc.

Message par Barnabé le Ven 7 Aoû 2015 - 14:48

Petite précision : en fait, je ne voulais pas parler des lanceurs d'alerte dans l'acception moderne de l'expression qui est à peu près équivalente à l'anglais "whistleblower", littéralement "celui qui souffle dans le sifflet". Wikipedia écrit "le lanceur d'alerte désigne une personne ou un groupe qui estime avoir découvert des éléments qu'il considère comme menaçants pour l'homme, la société, l'économie ou l'environnement et qui de manière désintéressée décide de les porter à la connaissance d'instances officielles, d'associations ou de médias, parfois contre l'avis de sa hiérarchie."

Moi, je voulais évoquer dans ce fil ceux qui prophétisent des catastrophes ou des évolutions de l'économie, de la société etc., sur la base de simples opinions ou de théories non scientifiques. Ceux qui disent :
- l'économie va s'écrouler
- On est au bord de l'hyperinflation
- il va y avoir un conflit mondial cet été
- le CAC40 va descendre en-dessous de 1000 points incessamment
- il va y avoir un Fukushima européen.
- le bug de l'an 2000 va causer une grande catastrophe, tout va s'arrêter.
- la fin du monde est pour le 31 décembre 2012.
Etc.

Il y a souvent un conseil d'action explicite ou implicite dans ces annonces.
- Ecroulement de l'économie : faites des stocks, faites une BAD, achetez de l'or, etc.
- Hyperinflation : achetez de l'or, de l'argent, de la couronne norvégienne...
- CAC40 : quittez la bourse
- bug an 2000, fin du monde : stockez plein de matos et de réserves de nourriture.

Parfois ils ont un intérêt personnel (...achetez du matos sur ma boutique, venez dans mes stages, achetez mon bouquin), parfois ils sont juste un peu mytho et apprécient surtout l'attention et l'admiration que suscitent leurs déclarations... ça peut être aussi une sorte de loisir ou de dérivatif pour des problèmes personnels.

Bref, je voulais donc parler des prophètes autoproclamés, des apprentis gourous, etc.

Il faudrait, pour bien faire, changer le titre de mon fil, de :
La responsabilité des conseilleurs, analystes, lanceurs d'alerte, auteurs survivalistes, etc.
à :
La responsabilité des conseilleurs, analystes, prophètes, gourous, auteurs survivalistes, etc.

Les lanceurs d'alerte au sens "whistleblower", c'est très bien, mais c'est pas le sujet que je voulais évoquer dans ce fil.

Cela dit, "prophètes, gourous", c'est un peu trop fort comme terme, c'est pas ça non plus. Ca désigne des gens qui qui sont très fortement dans cette posture. Alors que ce que je voulais dire dans mon premier message, c'est que cette tendance à prophétiser, c'est assez fréquent. Et que ça peut influencer les gens de façon conséquente.

Delamarche, par exemple, je ne pense pas qu'il ait une posture de prophète. Il fait son boulot d'analyste financier, et il dit ce qu'il déduit de ses analyses. Mais quand il fait ça l'antenne d'une télé économique, quand c'est repris sur les forums, blogs etc, ça a un effet de type "prophétie (ou prévision) qui influence les choix de nombreuses personnes".

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