Aide humanitaire en Angola - été 1995

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Aide humanitaire en Angola - été 1995

Message par vreje31 le Mar 25 Oct 2011 - 17:02

Etant nouveau sur le forum et ayant décrit certaines de mes expériences dans ma fiche, on m'a demandé de développer.
Après mûre réflexion, j'ai écrit ça en une journée, avec mon style, sur des évènements qui remontent à presque 20 ans.
Je ne sais pas si cela apportera un éclairage précis, je n'ai pas l'habitude de reporter les faits froidement et méthodiquement.


Durant l’été 1995, j’ai participé à une aide humanitaire à destination du Sénégal et de l’Angola, alors en pleine guerre civile.

A l’époque, je venais d’obtenir mon Bac et me je destinais à intégrer une Ecole de journalisme, pensant pouvoir changer le monde.

Cette initiative privée émanait d’une association française l’OILJE et de Caritas la Croix Rouge Espagnole.


Le Président de l’association était un proche (ce qui explique qu’un jeune con de 19 ans puisse partir sans formation quelle qu’elle soit). Il n’était alors pour moi, au départ, pas question que je finisse en Angola, je devais embarquer sur un navire marchand à Lisbonne qui rejoindrait le Sénégal en passant par le Cap Vert pour ensuite finir en Angola, sans moi.

Je devais prendre des photos de la traversée et de la distribution des denrées, et si le cas se présentait filer un coup de main à la manutention.

- Tu veux devenir journaliste ? Ben va voir comment ça se passe en Afrique ! me dit le vieux sage.

15 000 francs en poche (moins quelques objectifs, doses de Lariam et autres Pataugas kakie) nous partîmes mon meilleur ami et moi, en avion à Lisbonne pour rejoindre l’équipage, un mélange de membres de l’association (espagnols, suisse allemand et même un médecin nicaraguayen) et des marins de la marine marchande dûment rémunérés.

Après une visite sommaire du bateau (un vieux rascle acheté par l’assos pour l’occasion), l’endroit dans lequel nous allions être confinés en pleine mer pendant 3 semaines ; je m’arrêtais sur le pont, sur lequel étaient sanglés des véhicules faisant partis du matériel acheminé. 2 volkswagen kubelwagen des pays de l’Est années 50-60, un camion débâché genre GMC (pas du très récent) et 2 Mercedes 190 d’occase mais récentes. Interloqué et curieux, je posais la question de leur présence à Javi le responsable. Il me rétorqua, amusé par ma naïveté, qu’il s’agissait de 2 présents destinés, de mémoire, au Ministre de la Santé et de la Jeunesse du Sénégal. C’était classique que de donner des bakshish lorsqu’on venait les bras chargés de denrées alimentaires.

Je ne creusais pas plus la question étant encore sous le choc.
Nous visitâmes ensuite les cales. 2 niveaux : premier niveau Sénégal 300 tonnes, deuxième niveau Angola 400-500 tonnes, inaccessibles sans décharger d’abord le premier niveau.
Ça me paraissait suffisant pour éradiquer une partie de la pauvreté africaine !

Après 2 jours passés à visiter Lisboa, dans les tramways dignes des chevillettes andines sur-vitaminées, nous embarquâmes mon ami et moi à destination de notre première étape le Cap Vert.

Je vais résumer la partie pleine mer et le Cap Vert, car ça prendrait des pages sans ça. Mais nous nous retrouvions, deux jeunes de 19 ans sur un navire composé à 80% d’hispaniques sans maitriser la langue et avec une partie de l’équipage issue de la marchande qui ne se commettait pas avec le petit personnel.

Bref, après 5 jours de mer, mouillage Cap Vert, 2 jours avec point radio et téléphone satellite avec les autorités portuaires sénégalaises pour attendre l’autorisation de déchargement.

Coup de théâtre on nous annonce, que sur place y a du tirage. Qu’un troisième ministre veut sa dîme et qu’il laisse déjà pourrir consciencieusement un container de sang pour transfusion et matériel de dialyse acheminé par porte container, car en sus des 2 mercos l’enveloppe de 100 000 francs français ne suffisait pas, ou d’autre types voulaient palper, allez savoir.

Coup de sang du président de l’assos : « qu’ils aillent se faire enc… ». « Vous rejoignez directement Luanda et on file tout aux angolais ! ».

Conversation radio
Moi : mais y a la guerre là-bas !
Le Président : tu risques rien tout le monde y va, les ONG, Coca Cola et même Kouchner, c’est pour dire !
Moi : mais j’ai pas de visa…
Le Président : on est couvert par Caritas, tu seras materné. T’as des couilles ou pas ?
Il me connaissait bien et savait quelle corde pincer.
Moi : bien sûr j’y vais, pas peur.

Il me restait à convaincre mon meilleur ami.
Peine perdue, ses sphincters cédèrent à la seule évocation de continuer un petit peu le périple.
Nous nous embrassâmes, il prit le reste des 15 000 francs et débarqua avec un autre civil français, le pote du capitaine, pas dupe, ce qui ne me rassura pas outre mesure.

3 semaines, à lire du Conrad, Melville (le cliché), a brossé le pont, a récurer les casseroles et a bronzer sous l’antenne radar (il paraît que c’est pas bon mais le mec qui a dû me le dire parlait un castellan de Séville imbitable).

Parti, la fleur au fusil, l’Angola pour moi c’était le film Les dieux sont tombés sur la tête avec un soldat cubain qui courait derrière un pygmée brandissant une cannette de Coca autour d’une jeep.

La Géopolitique reprit vite le dessus, au large des côtes angolaises, je vis rapidement les plateformes pétrolières d’Elf-Aquitaine, fonctionnant et ne semblant pas connaître les affres de la guerre.

Arrivée au port, formalités douanières et portuaires, auxquelles ne parlant pas le portugais je n’entravais que dalle. Inspection, vérification des passeports.
Question du douanier à mon intention en portuguais.
Un suisse allemand me traduit en espagnol zurichois.
Je réponds sim sim et on me met un tampon sur le passeport avec interdiction de débarquer !

Trois semaines en mer, l’imagination tournant à plein tube, j’étais déjà la proie du stress, seul français à bord, abandonné lâchement par mon pote et en plus j’allais rater mon inscription en fac. La merde !

Le bateau est déplacé le long des docks, à côté d’entrepôts gardés conjointement par deux militaires assis sur des chaises de jardins défraichies, somnolant mais avec ce que je reconnaissais être des AK-47 et un bataillon de cafards noir et gras de la taille de rats occidentaux. Ça y est, c’était la guerre.
On me demanda, comme aux autres membres de l’équipage, hormis la marchande, de prendre mon tour de garde pour éviter de laisser monter à bord chapardeurs, passagers clandestins ou autres prostitué(e)s.
Moi : je vais avoir une arme ?
Le second hilare : oui, tiens - il me tendit un balai brosse – et profites en pour récurer si t’as 5 mn.

Le jour suivant, on nous expliqua qu’en fait la cargaison sénégalaise (1er niveau de la cale) ne serait en fait pas donnée aux angolais mais que l’association était en pourparlers avec le Sénégal pour décharger sur le chemin du retour (j’appris par la suite que l’enveloppe initiale et la perte du container de sang avaient énervé le Président Abou Diouf).
Bilan, fallait décharger les 300 tonnes du Sénégal dans un entrepôt devant les dockers angolais, le sécuriser, ensuite décharger l’Angola (surtout des sacs de denrées essentiellement du riz et des tables et matériels scolaires).
Enième ambiguïté : décharger avec les dockers des vivres qu’ils pensaient leur être destinées, leur faire ensuite décharger le reste et réembarquer la cargaison pour le Sénégal.

Toutes ses opérations n’ont été coordonnées qu’à la grâce du Saint Esprit, le capitaine ne se chargeant que de la manipulation du fret, les autorités portuaires pointant au hasard des palettes en notant les inscriptions sur les ballots parfois sans rapports avec le contenu, le second (22 ans) à la manœuvre invectivant les jeunes porteurs autochtones.
Après m’être empoigné avec cet admirable marin (chose que je devrais regretter plus tard, car je dû m’excuser, les larmes aux yeux de rage, devant l’équipage sous peine de de voir débarquer le capitaine et son second) j’abandonnais mon poste de vigie ¾ arrière bâbord pour pousser des palettes avec les jeunes.
Ils m’appelèrent Van Dam car j’avais collé une mandale au second !

Une nuit angoissée à surveiller du bateau le hangar, les coursives et la trappe d’accès à la cale. Mais en définitive, a posteriori, il n’y eu ni vol, ni visite inopportune.

Le lendemain, après m’être arraché les ongles des deux gros orteils en poussant des transpalettes sans âge, (Pataugas sans chaussettes, les ongles ayant ripés sur le bout rapporté en plastique) je chaussais des tongs arborant mes moignons sanguinolents.
On me convoqua sur le pont.

Javi le responsable, ayant rejoint l’équipe en avion et résidant dans un hôtel 5 étoiles de la capitale, m’annonça que j’allais suivre les sacs de riz du hangar, à l’aéroport, monter à bord d’un Antonov, sans sièges pour une ville à environ 500 km, pacifiée la veille, Kuito. Et tout ça avec le passeport du médecin nicaraguayen car je n’avais en tant que français pas le droit de débarquer (un imbroglio administratif plutôt logique n’ayant pas fait une demande de visa).
Je pensais à une mauvaise blague mais comme il me traita de maricon - homosexuel gay – (décidément il remettait tous en cause ma virilité), je pris le passeport du médecin dont j’ai oublié le nom mais qui finissait en ez, mes tongs et mon Minolta X300.

J’étais dès lors entre les mains d’un père dominicain de Caritas qui avait l’écoute du gouvernement en place qui m’accueillit avec un regard des plus scrutateur.

Je montais à l’arrière d’un 4x4 Izuzu (je crois) au pare-brise fendillé et troué, convaincu qu’un des orifices était dû à un balle de 7,62 genre FAL, l’arme la plus répandue après la Kalashnikov (c’était ma période Militaria).
Je me tortillais sur la banquette en recherchant des traces de sang ou de tissus humains.

On démarre, 3 camions chargés de denrées à nos basques.

Premier barrage à l’entrée du port, le curé file les passeports, le planton fait le tour du véhicule et me dévisage un Makarov (j’imagine) à la hanche. Je fais le photographe blasé mais je commence à perdre le contrôle de ma vessie.
Il nous fait descendre, putain on a à peine fait 300 mètres !

Le père (qui m’avouera plus tard qu’il était de l’Opus Dei), le caméraman un français d’une quarantaine d’années qui avait soit disant couvert le Liban et moi-même.
Nous nous retrouvons en plein 40° à l’ombre face à 5 soldats qui nous inspectent. Le plus gradé, celui au pistolet russe, me gueule dessus en portugais, les autres acquiescent, un semblant de sourire contrit aux lèvres.
Je comprend rien, il s’énerve et montre mes pieds, le curé parlemente nous fait monter et on se barre, j’ai le temps de voir les 5 blacks se foutrent de ma gueule et de mes tongs.

Le curé se retourne et me fait la morale comme quoi je suis pas à Saint-Tropez, que même si les rues sont goudronnées y a des tessons de verres, des flaques d’eaux stagnantes et des mines anti personnelles dans tous les coins. Le cadreur enfonce le clou en me disant que c’est en plus inesthétique et surtout dégueu.

2ème barrage, le curé me demande de rester dans le 4x4 et de bien cacher mes pieds à l’avenir.
On est en périphérie urbaine, deux 4x4 militaires rejoignent le cortège, je détaille les soldats, essaye de repérer leur équipement, leurs armes.
Personnellement j’en étais là avec le stress, à focaliser sur l’armement des gardes, à regarder les impacts sur les murs à rechercher des traces de combat, le tout grandement suscité par ce que j’avais lu des conflits armés.
Ils nous accompagnent jusqu’à notre prochaine destination.

L’aéroport, pas le national, un petit, vide, une tour genre aérodrome pour monomoteur de dentiste de banlieue, un hangar guère plus grand qu’un abri de jardin et un Antonov, pas le gros avec plein d’hélices qui transporte des immeubles, non un normal de 100 places si y avait des sièges et des hôtesses.
Ça va vite, la soute s’ouvre, un des pilotes apparaît, il est slave, blond-blanc avec des cheveux filasses, à tous les coups, un russe. Je me retourne vers le caméraman pour lui demander si il ne pense pas que c’est un mec du GRU ou un Spetnaz, ce con il astique l’objectif de sa Sony avec une feutrine. Quel con !

Transpalettes, treuil, sangles, arrimage dans la soute : 30 mn.
Je monte à bord, mon père adorait l’histoire contemporaine et avait une prédilection pour le matériel soviétique : solide mais robuste ! Je m’attendais à voir de l’alu, des extincteurs bizarres, des cadrans en cyrillique, un samovar… putain que dalle ! Y avait rien.
Les cloisons étaient nues, on voyait les longerons évidés, les hublots semblaient si fins… De la porte de la cabine de pilotage à la queue de l’appareil, des sacs de riz arrimés à perte de vue… sans sièges, ni strapontins !

J’insiste à propos des sièges mais on est tellement conditionné dans le civil, attachez vos ceintures, détachez votre ceinture, rejoignez votre siège, le Stewart qui passe dans la travée en tirant sur votre boucle pour voir si elle est pas trop lâche tout en effleurant évidemment votre braguette au passage.
- T’as qu’à t’asseoir sur les sacs. me lance le cameraman.
- Ouais genre ! Et tu vas rester debout toi peut être.
Quelle bande de bâtards me dis-je tout haut dans ma tête.

Décollage, court, tendu, rapide, pas celui imposé par la DGAC.
600 km c’est long assis sur des sacs de riz. J’en suis à me demander si on va monter pour atteindre une altitude avec moins de turbulences. Vu comme ça secoue et le bruit des réacteurs, on atteindra jamais 40 000 pieds, je commence à me demander si on atteindra la moindre destination d’ailleurs et je mets à prier en pensant au trous d’air, à la décompression (d’ailleurs ils sont où les masques et le gilet, putain, il est où le gilet… sous le siège !?).
Sincèrement, je ne me souviens pas de l’atterrissage mais je me rappelle ne pas avoir applaudi !

On descend de l’avion, ou plutôt le co-pilote nous pousse vers l’échelle escamotable, il a l’air pressé comme si le mec nous avait déposés sur Diên Biên Phu et qu’il en était à sa 6ème rotation. Je lui fais un signe genre OK-Top, un signe qui ne se veut pas un truc de rampant. Il me répond tout juste en tirant l’échelle et en refermant la porte de l’aéronef, avec un geste du poigné signifiant manifestement ciao ou alors une espèce de doigt d’honneur moscovite.

Et alors là, moi qui avait vu et revu, avant de partir, tous les films de guerre : les Rambos, Full Metal Jacket, Salvador et la 5 ème compagnie, je n’étais pas préparé à arriver en zone de guerre même pacifiée la veille.
Avec pour seule protection un gilet militaire 5 poches Décathlon, un kit de nettoyage photographique et une bouteille d’eau chaude. Et comme garde rapprochée un journaliste agrippé à sa Sony à 300 000 et un curé en caligæ.

Fait toujours aussi chaud sur le tarmac, il y a quelques militaires et un pick-up équipé, genre « technical » car, un calibre .50 sur le plateau avec 10 mecs dessus, si on se fait attaquer, le temps qu’ils désignent le servant et que les autres sautent à terre, un seul mec peut nous arroser 5 fois avec un RPG.
2 ou 3 soldats s’amènent avec des fausses Ray Ban, leur inévitable AK tenu par la crosse le long du corps, suivis de civils, des jeunes avec à leur tête, un vieux d’une soixantaine d’années en costume chinois sombre, sous ce caniar, ce doit être le chef du village, pardon le maire.

Rebelote, soute, treuil, y a plus de transpalette donc les sacs sont passés de bras en bras et balancés sur 2 ou 3 camions, les palettes sont laissées là parterre sur la piste.

Je suis le curé, on monte dans une voiture, une veille Peugeot, et on fait 5 bornes pour entrer enfin dans Kuito.
Kuito une des grandes villes industrielles angolaises avec pas loin de 150 champs de mines et plusieurs centaines de milliers de ces saloperies.

La faction au pouvoir en Angola en 1995, le MPLA, (les métis et les citadins) qui avait été soutenue militairement et économiquement par L’URSS et Cuba jusqu'à la chute du mur de Berlin, vient de reprendre Kuito à la faction rebelle l’UNITA de Savimbi, (les Ovimbundus - 40 % de la population) faction appuyée par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l’Afrique du Sud.

Et nous français, à la veille du scandale ELF, qui jouons une partie de bonneteau périlleuse. On finance un peu tout le monde mais surtout, le MPLA au pouvoir, dans l’espoir de préserver les deals et les contrats pétroliers sans néanmoins oublier l’UNITA qui menace la base d’Elf (valise remise Savimbi par Falcone) eux-mêmes appuyés par les States avec Chevron en coulisses.
L’Angolagate en prime qui permettra à la France de préserver son influence en approvisionnant le MPLA en armes, en outrepassant l’embargo onusien. Avec comme opportunité en prime, de permettre à la DGSE d’organiser des opérations noires en s’appuyant sur le matériel et l’armée angolaise et ceci depuis son territoire afin de soutenir les régimes et les dictateurs africains amis, avec un Bongo et un Foccart en duettistes joueur de clarinette.

Mais à l’époque j’ai 19 ans, j’ai mon Bac à la repêche, internet n’apparaît que dans 2 ans, Pasqua est Ministre d’Etat et j’ai des tongs Carrefour aux pieds pour marcher dans une des villes les plus minée au monde !

On traverse les faubourgs de Kuito est je suis obnubilé par la quantité de trous, d’impacts de cratères, de douilles.
Plus on s’achemine vers le centre ville, plus le petit convoi est rejoint, suivi, encadré d’enfants, souriant, imaginant que ce que nous acheminions leur été destiné, mouais bon…

La seule image qui colle au contexte, même si on a été gavé de ce genre d’images, couleur, chaleur, décombres, c’est a posteriori l’impression d’avoir traversé Mogadiscio comme dans Black Hawk Down sans les tirs mais je chiais quand même dans mon froc.

Même si les visages sont gais, qu’il fait beau, que nous sommes encadrés et que prétendument nous répandons le bien, on sent une atmosphère chargée presque électriquement. Je crois percevoir une odeur de poudre, de sang.

Notre voiture s’arrête devant une devanture de magasin désaffecté, la vitrine et la porte aveuglées par des panneaux de bois grossier. La porte possède une chaîne et un cadenas flambant neuf. Les camions se rangent les uns derrière les autres. Des soldats et des adultes commencent à décharger les sacs de riz, certains essayent de contenir les enfants qui se rapprochent des camions pour chaparder ce qu’ils peuvent. Mais ce n’est pas la Somalie ou le Darfour, ils ne se jettent pas sur les vivres en une foule ravagée et famélique, ça tient plus de la curiosité, du désir de prendre quelque chose. C’est la fête au village, l’événement du jour car ici les combats c’est du quotidien, la ville peut changer de mains tous les deux jours. La ville a beau être pacifiée, ils s’en branlent vu que ça ne dure pas. Là c’est nouveau.

Le père Bartholomé, me dit que je suis courageux de venir dans une ville qui ne voit plus d’européens depuis des mois à part les membres de Caritas.

- mais et toutes les ong de Luanda, j’ai vu plein de 4x4 : MSF, Médecins du Monde… ? demandais-je.
- Mon pauvre y a pas de clim’ et pas de caméras ici !

Je m’écarte et fais quelques photos. Je me déporte sur la gauche à côté d’un terrain vague emplie de merdes et de détritus. Je flippe de choper le Tétanos ou de marcher sur du fil barbelé. Mais je mitraille je commence à m’habituer, le curé en s’éloignant me demande de faire attention car en contrebas y aurait des mines, vient de lui dire un gosse en portugais.

Devant moi un attroupement de quelques jeunes. « Photos, photos, toma photos » me disent-ils. Mon œil est attiré par leurs visages épanouis et goguenards, ensuite je regarde leurs membres, ils sont quasiment tous amputés !

Avec 6 à 8 millions de mines en Angola, soit une pour deux habitants, l’Angola a connu plus de 80 000 victimes (à l’époque).
On les a placé aux abords des usines, des centres industriels mais surtout des écoles, des églises, une stratégie de terreur théorisée par les russes et éprouvée au Vietnam et en Afghanistan.

Je leur fais signe de se déplacer car ils marchent sur du verre, ils n’ont qu’une seul Nike, ça serait con de l’abimer. J’en mène pas large avec mes blessures de guerres aux orteils.

Pendant ce temps, tous les sacs sont mis sous clé, je fais une photo d’un gamin qui s’est glissé sous un camion et qui ratisse des grains riz tombés là, il me souris content de la réussite de son opération spéciale.

Je me relève et demande au curé, en grande discussion avec le Maire, pourquoi il distribue pas directement le riz à la population, j’en ai quand même chier à me coltiner ce riz depuis des semaines !
Parfois afin de se préserver, il ne faut pas poser des questions si nous ne voulons pas entendre des réponses iniques, plus prosaïquement vaut mieux fermer sa grande gueule et se dire que c’est comme ça.
- Le Maire se chargera de dispatcher entre ses proches, les soldats et peut être la population mais ça ira surtout sur le marché noir.
Le père Bartholomé me regarda avec un sourire narquois qui se mua lentement en une expression empreinte de compassion.
- Tu es jeune, je comprends ta colère et ton désarroi mais c’est comme ça ici et… ailleurs.
- Venez, nous dit-il, on va visiter le camps de réfugiés.

En marchant, il me montre les vestiges de combats urbains, des tirs échangés entre des maisons en zone résidentielle, une roquette ou grenade propulsée ayant fait long feu, plantée dans un tronc d’arbre, peut être intentionnellement après les combat par un enfant.
Là, il tend son doigt vers mes pieds (encore !) une grenade type M26 dégoupillée mais intacte, et des douilles, des douilles cuivrées presque déjà en train de rouillées.

On croise une escouade en colonne de l’armée régulière, si on peut dire, tenue kakie, au milieu 3 enfants en uniforme, dont un, et ça m’interpelle, avec un genre de RPK à tambour, je le cadre pour le prendre en photo il sourit. Le sous-of’ ou le gradé gueule tout de suite, se plante devant moi avec de jeunes soldats qui sortent du rang leur main sur la poignée de leur fusil, pas encore pointés vers moi.
Il connaît le prêtre, qui semble suivre l’armée régulière dans son avancée sur le terrain.
J’ai fait le con et je le sais. Avant que ça s’envenime par bravade ou inconscience, j’ai baissé mon appareil photo à hauteur de ceinture, armé, shooté, 3 fois, sans mise au point à l’instinct.
Le curé vitupère, prend le soldat par le bras, lui explique que je ne suis guère plus vieux que le gosse et que j’ai pas une tête ou une dégaine de correspondant de guerre, d’ailleurs en parlant de ça le journaliste à la caméra regarde ailleurs et attend que ça passe.
Je suis surprit qu’il ne réclame pas la pellicule ou qu’il ne me force pas à ouvrir le boitier. On se regarde avec le gamin, loin de m’en vouloir (car il va certainement en prendre une plus tard) on se sourit, complices de la même boulette. Putain, il a quand même un fusil-mitrailleur ! Enfant soldat. Là aussi on m’expliquera plus tard, les rapts, l’endoctrinement et le secret de polichinelle qu’on préserve néanmoins violemment.

On rentre dans le camp, ça sent la merde et la charogne. Le père espagnol est rayonnant, on semble le connaître. J’entrave que dalle au portugais mais il semble expliquer à certains qu’on amène de la bouffe. Ils ont cet air épuisé, les yeux cernés comme des cadavres mais avec une acuité confondante dans le regard presque un sentiment de défi voir une volonté de nous culpabiliser, de nous mettre en face de nos responsabilités.
Aucun encadrement « occidental », tout semble être géré par les réfugiés eux-mêmes, avec les soldats qui filtrent et distribuent les vivres au grès du ravitaillement plus ou moins organisé et pillé en amont de la chaîne.

Le curé repaire une petite fille qui, à sa vue se barre en courant, il se tourne vers nous et nous demande de la rattraper.
Il la coince contre le mur d’une baraque à une vingtaine de mètres de là. Il lui parle, la sermonne, elle nie. Non, non, non.
Il se retourne vers moi et solennellement m’intime,
- Tu vas la prendre en photo, il faut que la France et l’Europe voit ça, soit courageux mon garçon.
J’ai envie de lui redire que je suis pas photographe, encore moins journaliste et que les photos si elles ne sont pas floues finiront dans un canard associatif quelconque à 10 000 bornes de là. Mais j’ai chaud, soif, mal aux pieds et ras le cul de cette misère, je veux retourner au bateau.
L’autre abruti du Liban fait sa mise au point, zoom-dézoom il est paré.
La gamine nous regarde avec des yeux qui lui bouffent le visage, on la dépasse d’un bon mètre, on est des blancs, elle ne comprend pas nos paroles. Elle sent mon stress qu’elle prend pour de l’agressivité.
Le père Bartholomé tire sur un pan de couverture qu’elle tient roulé en boule entre ses bras rachitiques. Je n’y avais pas prêté attention mais manifestement elle dissimule quelque chose sous cette pelure.
Elle tient dans ses bras un bébé emmailloté, il est gris foncé, inerte il paraît mort, ce qu’il est en définitive.
Le père me demande d’appuyer sur le déclencheur. Tout s’arrête, j’ai mal au ventre, les larmes brouillent ma vision. J’ai juste le temps de me demander si c’est son enfant mais elle a l’air si jeune, si menue mais on ne sait jamais avec les rescapés.
- Allez prend la photo !
Je dis au père d’aller se faire enculer en français, en espagnol (vas a tomar por culo) et même en portugais approximatif (va te faire foder). Je dégage sa main de mon bras et lui collerais bien un mawashi geri dans la tête mais j’ai peur de me faire mal aux pieds ou de perdre une tong.
Il me sourit plein d’affection et d’humanité comme si il n’avait attendu que ça, mon refus enfanté par ma candeur d’européen face à l’ignominie et la lâcheté humaine.
Il ne prêta pas attention à l’autre Robert Capa qui fit ses images au camescope.

Je remontais à bord du navire, je finis par débarquer à Dakar, je les laissèrent se démerder avec leur cargaison, leurs mercedes et leur enveloppe. Pris un vol Air France (avec des sièges cette fois), je n’adressais plus la parole à mon pote, réussi le concours d’entrée à l’école de journalisme sans évoquer cette expérience, pour me retrouver assis à côté de condisciples qui pontifiaient sur le journalisme en couvrant le week end le concours de pétanque du coin.
Comme je suis un peu maso, je réitérais quelques mois plus tard l’expérience au Nicaragua mais ce fut moins périlleux, la guerre des Contras était terminée depuis longtemps mais en un sens ce fut tout aussi abjecte.

vreje31
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Re: Aide humanitaire en Angola - été 1995

Message par Ash le Mar 25 Oct 2011 - 21:03

Mais à l’époque j’ai 19 ans, j’ai mon Bac à la repêche, internet
n’apparaît que dans 2 ans, Pasqua est Ministre d’Etat et j’ai des tongs
Carrefour aux pieds pour marcher dans une des villes les plus minée au
monde !

Merci.

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Re: Aide humanitaire en Angola - été 1995

Message par Da le Mar 25 Oct 2011 - 21:19

Merci pour ton témoignage. Le silence qui le suit n'est pas du désintérêt je crois, mais que rajouter ?

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Re: Aide humanitaire en Angola - été 1995

Message par Canis Lupus le Mar 25 Oct 2011 - 21:25

Da a écrit:...mais que rajouter ?
Qu'on est fier d'être Français bien sûr ! mrsgreen siffle

Merci pour ce témoignage de dingue !

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Re: Aide humanitaire en Angola - été 1995

Message par Semper le Mar 25 Oct 2011 - 21:37

vreje31 a écrit:
Je ne sais pas si cela apportera un éclairage précis, je n'ai pas l'habitude de reporter les faits froidement et méthodiquement.

Si c'est chouette de "rencontrer" via l'écran quelqu'un qui a roulé sa bosse...et puis avoir vu ça change un homme...à vie, je pense.
Ca permet aussi d'évaluer le confort dans lequel on "baigne" en temps de paix...malgrès les inégalités.
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Re: Aide humanitaire en Angola - été 1995

Message par vreje31 le Mar 25 Oct 2011 - 22:00

Je dirais pas que c'est un témoignage si dingue entre les coopérants qui passent des années en missions, nos soldats qui partent en Afghanistan, c'était plutôt en charentaise que je suis allé là-bas.
Mais c'est vrai que ça m'a marqué et donné un éclairage inattendu.
L'Angola c'est pas le Biaffra, le Darfour ou la Somalie, c'était une colonie portugaise, les gens étaient plutôt éduqués et la présence occidentale omniprésente. Ça les a pas empêcher de se laisser aller aux formes de violences les plus extrêmes. Je suis pas sur qu'on se comporterait différemment en Occident malgré notre vernis culturel et social.

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Re: Aide humanitaire en Angola - été 1995

Message par Barnabé le Mar 25 Oct 2011 - 23:15

Super compte-rendu. En fait ça ferait un excellent article voire une nouvelle. Shocked

Cette association et/ou Caritas savaient qu'ils allaient donner d'énormes pots de vin à des ministres pour pouvoir livrer des vivres qui seront détournés au profit des militaires, fonctionnaires ou notables. A ton avis quel est encore l'intérêt pour ces assos de faire de l'humanitaire ?
1) c'est du business qui s'auto-alimente même si l'objectif a été perdu de vue : on perçoit des dons et des subventions, donc faut bien faire le boulot, on perçoit un salaire au passage, et tant pis si ça sert quasi pas à la population.
2) OU BIEN : au final, ça profite tout de même à la population, qui créverait encore plus de faim si on ne livrait pas. Donc un vrai souci des populations. Ces assos seraient ainsi résignées à ce qu'une bonne partie des efforts se perde, sachant qu'on peut pas faire autrement et que c'est toujours mieux que rien ?
3) autre raison ?

En tout cas, vivre ça à 19 ans, c'est raide !


Dernière édition par Barnabé le Mer 26 Oct 2011 - 10:13, édité 1 fois

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Re: Aide humanitaire en Angola - été 1995

Message par BAROUD le Mer 26 Oct 2011 - 1:34

Merci pour ce pasionnant témoignage ^^

Super compte-rendu. En fait ça ferait un excellent article voire une nouvelle. Shocked

+1 avec Barnabe cheers

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Re: Aide humanitaire en Angola - été 1995

Message par Semper le Mer 26 Oct 2011 - 7:05

Barnabé a écrit:
1) c'est du business qui s'auto-alimente même si l'objectif a été perdu de vue : on perçoit des dons et des subventions, donc faut bien faire le boulot, on perçoit un salaire au passage, et tant pis si ça sert quasi pas à la population.
2) OU BIEN : au final, ça profite tout de même à la population, qui créverait encore plus de faim si on ne livrait pas. Donc un vrai souci des populations, mais résigné à ce qu'une bonne partie des efforts se perde, sachant qu'on peut pas faire autrement ?
3) autre raison ?

Il y a des gens bien... et des organismes qui font bien leur "travail", pour ma part j'ai pu constater sur le terrain l'action positive d'handicap International en Afrique..c'était pas spécialement du "business" , loin de là.
Meme constat en Inde du Nord, ou une petite ONG avait monté une école pour les enfants n'ayants tout simplement jamais pu accéder a l'éducation car travaillants la Terre des le plus jeune age....Idem pour un dispensaire construit a plus de 4000 métres d'altitude a la frontière Tibétaine, ca sauve des vies.

Dans tout les cas, cela sauve la peau de beaucoup de gens trés trés pauvre.

Pour le 1/ ca existe en effet...pourvu que cela ne décourage pas les gens de bonne volonté clind'oeil
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Re: Aide humanitaire en Angola - été 1995

Message par un ptit breton le Mer 26 Oct 2011 - 8:22

Bravo pour ton engagement ,
aprés on peut se poser des questions sur le bien fondé de l'aide humanitaire mais aller là bas ça demande d'avoir des c** ( comme ça tu seras content , y'en a un qui ne dévalorise pas tes attributs !!!! ).
A voir la quantité de détails dont tu te rappelle 15 ans aprés c'est que ça t'a marqué.

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Re: Aide humanitaire en Angola - été 1995

Message par Barnabé le Mer 26 Oct 2011 - 10:11

Semper a écrit:Il y a des gens bien... et des organismes qui font bien leur "travail

C'est sûr. Je ne voulais pas faire de généralités abusives. J'édite mon message pour reformuler ma question.

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Re: Aide humanitaire en Angola - été 1995

Message par vreje31 le Mer 26 Oct 2011 - 10:50

Salut à tous,
Je suis sincèrement content de vos réactions, il faut dire que j'appréhendais de reparler de ces évènements anciens.
Je me suis posé des questions avant d'écrire ces lignes m'attendant à des critiques ou des demandes de justifications.
Sentant néanmoins que mon style outrancier et parfois manichéen (quoique tout ce qui est relaté est véridique) suscite certaines réactions je tiens à préciser que :
1- dans son immense majorité le monde de l'humanitaire est composé de gens de bonne volonté.
2- l'humanitaire bien que soumis aux motivations humaines (paternalisme, opportunisme, colonialisme, manipulation ou enrichissement...) reste nécessaire. Sans les ong, fonds ou initiatives de toutes sortes (parfois douteux), la situation serait forcément pire.
3- comme toute activité humaine impliquant des ressources financières et humaines, on ne peut que constater, à quelque niveau que ce soit, les dérives naturelles, intrinsèques et séculaires de l'espèce humaine.
4- ayant continué par la suite à être victime de mon empathie maladive, je dirais qu'il est nécessaire de continuer à s'entraider que ce soit d'un point de vu altruiste ou égoïste à n'importe quel niveau que ce soit.

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Re: Aide humanitaire en Angola - été 1995

Message par Ash le Mer 26 Oct 2011 - 19:17

Arf, pas de soucis d'appréhension à ce niveau ici, à peu près tout le monde a roulé un tant soit peu sa bosse, je crois pouvoir dire qu'on arrive en général à reconnaître une galinette sandrée quand elle se déguise, là, c'est du facta, du vécu et en soulignant ce que dit Barnabé, vivre ça à 19 ans, c'est assez Thrash...

En tous cas, merci d'avoir partagé!

Et... en passant... si t'as vu des montages freestyle ou des bricolages utiles et applicables, je crois qu'il y a des preneurs. clind'oeil

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Re: Aide humanitaire en Angola - été 1995

Message par Kofein le Ven 28 Oct 2011 - 0:10

Excellent article, cru et franc!

Effectivement, à 19ans (et même après) ça doit être une sacrée expérience...

Donc félicitations!

Je suis d'accord avec Barnabé quand il dit que ça ferait une excellente nouvelle; je me suis fait la même réflexion en lisant. Avec le Nicaragua en prime, tu dois avoir pas mal de choses à raconter; autant les diffuser!

Bonnes continuations!

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Re: Aide humanitaire en Angola - été 1995

Message par ultima ratio le Jeu 5 Jan 2012 - 23:46

[quote="vreje31"
1- dans son immense majorité le monde de l'humanitaire est composé de gens de bonne volonté.
2- l'humanitaire bien que soumis aux motivations humaines (paternalisme, opportunisme, colonialisme, manipulation ou enrichissement...) reste nécessaire. Sans les ong, fonds ou initiatives de toutes sortes (parfois douteux), la situation serait forcément pire.
3- comme toute activité humaine impliquant des ressources financières et humaines, on ne peut que constater, à quelque niveau que ce soit, les dérives naturelles, intrinsèques et séculaires de l'espèce humaine.[/quote]
Je me permet de répondre, soit tardivement, sur ce post mais c'est tout à fait vrai.
Ayant fait un pont alimentaire maritime vers le Yémen en 1996 et un accompagnement (menacé par les pirates)du fret alimentaire du WFP du Kenya vers la somalie en 2008, j'ai constatais que ces dérives existent et souvent on entend des phrases style "la fin justifie les moyens" , "si on fait rien alors qui le fera" , "si au moins 10% va à la population c'est déjà ça"
C'est vrai que vu comme ça c'est un vrai travail d’abnégation (pour les associations car moi j'était payé pour ça et je n'en retire aucun mérite).
Au Yémen des stocks monstrueux de riz dans des hangars aux mains de l'état troquant ceux-ci contre les garçons des familles pour renforcer leur armée.
En Somalie les seuls bateaux qui voulais transporter le fret étés des bateaux connus pour trafic d'armes vers des pays en guerre civile et qui se rachetais une virginité auprès de nous.
Sans compter que dans les soutes ils essayaient de mettre plus que le fret alimentaire prévu ! war

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