[Livre] Le paradoxe de Robinson (Kraveunn's chronicles)

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[Livre] Le paradoxe de Robinson (Kraveunn's chronicles)

Message par KrAvEuNn le Ven 14 Sep 2007 - 0:55

Une thèse interessante pour tout survivaliste : " la conviction que l'individu précède la société au constat que la vie sociale est à la base du processus d'humanisation, elle précède l'émergence de l'individu." En bref, l'individu n'est rien sans la société et vouloir survivre tel robinson (au sein de la société) pour sa seule petite gueule est un mythe.

Robinson Crusoé, mythe exclusivement occidental du self-made-man, est en passe de s'évanouir comme un bon vieux rêve obsolète. Cet « Homo economicus » cher à Rousseau, à tout adolescent et aux économistes, tend à s'effacer dans un renversement qui s'opère en silence : non seulement l'individu ne précède pas la société, mais celle-ci est à la base du processus d'humanisation. Dès lors, l'auteur se demande comment la science économique a pu se fonder sur les manières d'un personnage de fiction ; il reconsidère la propension des politiques à se focaliser sur l'économie et, ainsi, à sous-estimer les autres facettes de toute vie sociale également vitales (éducation, parcours de vie, isolement et lien avec les autres…) et annonce l'arrivée pour demain d'une « écologie sociale », la société étant aussi notre environnement. Un petit livre qui a la taille d'un jouet et parle de responsabilité.


Les conditions sociales de l'individu et de l'économie

Le paradoxe de Robinson, François Flahault, Mille et une nuits, 2005
(Pourquoi limiter l'expansion du capitalisme ? Descartes, 2003)






<BLOCKQUOTE>Ce petit livre est absolument formidable dans sa façon de retourner les évidences sur lesquelles se fonde l'individualisme et dont il montre que les bases remontent au moins aux Grecs, à la République de Platon platement utilitaire et artificielle, assemblage d'individus existant en soi, comme en dehors de la société ! Hobbes partira des mêmes présupposés devant une guerre des religions qui défait le tissu social. De même Locke dans une Amérique immense et encore sauvage. La conception asiatique s'oppose depuis l'origine à cet individualisme occidental.

Tout ceci n'est pas très nouveau, qu'on songe à Lucien Goldmann pour qui "l'hypothèse du sujet individuel est une idéologie déformante, élaborée elle-même par un sujet collectif". La thèse d'une "économie des personnes" condition d'une économie des biens est finalement très proches de Polanyi (bizarrement non cité) mais ce qui est nouveau c'est l'assurance avec laquelle François Flahault affirme que nous vivons une "révolution des idées", de la conviction que l'individu précède la société au constat que la vie sociale est à la base du processus d'humanisation, elle précède l'émergence de l'individu.

Au fond, l'existence (la reconnaissance sociale) précède l'essence (l'économie des biens), l'individu est un mythe collectif en même temps qu'un produit de la société car il est constitué largement par ses liens et son degré de reconnaissance. Depuis l'origine animale (chimpanzés) jusqu'au langage ou la monnaie, il n'y a jamais eu d'humanité sans société, sans biens communs ni culture commune. Ce n'est pas très différent du structuralisme, la révolution est donc toute relative mais devrait, selon l'auteur, conduire à revoir la place de l'économie dans la société en tenant compte de "l'écologie sociale" (ce qu'il appelle aussi "l'économie des personnes", ce que d'autres réduisent à la "reproduction"), pas seulement de l'économie matérielle.

Cette nouvelle révolution serait donc un fait acquis, et pas un voeux pieu. On pourrait le contester quand on entend les discours d'un ministre de l'intérieur qui répudie ouvertement la sociologie, mais ce n'est pas si faux sans doute puisque j'étais arrivé aux même conclusions dans "la production de l'autonomie" à partir d'approches très différentes (Elias, Arendt, Castoriadis, Foucault, Laborit, etc). Cela ne veut certes pas dire pour autant que tous les chercheurs en sciences humaines partages ces évidences puisqu'un récent numéro de Sciences Humaines titrait justement sur la disparition de la société ! L'important n'est pas vraiment là mais dans le retour en arrière que l'auteur opère, à partir de ce qui est pour lui désormais un acquis de la recherche. Et si le caractère théologique de l'individu (l'onto-théologie, l'existence d'Adam pour Dieu) n'est pas une découverte, il est plus surprenant d'en constater la réminiscence chez Marx (ou Hegel et même Heidegger pourrait-on ajouter).

La démonstration commence de façon amusante par remarquer que Robinson n'existe pas en réalité, c'est un personnage de roman dont l'existence relève de notre imaginaire commun. L'individu isolé est donc bien un mythe collectif ! Or ce mythe "réductionniste" sert de modèle économique en permettant l'abstraction de toute la dimension collective. On ne peut réduire pourtant la société à des contrats duels alors qu'il n'y a pas de contrat sans tiers, ni à l'échange de biens, alors que c'est la société est le lieu de notre existence humaine et de la reconnaissance sociale. Le monde abstrait de l'économie est un monde enchanté sans déséquilibres, sans explosions sociales, sans fausses croyances, sans folie spéculative, etc, toutes choses qui sont pourtant de notre monde et déterminent en grande partie l'économie. La fonction du discours libéral consiste à faire passer la pillule des désastres sociaux qu'il provoque, au nom de l'avenir radieux du développement économique. Ce n'est donc qu'une idéologie justificatrice. L'apparence scientifique de l'économie ne tient qu'à son caractère statistique et donc chiffré, ce qui ne l'empêche pas d'être entièrement prise dans l'idéologie. On le constate dans son optimisme inébranlable qu'il ne se passera jamais rien, pensée positive qui est le garant de sa rationalité et la justification de l'ordre établi.

Il ne s'agit donc pas tant d'élargir la base d'information de l'économie libérale, comme le suggère Amartya Sen, avec d'autres indicateurs de richesse, mais de favoriser l'expression des citoyens, leur jugement qualitatif, leur discours émergent sensé pouvoir transformer la réalité en devenant puissance collective. De façon éclairante l'auteur assimile l'économie au "matériel" et le social au "spirituel" (la réflexion collective et le domaine de la reconnaissance). Cela ne l'empêche pas de critiquer fortement une vision morale du monde qui le ferait dépendre de notre bon vouloir, comme si le collectif était le résultat des actions individuelles ou comme si l'individualisme n'était qu'un égoïsme et non pas une représentation collective du monde. Il ne pourrait donc y avoir de changement social qu'après une "lente modification des lieux communs" qui "entamera la force du discours dominant et rendra légitime une autre manière de penser et d'agir" p171. C'est proche de ce que Gramsci appelait l'hégémonie mais il ne faudrait pas sous-estimer le caractère non-linéaire du domaine "spirituel" et du monde de l'information où les processus sont discontinus et les effets disproportionnés à leur cause, par effet de seuil soudain.





<BLOCKQUOTE>S'il est conforme à l'exigence morale de "reconnaître l'autre", cela implique que je pourrais ne pas le faire et que, par conséquent, mon lien avec les autres dépend de ma volonté et de mon altruisme. Ce bel humanisme permet donc de biaiser avec un constat que, pourtant, nous pouvons faire quotidiennement : les liens relationnels et sociaux dans lesquels nous nous trouvons engagés ne résultent pas de notre bonne volonté, mais forment un cadre préalable en l'absence duquel nous ne serions même pas venus à l'existence. Etre aux prises avec les autres et être soi ne constituent pas deux champs distincts mais bien un seul. 63

L'interdépendance sociale des individus n'est pas seulement utilitaire, elle est ontologique. Elle est ontologique avant d'être utilitaire ou d'être morale [...] La coexistence précède l'existence de soi. L'autonomie elle-même et la capacité d'être seul prennent appui sur le vécu de coexistence qui les fondent. 99

En somme, pour que la production et la circulation de biens marchands soient possibles, il faut d'abord qu'il y ait transmission de biens et de liens non marchands. 127

La circulation des biens est fortement affectée par les relations d'affiliation ou, au contraire, de désaffiliation qui existent entre différents groupes. En retour, les modalités de circulation des biens produisent des effets sur les relations d'affiliation ou de désaffiliation : elles les confirment, elles les modifient, ou elles les renversent. 142

L'organisation interne des entreprises contraste avec le fonctionnement spontané et non planifié qui est celui du marché concurrentiel : leur fonctionnement est soigneusement coordonné, il est planifié et soumis à un contrôle réfléchi; à cet égard, les entreprises ressemblent à un Etat. C'est la combinaison du spontané et du délibéré, des libres initiatives et de leur encadrement concerté qui fait l'efficience globale de l'économie. 146

Il faudra donc bien en venir à une écologie sociale - second seuil à franchir pour entrer dans l'ère post-prométhéenne. Il faudra bien reconnaître que les configurations sociales et culturelles dont nous faisons partie constituent notre biotope, notre milieu de vie. Il faudra apprendre à les penser comme des écosystèmes plus ou moins riches, plus ou moins vulnérables, formés de réseaux d'éléments interagissants. Des écosystèmes dont la complexité requiert notre attention et nos efforts, tant leur équilibre est vulnérable, tant ils sont sujets à des dérives, des cercles vicieux, des réactions en chaîne destructives. Au lieu de concevoir des individus dotés par nature de leur propre être, on en viendra à penser l'existence même de l'être humain comme inséparable des réseaux dont il est lui-même une maille, réseaux des autres et des choses (matérielles aussi bien qu'immatérielles) dont l'ensemble constitue son milieu de vie. 163

La culture répond à un trait encore plus fondamental de la condition humaine : conjurer le vide que toute conscience de soi porte en elle, faire qu'il y ait quelque chose plutôt que rien. Soutenir l'existence même de chacun en lui permettant de participer à un monde commun, en apportant des "supports d'être-ensemble", c'est-à-dire des choses (matérielles et immatérielles), des centres d'intérêts et des activités qui créent un lien entre soi et les autres. 165
</BLOCKQUOTE>
Ce n'est pas la première fois qu'on entend des discours sur la primauté de la Nation ou de la race, il est donc naturel qu'éveille quelque méfiance, dans nos démocraties post-totalitaires, cette primauté de la société sur l'individu. C'est une constatation scientifique, soit, mais la lumière est toujours un peu aveuglante. Certes on peut analyser les fascismes comme une forme d'individualisme et de sociétés artificielles (prométhéennes), mais il ne suffit pas d'opposer l'Etat à la société pour sortir de la confusion. D'une part il faudrait mieux distinguer le fait de la norme en reconnaissant le caractère positif, et surtout productif, du mythe de l'individu qui est, au moins en partie, devenu réalité, a façonné notre monde. Il faudrait reconnaître qu'il a permis un progrès de la liberté enfin, même s'il peut finir par se retourner en son contraire. D'autre part il faut souligner qu'il n'est pas vrai que les régulations sociales seraient données comme celles d'un corps, il faut donc les créer, s'organiser en tenant compte de ce qui existe, c'est toute la difficulté. Ce qui se traduit, dans la diversité des lieux, par une pluralité de langages et d'organisations. Des nuances sont donc indispensables, il y a mélange d'artificiel et de spontané, de nature et de culture, ce que l'auteur répète d'ailleurs plus d'une fois, mais aussi d'individuel et de collectif en chacun de nous. Surtout, il me semble qu'on n'évite la tyrannie qu'à faire de l'autonomie de chacun la finalité sociale, ce qu'on appelle le développement humain (mais ce n'est peut-être pas un objectif assez exaltant !).

On peut déplorer aussi que toutes les dimensions de l'individualisme et du mythe du self made man ne soient pas explorées, ainsi l'invention d'une généalogie mythique (le mythe individuel du névrosé) dévoilée par Marthe Robert ("Origine du roman, roman des origines") dans le Robinson justement (fils de Robin) où elle interprète le roman comme reconstruction imaginaire du roman familial, fantasme de l'enfant trouvé, fils de roi ou de personne, qu'on retrouve de Sargon à Moïse ou Oedipe. Il aurait fallu parler de bien d'autres choses (ère de l'information, division du travail, diversification des parcours, intériorisation, autonomie, etc).

Ce n'est qu'un tout petit livre, c'est sa vertu, mais qui bouscule assez nos représentations, nos pauvres évidences, et nous dépayse des discours économiques habituels, en revalorisant nos relations affectives et sociales (où il y a aussi de féroces compétitions!) ; annonce sans doute d'un retour du collectif, il faut l'avouer encore bien problématique, du moins reconnu de plus en plus comme nécessaire.

</BLOCKQUOTE>
Jean Zin 08/12/05



PS : inutile de lire ce livre (vite lu), l'essentiel est dans ce résumé clind'oeil

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Re: [Livre] Le paradoxe de Robinson (Kraveunn's chronicles)

Message par Andros le Ven 14 Sep 2007 - 7:20

Bon, ma théorie sur ce point est encore en gestation, mais voilà : le
fait de pouvoir analyser le monde, et de le plus le subir comme le fait
la masse superstitieuse, est réservé à une élite (dans la Grèce antique
comme aussi aujourd'hui). De par leur petit nombre et leur spécificité,
ces individus sont véritablement hors-normes. (lire ce que j'avais
écrit sur les gens atypiques, dans "survivalisme et liberté").



Du coup, ces personnes trop intelligentes se retrouvent isolées du
collectif. Quand elles le peuvent, elles essaient de recréer du
collectif, d'où les microcosmes intellectuels, où l'on va
retrouver les mêmes travers que dans le collectif au sens large
d'ailleurs.



Mais je viens de me rendre compte récemment que la société au sens
large conditionne la survie de tous. Le survivalisme à l'état pur,
c'est la mort sociale, et donc la mort physique.



C'est bien d'avoir des réserves dans la cave, mais il faut aussi
travailler à rétablir la situation au point de vue général. Etre isolé,
cela ouvre la voie à l'esclavage.

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Re: [Livre] Le paradoxe de Robinson (Kraveunn's chronicles)

Message par transhuman le Mar 30 Oct 2007 - 8:19

Bonjour,

Juste un petit mot sur les nanos :

Depuis la révolution industrielle nos "progrès" technologique consiste largement à trouver comment assembler ensemble des matériaux différents.
L'exemple typique étant la voiture ou le verre, l'acier, le caoutchouc etc cohabitent.

Parallèlement à celà l'ampleur de nos connaissances en chimie et en biologie a totalement explosé ces dernieres décennies.

Les nanotechnologies, parce qu'elles essaient de manipuler les élements de la matière, et non la matière elle meme, constituent une chance inouie de pouvoir relier ces branches de notre connaissance.
Amha si notre civilisation veut survivre un minimum les nanos représente l'un des atouts à notre disposition.

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"J'arrêterais de faire de la politique le jour où ceux qui font de la politique arrêteront de faire les guignols....."
Coluche

P'tain dire que c'etait il y a 30 ans et que rien n'a changé en mieux depuis ....

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Re: [Livre] Le paradoxe de Robinson (Kraveunn's chronicles)

Message par Invité le Dim 4 Nov 2007 - 0:37

source
*Krav, les nouvelles concernant le sujet pleuvent littéralement, sur les médias du Monde entier.
Ca parle Peak Oil et Planéte...tiens tiens!!

Citation:
Auteur Michel Tarnier
Une vie invivable
Le plus affligeant n'est pas de constater l'érosion de l’inestimable capital naturel que nous avions reçu en legs, mais d'en diagnostiquer le caractère imparable du processus écocidaire.

Les préjudices sont déjà palpables puisque la Terre n’est pas rechargeable et que les ressources se tarissent. L’essentiel des ressources terrestres nous a désormais été crédité. Il ne sera guère possible de vivre débiteur de la Terre et toute assurance-survie confine à l’utopie. Ce qui angoisse tout autant les éco- que les égoconscients, tous prochainement conviés à une existence qui tiendra plus du parcours du combattant que du nirvana.

Les plus optimistes, ou ceux qui ont tout intérêt à se montrer ainsi, prédisent que le pic pétrolier surviendrait vers 2030. D’autres avancent la date de 2010. C’est la croissance économique de l’Inde et de la Chine qui incite à avancer une date si proche. Ce pic pétrolier est une analogie à la règle du pic de Hubbert relatif à l’exploitation de toute ressource primaire. Il désigne le maximum de production prévisible, après quoi l’exploitation ne fera que décroître et les prix n’auront de cesse d’augmenter. Nos infrastructures et nos modes de vie ne sont nullement préparés pour l’après pic pétrolier, toutes les solutions alternatives restent anecdotiques. Il conviendrait, pour faire face, d’un si grand réajustement notre comportement qu’il est totalement utopique. La production agricole s’effondrera en raison de la pénurie d’engrais dépendant de la pétrochimie, les transports seront aux prises de coûts exorbitants, l’essentiel de nos modes de vie sera hypothéqué. Bien avant 2050 !

Inutile donc de montrer patte blanche, le mal est fait. Les actuelles gesticulations, quand elles ne sont pas pure mauvaise foi, ne concourent qu’à faire amende honorable en gérant un incontournable déclin.

Nous ne changerons plus notre morale de gouvernance, il est d’ailleurs bien tard. Le prêt à penser de nos religions monothéistes et nos mauvais choix de société ont eu raison de la Terre nourricière.

Continuons donc à baptiser le matin, et dans l’épectase la plus cocardière, un lancement d’Airbus chaque fois plus générateur de dommages collatéraux pour la biosphère (une tonne est la quantité de CO2 émise par chacun des passagers d’un aller-retour Paris-New York en Airbus 380), et à déclamer sur l’effet de serre dans un symposium faux-semblant du soir. Ce n’est ici qu’un simple et prosaïque exemple de la schizophrénie médiatisée devenue monnaie courante.

L’oligarchie se rie de nos inquiétudes et nos « camarades prospères » se croient malins, avec leurs signes extérieurs de confort et leurs quelques longueurs d’avances bancaires. Blindé par les sbires d’un service d’ordre de mieux en mieux récompensé, le pouvoir occidental se saignera encore de quelques compassions face aux foules d’évacués des contrées rendues exsangues et qui viendront naïvement frapper à la porte de notre Titanic. Pour toute réponse à leur désespoir (« Je préfère mourir en Europe que de vivre en Afrique », nous n’aurons d’autre alternative que de les refouler, avec quelques envolées diplomatiquement correctes. Ce seront bientôt les dernières, l’Occident re-sortira alors ses armes contre l’accostage clandestin des pirogues, mais cette fois, ce ne sera pas pour coloniser et christianiser.

Ce qui est pris n’est plus à prendre. Le mal est fait et tout pronostic d’avenir ne vise qu’à gérer les préjudices.

La langue de bois et l'omerta ne sont même plus de mises si l'on veut gagner du temps, quelques siècles au plus. Navrés, nous n'avons plus le luxe de ménager les susceptibilités.

Le mal est fait, sombre est l’avenir.

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Re: [Livre] Le paradoxe de Robinson (Kraveunn's chronicles)

Message par KrAvEuNn le Lun 2 Fév 2009 - 17:29

Salut,

Le but de ce topic est de vous présenter des articles, vidéos, etc., ne rentrants pas en compte dans notre thématique directement, mais pouvant nous permettre de mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons et donc de mieux nous préparer et anticiper.
Beaucoup de ces liens seront d'ordre géopolitiques et seront triés en vertu de leur pertinence (enfin, de la pertinence que je leur trouve…puisque c‘est moi qui choisi : topic verrouillé oblige).
Les liens proposés ne représentent pas forcément ce que je pense, pas plus que je suis et serait en accord avec tout ce qui y est dit ou écrit ; le but est juste d’explorer des analyses et points de vue originaux et poussant à la réflexion.
Enfin, je tacherais, comme à mon habitude de donner, quand il y a lieu, l’orientation politique du support concerné et ne m’arrêterais à aucune limite de partis ou d’idées (enfin, dans la mesure des valeurs qui sont les notres : laïcité, respect des libertés et des personnes, etc. , bien sûr clind'oeil ).

Ces liens sont glanés au court de mes pérégrinations sur le Web et j’ai pensé vous en faire profiter ; toutefois, si ça vous embête, zappez ce topic clind'oeil

Je ne suis pas coupable des propos tenus dans ces vidéos et articles, juste responsable pour les avoir poster ici dévil
Trève de plaisanteries : ces liens sont parfois peu politiquement corrects (mais comme d'hab', je filtre tout ce qui peut être en désaccord avec la charte et évite tout caractère haineux, nozéabond, raciste, etc.) Le but est de faire réfléchir et non pas d'endoctriner dévil
De toute façon, comme d'hab' : remettez en cause ce que j'écris, vérifiez, revérifiez et ne tenez pas ce que je dits pour argent comptant clind'oeil Soyez autonomes et critiques (je sais que vous pouvez l'être moqueurlangue ).

Aujourd'hui, une comparaison entre union européenne et URSS (que j'ai jugé interessante) par Vladimir Boukovsky :

Vladimir Konstantinovitch Boukovsky ou Boukovski (en russe : Владимир Константинович Буковский), né le 30 décembre 1942, est un ancien dissident soviétique, qui a passé 12 ans de sa vie emprisonné (camp, prison, hôpital psychiatrique). Il est d'ailleurs le premier à dénoncer l'utilisation de l'emprisonnement psychiatrique contre les prisonniers politiques en Union soviétique. En 1976, il est échangé contre le dirigeant communiste chilien Luis Corvalán.
Il s'est installé au Royaume-Uni pour terminer sa carrière à l'Université de Cambridge.
Avec son compagnon de cellule de la prison de Vladimir, le psychiatre Semvon Glouzman, il co-écrit un Manuel de psychiatrie pour les dissidents, afin d'aider les autres dissidents à lutter contre les mauvais traitements infligés par les autorités soviétiques dans les hôpitaux psychiatriques.

Vidéo (4 minutes 30 environ) ici :
Union européenne : la nouvelle union soviétique ?

http://blog.monolecte.fr/post/2006/01/11/166-les-kapos-aussi-ont-fini-dans-les-chambres-a-gaz</A>

Les kapos aussi ont fini dans les chambres à gaz.

Ce qui fait tout le succés des systèmes totalitaires, c'est qu'il y toujours bien plus de gens convaincus de la nécessité de coopérer activement avec le tyran pour optimiser leurs chances de sauver leurs fesses que de résistants qui luttent contre l'inadmissible ou l'indicible.

</SPAN>
Citation:

On a eu beau glorifier la Résistance dans un méritoire effort de réconciliation nationale, la réalité historique nous enseigne que quand la botte du tyran vient éclater les arpions du bon peuple, il devient très urgent de ne rien faire (au mieux) ou de collaborer presto. Lutter, résister, c'est un peu l'exception et les Révolutions sont toujours l'oeuvre d'une poignée de bougons légèrement plus tenaces et teigneux que les autres. La majorité préfère cultiver son jardin, faire le dos rond en attendant que l'orage passe au-dessus de sa petite tête et surtout, ne se pose pas de questions gênantes.
La constance de l'inutilité de ce genre d'attitude n'y change rien.
Je me souviens encore des cadres winwin des années 80, bouffés par l'idée de la frime et du fric à gogo, qui faisaient preuve de tant de pédagogie pour expliquer aux ch'tites n'ouvriers[1] renfrognés que leur licenciement participait directement à la marche glorieuse du progrès et à la bonne santé de l'entreprise et qu'il fallait être de sacrés égoîstes sans coeur pour faire la gueule pour si peu.
Je me souviens des DRH pontifiants qui expliquaient avec des trémolos dans la voix la cruelle nécessité des restructurations d'effectifs à ceux qui avaient donné le meilleur d'eux-mêmes pour la prospérité de tous, pensaient-ils, les naïfs, mais en fait de certains seulement, certains dont ils ne faisaient naturellement pas partie.
Je me souviens des donneurs de leçons de tous poils qui ont fustigé la masse ignare du peuple boudeur, celui-là même qui refuse les bienfaits de la globalisation de la concurrence entre les hommes et les femmes de l'ensemble de la planète, mise en concurrence saine mais dont les prescripteurs, curieusement, prennent toujours grand soin de se mettre à l'abri.
Je me souviens aussi du regard froid de certains agents de l'ANPE,

Le cerveau à tous les niveaux

LA DYNAMIQUE DES GROUPES SOCIAUX


La rareté de certaines ressources concentrées (et donc défendables) favorise l'émergence de compétition agressive entre les individus d'une société. S'ensuit l'établissement d'une hiérarchie de dominance qui institutionnalise, si l'on peut dire, ces relations conflictuelles.
La principale conséquence de l'établissement d'un ordre de dominance est que chaque individu cherche évidemment à s'élever dans la hiérarchie pour avoir un meilleur accès aux ressources.
Le tableau suivant montre que l'établissement d'une hiérarchie de dominance issue de la compétition agressive est à l'origine du jeu des alliance et de mécanismes réducteurs de tension comme le toilettage chez les primates (ou son équivalent chez l'humain, le bavardage) ou la réconciliation après un conflit.La suite sur le lien...
Depuis quelques temps je parcours avec assiduité le blog de Sharon Astyk, qui tient un blog là : Lien

En gros elle est mariée, 34 ans, 4 enfants, et est en charge de l'activité ferme/potagère de l'équivalent d'une AMAP près de New York. La notion de pic pétrolier a un énorme impact sur sa vie.

J'aime beaucoup son style, et elle a pas mal de bons arguments. Du coup, j'ai décidé de traduire quelques uns de ses posts, à l'origine pour aider ma femme à progresser dans sa réflexion sur le sujet (et ça marche, yeepee ) Une fois le boulot fait, je me suis dit que sur Oléocène ça pourrait intéresser certains.

Le premier post : « Al Gore appelle tout le monde à une profusion d’austérité – et pourquoi êtes vous concerné »
Lien).
Citation:
Mais d’une manière plus importante, le pic pétrolier signifie que la plupart d’entre nous se raconte des blagues lorsque nous imaginons que nous pourrons avoir une transition douce et plaisante qui consiste pour une large part à acheter des éco-produits sympas, et à conduire notre voiture électrique super cool. La plupart d’entre nous va devenir bien plus pauvre, et probablement assez vite – certainement pendant la prochaine décennie. Dans les meilleurs scénarios, corriger le Changement Climatique nous coûte probablement plus que 2% du PIB et nécessite ce que James Hansen appelle des mesures « draconiennes ». Ca va nous faire mal à tous. Mails les scénarios les pires pour le Changement Climatique à lui tout seul parlent de 20% du PIB – un niveau de dommage économique qu’on n’a jamais vu jusqu’ici. Et le pic pétrolier rend tout ça plus rapide, et plus dur.

Pour le quidam moyen, qui va probablement perdre son métier, voir les coûts de biens basiques comme l’alimentation, l’énergie et les vêtements augmenter d’une manière spectaculaire, le futur consistera à faire du mieux qu’il peut avec ce qu’il a. Et c’est là que s’engager tout de suite dans le plan de réduction des 90%, ou quelque chose de très proche, vous aidera à vivre la transition sans heurt. Parce que selon toutes les chances le moment n’est pas si loin où certains d’entre nous le vivrons difficilement. Le pic pétrolier et le Changement Climatique toucheront chacun d’entre nous à des moments différents – le jour où il nous frappe est celui où nous perdons *notre* métier, ou le jour où cela n’a plus de sens du tout d’aller travailler, parce que le prix de l’essence est trop haut. Le jour où nous devons choisir entre traiter une infection et acheter des chaussures pour les enfants. Le jour où le thermostat baisse petit à petit. Le jour où votre maison est saisie, ou celui où vous réalisez qu’il faut vendre, même à perte. Le jour où le seul choix est d’utiliser ce que vous avez déjà, et espérer en conserver le maximum.

Cela peut être difficile pour ceux qui n’ont pas eu d’expérience de la vrai pauvreté d’imaginer que cela pourrait leur arriver. Parfois je pense que la raison pour laquelle tant de gens restent bloqués sur les scénarios du genre Mad-Max est que c’est parce qu’ils sont, par certains cotés, moins effrayants (et que cela nous apprend-t-il sur nous ?) que la réalité simple de la misère écrasante – la misère humaine ordinaire dont ont été exempté pendant si longtemps ceux qui vivent dans le monde riche.

Vivre de manière plus proche d’un paysan Chinois que d’un consommateur Américain vous donne de la pratique pour cette réalité. Cela vous permet d’arriver à comprendre ce que vous avez besoin de changer et à vous préparer tant que vous en avez encore les ressources. Il vaut mieux acheter une cuisinière à bois maintenant, parce que dans deux ans, si il y en a encore de disponible, vous n’aurez peut être pas l’argent. Il vaut mieux apprendre maintenant à faire la lessive sans énergie, à faire pousser un potager, à faire 10 miles en vélo pour aller au travail – parce que si vous faites tout ça seulement quand il le faut vraiment, vous serez submergés. Introduire un changement à la fois, utiliser ce que vous avez déjà, avec du soutient et de l’aide est bien moins désagréable qu’au moment de la prise de conscience soudaine et horrible que l’ancienne manière de vivre n’existe plus et ne reviendra jamais. Et il y a de l’art à cela, et une qualité qui est excitante, engageante et amusante – vous créez de la beauté, si vous vous y prenez correctement. Il y a là de la grâce, même lorsque nous en avons le moins l’intention. Peut être de la Grâce avec une lettre capitale, si vous croyez à ce genre de choses. Ou au moins un peu de miséricorde.

Si joindre la Profusion d’Austérité vous intéresse, l’information est ici : Lien

Sharon in upstate NY



Source : Lien
Auteur : Sharon Astyk


Criminels âgés et attaques chimiques : les scénarios de la police pour 2025 (source "le monde" - journal de gauche)


L'armée américaine étudie les répercussions géostratégiques du réchauffement climatique

LE MONDE | 03.04.07 | 16h07 • Mis à jour le 03.04.07 | 21h37
CHAPEL HILL (Etats-Unis) ENVOYÉ SPÉCIAL
lors que le Groupe d'experts international sur l'évolution du climat (GIEC) est réuni jusqu'au 6 avril à Bruxelles pour mettre la touche finale à son rapport sur les conséquences du réchauffement climatique, ce dernier n'est plus la seule affaire des scientifiques : il intéresse aussi les militaires, et notamment les militaires américains. Le réchauffement de la planète devient, en effet, une composante essentielle de la sécurité des Etats-Unis et devrait avoir des effets majeurs sur l'évolution de la géostratégie dans les prochaines décennies. "Nous devrons glisser de la guerre contre le terrorisme vers le nouveau concept de sécurité soutenable", résume John Ackerman, de l'Air Command and Staff College de l'US Air Force. Il intervenait lors d'un colloque organisé les 30 et 31 mars par le Triangle Institute for Security Studies (TISS), à Chapel Hill (Caroline du Nord), pour explorer les nouveaux défis stratégiques issus du changement climatique.

Premier constat, la nécessité de prendre en compte de nouveaux facteurs de déstabilisation : sécheresses affectant un nombre croissant de pays, épidémies ou extensions de maladies tropicales (paludisme, choléra, schistosomiase), crises de l'eau, événements météorologiques extrêmes. Ces phénomènes devraient se multiplier et appeler des interventions militaires, notamment en cas de crises humanitaires. Plusieurs participants ont aussi souligné qu'il fallait envisager, au moins à titre d'hypothèse, des changements abrupts du climat.
Plus précisément, a été évoquée la manière dont le réchauffement pourrait susciter des changements régionaux. La rareté croissante de l'eau dans le sous-continent indien pourrait affecter sa stabilité - l'Inde cherchant à s'assurer les ressources hydriques contrôlées ou utilisées par ses voisins. Idem en Asie centrale ou au Moyen-Orient. L'ouverture de l'océan Arctique libéré de la banquise crée une route maritime nouvelle, donc un enjeu stratégique. L'Afrique, qui détient beaucoup de réserves pétrolières, sera aussi affectée par le changement climatique. Or, remarque Robin Dorff, du groupe de réflexion Creative Associates, ces phénomènes se produisent alors que "le principal problème stratégique des Etats-Unis au début du XXIe siècle est la faiblesse et le manque de légitimité et de gouvernance de beaucoup d'Etats".
De plus, les Etats-Unis devront faire face à des migrations massives. En effet, a souligné Nazli Choucri, du Massachusetts Institute of Technology, "le changement climatique imposera une charge disproportionnée sur les pauvres, et renforcera les clivages sociaux et la marginalisation".

DANGER COMMUN

Tout n'est pas sombre car le changement climatique pourrait apaiser certaines tensions, en poussant à une coopération face au danger commun : "Qu'on fasse de l'Inde et de la Chine des amis plutôt que des menaces dépendra de ce qu'on fera sur l'énergie et sur l'environnement", a indiqué un général requérant l'anonymat.
Comment l'US Army peut-elle se préparer face à ces défis ? A court terme, elle doit envisager trois changements, a résumé Thomas Morehouse, de l'Institute for Defense Analysis : "Se préparer à beaucoup plus d'opérations humanitaires et de maintien de la paix ; adapter les infrastructures côtières ; élaborer une structure énergétique plus efficace." Ce dernier point n'est pas anecdotique : l'armée américaine est le premier consommateur mondial d'énergie, qui lui coûte près de 11 milliards de dollars par an. Cela handicape sa souplesse : "Sur le terrain de bataille, 70 % du tonnage apporté est du carburant."
Les enjeux sont si importants qu'il faut imaginer un nouveau cadre stratégique. C'est ce que proposera, dans les prochains jours, un rapport du Center for Naval Analysis, une institution indépendante créée en 1942 aux marges de l'Armée et animé par des officiers à la retraite : "Le changement climatique est une réalité et le pays comme l'armée doivent s'y préparer", indique un de ses auteurs, requérant l'anonymat. Cela n'est-il pas en contradiction avec la politique actuelle de l'administration Bush ? "L'armée n'est pas au service d'une administration particulière, répond-il, mais au service du pays."
Hervé Kempf
Citation:
Le réchauffement climatique menace la sécurité nationale

Agence France-Presse

Washington

Le réchauffement planétaire constitue une sérieuse menace pour la sécurité nationale des États-Unis en risquant d'avoir un impact sur les opérations militaires et d'accroître les tensions mondiales, selon un rapport de hauts militaires retraités rendu public lundi.

Ce document intitulé «La sécurité nationale et la menace du changement climatique» explore les projections de réchauffement en tant que facteur amplificateur des risques dans des régions du monde déjà fragiles où il exacerbera les conditions qui favorisent l'éclosion de l'extrêmisme et du terrorisme.

Le rapport publié par CNA Corp., un groupe privé de recherche à but non lucratif, reconnaît que le réchauffement de la planète pourrait provoquer une plus grande fréquence de tempêtes très violentes, davantage de sécheresses et d'inondations, une fonte accélérée des glaciers suivie d'une montée du niveau des océans ainsi que la propagation de maladies. Ce sont les projections avancées par le Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) qui vient de publier une série de rapport très alarmants.

Alors que ces conséquences climatiques sont généralement vues comme des défis environnementaux, ces anciens hauts responsables militaires se sont penchés sur l'aspect sécurité nationale et ont identifié plusieurs facteurs importants de risques.

Ils ont cité de possibles migrations de masse accompagnées de montée des tensions aux frontières, une demande accrue d'opérations de secours et d'évacuation ansi que des conflits pour l'accès aux ressources essentielles comme l'eau et la nourriture.

De tels scénarios pourraient conduire à des engagements directs des forces militaires américaines, a conclu ce groupe de généraux et d'amiraux à la retraite.

«Le changement climatique pourrait créer des conditions qui prolongeraient la guerre contre le terrorisme», relève l'amiral retraité Joseph Lopez, ancien commandant en chef des forces navales américaines en Europe.

«La montée des eaux océaniques, les sécheresses, les tempêtes violentes, la ruine des économies nationales deviendront de plus en plus fréquentes avec le changement climatique en cours (...) des conditions que les terroristes chercheront à exploiter», ajoute-t-il.

Une réduction des émissions carbonique comme le CO2, le principal gaz à effet de serre atmosphérique, est une nécessité pour répondre à ce défi, selon ces militaires.

«Il y a une relation entre les émissions de gaz carboniques et notre sécurité nationale», insiste le général retraité et ex-chef d'État major de l'Armée, Gordon Sullivan, qui préside ce groupe.

«Nous allons payer économiquement d'une façon ou d'une autre à court terme pour réduire ces gaz (...) ou, dans le cas contraire, nous le paierons plus tard militairement avec des coûts en vie humaines», estime le général des Marines retraité Anthony Zinni, ex-commandant des forces américaines au Proche Orient.

Le rapport est accessible à SecurityAndClimate.CNA.org
[url=http://www.cyberpresse.ca/article/20070417/CPSCIENCES/704160777/5527/CPSCIENCES]http://www.cyberpresse.ca/article/20070417/CPSCIENCES/704160777/5527/CPSCIENCES[/url]

Citation:
Citation:
Le réchauffement climatique créera le chaos et la guerre
16 avril 2007Onze amiraux et généraux américains ont rédigé un rapport sur les menaces et les conflits qui naitront du réchauffement climatique. Instabilité accrue, génocides, guerres pour l’eau, flots de réfugiés forment un tableau plutôt sombre du futur.


La Sécurité Nationale et la menace du changement climatique, tel est le titre du rapport préparé pour la CNA Corporation par onze anciens hauts-gradés de l’armée et de la marine US. L’étude menée par ces militaires indiquent à quel point le réchauffement pourraît entrainer de très graves désordres et conflits, si les prévisions du GIEC prennent corps.

Les principales conclusions du rapport énumèrent :

Une menace sérieuse sur la sécurité des USA.
L’augmentation de l’instabilité dans les régions qui en souffrent déjà aujourd’hui.
L’accroissement des tensions dans les régions réputées stables.

Les auteurs prévoient que dans les prochaines décennies le réchauffement pourrait déclencher des conflits autour des ressources en eau, provoquer des épidémies et contraindre des millions de personnes à fuir des zones devenues inhospitalières ou menacées par l’élévation du niveau de la mer.

Ils s’inquiètent aussi d’une situation de chaos qui sémerait la violence et pourrait conduire à des guerres, au déclenchement de génocides ou au terrorisme.

« Les changements climatiques exarceberont les tensions dans les zones déjà instables » déclare l’ancien chef d’etat major Gordon Sullivan.

Les auteurs du document recommandent que les USA s’attachent à combattre le réchauffement du climat avant qu’il ne provoque une détérioration de la sécurité et de la stabilité mondiale.

Le général Anthony Zini affirme qu’il n’est « pas difficile d’établir un lien entre le changement climatique et l’instabilité ou le terrorisme ».

« Nous devrons payer le prix d’une façon ou d’une autre » déclare-t-il. « Nous paierons pour réduire les émissions de gaz à effet de serre aujourd’hui, et nous en subirons le contrecoup économique. Ou nous en paierons le prix plus tard en termes militaires. Et cela concernera des vies humaines. Cela aura un prix humain ».

Terry Root, l’un des rédacteurs du rapport du GIEC, rappelle que les prévisions sur le réchauffement devraient nous laisser une trentaine d’années pour agir. Mais il est tout de même pessimiste : « Nous aurons des guerres pour l’eau »" prévient-il, « Il n’y aura tout simplement pas assez d’eau pour satisfaire les besoins humains et ceux des cultures ».


--------------------------------------------------------------------------------
Sur le net
L’étude de CNA Corporation
News 24

[url=http://contreinfo.info/article.php3?id_article=836]http://contreinfo.info/article.php3?id_article=836[/url]

Vers un retour du charbon vapeur pour la production d’énergie

L'armée américaine étudie les répercussions géostratégiques du réchauffement climatique

LE MONDE | 03.04.07 | 16h07 • Mis à jour le 03.04.07 | 21h37
CHAPEL HILL (Etats-Unis) ENVOYÉ SPÉCIAL
lors que le Groupe d'experts international sur l'évolution du climat (GIEC) est réuni jusqu'au 6 avril à Bruxelles pour mettre la touche finale à son rapport sur les conséquences du réchauffement climatique, ce dernier n'est plus la seule affaire des scientifiques : il intéresse aussi les militaires, et notamment les militaires américains. Le réchauffement de la planète devient, en effet, une composante essentielle de la sécurité des Etats-Unis et devrait avoir des effets majeurs sur l'évolution de la géostratégie dans les prochaines décennies. "Nous devrons glisser de la guerre contre le terrorisme vers le nouveau concept de sécurité soutenable", résume John Ackerman, de l'Air Command and Staff College de l'US Air Force. Il intervenait lors d'un colloque organisé les 30 et 31 mars par le Triangle Institute for Security Studies (TISS), à Chapel Hill (Caroline du Nord), pour explorer les nouveaux défis stratégiques issus du changement climatique.

Premier constat, la nécessité de prendre en compte de nouveaux facteurs de déstabilisation : sécheresses affectant un nombre croissant de pays, épidémies ou extensions de maladies tropicales (paludisme, choléra, schistosomiase), crises de l'eau, événements météorologiques extrêmes. Ces phénomènes devraient se multiplier et appeler des interventions militaires, notamment en cas de crises humanitaires. Plusieurs participants ont aussi souligné qu'il fallait envisager, au moins à titre d'hypothèse, des changements abrupts du climat.
Plus précisément, a été évoquée la manière dont le réchauffement pourrait susciter des changements régionaux. La rareté croissante de l'eau dans le sous-continent indien pourrait affecter sa stabilité - l'Inde cherchant à s'assurer les ressources hydriques contrôlées ou utilisées par ses voisins. Idem en Asie centrale ou au Moyen-Orient. L'ouverture de l'océan Arctique libéré de la banquise crée une route maritime nouvelle, donc un enjeu stratégique. L'Afrique, qui détient beaucoup de réserves pétrolières, sera aussi affectée par le changement climatique. Or, remarque Robin Dorff, du groupe de réflexion Creative Associates, ces phénomènes se produisent alors que "le principal problème stratégique des Etats-Unis au début du XXIe siècle est la faiblesse et le manque de légitimité et de gouvernance de beaucoup d'Etats".
De plus, les Etats-Unis devront faire face à des migrations massives. En effet, a souligné Nazli Choucri, du Massachusetts Institute of Technology, "le changement climatique imposera une charge disproportionnée sur les pauvres, et renforcera les clivages sociaux et la marginalisation".

DANGER COMMUN

Tout n'est pas sombre car le changement climatique pourrait apaiser certaines tensions, en poussant à une coopération face au danger commun : "Qu'on fasse de l'Inde et de la Chine des amis plutôt que des menaces dépendra de ce qu'on fera sur l'énergie et sur l'environnement", a indiqué un général requérant l'anonymat.
Comment l'US Army peut-elle se préparer face à ces défis ? A court terme, elle doit envisager trois changements, a résumé Thomas Morehouse, de l'Institute for Defense Analysis : "Se préparer à beaucoup plus d'opérations humanitaires et de maintien de la paix ; adapter les infrastructures côtières ; élaborer une structure énergétique plus efficace." Ce dernier point n'est pas anecdotique : l'armée américaine est le premier consommateur mondial d'énergie, qui lui coûte près de 11 milliards de dollars par an. Cela handicape sa souplesse : "Sur le terrain de bataille, 70 % du tonnage apporté est du carburant."
Les enjeux sont si importants qu'il faut imaginer un nouveau cadre stratégique. C'est ce que proposera, dans les prochains jours, un rapport du Center for Naval Analysis, une institution indépendante créée en 1942 aux marges de l'Armée et animé par des officiers à la retraite : "Le changement climatique est une réalité et le pays comme l'armée doivent s'y préparer", indique un de ses auteurs, requérant l'anonymat. Cela n'est-il pas en contradiction avec la politique actuelle de l'administration Bush ? "L'armée n'est pas au service d'une administration particulière, répond-il, mais au service du pays."
Hervé Kempf
Citation:
Le réchauffement climatique menace la sécurité nationale

Agence France-Presse

Washington

Le réchauffement planétaire constitue une sérieuse menace pour la sécurité nationale des États-Unis en risquant d'avoir un impact sur les opérations militaires et d'accroître les tensions mondiales, selon un rapport de hauts militaires retraités rendu public lundi.

Ce document intitulé «La sécurité nationale et la menace du changement climatique» explore les projections de réchauffement en tant que facteur amplificateur des risques dans des régions du monde déjà fragiles où il exacerbera les conditions qui favorisent l'éclosion de l'extrêmisme et du terrorisme.

Le rapport publié par CNA Corp., un groupe privé de recherche à but non lucratif, reconnaît que le réchauffement de la planète pourrait provoquer une plus grande fréquence de tempêtes très violentes, davantage de sécheresses et d'inondations, une fonte accélérée des glaciers suivie d'une montée du niveau des océans ainsi que la propagation de maladies. Ce sont les projections avancées par le Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) qui vient de publier une série de rapport très alarmants.

Alors que ces conséquences climatiques sont généralement vues comme des défis environnementaux, ces anciens hauts responsables militaires se sont penchés sur l'aspect sécurité nationale et ont identifié plusieurs facteurs importants de risques.

Ils ont cité de possibles migrations de masse accompagnées de montée des tensions aux frontières, une demande accrue d'opérations de secours et d'évacuation ansi que des conflits pour l'accès aux ressources essentielles comme l'eau et la nourriture.

De tels scénarios pourraient conduire à des engagements directs des forces militaires américaines, a conclu ce groupe de généraux et d'amiraux à la retraite.

«Le changement climatique pourrait créer des conditions qui prolongeraient la guerre contre le terrorisme», relève l'amiral retraité Joseph Lopez, ancien commandant en chef des forces navales américaines en Europe.

«La montée des eaux océaniques, les sécheresses, les tempêtes violentes, la ruine des économies nationales deviendront de plus en plus fréquentes avec le changement climatique en cours (...) des conditions que les terroristes chercheront à exploiter», ajoute-t-il.

Une réduction des émissions carbonique comme le CO2, le principal gaz à effet de serre atmosphérique, est une nécessité pour répondre à ce défi, selon ces militaires.

«Il y a une relation entre les émissions de gaz carboniques et notre sécurité nationale», insiste le général retraité et ex-chef d'État major de l'Armée, Gordon Sullivan, qui préside ce groupe.

«Nous allons payer économiquement d'une façon ou d'une autre à court terme pour réduire ces gaz (...) ou, dans le cas contraire, nous le paierons plus tard militairement avec des coûts en vie humaines», estime le général des Marines retraité Anthony Zinni, ex-commandant des forces américaines au Proche Orient.

Le rapport est accessible à SecurityAndClimate.CNA.org
http://www.cyberpresse.ca/article/20070417/CPSCIENCES/704160777/5527/CPSCIENCES
Citation:
Citation:
Le réchauffement climatique créera le chaos et la guerre
16 avril 2007Onze amiraux et généraux américains ont rédigé un rapport sur les menaces et les conflits qui naitront du réchauffement climatique. Instabilité accrue, génocides, guerres pour l’eau, flots de réfugiés forment un tableau plutôt sombre du futur.


La Sécurité Nationale et la menace du changement climatique, tel est le titre du rapport préparé pour la CNA Corporation par onze anciens hauts-gradés de l’armée et de la marine US. L’étude menée par ces militaires indiquent à quel point le réchauffement pourraît entrainer de très graves désordres et conflits, si les prévisions du GIEC prennent corps.

Les principales conclusions du rapport énumèrent :

Une menace sérieuse sur la sécurité des USA.
L’augmentation de l’instabilité dans les régions qui en souffrent déjà aujourd’hui.
L’accroissement des tensions dans les régions réputées stables.

Les auteurs prévoient que dans les prochaines décennies le réchauffement pourrait déclencher des conflits autour des ressources en eau, provoquer des épidémies et contraindre des millions de personnes à fuir des zones devenues inhospitalières ou menacées par l’élévation du niveau de la mer.

Ils s’inquiètent aussi d’une situation de chaos qui sémerait la violence et pourrait conduire à des guerres, au déclenchement de génocides ou au terrorisme.

« Les changements climatiques exarceberont les tensions dans les zones déjà instables » déclare l’ancien chef d’etat major Gordon Sullivan.

Les auteurs du document recommandent que les USA s’attachent à combattre le réchauffement du climat avant qu’il ne provoque une détérioration de la sécurité et de la stabilité mondiale.

Le général Anthony Zini affirme qu’il n’est « pas difficile d’établir un lien entre le changement climatique et l’instabilité ou le terrorisme ».

« Nous devrons payer le prix d’une façon ou d’une autre » déclare-t-il. « Nous paierons pour réduire les émissions de gaz à effet de serre aujourd’hui, et nous en subirons le contrecoup économique. Ou nous en paierons le prix plus tard en termes militaires. Et cela concernera des vies humaines. Cela aura un prix humain ».

Terry Root, l’un des rédacteurs du rapport du GIEC, rappelle que les prévisions sur le réchauffement devraient nous laisser une trentaine d’années pour agir. Mais il est tout de même pessimiste : « Nous aurons des guerres pour l’eau »" prévient-il, « Il n’y aura tout simplement pas assez d’eau pour satisfaire les besoins humains et ceux des cultures ».


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Sur le net
L’étude de CNA Corporation
News 24

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=836
Vers un retour du charbon vapeur pour la production d’énergie

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