Un projet de compteur geiger à transistors

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Re: Un projet de compteur geiger à transistors

Message par tarsonis le Dim 26 Aoû 2012 - 15:08

Salut à tous !
J'avais fait état il y a peu de la faible radioactivité des électrodes de certains tubes de starter (ici)
Clovis#2, dans son projet perso de compteur geiger (ici) a trouvé des électrodes qui n'ont pas cette caractéristique, notamment avec les modèles Ph*lips S2 et S10.
Il s'agit d'un constructeur qui a mentionné avoir choisi de ne pas utiliser de plomb et de substances radioactives. clind'oeil

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Re: Un projet de compteur geiger à transistors

Message par tarsonis le Jeu 13 Sep 2012 - 9:27

Salut à tous !
Juste pour signaler deux choses.

Le projet intéresse pas mal de monde, mais plusieurs bidouilleurs sont un peu déconcertés par l'absence de schéma d'implantation des composants. J'ai en effet laissé le choix en ne fournissant que le schéma; l'implantation sur plaque pastillée étant libre...mais je conçois que cela représente un écueil pour les débutants, pour qui ce projet essaye de se destiner.
J'ai hésité pour proposer une 2e version améliorée sur ce point, entre montage à la "Manhattan style" (avec plan masse), et plaquette à bandes.
Je proposerai donc d'ici peu une 2e version avec plaque à bande (dite stripboard), avec schéma d'implantation et tout le tintouin.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/f9/Stripboard.jpg/471px-Stripboard.jpg

Le stripboard est très abordable (quelques euros les plaques époxy de 20x30cm), évite d'avoir à manipuler les bains de gravure, et reste plus simple à dépanner que le montage Manhattan (vécu...). L'ensemble est à la limite interchangeable puisqu'il suffit de découper des lignes parallèles de cuivre sur une plaque nue pour reformer un stripboard.

- Certains ont remarqué la présence d'une diode sur le circuit, aux bornes du primaire du transformateur (en sens bloquant), alors qu'elle n'apparaît pas sur le schéma; c'est effectivement un oubli.
Il s'agit d'une diode de roue libre, que l'on ajoute aux bornes des composants selfiques afin de drainer les pics de tension qui apparaissent à l'ouverture du circuit (à cause de la self induction, en sens opposé).
Sans cette diode, le transistor de charge du primaire est sollicité à chaque période en raison de cette tension parasite qui, si elle dépasse ses tolérances, le fait claquer.
Cette diode shunte donc cette dangereuse tension, et ne perturbe pas le circuit, car positionnée en sens bloquant.
Plus de détails sur ce document : Le rôle d’une diode roue libre

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Re: Un projet de compteur geiger à transistors

Message par tarsonis le Jeu 15 Nov 2012 - 9:54

Salut à tous !
Petit interlude pour revenir sur quelques points.
Ce projet n'est pas bien entendu pas terminé, il reste encore toute la partie concernant la conversion impulsion/débit de dose, avec indication sur galvanomètre. Cette partie sera détaillée pour s'adapter aux différents tubes geiger utilisés.
En cas de difficulté, n'hésitez pas à me demander, par mail, ou plus simplement en s'inscrivant sur le forum; cela présentera vos projets.

Il n'est pas rare de commettre des erreurs en électronique. La plus pénible, que je viens de remarquer sur ce montage après amélioration, est l'inversion de brochage des transistors. La lignée BC 547 557 516 517 337 et 327 utilise le même : C-B-E de gauche à droite avec la face plante du transistor face à soi. Pendant l'implantation, avec alternance côté soudure/côté composant, il n'est pas rare d'inverser l'émetteur et le collecteur.
Le pire dans cette situation est que le circuit geiger fonctionnait encore, mais avec une consommation triplée..... diagnostic difficile : le montage présentant des signes de fonctionnement laisse alors supposer un compo défectueux ou une mauvaise soudure.
Cette inversion est par ailleurs récemment arrivée à un internaute concernant le BFO sur la radio ondes courtes.

Le montage présente un signal sonore (tac-tac-tac) typique de compteur Geiger-Müller; mais certains m'ont demandé s'il était possible d'ajouter un signal lumineux. C'est tout à fait possible, et même très simple.
Il suffit de relier en série sur le haut parleur une DEL (rouge par ex), comme cela a été fait dans Le plus simple compteur Geiger Müller au monde DIY. Il y aura ainsi un signal coordonné lumineux/sonore


J'avais parlé dans le précédent post de l'adaptation du montage sur plaque Stripboard (à bandes perforées). Cette dernière est beaucoup plus simple à manipuler pour le débutant, et je pourrai proposer un schéma d'implantation.

Cette version Stripboard proposera plusieurs améliorations :
- Il y aura un schéma d'implantation des composants. La recette de cuisine sera complète. A la limite, le projet geiger sera constructible sans avoir compris grand chose.
- Le circuit est beaucoup plus souple envers les modifications sur circuit....et à fortiori les réparations.
- Les composants sensibles, tels que les transistors, seront montés sur support, afin de pouvoir les remplacer sans soudure. Il s'agit du même principe que celui utilisé dans le projet Radio blindée EMP, à composants interchangeables sans soudure.


Contacts tulipe :

Niveau prix, il faut en général compter 1cts le contact.

Pourquoi ce dernier point ? Pour plusieurs raisons :
- Une fausse manip (pourquoi le circuit mange 1 ampère ?), un court-circuit, une résistance mal soudée, et c'est la mort assurée du transistor. J'ai du changer deux fois de transistor par bêtise interposée. Or, le dessouder abîme le circuit et rend l'opération vraiment compliquée quand tout est fini autour.
- Une fois les transistors ôtés, il ne reste plus que les résistances, les condensateurs et les diodes sur le circuit. On peut donc tester chacun d'eux sans que les transistors parasitent les mesures. On peut en outre tester la continuité des pistes et les court-circuits entre elles.
- En cas de panne, quand on a testé tous les composants du circuit, on commence à avoir des doutes sur les transistors......hors une fois soudés, il est impossible d'utiliser la fonction Hfe des multimètres car les autres composants parasitent la mesure (un transistor HS peut paraître bon). Le support permet de tester rapidement chaque composant.
- Dans la même idée évoquée au début de ce topic : l'électronique à semi-conducteur réagit assez mal à la radioactivité. Très peu en environnement ordinaire, mais cela devient très aléatoire en environnement irradié, ce qui est l'hypothèse extrême que je ne souhaite absolument pas, mais le projet ici se veut fonctionnel en toute circonstance, maintenant comme dans quinze ans.
En gros, on met l'intelligence lors de la fabrication, au profit d'une utilisation plus simple.

Vue des contacts tulipe une fois implantés :


Pourquoi le perfboard (plaquette pastillée) est-il plus difficile pour débuter que le striipboard ? Une simple photo de la carcasse de l'ancienne version va m'apporter quasiment toutes les réponses.

1 : Les supports utilisés ont un diamètre d'environ 1,5mm, ce qui est beaucoup trop important pour le pefboard, dont ce qui reste de la pastille est à la limite de se décoller : on ne peut pas utiliser les supports sur le perf.
2 : Le circuit étant fait à la soudure (ou au fil), les court-circuits entre les pistes ne sont pas rares, et difficiles à relever à l'oeil nu.
3 : le perfboard ne supporte pas les chauffes répétées, et donc le changement de composants. La zone 3 était celle d'un transistor défectueux, et ne peut plus être utilisée (pastille du dessous décollée).
4 : Dessouder/ressouder est une plaie sur ce type de carte. Ceux qui ont déjà essayé se souviendront des interminables cases qui se collent sans arrêt. Deux composants proches ont toutes les chances de se retrouver collés. La plupart du temps, il faut tout enlever à la pompe à dessouder et tout refaire.... La zone 4 illustre la rage de nerf qui nous prend quand ça veut vraiment pas....
5 : Il est difficile de réguler le flot de soudure. C'est l'étape qui m'a décidé à migrer vers le stripboard......
Je rajouterais qu'il est difficile de se représenter le circuit facilement sur le côté soudure.



Vue de la partie survolteur sur stripboard :

L'ensemble est plus agréable à souder, il n'y a quasiment jamais d'excès de soudure, le circuit est plus simple à concevoir....mais surtout à dépanner !

Vue du circuit survolteur en fonctionnement (sortie 3V), avec ses composants de récupération :



Vue du circuit transistors ôtés :


A noter que le condensateur réglant la fréquence du circuit est lui aussi monté sur support, afin de modifier sa valeur si nécessaire.

Et enfin, le schéma de cette première partie :

Les coupures se font dans les pistes de cuivre, au foret de perceuse ou au cutter. Il ne faut pas oublier celles cachées sous la résistance ajustable, sous la diode D1 (1N4007) et sous le support de pile. L'interrupteur n'est pas mentionné en haut à droite....
Les quatre transistors sont de la lignée BC; le schéma indique leur orientation vue de dessus.
Le projet final occupera une zone de 29 points sur 40.

Je suis dispo par MP ou mail pour toute info ou précision, et n'hésitez pas si vous voyez des erreurs !
Bons bidouillages à tous !

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Re: Un projet de compteur geiger à transistors

Message par tarsonis le Ven 30 Déc 2016 - 21:12

Salut à tous !

Dernier post « électronique 2016 », qui me permettra d’une part d’annoncer la reconstruction de ce topic. En effet, sans les illustrations supprimées par l'hébergeur, le propos -déjà bien compact- devenait indigeste. Maintenant avec les schémas et photos, cela devrait redevenir plus lisible.
Mais d’autre part, de présenter sommairement le début de prototype (n°7) de ma future nouvelle sur le "compteur Geiger revisité", à mi-chemin entre le montage initial et le plus simple compteur geiger au monde, via une petite bidouille.


Il s’agit ici d’un simple pont diviseur de tension, qui permet de mesurer les hautes tensions générées par le proto sans perturber le montage mesuré, ni détériorer l’appareil de mesure.
Il y a un article très détaillé sur Oldu ici : Mesurer une haute tension avec un pont diviseur et un multimètre

L’astuce ici est l'utilisation de contacts dits "tulipe", permettant de changer la résistance aux bornes de laquelle on mesure la tension, et donc de s'adapter aux gammes de tension et d'impédance à mesurer.

Les composants nécessaires :

- une plaquette « stripboard » de récup.
- quelques fils,
- des contacts « tulipe »
- 10 résistances 10M
- 1 résistance de mesure, ici 22k



Brochage :


- le noir est la masse du montage et de l’appareil de mesure (Voltmètre)
- le vert est la prise de mesure du Voltmètre
- le rouge est relié à la HT.

Le multimètre est calibré sur 2V :


Mesure de mon petit prototype -je travaille sur les transfos faits maison- : 0.169V

Le calcul pour retrouver la tension en entrée Ve du montage à partir de :
- la tension de sortie Vs
- la haute résistance Rh (100M)
- la résistance de mesure Rm (22k)

est assez simple
Ve = Vs * (Rh + Rm) / Rm

Ici
Ve = 0.169 * (100 000 000 + 22 000 ) / 22 000 V
~ 768V

J'ai ici une tension pouvant convenir pour à peu près tous les tubes geiger du monde, avec moins qu'une poignée de composants; au plus simple : un transistor, une résistance, deux diodes, un condo HT et un transfo fait maison; le reste est là pour stabiliser la mesure clind'oeil

A titre de comparaison, voici l'équivalent schématique du circuit traité initialement dans ce topic :


J'avoue que le circuit initial tortillait beaucoup afin de produire une tension à partir de 1,5V, moyennant quatre transistors de plus et beaucoup de théorie.
Avec le dernier montage, la tension de service peut varier de 3,6V à 0,7V (donc pile à plat).
Mais aussi, depuis 2012 les accus li-ion 18650 se sont généralisés, et rendent l'ensemble bien plus simple, en offrant aux circuits une tension de service suffisante. Il faut en effet au moins 1,4V pour qu'une régulation HT puisse s'activer.....
Bons bidouillages d'ici 2017 ! fumeur

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Re: Un projet de compteur geiger à transistors

Message par Wanamingo le Dim 1 Jan 2017 - 22:45

Génial ! Une question annexe : ça renvoi où tes QR codes ?
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Re: Un projet de compteur geiger à transistors

Message par tarsonis le Mer 4 Jan 2017 - 17:24

Salut !
Auparavant, je taguais les photos de "Forum Olduvaï", indiquant d'où venait l'info...lorsque les tutos étaient repompés sur le net.
Puis j'ai retrouvé quelques montages sur un forum russe, et les intervenants se demandaient où trouver le texte descriptif.
Du coup, je propose directement le lien vers le forum dans un QRcode.
L'étape suivante est de le générer pour arriver directement sur le topic en question plutôt que sur la page de garde, mais cela n'est possible qu'après avoir créé l'article sur oldu car chaque post a son tag type lien#nombre :
http://www.le-projet-olduvai.com/t5389p25-un-projet-de-compteur-geiger-a-transistors#170061

Enfin, je pensais y coller un complément d'infos par la suite type date, descriptif, lien youtube, etc... clind'oeil

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Re: Un projet de compteur geiger à transistors

Message par Wanamingo le Jeu 5 Jan 2017 - 8:22

Classe !
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Re: Un projet de compteur geiger à transistors

Message par tarsonis le Mer 22 Aoû 2018 - 23:43

Hello,

petit post pour mettre à jour le statut du projet de compteur Geiger à transistors.

Le prototype principal est terminé, me permettant de finaliser la partie "scientifique" du tuto.



J'ai hésité à poster dans le topic [Chroniques du Bunker de L'Apocalypse], mais je pense plutôt publier l'article dans un autre fil, un peu plus "post apo" (la nouvelle dont je parle depuis pas mal d'années...).


Le cahier des charges va rester strictement identique :

- DIY : il n'y a quasiment que de la récup, même le transfo est rebobiné, qui est un composant systématiquement d'achat imposé dans la plupart des circuits sur le net. Un proto parallèle a testé avec succès une variante construite à partir de la self des lampes fluocompactes; cela prendrait deux minutes à construire. clind'oeil

- Low tech : je reste sur l'analogique. De bout en bout, je n'utilise que des transistors, ici du BC547 (le plus commun, à quelques cts pièces). J'ai réalisé de multiples tests, tous les équivalents sont utilisables (même le 2N2222, le BC337, etc.). Il y aura un chapitre bonus qui concernera quelques circuits intégrés, mais optionnel. Je trouve que l'électronique amateure s'est un peu détachée de ses fondamentaux, au profit de l'Arduino & co. Cela ouvre des portes certes intéressantes, mais cela devient alors une autre branche et amha au détriment des fondamentaux. En consultant les derniers numéros d'Elektor, on ne peut que remarquer l'absence flagrante de circuits simples et d’expérimentation, au profit de montages "tout fait", où il est nécessaire d'acheter chaque pièce (même le PCB) pour ne réaliser que l'étape de soudage. J'espère dans le tuto montrer que l'on peut construire beaucoup à partir de rien tout en restant simple.

- Polyvalent : le circuit s'adapte à tous les tubes Geiger Müller. J'ai testé sans rien modifier le 18504 à fenêtre mica pour les alphas, ainsi que sur le 1B85 du compteur des années 50 (environ 850V). Pour une tension plus élevée, il suffit de jouer sur celle des diodes de régulation.

- Extrêmement frugal : je mets un point d'honneur à ce que le circuit consomme le moins possible. Les compteurs Geiger Müller (CGM) que l'on trouve sur le marché, ainsi que la quasi-totalité de circuits sur le net ne s'encombrent pas de ce paramètre. Alors qu'un CGM devrait typiquement être un circuit basse consommation, car "de terrain" et à "utilisation en zone potentiellement dangereuse".
Le projet OpenRadiation, aussi intéressant soit-il, consomme 30mA sur son accu 2200mAh (rien que pour la HT, sans les circuits de comptage). Le projet APOC montait à plus de 10mA sur une pile 9V (400mAh). Cela réduit l'autonomie à quelques jours à peine pour chacun !
Pourtant, j'estime l'enjeu et l'intérêt des CGM justement sur leur aspect nomade. Une analyse du bruit de fond et des points chauds est un aspect réel d'un mode "évacuation". Prendre la route pour fuir pendant des jours une région sinistrée par une catastrophe nucléaire impose spécifiquement une autonomie assez poussée de l'électronique embarquée au fond du sac....plutôt que d'envisager systématiquement d'être à moins de 24h d'une prise de courant.

Là, je vous laisse la surprise, mais l'autonomie du projet développé sur Olduvaï est portée à plus de six mois en utilisation continue. Reste à joindre les circuits d'intégration du débit de dose et de stockage de la dose cumulée (je réserve une surprise assez amusante à ce sujet).

Donc, voici la présentation du dernier proto, que vous avez déjà pu voir ici : Application Geiger Bot, compteur Geiger, mesure de sources, de bruit de fond et autres stats et qui intègre maintenant une régulation de consommation :

1 transistor pour la HT (420V)
2 transistors pour la sortie sur haut-parleur (optionnels si on a un écouteur crystal)
2 transistors pour la régulation (optionnels si on éteint la régulation)

Les tests ont été réalisés avec :

- la pastille au Radium (cf topic Compteur Geiger sur Leboncoin : Review, Recherches et Risque Radiologique)

- un manchon de lanterne à gaz dont je ne me souviens plus la marque. Ils contenaient historiquement du Thorium 232. Bien que théoriquement "de plus en plus" rares (cad non-radioactifs), j'en ai trouvé récemment dans un magasin de rando. Je referai un tour cette semaine pour confirmer si c'est encore le cas, ou bien si c'était une fin de stock.


Vous comprenez la mise sous zip au vu des morceaux qui se désagrègent... et qui menacent plus par ingestion/inhalation que par irradiation.


Le principe régulation par rétroaction est très simple :



Considérons le condensateur haute tension, qui stocke l'énergie pour le tube Geiger, comme une piscine qu'il faut garder remplie d'eau et le générateur HT comme la pompe de remplissage.

Les montages non régulés fonctionnent en remplissant la piscine sans se soucier de contrôler son niveau. Si elle est remplie, le générateur continue et la fait déborder sans s'en soucier, tout en fuyant par tous les tuyaux. Cela explique la consommation monstrueuse des circuits Geiger Müller; par exemple la thermographie du circuit d'OpenRadiation montre une pointe à 76°C sur la génération de la HT :



Alors que le tube en lui même ne consomme quasiment rien ! Un peu comme s'il prélevait quelques cuillères à café d'eau de notre piscine à chaque décharge.

Dans un montage régulé par rétroaction, quand la haute tension du tube Geiger-Müller est atteinte, cad quand la piscine est remplie, le générateur est coupé, comme avec un détecteur de trop-plein. Il ne se remet en marche que pour compenser les quelques cuillères perdues.

L'essentiel d'une bonne régulation est d'être très fine pour stopper la génération dès que le seuil est atteint, tout en étant très réactif pour compenser rapidement une décharge rapide de la HT, cad ici quand une source radioactive excite sévèrement le tube.
Dans la pratique, il y a toujours un petit courant de fuite au travers des composants - ici principalement les diodes- qui décharge toujours en permanence le condensateur HT. C'est pourquoi il a a tout de même une petite consommation de fond.

Petite vidéo classique, qui va montrer l'évolution de la consommation du montage en fonction des sources radioactives que l'on présente :



Donc 0,58mA en bruit de fond standard (en fait moins avec la vidéo ci-dessous), et environ 1mA en environnement irradiant.
A ce stade, comme le montage consomme environ 2mW, j'hésite à joindre une cellule photovoltaïque au circuit pour le rendre complètement autonome. cyclops


En ajustant le circuit, j'étais face à un phénomène assez incompréhensible où la consommation avait tendance à sursauter, surtout lors de la prise de vidéo.
En électronique, on est assez régulièrement face au phénomène de "l'effet main", où la masse du corps vient perturber les circuit oscillants à haute impédance.
Typiquement on peut rencontrer ce phénomène quand on règle une radio assez sensible, et surtout dans les Ondes Courtes : on se cale parfaitement sur une station, puis on la perd quand on éloigne les mains du poste...

Mais là, rien de tangible....jusqu'à ce que je comprenne que les diodes étaient influencées par la lumière !

Très sommairement, les semi-conducteurs ont très souvent un effet photoélectrique et comme les diodes ont des boitiers en verre transparent; elles sont donc perturbées par les fortes luminosités.
En général, c'est plutôt négligeable, mais là on touche aux circuits haute tension avec régulation de précision. Donc les quelques millivolts de blocage des zener peuvent avoir une répercussion plus large en réduisant la rétroaction.

Petite vidéo où je montre les écarts de consommation, alors certes avec 300 lumens dans la figure, mais qui impactent de manière tangible le circuit.




Fort heureusement :
- ces perturbations ne touchent pas les capacités de détection du tube GM, seulement la consommation.
- on projette rarement une telle puissance sur un circuit, donc IRL cela va assez peu perturber le montage.
- il suffit d'un simple cache en plastique dessus pour tout faire revenir à la normale (<0,5mA).

Donc pour les bidouilleurs de circuits post-apo, n'oubliez pas d'ajouter un cache sur les circuits sensibles. clind'oeil



Petite digression radioactive...      ...du professeur maboul
Profitons du test pour introduire une petite partie "physique nuke" à ce post.
On pourrait se demander pourquoi l'échantillon contenant du Thorium 232 arrive à exciter le tube GM alors que ce radionucléide est quasi-exclusivement un émetteur alpha (autour de 4MeV), un rayonnement qui est arrêté par le plastique, l'air et l'alu, et dans des proportions infinitésimales quelques rayons gamma et X de faible énergie (<150keV, rapidement absorbés dans la matière et peu à même de titille un tube GM).

En fait on rejoint le topo sur la pastille au radium : on est face à une famille radioactive, plus précisément la famille 4n :


(image Wikipédia).

On remarque alors plusieurs choses :
- la famille va produire au bout de quelques années tous les descendants de la chaîne de désintégration : Radium 228/224, Radon 220, Polonium 216/212, Plomb 212/208 et Thallium 208.
- il y a un gaz produit : le Radon 220. Mais contrairement à la période du radon 222 qui est de 3 jours, celle-ci sera de 55 secondes, donc le gaz aura plutôt tendance à rester confiné dans le sachet pour former directement du polonium solide.
- beaucoup vont émettre des bêta durs (>300keV), comme l'Actinium 228 (plusieurs entre 500keV et 2MeV), le Bismuth 212 (1,5MeV et 2,2MeV), le Thallium 208 (1,3 1,5 et 1,8MeV).

La littérature ajoute à ceci plusieurs émetteurs gamma de forte énergie, comme l'Actinium 228 (ex 1,4MeV), le Bismuth 212 (720keV et 1,4MeV), le Polonium 212 (2,6MeV) ou encore le Thallium (2,6MeV).

Tous ces rayonnements sont très pénétrants et expliquent pourquoi un échantillon sous scellé en apparence émetteur alpha peut faire crépiter sévèrement un compteur Geiger.

Si on ajoute les rayons alpha qui tapent toujours au dessus du MeV, on comprend pourquoi la DPUI (dose par unité incorporée) est si élevée, aux alentours de 10^-5...et supérieure à celle du Polonium 210 (proche de 10^-6).

C'est à dire qu'une source de 1Bq ingérée représente une dose efficace engagée de de 10µSv. En inhalation on considère qu'une source de 1Bq va entraîner une dose de 40µSv.
Si on considère que les manchons ont une activité d'environ 1000 Bq pour un poids d'environ deux grammes, il faudrait alors ingérer environ 200mg de substance pour atteindre le seuil de 1mSv/an public, et en inhaler environ 50mg.

Au vu des petits morceaux un peu partout et de la possibilité qu'ils soient vaporisés, cela ne me semble pas franchement improbable.
La dose (1mSv) n'est pas non plus importante, mais peut tout de même monter à 40mSv dans le "pire" des cas par inhalation.

Il est surprenant que l'on ait autorisé ce genre d'objet pour le grand public...qui sera toujours autant radioactif dans plusieurs milliards d'années dévil

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Re: Un projet de compteur geiger à transistors

Message par tarsonis le Sam 15 Sep 2018 - 12:12

Hello,

- un manchon de lanterne à gaz dont je ne me souviens plus la marque. Ils contenaient historiquement du Thorium 232. Bien que théoriquement "de plus en plus" rares (cad non-radioactifs), j'en ai trouvé récemment dans un magasin de rando. Je referai un tour cette semaine pour confirmer si c'est encore le cas, ou bien si c'était une fin de stock.

Je suis passé dans ledit magasin avec un compteur geiger pour vérifier les quatre marques de manchons disponibles. Deux mentionnent bien l'absence de matériaux radioactifs. Aucune mesure n'a présenté d'élévation par rapport au bruit de fond.
Donc les manchons radioactifs semblent -à la vente- maintenant faire partie du passé.

Je remercie l'amabilité du chef de rayon, qui n'a pas manqué de montrer son étonnement...face au compteur mais aussi à l'historique au thorium de ces objets clind'oeil

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Re: Un projet de compteur geiger à transistors

Message par tarsonis le Ven 21 Sep 2018 - 0:40

Hello,
le premier chapitre du projet Geiger-DIY-Post apo est terminée.
Je suis en train de réfléchir au format de publication, car le format "forum" me semble de moins en moins adapté à la lecture de plusieurs dizaines de pages, surtout sous forme de nouvelle....de même pour le tuto sur la fabrication du Bleu de Prusse.

Le forum perd ses images, tombe en panne, tandis qu'un fichier autonome peut être diffusé, imprimé et partagé.

Question aux membres et auteurs (réponse par MP si vous souhaitez) : quel format serait l'idéal ?

Je ne cherche pas particulièrement à taper les plateforme payantes (vu le lectorat réduit, cela n'aurait pas d'intérêt, et je ne fais pas ça pour l'argent). Le format epub me semble un peu polyvalent, mais niveau pérenne (quid dans cinq ans), le PDF me paraît être le must.
Un avis ? Une préférence ?

Voici donc le premier circuit autonome, que l'on peut emporter dans la brousse. J'ai encore un peu réduit la consommation et la tension nécessaire. L'ensemble se contente d'une pile 3V (la CR2032 des cartes mères, et divers gadgets), avec une autonomie mini d'environ 300h en continu. On repasse à 4000h sur un accu 18650 si besoin.

Comme il s'agit de la version n°6 du proto, je l'ai baptisée COGEM-Carbone (pour Compteur Geiger Muller, numéro atomique 6), ça sera utile dans la nouvelle...

Vue du montage boitier ouvert :



Coût en récup : 12€, avec 10€ pour le tube SBM20 et 2€ pour la plaque pastillée (schéma et instructions fournis dans le chapitre), tout le reste a été scrappé, même le transfo est rebobiné.
Coût en construction neuve : environ 20-25€ en tablant sur les prix du revendeur de composants de mon coin, tube compris.

A noter que le circuit s'adapte à peu près tous les tubes Geiger-Muller du marché (en gros entre 300V et 1200V).

En l'état, on peut coupler le circuit à des applis telles que GeigerBot pour obtenir des doses, débits de doses, et autres stats (cf Application Geiger Bot, compteur Geiger, mesure de sources, de bruit de fond et autres stats.) ou bien, si on se fie à la sortie sonore, on peut détecter des points chauds ou une hausse de radioactivité en réalisant des mesures relatives (au bruit de fond).

Les chapitres suivants, en cours de développement, comprenant un intégrateur pour enfin afficher un débit de dose, un compteur analogique et en bonus un compteur numérique....

Paix et félicité ! cyclops


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Re: Un projet de compteur geiger à transistors

Message par Kyraly le Ven 21 Sep 2018 - 8:47

Salut

Amha, le format PDF est le plus universel. 

Le plus simple est peut être de l'uploader dans la partie documentation dans un premier temps.

Et peut etre un jour devrions nous éditer papier les annales d'Olduvai (a.k.a Guide de Survie des Terres Désolées study ) avec les tutos les plus populaires et des articles techniques. 

A voir le coût d'une édition a tirage limité d'un livre (Je me souviens avoir édité un blog que j'avais tenu en papier pour une cinquantaine d'euros pour 240 pages)
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Re: Un projet de compteur geiger à transistors

Message par tarsonis le Mar 25 Sep 2018 - 9:08

Merci clind'oeil

Je pense aller sur du PDF. Etant gros lecteur sur tablette et Smartphone, l'epub a des avantages, comme la mise en page auto selon les dimensions de l'écran, mais perd beaucoup de sa flexibilité quand on change de plateforme.

J'envisage des pages au format A5 : plutôt bonne idée ou non ? C'est amha ce qui colle assez facilement au format "bouquin" tout en n'étant pas cassé par un smartphone...

Je me souviens plus où nous avions parlé de ce "Guide des terres désolées". De mémoire le groupe de discussion avait buté sur les droits de reproduction, nom de plume, rétribution & co.
Perso, j'envisageais de publier les tutos sur le compteur Geiger et la synthèse du Bleu de Prusse en licence CC. Est-ce que ce sera compatible avec une future publication papier (soyons fous avec des plans sur la comète...) ? clind'oeil

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Re: Un projet de compteur geiger à transistors

Message par Kyraly le Mar 25 Sep 2018 - 22:12

Honnêtement, il vaut mieux prévoir du A4 à la rédaction et éventuellement l'imprimer en A5, le contraire risquant de nuire à la qualité de l'image.

Pour l'impression, il faut surement creuser, mais ça doit être faisable en éditions limité, non?
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