Expérience Katrina

Page 2 sur 3 Précédent  1, 2, 3  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Re: Expérience Katrina

Message par para le Mer 2 Sep 2009 - 19:07

@Rammstein: merci pour le lien. je l'ai lu en anglais et ce témoignage est tres interressant pour toute les infos concretes et en situation réelle.

@Barnabé: merci pour le boulot monstrueux de traduction et surtout sa qualité.

Il y a 3 détails qui m'ont particulierement marqués:
-II-1: Le choix du trajet d'évacuation, qui est aussi important que sa réserve d'essence (rouler au pas consomme de l'essence...). Encore plus maintenant que tout les gens ont des GPS embarqués, utilisant souvent les meme base de données, on peut vite se retrouver bloqués meme en choississant un itinéraire de "délestage". Il faut vraiment utiliser sa tete et bien préparer le trajet.

-La brutalité, le manque d'efficacité et d'intelligence des secours: évacuations contre leur grés des survivants meme bien équipés, effraction des maisons, rassemblement à l'arrache comme on rassemblerait des bestiaux, confiscations arbitraire...

-Les conséquences à long terme et l'effet domino plusieurs mois apres la fin de de l'ouragant, (services publique, assurance, banques fermées, économie, etc...) et les survivants qui se débrouillent sans réelle perspective de retour à la normale...

Ce que je retiens c'est que dans une situation aussi grave, il faut mieux partir vite (=véhicule maniable=moto) et loin (changer de département/d'état) que de rester dans la zone sinistrée.
Car les conséquences et la durée post-catastrophe sont bien pires que la catastrophe elle meme.

para
Membre

Masculin Nombre de messages : 82
Date d'inscription : 16/08/2009

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Expérience Katrina

Message par Wasicun le Jeu 3 Sep 2009 - 2:26

La ppale. leçon c'est que seul il est difficile de s'en sortir ... il faut être entouré et BIEN entouré !

Wasicun
Membre Premium

Masculin Nombre de messages : 1678
Age : 44
Localisation : Ost Front (definitiv)
Emploi : Nihiliste (für immer)
Loisirs : Boit Sans Soif (und ewig)
Date d'inscription : 23/02/2007

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Expérience Katrina

Message par grosminet le Jeu 3 Sep 2009 - 19:40

para a écrit:Ce que je retiens c'est que dans une situation aussi grave, il faut mieux partir vite (=véhicule maniable=moto) et loin (changer de département/d'état) que de rester dans la zone sinistrée.
Car les conséquences et la durée post-catastrophe sont bien pires que la catastrophe elle meme.
je partage ton avis sur le fait que les conséquences peuvent être plus graves ou pénibles que la cata elle-même.
Mais je suis très dubitatif sur la destination de fuite. Loin, ok, c'est pour ne pas subir les conséquences, mais pourquoi à l'étranger ? Cela crée, à mon avis, des difficultés si l'on souhaite y demeurer longtemps (logement, accès à son service bancaire français, travail, etc)

grosminet
Membre Premium

Masculin Nombre de messages : 2305
Date d'inscription : 14/04/2009

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Expérience Katrina

Message par para le Ven 4 Sep 2009 - 20:54

Qui parle de partir à l'étranger? Je parle de changer de département ou d'état simplement, oui bien sure cela veux dire changer de logement et de travail (de toute facon apres Katrina l'économie régionale à du etre paralysée plusieurs mois)

para
Membre

Masculin Nombre de messages : 82
Date d'inscription : 16/08/2009

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Expérience Katrina

Message par Barnabé le Ven 4 Sep 2009 - 23:17

Troisième message

Au cours de la journée d'aujourd'hui, j'ai reçu des infos de plusieurs de nos correspondants de terrain qui étaient dans les zones endommagées par l'ouragan de mercredi à dimanche, et j'ai aussi recueilli quelques retours d'après-action de mes contacts dans la Police d'Etat de Louisiane et, par leur biais, quelques retours de la Police d'Etat du Missippi. Cet e-mail résume les expériences et les leçons à retenir.

1. Les gens qui étaient préparés ont souvent été malmenés ou menacés par ceux qui ne l'étaient pas. Cela a été rapporté dans au moins sept incidents : cinq au Missippi, et deux en Louisiane (je suppose que le manque relatif d'incidents en Louisiane vient du fait que ceux qui avaient du bon sens ont quitté la zone avant que la tempête n'arrive). Dans chaque cas, la personne ou la famille concernée avait fait des préparatifs en vue d'un désastre, avec des provisisions, un abri, en bon ordre et prête à partir. Plusieurs d'entre eux avaient des groupes éléctrogènes prêts à démarrer. Néanmoins, leurs voisins, qui n'étaient pas préparés, ont tous débarqué après la catastrophe, cherchant à obtenir de leur part de la nourriture, de l'eau et un abri. Quand les familles préparées ont refusé, pour la raison qu'ils avaient très peu des provisions nécessaires et seulement pour leur propre usage, il y a eu beaucoup d'incidents d'agression, de tentatives d'attaques, et de vol de leurs fournitures. Certains ont du utiliser leurs armes pour repousser les attaques et, dans certains cas, des coups de feu ont été tirés. D'après ce que j'ai compris, dans deux incidents, les attaquants-candidats-voleurs ont été atteint par les coups de feu. Ce qui est aussi rapporté, c'est que les familles préparées font maintenant face à des menaces de représailles de leurs voisins, qui considèrent leur refus de partager comme un acte égoïste ou d'agression, et qui menacent de se venger. D'après ces infos, leur situation est si tendue que la plupart des familles préparées prévoient de déménager, pour redémarrer à zéro, avec de nouveaux voisins.

Des incidents similaires ont été rapportés par des familles qui ont évacué à temps, préparés à passer plusieurs jours en autonomie. Quand ils se sont arrêtés pour manger un pic-nic à une aire de repos ou à quelque endroit isolé au bord de la route, ils ont été abordés de façon plutôt aggressive par des personnes cherchant de la nourriture, du carburant, ou d'autres provisions essentielles. Parfois, ils ont dû être plutôt agressifs, en retour, pour décourager ces requêtes insistantes. Deux familles ont rapporté des tentatives de vol de leurs possessions (et dans un cas, de leur véhicule) pendant leur bivouac nocturne au cours de leur itinéraire d'évacuation. Les deux ont institué des patrouilles armées, avec un ou plusieurs membres de leur famille qui patrouillaient pendant que les autres dormaient, pour prévenir ce risque. Cela me semble un bon argument pour constituer une "équipe d'évacuation" avec des personnes de votre coin, qui ont une mentalité similaire, qui sont consciente des questions de sécurité, afin de pouvoir se fournir une sécurité et un soutien mutuels.

Mon avis sur ce sujet, c'est que je peux comprendre que ces familles ne voulaient pas partager le peu qu'elles avaient, particulièrement parce qu'elles ne savaient pas quand est-ce qu'on allait pouvoir s'approvisionner à nouveau. Néanmoins, cela renforce l'argument que j'ai émis dans mes "leçons apprises" dans mon message précédent de la semaine dernière, comme quoi vous avez besoin de bien plus de réserves que ce que vous aviez pensé initialement ! Si ces familles avaient eu des réserves supplémentaires de nourriture et d'eau en réserve, et avaient caché leurs réserves principales dans un endroit hors de la vue, ils auraient pu distribuer un peu d'aide à leurs voisins et préserver ainsi les bonnes relations de voisinage. De même, un groupe électrogène, dans de telles circonstances, est une invitation bruyante (et brillante, si il alimente vos ampoules) qui déclare "cette maison a des provisions - venez et prenez-les". Je suppose que les lampes à pétrole, bougies, et lampes à piles sont une option plus sécurisée (par rapport aux voisins) si on est entouré de survivants.

2. Quand l'aide arrive, vous risquez de la recevoir que vous le vouliez ou non. Il y a de nombreux témoignages de comportements agressifs et extrêmes des secouristes qui sont arrivés les premiers sur les zones désastrées. Peut-être que la meilleure façon de les décrire est "Je suis ici pour vous secourir - Je suis en mission - Faites ce que je dis - Si vous ne le faites pas je vais devoir ouvrir le feu". Il semble que les fonctionnaires d'Etat de grade intermédiaire et que le personnel de la Croix Rouge (pour ces derniers, sans le "je vais devoir ouvrir le feu", bien sûr) ont très souvent généré des plaintes. Dans un cas, une famille qui s'était préparée et avait très bien survécu jusque là a reçu l'ordre (pas l'invitation) de monter à l'arrière d'un camion, avec seulement leurs vêtements sur le dos. Quand ils ont essayé d'argumenter, ils ont été menacés. Ils avaient des animaux de compagnie, et ils voulaient savoir ce qui allait leur arriver s'ils partaient, et d'après ce qu'ils rapportent, un homme en uniforme (je ne sais pas de quel service) a commencé à viser les animaux avec son fusil en disant "je vais résoudre ce problème". Le chef de famille a alors pointé son propre pistolet sur l'homme en uniforme en lui expliquant, en mots d'une syllabe environ, ce qui allait lui arrivait s'il faisait feu. Tout le groupe de "secouristes" est alors parti, en promettant de graves conséquences pour cette famille (y compris revenir après qu'ils aient évacué et incendier la maison). Cette famille a réussi à contacter une patrouille de la police de l'Etat et à rapporter cet incident, et elle a désormais décidé que, quelle que soit la pression qu'on lui applique, elle n'évacuerait pas. Ils ont mis en place une "navette", c'est à dire que tous les quelques jours, deux d'entre eux vont au nord de l'Etat pour récupérer des provisions pour le reste de la famille, qui défend entre temps la propriété familiale.

Un autre aspect de ce problème, c'est que les familles autonomes et capables de veiller sur elles-même étaient souvent considérées quasiment avec suspicion par les sauveteurs. Ces derniers semblent penser que si vous avez traversé le désastre mieux que vos voisins, la seule explication, c'est que vous avez volé ce dont vous aviez besoin, ou en tout cas, que vous aviez obtenu un avantage indû par rapport aux "victimes ordinaires" de votre voisinage. J'ai bien du mal à expliquer ce comportement, mais je crois que cela mérite qu'on le garde en tête.

3. Il semble y avoir un effet psychologique cumulatif sur les survivants. Cela est clair même - voire plus particulièrement - sur ceux qui étaient préparés à une catastrophe. Pendant un désastre, et juste après, ces gens donnaient le meilleur d'eux-même, s'occupant des dégâts, organisant des hébergements de secours, la lumière, des sources de nourriture, etc. Néanmoins, après quelques jours dans la chaleur et les débris (le pire semblant être l'odeur des corps en composition à proximité), la plupart ont constaté que leur capacité à être positif et à organiser avait été poussée à la limite. Il y a de nombreux témoignages comme quoi des personnes sont devues déprimées, moroses ou refermées sur elles-mêmes. Cela est arrivé même aux plus fortes personnalités. L'arrivée des secours fournit un coup de boost temporaire mais, une fois évacués, une sorte de "syndrôme post-traumatique" semble être l'expérience communément vécue. Je n'en sais pas assez pour commenter davantage, mais je suppose que rester sur place a beaucoup à voir dans ce problème - ce n'est pas difficile de continuer à bouger, de mettre en évidence ses besoins de survivants et de prendre un groupe en charge ; mais on est aussi entouré par les souvenirs vibrants d'une dévastation. En restant dans les ruines de sa vie d'avant, on peut bien être exposé à un grand risque de troubles psychologiques.

4. Il y a une frustration très répandue au sujet du manque de communication et d'empathie chez les secouristes et les autorités locales et d'Etat. C'est partiellement dû au manque d'électricité qui a empêché de suivre les évenements au fur et à mesure de leur déroulement, mais c'est aussi dû à une politique quasiment délibérée de non-communication de la part des secouristes. Il y a de nombreux rapports de gens évacués qui voulaient simplement savoir où allait le bus ou l'avion dans lequel ils étaient sur le point d'embarquer, et qui s'entendaient répondre " nous ne savons pas" ou "vers un lieu meilleur qu'ici". Certains se sont retrouvés à plusieurs états de chez eux. Certaines familles ont vu leurs membres arbitrairement séparés au moment du sauvetage ou de l'évacuation, et sont encore éparpillées sur deux ou trois états différents. Leurs efforts pour savoir où sont les autres membres de la famille se révèlent très difficiles et quand ils demandent à être réunis à un lieu commun, tous ceux avec qui j'ai été en contact rapportent un refus pur et simple de la part de la Croix Rouge et des fonctionnaires de l'Etat, en tout cas pour le moment et à ce stade de la catastrophe. Ils sont informés que cela sera "examiné" à une date future et non précisée, et qu'ils devront peut-être payer les coûts nécessaires s'ils veulent se rejoindre. Dire cela, à des familles en détresse et sinistrées ! Je suis très en colère contre cet état de fait, mais c'est un problème tellement répandu que je ne sais pas ce que l'on peut faire à ce propos. J'éspère que dans le futur, des moyens seront mis en oeuvre pour éviter que cela ne se reproduise. La leçon à retenir : ne jamais, JAMAIS accepter que votre famille soit séparée, même si cela implique d'attendre un secours et une évacuation plus tardifs. Insistez sur ce point quel qu'en soit le prix !

5. Attendez-vous à ce que les secouristes (y compris les forces de l'ordre) mettent en oeuvre une autorité clairement contraire à la constitution en cas de catastrophe. C'est mentionné par beaucoup de personnes, et c'est très troublant. J'entends de nombreux témoignages, émanant de plusieurs états, me disant que lorsques les réfugiés arrivent dans les centres d'hébergement, eux-mêmes et leurs bien sont fouillés sans la présence d'une personne constitutionnellement détentrice de l'autorité, et que toutes les possessions potentiellement suspectes (y compris les armes à feu, les traitements médicaux etc.) sont confisquées sans recours. Je peux comprendre le point de vue des autorités qui organisent ces centres, mais ils agissent illégalement, et je suppose qu'il y aura des procès en réaction à cette pratique. Une autre pratique couramment rapportée dans les territoires sinistrés, c'est que les gens reçoivent l'ordre d'évacuer, sans respect pour leurs besoins et pour leurs souhaits, même pour les gens bien préparés et qui ont survécu sans dommage. S'ils refusent, ils sont souvent menacés et trompés dans l'objectif de leur faire abandonner leurs maisons, leurs animaux domestiques, etc. La leçon à retenir : dans une situation de désastre, ne vous attendez pas au respect de la loi et de la constitution. Si vous pouvez vous en sortir par vous-même, faites-le, sans confier votre vie et votre destin à des organisations de secours peu sympathiques et qui peuvent outrepasser leurs fonctions.

6. Ne croyez pas que les secouristes sont tous des chevaliers en brillante armure qui vont respecter votre propriété. Il y a eu de nombreux témoignages de secouristres qui s'appropriaient des objets qui leur plaisaient, dans les maisons qu'ils visitaient. Parfois, c'était flagrant, en pleine vue des personnes présentes, et si on protestait, la réponse était soit mençante, soit "bah, vu l'ampleur des dégâts, ça ne manquera à personne, n'est-ce pas ?". Certains de nos agents de terrain rapportent que cela est arrivé juste devant leurs yeux. Un autre aspect, ce sont les dommages causés aux bâtiments par les secouristes. On m'a signalé qu'ils cassaient la porte d'entrée ou une fenêtre, au lieu d'essayer d'entrer avec le moins de dommages possibles ; qu'ils étaient monté avec des chaussures à semelles cloutées sur une jolie table cirée pour accéder à la trappe d'un grenier afin de vérifier l'absence de réfugiés, etc. Quand ils quittaient la maison, la porte était souvent laissée ouverte, une quasi-invitation aux pillards, plutôt que de la refermer ou de la verrouiller. Quand les familles retourneront à la maison, elles ne sauront pas qui a causé ces dégâts, mais elles seront certainement en colère de les constater. Je pense que quand on évacue une maison, c'est une bonne idée de laisser un mot bien en évidence signalant que tous les résidents ont été évacués, de façon à informer les secouristes que la maison est vide. D'un autre côté, cela risque de faciliter la tâche des pillards, donc ce que vous gagnez d'un côté, vous le perdez de l'autre !


Dernière édition par Barnabé le Ven 27 Nov 2009 - 22:44, édité 4 fois

Barnabé
Membre Premium

Masculin Nombre de messages : 5288
Localisation : Massif Central
Date d'inscription : 28/04/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Expérience Katrina

Message par mado le Sam 5 Sep 2009 - 13:31

Encore merci pour ta dernière "livraison", Barnabé.
C'est étonnant, mais intéressant le fait que si on est préparé, ça éveille la suspicion, que ça semble indiquer qu'on a volé ou autre...

________________________________________________________
Il est un temps—court--pour tomber,
et un temps--très long--pour se relever.
.


BOB de Mado

mado
Modérateur

Féminin Nombre de messages : 1405
Age : 62
Localisation : Aquitaine - France
Emploi : Retraitée
Date d'inscription : 10/08/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Expérience Katrina

Message par petit scarabée le Dim 6 Sep 2009 - 16:18

tout cela est vraiment intéressant et me renforce dans un certain nombre d'idées d'une prép légère : quand on a rien on ne perd pas grand-chose et on n'éveille pas l'intérêt autour de soi. donc éviter le gros billisme à tout prix, les solutions de rempla technologiques (source électriques alternatives importante par exemple) ainsi que.
savoir constituer un réseau d'entraide et l'entretenir. et beaucoup d'autre chose à mettre en place...

petit scarabée
Membre

Masculin Nombre de messages : 53
Age : 41
Localisation : sud, vraiment au sud!
Emploi : épuisant !!
Loisirs : terrariophilie, armes japonaises
Date d'inscription : 26/05/2009

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Expérience Katrina

Message par seth le Dim 6 Sep 2009 - 17:15

merci barnabé pour la traduc cheers

seth

________________________________________________________
"Le propre de l'intelligence, c'est de pouvoir poursuivre deux raisonnements à la fois : comprendre que les choses sont désespérées et vouloir les changer quand même" Antoine de Saint-Exupéry -Ordo Ab Chao-

seth
Membre Premium

Masculin Nombre de messages : 494
Localisation : somewhere over the rainbow
Emploi : soins et urgences
Date d'inscription : 03/07/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Expérience Katrina

Message par grosminet le Lun 7 Sep 2009 - 20:27

para a écrit:Qui parle de partir à l'étranger? Je parle de changer de département ou d'état simplement, oui bien sure cela veux dire changer de logement et de travail (de toute facon apres Katrina l'économie régionale à du etre paralysée plusieurs mois)

ah, oui, car moi j'avais compris "changer d'état" = changer de pays

grosminet
Membre Premium

Masculin Nombre de messages : 2305
Date d'inscription : 14/04/2009

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Expérience Katrina

Message par Raffa le Jeu 10 Sep 2009 - 16:25

Katrina, quatre ans plus tard … - Des bassines et du zèle.

Les nouvelles ne sont pas bonnes. Des milliers de sans-abri galèrent encore à la Nouvelle-Orléans après que le cyclone Katrina a dévasté les quartiers les plus pauvres et jeté ses habitants sur les routes. Les autorités sont incapables de gérer la situation. Sans moyens financiers, les sans-abri squattent les logements dévastés par la tempête et qui n'ont toujours pas été remis en état. Et ils sont obligés de se terrer pour ne pas se faire prendre par la police.
Triste. Inconcevable. Ignoble.
Mais c'est l'air du temps, s'pas?
La vie dans les pays riches est bonne à vivre pour les nantis qui profitent du système capitaliste. Pour les autres, eh bien, c'est pile ou face. Si tu tombes sur face, tu ne te relèves plus.
Voici un article, "Four Years After Katrina, Thousands Are Homeless and Struggling In New Orleans", de Jordan Flaherty, posté le 28 août 2009, publié dans Alternet.



Traduction


Source

________________________________________________________
Pour explorer le champ des possibles, le bricolage est la méthode la plus efficace. H. Reeves
La connaissance s'acquiert par l'expérience, tout le reste n'est que de l'information. A. Einstein
Qui s'instruit sans agir laboure sans semer Proverbe africain
ressources

Raffa
Modérateur à temps partiel

Féminin Nombre de messages : 1853
Date d'inscription : 12/01/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Expérience Katrina

Message par logan le Jeu 10 Sep 2009 - 17:04

Ce soir à voir sur France 2 à 00.50, un documentaire nommé "Katrina : "survivre à l'ouragan"

"Une reconstitution méticuleuse du drame survenu à La Nouvelle-Orléans ainsi qu'une analyse de la gestion contestée de la catastrophe par l'administration Bush"

«C'était un Far West, un Far West West sauvage, sans shérif, sans lumière, avec de la drogue, du sexe», explique un des rescapés. Ce Far West est le Superdome où se sont réfugiés près de 30 000 habitants de La Nouvelle-Orléans, un stade dont le toit s'est envolé sous les rafales de l'ouragan Katrina. Le reste de la ville - construite sous le niveau de la mer - est sous l'eau, les digues qui la protégeaient ayant cédé. Près de 60 000 personnes sont prisonnières du dernier étage de leur maison."

logan
Animateur

Masculin Nombre de messages : 2428
Localisation : France
Emploi : Ingénieur IT
Date d'inscription : 17/03/2008

Voir le profil de l'utilisateur http://oldu.fr/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Expérience Katrina

Message par para le Ven 11 Sep 2009 - 17:52

thx pour l'info Logan

para
Membre

Masculin Nombre de messages : 82
Date d'inscription : 16/08/2009

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Expérience Katrina

Message par Barnabé le Mer 23 Sep 2009 - 0:47

Quatrième message

Ce message va être à propos de de sujet plus larges que seulement l'évacuation ou les situations dangereuses. En l'espace de ces deux dernières semaines, j'ai regardé attentivement tout le drame de l'évacuation et des secours qui se jouait, et j'ai été très actif dans ce domaine, apprenant tout ce qui pouvait servir pour plus tard. Il y a des sujets plus larges qui ne viennent pas à l'esprit au premier abord, mais qui ont un intérêt direct pour notre sécurité personnelle et pour la jouissance paisible de nos maisons. Certains d'entres eux ont été mentionnés dans mes messages précédents, mais ils méritent qu'on y revienne à la lumière des nombreux incidents dont j'ai entendu parler.

1. Si vous choisissez d'aider, vous risquez d'être aspiré dans un cauchemar bureaucratique et légal. Exemple : une église locale a décidé dès les premiers moments de la crise d'offrir son église [bâtiment] pour héberger les évacués. Les Officiels locaux et de l'Etat l'ont très vite rempli avec plus de 100 personnes. Il est apparu que les "capacités sociales" de ces personnes les rendaient difficiles à vivre. Les toilettes ont été bouchées, les sanitaires laissés dégueulasses, des graffitis étaient tracés ou gravés dans les murs, les disputes étaient fréquentes (aboutissant souvent à un concours de de cris, et parfois à de la violence physique), les évacués traînaient dans le voisinage (et ont engendré d'après ce qu'on me rapporte toutes sortes de petits vols, de vandalisme, etc.), les bénévoles de l'église étaient soumis à des demandes et des requêtes aggressives, etc. Les demandes auprès des autorités pour qu'elles assurent de meilleures conditions de sécurité, une assistance administrative, etc. sont apparemment tombées dans l'oreille d'un sourd. La crise était si répandue et si écrasante qu'un petit centre d'accueil comme celui-là semblait être très bas dans la liste des priorités. Après deux jours de ce régime, les plaintes des voisins devenant de plus en plus insistantes, l'église a informé les autorités qu'elles voulaient que les réfugiés soient évacués immédiatement. Ils se sont tout de suite retrouvés soumis à une bureaucratie à la main lourde, y compris des menaces de ne pas rembourser comme cela avait été précedemment promis, des menaces de procès pour avoir oser insinuer que les réfugiés avaient d'une certain façon une conduite d'une "basse classe de la société", et prétendument pour racisme, diffamation, et d'une façon générale pour une attitude politiquement incorrecte ; et des menaces de publicité négative, dans la mesure où les officiels ont menacé de publier un communiqué de presse dénonçant l'église pour "attitude élitiste et non-coopérative" en temps de crise. L'église a dans un premier temps plié sous la pression, et a autorisé les réfugiés à rester quelques jours de plus, mais la pression des voisins et de ses propres membres est devenue insupportable, et ils ont insisté pour les réfugiés soient évacués vers un refuge de la Croix-Rouge. On m'a informé que les réparations pour le bâtiment de l'église allaient coûter plus de 10 000 $ US. Ce n'est qu'une exemple parmi de nombreux autres que je peux citer, mais il prouve bien ce que je voulais dire : si vous proposez aux autorités vos installations, vous vous mettez vous-même, dans une certaine mesure, sous leur contrôle, et vous devenez susceptibles de subir les mauvais traitements d'une bureaucratie à la main lourde et insensible. Ceux d'entre vous qui sont dans la même situation que cette église (c'est à dire avec des installations que vous pourriez rendre disponibles) voudront peut-être en prendre bonne note.

2. Les problèmes de troubles de l'ordre public vont souvent être minimisés ou ignorés par les autorités. Dans beaucoup de villes hébergeant de personnes évacuées, on rapporte de façon privée une augmentation significative des crimes, causée par leur présence, mais vous vous rendrez compte que quasiment toutes les autorités de maintien de l'ordre dénient publiquement le problème ou le minimisent comme un "problème temporaire". Cela fait assurément bien d'afficher cela, mais cela ignore totalement le risque accru pour les résidents locaux. J'ai suivi les rapports de crimes dans une douzaines de villes, grâce à mes contacts dans les forces de polices locales et celles de l'Etat de Louisiane. Tous les officiers de police avec lesquels j'ai parlé, sans exception, me parlent d'une criminalité fortement augmentée, y compris des viols, des violences aux personnes, des cambriolages, des vols à l'étalage, du vandalisme, des activités de gangs, etc. Néanmoins, vous ne verrez pas ces informations dans les médias, et vous verrez souvent les officiers supérieurs le niant activement. Les officiers avec qui j'ai parlé sont en colère et amers à ce sujet, mais ils n'osent pas prendre la parole publiquement, car leur emploi serait directement menacé s'ils le faisaient. Ils me disent souvent qu'ils ont eu la consigne de ne pas signaler du tout certaines catégories d'incidents, afin de ne pas "déformer" ou "provoquer l'inflation" des statistiques "officielles" de la criminalité.

J'ai aussi eu des témoignages venant du Texas, de l'Alabama ou du Tennessee qu'on voit là-bas des voitures haut de gamme toutes neuves (des Cadillac, Lincoln, BMW, etc.) dont l'adresse du concessionnaire est en Nouvelle Orleans, qui traversent diverses villes. Leurs conducteurs sont décrits comme des "membres de gangs" (et d'autres termes plus crus). Néanmoins, il n'y a eu aucun signalement de véhicules volés à la Nouvelle Orléans, parce qu'il n'y a pas de travailleurs pour inventorier les parcs de véhicules des concessionnaires ni pour signaler le vol, et pas d'ordinateurs en état de marche pour entrer les numéros d'identification des véhicules dans le fichier fédéral des véhicules volés. Les policiers n'ont donc pas d'autre choix que de laisser ces véhicules continuer leur route. Tirez-en vos propres conclusions.

3. Vos fournitures et vos installations personnelles et/ou professionnelles peuvent être réquisitionnées sans avertissement, sans reçu ni compensation. J'ai eu de nombreux compte-rendus, dans la zone sinistrée et autour, émanant d'individus (tels que des propriétaires de bateaux, des agriculteurs possédant des granges, des tracteurs etc.) et de sociétés (telles que des entreprises avec de l'équipement lourd (engins de chantiers), des églises avec de grands bâtiments, etc.), qui ont trouvé un officiel sur le pas de leur porte, leur demandant l'usage de leurs installations ou de leur équipement. S'ils discutaient, on leur disait que c'était une "situation d'urgence" et que leur collaboration était requise, pas demandée. Certains d'entre eux ont perdu toute trace de leur équipement lourd "emprunté" de cette façon, ne savent pas où il est, s'il est toujours en bon état, quand (et si) il leur sera rendu - et pendant ce temps-là, ils ne peuvent plus continuer leur activité normale, privés de cet équipement. D'autres ont eu leur terrain et leurs bâtiments confisqués pour être utilisés par les équipes de secours, pour stocker des fournitures, etc. Dans certains cas, en l'absence des propriétaires, les biens des individus et des groupes concernés (par exemple les réserves d'essence et de gasoil de la ferme, les stocks de fournitures des garagistes ou des vendeurs de produits alimentaires, les bâches, etc.) ont été réquisitionnés et utilisés par les forces de l'ordre et les équipes de secours sans permission, reçu, dédommagement, etc. Les protestations ont été traitées avec des dénis, des menaces d'arrestation, des insinuations d'être "sans coeur" et "non coopératif", etc. La leçon à en retenir, c'est que si vous possédez ce dont les officiels ont besoin pendant la crise, vous pouvez oublier la protection de votre propriété que vous garantit la Constitution ! C'est sûr, vous pourrez faire un procès après coup, mais si vous avez besoin de vos biens et de vos installations pour votre propre survie, vous êtes, en fait, bien dans la merde. Ceux d'entre nous qui stockent des provisions et des équipements en prévision des crises potentielles de ce genre auront peut-être envie de les planquer pour éviter la confiscation, et si on vous avez besoin d'un équipement pour votre usage quotidien (les tracteurs pour les agriculteurs, les groupes électrogènes, etc.), vous aurez peut-être bien du mal à le garder en votre possession. Ce problème peut arriver aussi aux travailleurs humanitaires et secouristes. J'ai eu plusieurs témoignages relatant que des travailleurs humanitaires ou secouristes "privés" (par exemple envoyés par des églises) ont eu les véhicules et leurs fournitures réquisitionnés par les secouristes "officiels", sans compensation et sans reçu, et ont été chassés de la zone sinistrée avec l'ordre de ne pas revenir. Le fait que les secouristes "privés" étaient plutôt plus efficaces que les "officiels" n'entrait pas en ligne de compte.

4. Si vous avez l'air de savoir ce que vous faites, vous pouvez être une cible pour ceux qui sont moins préparés. Dans de très nombreux cas, les individus qui étaient plus ou moins préparés pour un désastre étaient des proies pour ceux qui n'étaient pas préparés. Les incidents allaient du vol de fournitures à la violence physique, en passant par des tentatives d'évacuer avec les personnes préparées sans y être invité. C'est vraiment effrayant d'entendre parler de tous ces incidents, et en particulier de l'attitude de ceux qui essaient de se comporter en prédateurs envers les personnes préparées, et qui semblent penser que que parce que vous avez pris des précautions pour vous protéger vous et votre famille, vous avez fait cela à leur détriment d'une certaine façon, et qu'ils se sentent donc le droit de vous prendre ce dont ils ont besoin. Il n'y a pas d'explication logique à cette attitude, si ce n'est qu'elle est peut-être développée par la dépendance aigue de beaucoup de ces gens envers l'Etat pour tout ce qui est assurance maladie, allocations chômage ou familiales, revenu minmum, etc. Parce qu'ils ont toujours été dépendants des autres, et qu'ils considèrent cela comme un "droit", dans une situation de survie, ils semblent penser qu'ils ont automatiquement droit à profiter de ce que vous avez ! Dans un cas, le chien de la famille a été pris en otage, avec un couteau sous la gorge, jusqu'à ce que la famille fournisse de l'argent et des provisions. A deux reprises, des familles ont été menacée qu'on viole leurs femmes si elles ne coopéraient pas avec les agresseurs. Dans quatre cas à ma connaissance, les enfants ont été pris en otage pour s'assurer de la coopération des adultes. Il y a eu aussi des crimes pendant l'évacuation. Des familles qui dormaient dans leur véhicule sur les aires d'autoroute étaient des cibles favorites, y compris siphoner l'essence dans leur réservoir, des agressions physiques, etc. Les leçons à en retirer sont évidentes. Une famille ne peut que très difficilement se protéger contre ces dangers.Il est préférable d'avoir formé une entente avec les voisins pour sécuriser l'ensemble du voisinnage, plutôt que la seule maison avec des équipements enviables dans un quartier plein de personnes moins préparées. Si vous êtes dans ce dernier cas, rester à votre domicile n'est peut-être pas une option sécurisée, et un plan d'évacuation peut s'avérer vital. Pendant l'évacuation, vous ne serez pas non plus à l'abri et vous devrez maintenir une vigilance constante.

5. Ceux qui pensaient qu'ils étaient à l'abri du désastre n'étaient souvent pas à l'abri des réfugiés. Il y a eu de nombreux cas rapportés de petites villes, de fermes etc. à la pérphérie de la zone sinistrée qui se sont retrouvées submergées de personnes cherchant du secours. Dans bien des cas, l'aide était exigée plutôt que demandée, et les vols, le pillage et le vandalisme ont été signalés. Donc, même si vous êtes à l'abri du désastre, vous n'êtes peut-être pas à l'abri de ses répercutions.

6. être capable de s'en sortir par soi-même semble vous rendre suspect aux yeux des autorités. J'ai déjà mentionné cela dans un des messages précédents, mais j'ai reçu de nombreux témoignages de ceux qui ont survécu sur place ou par l'évacuation, et cela mérite qu'on insiste un peu. Pour des raisons inconnues et incompréhensibles, les autorités de secours semblent regarder avec suspicion ceux qui avaient pris des dispositions pour leur propre sécurité et qui ont survécu sur place (ou qui ont évacué) sans dommage. Cela semble être une combinaison de "comment avez-vous pu faire face quand tant d'autres n'ont pas pu ?", "vous avez dû dépouiller autrui pour vous en être si bien sorti", et "nous sommes venus de loin pour vous aider, comment osez-vous ne pas avoir besoin de notre assistance ?". Je ne comprends pas pourquoi c'est comme ça... mais il y a eu suffisamment de témoignages pour prouver que c'est un problème répandu. Peut-être avez-vous une explication ?

7. Les renforts envoyés d'autres régions et états ne connaissent souvent pas les lois locales. C'est particulièrement un problème à propos des armes à feu. J'ai eu de nombreux retours comme quoi les policiers envoyés en renfort en Louisiane depuis des états tels que le New Jersey, la Californie, etc. essayaient de confisquer les armes à feu portées dans la rue (et autres actions du même type) alors qu'en fait ces citoyens avaient le droit de porter des armes, selon la loi locale. Il n'est pas possible de discuter avec ces policiers dans un tel état d'urgence, bien sûr, et le résultat, c'est que ces gens ont perdu leurs armes et qu'ils ne les ont toujours pas récupérées (et dans le chaos juste après la catastrophe, il est possible qu'ils ne les récupèrent jamais, car je ne crois pas que les procédures normales d'enregistrement et de consignation de ces armes aient été appliquées). J'ai été informé que finalement, on avait fait en sorte que les patrouilles de police contiennent au moins un policier local, pour qu'il puisse expliquer aux policiers venus en renfort ce qui est autorisé et ce qui ne l'est pas, localement. De plus, en Louisiane, la police a des manières différentes de celle de certains autres états, et les policiers d'autres états venus en renfort ont souvent été trouvés dominateurs et agressifs, utilisant une forme d'autorité qu'on ne rencontre pas par ici. Donc, si vous êtes dans une zone sinistrée, et que les secours et renforts viennent d'ailleurs, vous risquez de vous rendre compte qu'ils ne connaissent (et peut-être qu'ils ne cherchent pas à connaître) les lois locales et les usages locaux. Soyez prudent !

8. Les organisations de secours ont leurs propres nécessités bureaucratiques qui peuvent se trouver en conflit avec vos besoins. Un bon exemple est fourni par la Croix Rouge. Dans bien des cas, dans trois états différents, on m'a rapporté que les personnes qui avaient besoin d'aide se voyaient répondre qu'ils devaient s'enregistrer auprès d'un refuge ou d'une installation bien précise de la Croix Rouge. L'aide ne leur était pas apportée, c'était à eux d'aller la chercher. S'ils voulaient rester sur leur propriété, on leur refusait parfois l'aide, en leur disant que s'ils voulaient être aidés, il fallait qu"ils rejoignent un refuge. De plus, l'assistance n'était souvent fournie qu'aux gens qui étaient venus en personne. Si vous laissiez votre famille à la maison et que vous partiez pour chercher des rations de nourriture, on vous la refusait car il n'y avait pas de preuve que cette famille existe. Seuls les gens qui s'étaient déplacés et qui pouvaient être dénombrés physiquement par les secouristes recevaient de la nourriture. Pas besoin de préciser que cela a causé bien de la colère et du ressentiment.


Dernière édition par Barnabé le Ven 27 Nov 2009 - 22:43, édité 2 fois

Barnabé
Membre Premium

Masculin Nombre de messages : 5288
Localisation : Massif Central
Date d'inscription : 28/04/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Expérience Katrina

Message par Barnabé le Mer 23 Sep 2009 - 10:12

Bonjour,

bon je quitte enfin ma casquette de traducteur pour réagir à ces 4 messages relatifs à Katrina, et aux commentaires et additifs de Père Grenouille.

D'un côté, c'est sûr que c'est intéressant, on apprend des trucs auxquels on n'aurait pas pensé tout seul.

D'autre part, je suis quand même un peu effaré de l'idéologie sous-jacente. L'auteur, il a fait quoi exactement ? Il a hebergé sur son terrain 30 personnes pendant deux jours. Pas dans sa maison, sur son terrain puisque les gens étaient venus en caravanes ou en camping-car. On comprend que ça l'ait traumatisé s'il n'a jamais de visiteurs dans son bunker...

Et puis apparemment, ensuite, il a participé d'une façon ou d'une autre : "I've been watching closely as the whole evacuation and rescue drama has played out, and have been very active in the relief process, learning all I can for future reference".

La phrase est peu claire : on ne sait pas s'il a pris une part active aux opérations de secours (auquel cas on s'étonne qu'il ne chiffre pas le nombre d'heures qu'il y a passé, le nombre de personnes qu'il a aidées, et le montant de dollars qu'il a du mettre de se poche, ce qui serait cohérent avec sa façon de mesurer ses premières 48 h d'hospitalité). Ou bien est-ce qu'il a activement recueilli depuis chez lui les impressions et les témoignages de ses copains dans la police ? Qu'est-ce qu'il a vraiment fait, de ces deux expressions contradictoires contenues dans la même phrase "j'ai regardé de près" et "j'ai été très actif" ? De ces messages en tout cas, il se dégage l'impression que l'action portait exclusivement sur le recueil de témoignages et d'informations.

Il semble faire parfois des généralisations à partir de très peu de cas. Ses expressions tels que "on m'a rapporté plusieurs cas..." "dans au moins deux cas...", "dans au moins un cas..." semblent indiquer qu'il élabore des généralités à partir de peu de cas. Cela reste sans doute globalement valable, mais peut-être qu'il met en avant des phénomènes qu'un observateur impartial aurait trouvé minoritaires ou peu signficatifs, mais qui l'intéressent lui, compte tenu de son état d'esprit survivaliste.

Plus globalement, son approche, c'est qu'il ne faut faire confiance à personne : les réfugiés se comportent mal, commettent des larçins etc., et les secours sont intrusifs, donnent des ordres et réquisitionnent du matériel.

Il faut donc être prêt à se venir en aide tout seul. Sa maxime, c'est vraiment : "chacun pour soi et dieu pour tous". Et pourtant, il concède qu'il est difficile d'assurer sa sécurité à une seule famille ; l'idéal serait de "former une équipe" avec un voisinage de gens "avec les mêmes idées". Super, le quartier de survivalistes, hyper individualistes, armés jusqu'aux dents, ne faisant confiance à personne, mais formant une équipe quand même (ça s'appelle une milice, d'ailleurs).

A aucun moment, il ne semble prendre pleinement en considération que, si des bâtiments et des matériels ont été réquisitionnés "sans respecter le droit constitutionnel", si les secours donnent des directives fermes, si l'accueil des réfugiés amène un certain nombre d'inconvénients, il y a quand même un pendant : ça a sauvé des dizaines, des centaines ou des milliers de vies. On ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs. Le droit constitutionnel à la propriété indidividuelle a sans doute été bafoué, mais je dois avouer que, naïvement sans doute, dans mon système moral je place la préservation de la vie humaine au-dessus de la propriété matérielle.

Enfin, globalement, c'est très très américain. C'est pas le même pays, pas la même culture. Par exemple les gamins qui n'ont même pas de jouets, tellement ça a été remplacé par les DVD et les jeux videos. Et, évidemment, la place tenue par les armes. On a du mal à comprendre, de ce côté de l'Atlantique...

Par ailleurs, la liste des 100 objets les plus désirables en cas de catastrophe m'a fait halluciner. Sachant que c'était prévu pour passer le bug de l'an 2000, je n'ai que deux questions :

- à votre avis, si une personne a stocké tout cela en 1999, juste avant le bug de l'an 2000, en en achetant la plupart au prix courant car trop pressée par le temps pour chercher la récup et l'occasion (notez que presque toutes les lignes contiennent plusieurs objets, et que presque tous les objets sont au pluriel, car l'idée sous-jacente doit être qu'on pourra les troquer ou les revendre avec profit après la catastrophe, donc on est plutôt à plusieurs milliers d'objets qu'à 100) à votre avis donc, quel est le budget nécessaire ?

- à votre avis, 10 ans plus tard, chez cette personne qui a acheté tous ces items en plusieurs exemplaires, quelle est la proportion de ces fournitures qui ont commencé à s'abîmer ou sont devenus franchement inutilisables (denrées périssables, rouille, mites, souris, caoutchouc et matières plastiques qui deviennent cassants, etc.) ? Quelle proportion est bonne à jeter ? Ou bien, quelle proportion a dû être revendue à perte pour s'en débarasser avant que cela ne s'abîme ?

Plutôt que de discuter plus longtemps, je vais citer le post d'Andros sur les erreurs à ne pas faire :
Erreur n°4 : Les Américains savent s'y prendre

Le survivalisme étant un phénomène essentiellement anglo-saxon (eux qui vivent dans un semi tiers-monde, j'y reviendrais), l'essentiel des ressources qui existent proviennent des USA. Or c'est foncièrement inadapté à la situation de français :

a. D'abord, c'est un autre pays, avec une culture parfois très différente de la nôtre. C'est très important et pourtant cela n'apparaît jamais en tant que tel. Les étatsuniens sont notoirement surendettés et n'hésitent pas à s'endetter davantage, ils ont une perception raciale très différente de la nôtre (surout les blancs de la classe moyenne, qui sont quand même l'essentiel des survivalistes), et bon pour y avoir été , c'est sûr que les gangs là-bas, ca veut dire quelque chose.

De ce fait, le survivaliste US est souvent un mec enterré dans un bureau et qui rêve à un monde à la Mad Max où il serait enfin libre. Je caricature à peine.

b. les survivalistes américains sont très orientés "contre-culture" avec tout ce que cela implique comme kitsch (matériel ou mental) tendance droitière/paramilitaire toutefois. Le terme "survivalist" est souvent employé aux USA pour désigner des groupes nationalistes voire même séditieux.

c. Les survivalistes américains sont très orientés armes à feu. Un des "gourous" du survivalisme, Mel Tappan (marié à l'héritière des camions Mack) a écrit un bouquin très suivi aux USA, "Survival Guns", où l'on se rend compte qu'au final une famille doit avoir 40 armes à feu différentes chez elle. Mel Tappan est mort d'une occlusion intestinal parce qu'il s'était installé très loin des méchantes villes. Trop loin.
Dans un très grand nombre de sites "survivalistes" etatsunien, l'armement tient un rôle prédominant, qui est véritablement obsessionnel. C'est un point sur lequel il faut avoir une grande distance critique. Il est possible de perdre énormément d'argent sur ces questions (surtout si on suit les recommandations délirantes dans le choix des armes) sans qu'il ne serve jamais.

Barnabé
Membre Premium

Masculin Nombre de messages : 5288
Localisation : Massif Central
Date d'inscription : 28/04/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Expérience Katrina

Message par Barnabé le Mer 23 Sep 2009 - 12:51

J'éspère que ces "leçons à retenir" sont utiles pour vous. Je suis de plus en plus convaincu que dans le cas d'un désastre, je ne dois compter que sur moi-même, et quelques amis, et ne jamais compter sur l'aide du gouvernement et des organisations de secours. De plus, je suis déterminé à évacuer à une grande distance de la zone sinistrée, afin d'échapper aux complications post-catastrophe qui pourraient suivre. Une fois de plus (car il y a des exemples innombrables au cours de l'histoire), nous constatons que de compter sur les autres (et pire encore sur le Gouvernement) pour sa propre sécurité, cela conduit au moins à des inconvénients et, au pire, à un désastre.

----------------------------------------------------------------------------------------------------

Une courte mise à jour (du 25 avril 2006) en réponse à des questions que j'ai reçu pour savoir si mon ami a été remboursé de ses dépenses. Sa réponse :

"Non, certains chèques n'ont jamais pu être encaissés, mais ceux qui me les avaient remis m'ont envoyé de l'argent par d'autres moyens pour les remplacer. Au final, je n'y suis de ma poche que pour environ 500 dollars, mais comme je l'ai dit dans mes messages, cela ne me chagrine pas trop - je considère cela comme ma contribution personnelle à l'effort de secours aux réfugiés.

J'ai eu plusieurs conversation avec mes amis sur le fait de ne pas ramener d'autres personnes avec eux. L'un d'eux était d'accord avec moi et s'est excusé. L'autre trouvait que j'étais un peu coincé du cul et pas sympa. Je lui ai dit qu'il avait raison !

Non, je n'ai pas eu de propositions de m'envoyer de l'argent pour améliorer mes préparatifs, mais comme je ne l'espérais pas non plus, c'est OK."

--------------------------------------------------------------------------------

Quelques réflexions de Fr. Frog ["Père Grenouille", l'auteur du site http://www.frfrogspad.com/ sur lequel les messages précédents sont rassemblés]

(réflexions diverses de diverses sources)

Les réflexions suivantes m'ont été envoyées par George Bednekoff.

Toujours faire le plein de votre véhicule quand il arrive à mi-réservoir afin d'éviter de se faire surprendre sans carburant.

Familiarisez-vous avec plusieurs itinéraires pour sortir de votre ville sans utiliser les autoroutes et voies expresses principales, afin que vous connaissiez bien les itinéraires secondaires en cas d'évacuation.

Garder un stock de nourriture en conserves qui peuvent être mangées sans cuisson en cas de nécessité. Nous en gardons sous la main pour environ une semaine.

Stockez plus d'une dizaine de litres d'eau dans des bouteilles plastiques de jus de fruits de deux litres, comme blocs de glace dans le congélateur. Etre relativement préparé peut être quasiment gratuit. [NDT : à condition d'avoir un immense congélateur !]

--------------------------------------------------------------------------------

Les réflexions suivantes m'ont été envoyées par A. Aubin

Je pense que dans une situation de catastrophe où les autorités viennent vous voir, il peut être utile de se comporter comme si vous n'aviez pas de réserves et que vous êtes dans le besoin. Demandez de la nourriture, de l'eau etc. Ne refusez jamais l'eau ou la nourriture qu'on vous propose, et ne leur dites pas que vous avez des réserves. Ne proposez jamais de la nourriture tant que les moyens normaux d'alimentation ne sont pas rétablis. Vous devez vous comporter comme les autres pour ne pas vous faire remarquer, alors observez ce que font les autres dans votre voisinnage et faites comme si vous étiez dans le besoin.

--------------------------------------------------------------------------------

Cette liste a été compilée pour la première fois à l'adresse www.josephprep.com/Provisions/100_items.htm par Joseph Almond avant le bug de l'an 2000 et c'est probablement une bonne idée de considérer ces objets comme "objets extrêmement désirables" dans le cas d'une catastrophe quelle qu'elle soit. A modifier selon ce qui vous semble adapté à votre situation.

1. Groupes éléctrogènes
2. Filtres à eau et pilules purificatrices
3. Toilettes chimiques portables (les prix augmentent tous les deux mois)
4. Bois de chauffage bien sec
5. Lampe à pétrole, pétrole lampant, mèches (avant tout, acheter du pétrole lampant de bonne qualité. S'il devient rare, faites des stocks !)
6. Coleman fuel = pétrole lampant de marque Coleman [NDT : je ne vois pas bien la différence avec le pétrole lampant non-Coleman]
7. Armes à feu, munitions, sprays au poivre, couteaux, massues, battes, et lance-pierre
8. Ouvre-boîtes manuels et batteurs à oeufs manuels, fouets de cuisine
9. Miel, sirops, sucre blanc et roux
10. Riz, haricots, blé
11. Huile végétale (pour la cuisson)
12. Charbon de bois et essence à briquet
13. Des jerrycans et récipients pour l'eau (objets urgents à obtenir)
14. Mini-chauffage radiant à monter sur bouteille de propane (sinon vous ne pourrez pas chauffer une pièce avec votre propane)
15. Moulin à grains (non électrique)
16. Bouteilles de propane
17. Le guide de survie au bug de l'an 2000 de Michael Hyatt (le meilleur guide de survie au bug de l'an 2000, qui donne des conseils et trucs de qualité)
18. Manchons de rechange pour lampes à gaz ou à pétrole (sans cela vous aurez du mal à vous éclairer, à long terme)
19. Affaires pour les bébés : couches, produits, pommades, aspirine, etc.
20. Planche à laver, seau de ménage avec essoreuse (pour faire la lessive)
21. Réchauds (à propane, à pétrole lampant et à kérosène)
22. Vitamines (vital)
23. Truc pour attrapper les poignées de bouteilles de propane [NDT : "Propane Cylinder Handle-Holder" ; ne me demandez pas ce que c'est]
24. Produits d'hygiène féminine, de soin des cheveux et du corps
25. Sous-vêtements thermiques (haut et bas)
26. Scie à bûche, haches et hachettes et coins (et aussi, huile à aiguiser pour pierre à huile)
27. Papier alu, en épaisseur normale et en épaisseur forte (super pour cuisiner et aussi pour troquer)
28. Jerrycan à carburant (en plastique ou en métal)
29. Sacs poubelle (il est impossible d'en avoir trop)
30. Papier toilette, mouchoirs en papier, serviettes en papier
31. Lait - en poudre et en concentré (remuer le liquide tous les 3 à 4 mois)
32. Graines pour le jardin (non-hybrides) (indispensable)
33. Pinces à linge et corde à linge (indispensable)
34. Kit de réparation de pompe Coleman
35. Thon en boîte (à l'huile)
36. Extincteurs (ou de grosses boîtes de bicarbonate de soude dans chaque pièce...)
37. Kits de premiers secours
38. Piles (tous modèles... achetez celles qui ont les dates de péremption les plus lointaines)
39. Ail, épices et vinaigre, trucs pour cuisiner
40. DES GROS CHIENS (et plein de nourriture pour les chiens)
41. Farine, levure et sel
42. Allumettes (si possible le modèle qui s'allume sur n'importe quelle surface. Les allumettes en bois conditionnées en boîtes partiront en premier)
43. Du papier, des calepins, des crayons, des calculettes solaires
44. Des glacières isolées (utiles pour empêcher les trucs de geler en hiver)
45. Chaussures de travail, ceintures, jeans et chemises solides
46. Torches, lampes flash et bâtons lumineux, lampe tempête à pétrole
47. Des cahiers et carnets à croquis (pour coucher par écrit les idées, sentiments et expériences de moments historiques)
48. Des poubelles en plastique (très pratiques pour stocker, pour l'eau, pour le transport - si modèle à roues)
49. Fournitures d'hygiènes pour l'homme : shampoing, brosse à dents et dentifrices, bain de bouche et fil dentaire, coupe-ongle, etc.
50. Casserolles en fonte (solide, efficace)
51. Matériel de pêche
52. Antimoustiques (spirales, sprays et crèmes)
53. Gros scotch (Duct tape)
54. Bâches, piquets, sardines, cordes
55. Bougies
56. Lessive (liquide)
57. Sac à dos et sacs de voyage
58. Outils et fournitures pour le jardinage
59. Ciseaux, affaires de couture et réserves de tissu
60. Conserves de fruits, de légumes, de soupes, de ragouts, etc.
61. Eau de Javel (ordinaire, pas parfumée, à 4 à 6 % d'hypochlorite de soude)
62. Fournitures pour faire des conserves (pots en verre, couvercles, cire)
63. Couteaux et matériel d'aiguisage : limes, pierres, fusils
64. vélos... pneus, chambres à air, pompe à vélo, chaine, etc.
65. Sacs de couchage et couvertures, oreillers, et matelas
66. Détecteurs de monoxide de carbone (sur pile) [NDT : peut se réveler très utile, avec tous les réchauds et groupes électrogènes et chauffages prévus par ailleurs dans cette liste !]
67. Jeux de société, cartes et dés à jouer
68. Poison pour les rats, les souris et les cafards
69. Pièges à souris, à fourmis et à cafards
70. Assiettes, verres et ustensibles jetables en papier ou carton (faites des stocks, les gars)
71. Lingettes pour bébé, huiles pour la peau, solution anti-bactérienne sans eau (économise un paquet d'eau)
72. Equipement de pluie, bottes en caoutcouc, etc.
73. Equipement pour se raser (rasoirs et crèmes à raser, talc, après-rasage)
74. Pompes manuelles et systèmes pour siphoner (pour l'eau et pour les combustibles liquides)
75. Sauce de soja, vinaigre, bouillons cube et autres préparations concentrées pour la soupe et les sauces
76. Lunettes de vue
77. Chocolat, cacao, poudres pour fabriquer des boissons aux fruits (pour améliorer l'eau)
78. Kits de survie tout prêts en boîte de conserve ("Survival-in-a-Can")
79. Vêtements en laine, écharpes, protège-oreilles, mitaines
80. Manuel des boys scouts américains - nouvelle édition 1998 (et aussi le catalogue de Leader [NDT : impossible de savoir ce que c'est])
81. Kit d'isolation de fenêtres par film (marque MANCO)
82. Crackers, gateaux apéritifs, bretzel, mélange énergétique [fruits secs et différentes noix]
83. Popcorn, beurre de cachuètes, noix diverses
84. Chaussettes, sous-vêtements, tee-shirts, etc. (prévoir du rab)
85. Bois scié (de tous les types : planches, chevrons, etc.)
86. Carioles et caddies (pour transporter des marchandises vers ou depuis les marchés aux puces et vides greniers en plein air)
87. Lits de camp et matelas gonflables (pour les invités supplémentaires)
88. Gants : de travail, d'hiver, de jardin, etc.
89. Supports de lanterne
90. Pièces de grillage fin pour réparer les moustiquaires, colle, clous, écrous et vis filetées [boulons]
91. Thés et infusions
92. Café
93. Cigarettes (bon pour le troc)
94. Vin, alcools (pour des pots-de-vin, usage médicinal, etc.)
95. Paraffine
96. Colle, clous, écrous et boulons, vis, etc.
97. chewing gum et bonbons
98. Atomiseurs (pour se rafraîchir ou pour la salle de bain)
99. Chapeaux et foulards à mettre autour du cou
100. Chèvres et poules

--------------------------------------------------------------------------------

Cela n'a jamais fini de m'étonner, de voir à quel point la plupart des gens sont non préparés. Ils n'ont chez eux que de la nourriture pour un jour ou deux et la plupart des gens n'ont pas de garde-manger pour y stocker de la nourriture. Ma femme et moi avons recemment fait l'inventaire de notre garde-manger "normal" et avons constaté que nous avons assez de nourriture sous la main pour nous nourrir (ainsi que nos chats), généreureusement mais peut-être de façon un peu lassante, avec de la nourriture en conserves ou emballée, pour presque deux semaines - et c'est sans parler de prévisions et de réserves particulières, sans parler de la nourriture dans le frigo et le congélateur qui dureraient un bon moment grâce au groupe électrogène. Par ailleurs, nous avons toujours deux bouteilles de propane d'avance pour le grill à gaz.

--------------------------------------------------------------------------------

La règle de Fr. Frog pour survivre aux désastres

1) Vous n'aurez pas de problèmes si vous êtes préparés aux problèmes (sauf si un employé du gouvernement s'amène pour vous apporter de l'"aide").
2) Ayez des provisions sous la main pour être autonome pendant 3 jours (minimum) à une semaine
3) Ne vivez pas à des endroits stupides
4) Prévoyez/planifiez à l'avance.

--------------------------------------------------------------------------------

Barnabé
Membre Premium

Masculin Nombre de messages : 5288
Localisation : Massif Central
Date d'inscription : 28/04/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Expérience Katrina

Message par tarsonis le Jeu 24 Sep 2009 - 17:06

Sur la différence survivalistes US/FR, il faudrait compiler les différences de mentalités entre les institutions décrites ici. Les états-uniens recensent beaucoup de problèmes avec le zèle que peuvent avoir les représentants de l'ordre, voire même, ici, avec les différentes organisations humanitaires.

Avec les lot de catastrophes déjà produites en Europe Occidentale (inondations, glissements de terrain et autres), comment la population a-t-elle accueilli les secours, et comment a-t-elle été traitée ?


Car, si l'auteur mentionne à plusieurs reprises qu'il faut se méfier des ONG (ce qui peut se comprendre), le cas est-il à prendre en compte ici ?

Il me semble par ailleurs que l'auteur fait une petite confusion avec ce que disent 'ses contact dans la police' (donc opinion partiale) quand il traite du sujet des 'pillages' et amalgames raciaux....qui pourraient tout aussi bien être mis à côté de "la police militaire a investi la ville avec l’ordre de « tirer pour tuer » sur tout jeune homme noir – potentiellement pilleur."

Ce qu'à l'époque j'avais vu au JT américain : des centaines de personnes (avant de grimper jusqu'à plus de 30000) s'étaient réfugiées dans un stade aux alentours et la population a formé plusieurs "d'expédition" groupes afin d'aller chercher dans les ruines et les magazins innondés des vivres et médicaments....groupes qualifiés de 'pilleur' en direct par le commentateur alors que personne ne venait en aide au camp improvisé. On est un peu loin de la population 'trop débile pour se débrouiller'....


Dernière édition par tarsonis le Jeu 24 Sep 2009 - 17:50, édité 1 fois (Raison : Orthograf)

________________________________________________________
Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots. M. L. K.
Step It Up - Mia Dolls - Un Mauvais Fils - 25 Years of Zelda - Machinarium - Récapitulatif des projets électroniques - [Chroniques du Bunker de L'Apocalypse] - Projet Geiger - Culture ethnobotanique en France

tarsonis
Co-administrateur

Masculin Nombre de messages : 7991
Age : 30
Localisation : Est
Loisirs : Randonnée, botanique, bidouillages DIY, médecine, bouquins SF.
Date d'inscription : 21/05/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Expérience Katrina

Message par yoananda le Jeu 24 Sep 2009 - 17:31

Effectivement, je pense qu'il faut prendre pas mal de recul par rapport a ce témoignage qui est tout de même très intéressant !!!

Ca montre qu'on peut avoir a faire face a des épreuves qu'on n'a pas du tout anticipé, mais si on réfléchit bien, pour la plupart un peu de ruse suffit à s'en tirer à bon compte (pas toujours bien sur). Donc essentiellement, ca reviens a se connaitre bien soi même et ses limites, savoir ce qu'on peut faire ou non en cas de problème.

On peut avoir le même genre de soucis ici, surtout en ville je pense, éventuellement encore plus dans les quartiers chauds. Mais globalement je pense que le Français "campagnard" aura un état d'esprit totalement différent. Bien sur ca dépends de la situation aussi ... pas facile de se faire une idée en fait...

yoananda
Membre

Masculin Nombre de messages : 11
Date d'inscription : 22/04/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Expérience Katrina

Message par Barnabé le Lun 30 Nov 2009 - 10:22

Un petit up pour signaler que, ce vendredi 27 novembre 2009, la traduction a été légèrement améliorée, des fautes de frappe corrigées, la liste des "100 objets les plus désirables en cas de catastrophe" corrigée et complétée, et enfin que ce fil "Expérience Katrina" et celui des commentaires ont été déplacés par Kraveunn dans "Témoignages".

Bonne lecture à celles et ceux qui avaient manqué sa première parution dans le sous-forum "Facta Non Verba".

Barnabé
Membre Premium

Masculin Nombre de messages : 5288
Localisation : Massif Central
Date d'inscription : 28/04/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Expérience Katrina

Message par transhuman le Mar 15 Déc 2009 - 15:49

C'est vraiment trop "US" comme situation.

Alors que dans la vie de tous les jours mon couple n'est pas du tout survivaliste, nous avons à la maison , sans problème, de quoi nous nourrir tout les 5 durant deux semaines et en permanence au moins 20 litres d'eau minérale.

Celà me fait penser à un petit extrait du roman de S.F "Mars la bleue" un passage racontant le quotidien , au début du 23 eme siècle, d'un des couple de pionniers du premier voyage martien :"sortir les legumes du refrigérateur, les mettre à cuire, mettre la table , manger ..."
Voilà ce qu'un auteur américain ecrit lorsqu'il essaye de donner l'impression d'une vie heureuse où l'on a le temps de "faire la cuisine". C'est tellement simpliste que l'on voit bien qu'il ne connait pas la situation où l'on fait de la cuisine tous les jours pour nourrir la famille ( autrement qu'avec des repas préparés ).
En fait le genre de listes ci dessus me donne simplement l'impression qu'aux USA le survivaliste revient pour une partie à prendre conscience qu'il leur faut planifier leur vie au delà des 24 h suivantes !

________________________________________________________
"J'arrêterais de faire de la politique le jour où ceux qui font de la politique arrêteront de faire les guignols....."
Coluche

P'tain dire que c'etait il y a 30 ans et que rien n'a changé en mieux depuis ....

transhuman
Membre Premium

Masculin Nombre de messages : 1502
Emploi :
Loisirs :
Date d'inscription : 07/01/2007

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Expérience Katrina

Message par Raffa le Jeu 16 Juin 2011 - 16:11

Pour info

Derrière toute catastrophe naturelle et toute crise environnementale se cache, soit une analyse coûts-avantages qui a mal tourné, soit un choix délibéré bénéficiant à certains acteurs ou groupes sociaux au détriment d’autres. Qualifier une catastrophe de "naturelle" présente l’avantage de jeter un voile pudique sur les dysfonctionnements et les responsabilités humaines.
Une telle qualification permet aussi, dans les phases de reconstruction, d’instrumentaliser le développement durable au service d’intérêts qui ne sont pas nécessairement ceux des populations affectées. Ainsi, la reconstruction de La Nouvelle-Orléans est devenue le moyen de mener à bien une vaste opération de reconfiguration urbaine, instrumentalisant le développement durable. Elle vise à transformer radicalement l’image de la ville tout en empêchant, autant que possible, le retour des populations les plus déshéritées qui l’ont quittée lors de la catastrophe. Cette politique met en avant des opérations d’urbanisme durables et de maisons écologiques, alors que peu est fait pour rectifier les choix d’aménagement aberrants qui ont conduit à la catastrophe.
[...]
Conclusion :
L’instrumentalisation de la gestion post-catastrophe, plus particulièrement dans la phase de reconstruction, au service d’enjeux masqués ou de stratégies inavouables s’appuie souvent sur une invocation systématique, mais a contretemps, du développement durable. Le Sustainable New Orleans Action Plan qui encadre la reconstruction de la Nouvelle-Orléans est un cas d’école de telles dérives. Les politiques menées ainsi accouchent d’objectifs souvent dérisoires au regard de l’ampleur des problèmes à résoudre, voire totalement déconnectés des problèmes réels : en quoi les panneaux photovoltaïques ou les maisons-conteneurs qui fleurissent aujourd’hui dans La Nouvelle-Orléans sont-ils une réponse à l’exposition au risque cyclonique et aux inondations ? Cette politique s’exprime avec une ardeur qui relève plus de la bonne conscience que d’une réelle intention d’en découdre. Deux corollaires à ces dérives :
* Nombre d’acteurs publics et privés sont tentés de profiter de la confusion engendrée et du caractère flou des attentes pour infléchir, ici ou là, les politiques dans le sens de leurs intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général.
* Il en résulte des dispositifs très normatifs, excessivement réglementaire, mais bien peu adaptés aux besoins réels sacrifiant, souvent l’équité sociale à la viabilité environnementale. Il convient pourtant de rappeler que tout plan de reconstruction, loin d’un simple dispositif technique est avant tout un projet politique.
L'instrumentalisation des crises environnementales, question émergente du développement durable. La Nouvelle-Orléans après Katrina : un cas d'école.

________________________________________________________
Pour explorer le champ des possibles, le bricolage est la méthode la plus efficace. H. Reeves
La connaissance s'acquiert par l'expérience, tout le reste n'est que de l'information. A. Einstein
Qui s'instruit sans agir laboure sans semer Proverbe africain
ressources

Raffa
Modérateur à temps partiel

Féminin Nombre de messages : 1853
Date d'inscription : 12/01/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Expérience Katrina

Message par Rammstein le Ven 19 Juin 2015 - 21:29

Témoignage d'un autre survivaliste sur Katrina : https://www.zombiehunters.org/forum/viewtopic.php?t=16627

Rien de bien nouveau, si ce n'est cette perle : "Water gets boring so have something like Gatorade mix or tea." mrsgreen

Rammstein

________________________________________________________
Dans mon pays - Alésia - Threads - Help is on the way - Soft - I will not bow - Capitaine Stéphane - Бойцовский Клуб

Rammstein
Membre fondateur

Masculin Nombre de messages : 4996
Localisation : Allemagne
Date d'inscription : 07/11/2006

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Expérience Katrina

Message par troisgriffes le Sam 20 Juin 2015 - 8:05

"Water gets boring so have something like Gatorade mix or tea."

Ben quand on habitué au tout sodas/boissons industrielles hyper-sucrées ,c'est
sure que le passage à l'eau plate cela doit faire bizarre.
Un problème d'enfant gaté en gros .Laughing

troisgriffes
Membre Premium

Masculin Nombre de messages : 2356
Localisation : Sud RP
Emploi : technicien
Date d'inscription : 17/11/2012

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Expérience Katrina

Message par Wanamingo le Sam 20 Juin 2015 - 14:51

Aaaah pas d'accord ! Quand tu es coupé de tout, que tu bois ton eau de jerrican avec gout de plastique au fond des bois, entre deux super repas à base de raviolis,  tu ferais beaucoup pour avoir un soda frais ou une bière.
Et à défaut, tout le monde tourne au thé, avec une théière en fonte qui traine toute la journée au coin du le feu.

Enfin bref, c'est bon pour le moral.

Sinon, on trouve des boissons en poudre dans les épiceries sud américaines. Faut tester les marques, certaines sont dégueus. Tang (oui ce bon vieux Tang!) c'est pas trop mal.

Wanamingo
Modérateur & animateur

Masculin Nombre de messages : 1213
Date d'inscription : 27/07/2011

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Expérience Katrina

Message par Philippe-du-75013 le Sam 20 Juin 2015 - 15:06

Les bidons de cycliste ont un fâcheux gout de plastique, j'ai pris l'habitude parfumer mon eau avec de Antésite, un vieux truc de colonies de vacances. C'est un concentré de réglisse en petite bouteille. Une demi cuillère à café pour un bidon de 0.75, bidon que je complète lorsqu'il est à moitié vidé pour garder encore un peu de gout.

________________________________________________________
"Ne participez pas à l’économie sans nécessité. Achetez aussi peu que possible. Réutilisez autant que vous le pouvez. Réduisez vos besoins physiques. Établissez des plans pour les réduire davantage" (Dimitri Orlov)


"Le sage ne peut recevoir ni injure ni outrage" (Sénèque)

Philippe-du-75013
Membre Premium - Participe à rendre le contenu de nos forums plus pertinent & pragmatique

Masculin Nombre de messages : 1147
Age : 61
Localisation : IDF
Loisirs : Natation, vélo (déplacements non sportifs)
Date d'inscription : 24/08/2013

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Expérience Katrina

Message par troisgriffes le Sam 20 Juin 2015 - 18:31

Je parlais de l'adjectif 'boring" qui signifie "ennuyeux".
Hors,amha,tu bois de l'eau parce que tu en as besoin pour te réhydrater.
ce n'est pas sensé être ni passionnant ni festif.
Sans doute une histoire d'éducation,enfin bon...

Curieusement,même s'il doit y avoir une explication physico-chimique,j'ai remarqué
ce gout de plastique uniquement dans les gourdes en matière plastique souple et
dans les bidons à parois épaisses et opaques.D'ailleurs c'est pour cela que j'en ai plus.

L'eau sortant de mes bidons à paroi fine et plus ou moins transparente n'a pas le gout
de plastique même après six mois de stockage mais juste une pointe de chlore ce qui
est normal.

troisgriffes
Membre Premium

Masculin Nombre de messages : 2356
Localisation : Sud RP
Emploi : technicien
Date d'inscription : 17/11/2012

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Page 2 sur 3 Précédent  1, 2, 3  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum