Epuisement des sols

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Re: Epuisement des sols

Message par KrAvEuNn le Mer 21 Nov 2007 - 3:21

http://pmo.erreur404.org/ClaudeBourguignon.htm

Les sols sont en train de mourir litéralement de la surresploitation agricole ; Claude Bourguignon : 10% des sols sont pollués par des métaux lourds. 60% sont frappés d'érosion. 90% ont une activité biologique trop faible et en particulier un taux de champignons trop bas. Idem dans le monde. De plus le phénomène de fatigue des sols (chute de rendements) se fait sentir en maraîchage et en culture betteravière.

La Terre manque de bras pour être cultivée avec le soin qu'elle demande mais hélas les hommes ne veulent plus la travailler car être paysan est devenu dégradant. La destruction des sols agricoles est le problème majeur auquel l'humanité va être confrontée au siècle prochain. Il faut arrêter l'érosion des sols cultivés. L'urgence de l'urgence c'est la vie des sols.

http://www.lesechos.fr/info/agro/4650321.htm?xtor=RSS-2011





La désertification s'empare des sols fertiles




La surexploitation agricole sur le point de stériliser les terres cultivables. Près de 10 millions d'hectares de désert sont produits chaque année par l'homme.


Plus de 200.000 km2, une superficie équivalente à celle du Royaume-Uni, s'érodent chaque année dans le monde.
Ces cent dernières années, un milliard d'hectares de terres fertiles ont été dégradés sous l'effet de l'activité humaine. Autant que depuis les débuts des civilisations agricoles. « A ce rythme, nous manquerons sans doute de blé avant de manquer de pétrole », craint le microbiologiste Claude Bourguignon. Depuis la création de son laboratoire d'analyse des sols en 1989, le chercheur a examiné la composition physique, chimique et organique de plusieurs milliers de terres cultivées sur la planète. Et son constat est alarmiste : non seulement le désert et l'érosion gagnent, mais partout les équilibres s'effondrent, l'activité biologique recule et les sols meurent. « Nous sommes en train de détruire notre base de vie. »
Le bilan de la dégradation des sols dressé par l'International Soil Reference and Information Centre (Isric), basé aux Pays-Bas, le confirme : plus de 200.000 km2, une superficie équivalente à celle du Royaume-Uni, s'érodent chaque année dans le monde.
En un demi-siècle, note l'institut, le surpâturage et la déforestation conjugués auraient appauvri 12,8 millions de km2 de sols en les privant notamment de la matière organique que lui apportait le couvert végétal et en supprimant les obstacles à l'érosion. En outre, la mauvaise gestion agricole aurait endommagé 5,5 millions de km2 et la collecte de bois de feu 1,4 million.
Les villes, enfin, et l'industrie se sont étendues au détriment de plusieurs centaines de milliers de km2 de bons sols. « Rien qu'aux Etats-Unis, 30.000 km2 de terres agricoles ont été perdues entre 1967 et 1975 du fait de l'urbanisation, de la construction de routes et de l'exploitation minière », note l'organisme. L'avenir apparaît plus sombre encore : l'intensité de l'érosion augmente d'une tonne à l'hectare par an, et ce sont 2,5 millions de km2 de terres fertiles qui pourraient devenir improductives d'ici à 2050. « La famine sera telle qu'elle pourrait bien réguler l'espèce humaine », pronostique Claude Bourguignon.
Epiderme fragile


L'épiderme de la planète, épais de 30 cm en moyenne, est un formidable réacteur biologique qui abrite d'intenses échanges biologiques et physico-chimiques. Il filtre l'eau et sert d'habitat pour près de 80 % de la biomasse, accueillant jusqu'à un milliard de microbes par gramme et plus de 2.500 espèces connues de vers de terre. « C'est le milieu le plus riche de notre environnement », explique le chercheur. C'est aussi l'un des plus fragiles, constitué au terme d'un processus d'altération et de dégradation lente de la roche.
Un lichen s'y installe, des insectes viennent le manger et déposent des débris de toutes sortes et des déjections. Une graminée peut y prendre racine. Elle attaque la surface de la roche, fabrique de la matière organique qui va s'y mélanger et se décomposer. Au fil des saisons, une plaque de terre se constitue. Si elle n'est pas lessivée ou soufflée, elle atteint péniblement un centimètre d'épaisseur entre 50 et 2.000 ans de ce processus, selon sa localisation. « C'est un système sensible et une ressource difficilement renouvelable. » Il se dégrade quand l'érosion entraîne plus de terre et de matière vers les rivières ou les mers que ce que la nature produit. Les sols s'épuisent aussi lorsque leurs propriétés n'ont pas la possibilité de se régénérer naturellement ou grâce à des apports externes, de fumier par exemple.
Selon l'Isric, l'érosion par l'eau est de loin le principal facteur de dégradation des sols. Elle concerne environ 11 millions de km2, suivie par l'érosion éolienne (5,5 millions de km2) et l'action des produits chimiques (2,4 millions de km2). Les sols touchés par la pollution ne couvriraient « que » 220.000 km2, dont près de 90 % en Europe. « Les pratiques agricoles sont les principales responsables de ces ravages », accuse le microbiologiste.
Les pesticides ne sont pas seuls en cause. « Le processus est d'abord mécanique : selon où elle est puisée, l'eau d'irrigation chargée de sel stérilise les sols qu'elle arrose. Par exemple à cause de la salinité élevée de l'Indus, le Pakistan est le pays qui perd actuellement le plus de terres agricoles », illustre Claude Bourguignon. Il souligne aussi la gravité des phénomènes de tassement des sols causés notamment par les labours, qui modifient l'activité biologique de la terre et la circulation de l'eau. « En retournant profondément le sol, les labours perturbent la vie souterraine et les échanges biochimiques : les gaz carboniques s'échappent du sol, la matière organique qui s'en nourrit se réduit, la faune disparaît et avec elle l'ascenseur qui brasse les nutriments et minéraux (calcium, magnésium, fer...) qui lient les sols. L'humus est balayé par les eaux, l'argile se met en mouvement et la terre devient une simple boue gluante. »
Processus très rapide


Le processus peut être extrêmement rapide. Au Brésil, par exemple, la dégradation des sols a pris moins de quatre siècles avec une érosion qui a été multipliée par quatre ces cinquante dernières années et des pertes atteignant aujourd'hui 3 milliards de tonnes de terres par an, selon les estimations les plus pessimistes. Les engrais n'y changent rien : épuisées, les terres perdent leur productivité. A l'échelle mondiale, les rendements ont augmenté de 3 % entre 1950 et 1984, de 1 % la décennie suivante, et stagnent ou se réduisent depuis.
Le processus n'est peut-être pas irréversible. « Il faut réapprendre à cultiver la terre sans l'éroder. Cela n'a jamais été fait à grande échelle, mais ce pourrait être le challenge du 3e millénaire », pense Claude Bourguignon. Il faudra pour cela une révolution touchant les quatre piliers de l'agronomie : le travail du sol, l'usage des pesticides, des engrais et la génétique. Pêle-mêle, le microbiologiste préconise par exemple l'usage de semis directs favorisant les plantations en surface, la réhabilitation des haies, l'amendement des sols dégradés avec des légumineuses de couverture pour relancer l'activité biologique, ou encore l'adjonction de bois fragmenté comme compost organique.
Une cinquantaine de domaines vignerons parmi lesquels des caves de prestige ont déjà fait appel au traitement de choc du laboratoire de Claude Bourguignon pour revitaliser des sols, parfois usés jusqu'à la corde. On est loin du compte : l'humanité cultive aujourd'hui 1,750 milliard d'hectares pour 6 milliards d'habitants (3.000 m2 par habitant en moyenne). Or, à mesure que les sols s'amenuisent, la population mondiale augmente de 90 millions d'individus chaque année.
PAUL MOLGA






Dernière édition par KrAvEuNn le Mer 21 Jan 2009 - 18:18, édité 1 fois

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Re: Epuisement des sols

Message par ipphy le Sam 26 Jan 2008 - 19:56

J'ai regardé les vidéos de C. Bourguignon avec le plus grand intérêt!

C'est un combat inégal contre les lobby agricoles, j'espère de tout cœur qu'on le gagnera!

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Re: Epuisement des sols

Message par ipphy le Mer 30 Jan 2008 - 10:05


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Re: Epuisement des sols

Message par jeanfrancoism le Mer 30 Jan 2008 - 12:45

et bien on est mal barré ! j'ai deja vu une video de claude B
et les techniques qu'il propose sont vraiment sympa
j'ai bien aimé le passage ou il parlais de la densité en vers de terre dans le sol

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Re: Epuisement des sols

Message par albertspetz le Mar 21 Avr 2015 - 9:55

Un petit résumé de 4mn

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Re: Epuisement des sols

Message par albertspetz le Jeu 21 Avr 2016 - 9:49

« Ça meurt, puis les gens attendent » : d’où vient cette vidéo increvable ?
D’où vient-elle  ? Pourquoi a-t-elle autant de succès  ? Rue89 inaugure avec cette vidéo «  Pourquoi ça tourne  ?  », une petite série consacrée à tous ces posts increvables, que vous voyez réapparaître tous les six mois.
Extraits :

Il dit : « On ne mettait pas un pesticide en 1950 sur les blés en Europe. »
« Aujourd’hui, c’est au moins trois ou quatre, sinon le blé est pourri avant d’arriver dans le silo. Ça se voit pas, comme on a balancé des produits on se dit “tiens le blé il est bien”. Sauf que comme on met trop d’azote il tombe, donc on met des hormones pour raccourcir les tiges, c’est pour ça que les blés sont bien plus bas qu’avant. Ces hormones font avorter les arbres qu’il y a autour, ça fait disparaître toute la flore autour, c’est un monde complètement strange. »
Il n’en rajoute pas  : avant 1950, des traitements à base de soufre, de plomb et de sulfate de cuivre étaient connus et utilisés depuis bien longtemps. Mais c’est effectivement la mise au point d’armes chimiques pendant la Seconde Guerre mondiale qui a conduit à la création de nombreux herbicides et fongicides. Depuis, leur consommation n’a cessé d’augmenter en Europe.
.../...
Il dit : « On est en train de tuer tout ce qui est à la source de la vie. »
« C’est quand même les microbes qui nourrissent nos plantes, qui font que nos plantes sont saines, qu’elles sont nutritives pour nous. »
Il n’en rajoute pas  :  il a le même discours que la plupart des défenseurs de l’agrobiologie. Le labour et l’utilisation de produits chimiques ont tendance à éliminer les nombreuses plantes et insectes «  auxiliaires de l’agriculteur  ».
.../...
En revanche, son inquiétude semble légitime. Dans le monde, un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un tiers des amphibiens et 70 % de toutes les plantes sont en péril. Par ailleurs, le rythme actuel d’extinction des espèces dans le monde est au minimum 50 à 100 fois supérieur au taux moyen d’extinction depuis l’apparition de la vie sur Terre. Un rythme qui risque de mener à des conséquences en cascade encore inconnues.

Source : http://rue89.nouvelobs.com/2016/04/19/ca-meurt-puis-les-gens-attendent-dou-vient-cette-video-increvable-263804

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