"Napolisation"

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"Napolisation"

Message par KrAvEuNn le Sam 24 Aoû 2013 - 10:36

Salut !

Peu usité le terme "napolisation" décrit pourtant très bien une situation où l'on voit la mafia et les pouvoirs politiques, voir économiques, se lier au cœur d'une cité (ville) et la régenter. L'origine du terme vient de la situation qui prévaut dans la ville italienne napolitaine ; Naples étant devenue une référence en matière de connivence entre pouvoirs politiques et mafias au centre de la vie politique de la ville. Marseille est de ces villes où la "napolisation" progresse. Actualité oblige, je vais aborder, en un très court résumé, le cas marseillais.

En ce moment les médias nous parlent - règlements de comptes entre mafieux oblige - de la violence et de la criminalité qui sont toutefois supposées, selon Valls, avoir diminuées à Marseille. Le gouvernement Hollande annonce l'envoi  à Marseille de 24 policiers supplémentaires afin d'y endiguer la violence ; tandis que les verts proposent de légaliser l'usage du canabis afin de casser les réseaux maffieux - donc d'endiguer la violence - en les privant de cette source de revenus. Je ne vais pas trop m'attarder sur ces pseudo-solutions, ni sur le déni de réalité sur lesquelles celles-ci sont fondées ;  pseudo-solutions qui ne résoudront malheureusement et très probablement en aucune façon le problème de fond, puisque la violence et les règlements de compte entre maffieux ne sont malheureusement que le symptôme d'un problème bien plus profond : la "napolisation" de Marseille.
Au passage : les cas italien, colombien, ou brésilien (via le BOPE), nous montrent que l'on ne lutte pas contre les mafias et leurs soutiens politiques, ou économiques, avec des mesurettes ou des effets d'annonce, mais en leur déclarant la guerre. C'est clair, qu'il faut alors se salir les mains et parvenir à dépasser le stade du déni de réalité et de l'angélisme et s'attendre à ce que l'on se mette à dos pas mal de monde, notamment parmi les politiques ou les hommes d'affaire corrompus et pourtant influents.

A Marseille les réseaux mafieux et les gangs sont bien implantés dans leurs fiefs, véritables chasses gardées pour leurs business et petites néo-féodalités locales. Entre corruption aux plus hauts échelons politiques, industriels, économiques, législatifs, ou policiers et entre les associations fictives subventionnées, le clientélisme électoral, etc ; les collusions entre pouvoirs politiques et mafias sont bien réels et verrouillent toute alternative politique (au sens d'organisation de la cité) possible. Marseille est devenu, plus qu'hier, otage de la napolisation de la ville ; napolisation reposant principalement sur la corruption généralisée, la création de territoires séditieux/chasses gardées - ces zones de non-droit qui paraît-il n'existent pas, mais où la police, les pompiers, etc, peinent pourtant à faire respecter l'ordre républicain et à endiguer la violence, les réseaux mafieux et les gangs  - et la violence érigée en système. "Pour qu'il y ait mafia, il faut qu'il y ait violence érigée en système, accumulation de capital, contrôle du territoire et liens avec les politiques."
Si la mafia est connue pour corrompre les politiques, et la "bourgeoisie" en général, cette dernière ne se gêne pas pour trafiquer avec elle. Plus encore, en Italie du moins, l'un ne peut fonctionner sans l'autre. "Sans le col blanc, sans le banquier complice, le géomètre qui fait un faux rapport pour construire l'autoroute, ils ne peuvent rien"

"Trente mafieux de haut rang ont été arrêtés lors des trente dernières années, vingt d'entre eux l'ont été entre Marseille et la frontière italienne. On a arrêté le numéro un de la mafia napolitaine à Marseille et le chef de Cosa Nostra, Bernardo Provenzano, s'est fait soigner de la prostate à Aubagne."
Un système construit sur le mode du caïdat, au sens étymologique du terme : dans leurs cités, quelques hommes s’imposent comme des intermédiaires entre les élus et les habitants. Parce qu’ils sont craints ou respectés, ils aident à faire campagne, en échange de subventions.
«On achète les relais d’opinion dans les cités. Tout le monde fait comme ça.» On utilise «des personnes qui ont une forte personnalité. […] Dans les quartiers, si tu veux avoir un minibus, un scooter et de l’argent, tu montes une association».
Des hommes de paille étaient mis à la tête des associations, puis l’argent des subventions revenait aux escrocs via les comptes de connaissances.
L'affaire Guérini est une affaire politico-financière française qui touche à l'exploitation présumée frauduleuse de décharges et à l'obtention de marchés auprès de collectivités par des sociétés soupçonnées de blanchiment d'argent et de liens avec le banditisme.

Les Guérini ont mis en place un système mafieux

Les milieux mafieux marseillais restent diffus et en perpétuel changement
La mafia et le trafic de stupéfiants font partie de l’Histoire même de Marseille. Dans les années 60, c’était le haut lieu de la fabrication d'héroïne. Aujourd’hui il n’y a plus de laboratoires, en revanche le trafic de cannabis est devenu le marché le plus vigoureux.
C'est la crise, sauf pour les mafias
Pourquoi le crime organisé prend une part grandissante dans les échanges commerciaux et financiers mondiaux et pèse de plus en plus dans la vie politique de nombreux pays.

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