La prospective de A à Z

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Documentaire prospective des 50 prochaines années

Message par Schtroumpf le Ven 5 Juin 2009 - 15:43

Bonjour je vous propose un ptit lien pour le topic "documentaire et reportages" du forum "discussions" de la partie "définition des risques"
Alors c'est un documentaire d'Arte sur une prospective des 50 prochaines années. Faut juste supporter le clignement d'yeux d'attali Smile

  • Intro sur la californie
  • Fin des US en tant qu'hyperpuissance profit de 11 puissances
  • Place de la chine, l'inde, la corée
  • Dérèglements climatiques et accélération des catastrophes naturelles
  • Mutations démographiques et hypernomadisme
  • Hypersurveillance : RFID et nanotechnologies
  • Hyperempire et crise financière: la mainmise des marchés sur les etats
  • Place de l'islamisme
  • Course à l'armement
  • L'eau: future source de conflit
  • Émeutes alimentaires
  • Autres ressources rares, sources de conflits
Le lien: http://plus7.arte.tv/fr/detailPage/1697660,CmC=2659736,scheduleId=2622158.html

Schtroumpf
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Re: La prospective de A à Z

Message par Bouh-riko le Sam 6 Juin 2009 - 10:07

Le même documentaire, mais sur youtube, pour pouvoir le regarder encore après les 7 jours ou Arte le met a disposition.
une brève histoire de l'avenir

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La prospective de A à Z

Message par KrAvEuNn le Mer 12 Aoû 2009 - 5:03

Bonjour,

Petit topic entièrement dédié à la prospective (utile pour anticiper des changements bénéfiques ou pas).

Les scénarios et prospectives qui ponctuent ce topic n'engagent que leurs auteurs (attention aux possibles interférences idéologiques de chacun (idées politiques, etc.)).

Prospective : « science – discipline qui étudie les mutations du monde moderne et en prévoit les évolutions possibles sur les plans techniques, économiques et sociaux. »


Pour commencer, une synthèse de l'ouvrage « l'avenir autrement », de « Michel Godet *», chez Armand Colin).
* économiste, est professeur au Conservatoire national des arts et métiers, titulaire de la chaire de prospective stratégique et auteur d'ouvrages économiques sur le travail ou l'évolution démographique.

Face aux changements potentiels à venir, il existe 3 attitudes possibles :


  • Passive : subir le changement.
  • Réactive : attendre que le changement est lieu pour réagir.
  • Prospective : se préparer à un changement anticipé et agir pour provoquer un changement souhaité.
L'humain n'est pas seulement un être rationnel (réflexion), mais aussi un être affectif et instinctif (pulsions). La rationalité est donc « parasité » par l'affectivité et l'irrationalité. Ne pas tenir compte de ce fait c'est risquer de s'enfermer dans le dogmatisme : vision du monde à travers une grille contingente.

2 facteurs principaux rendent l'anticipation nécessaire dans nos sociétés modernes :


  • 1). l'accélération des changements technologiques, économiques et sociaux.
  • 2). les facteurs d'inertie liés aux structures et aux comportements.
3 attitudes possibles face à l'avenir :

  • L'autruche : (passivité) refuser de voir la réalité, jusqu'à ce que les changements s'imposent d'eux-mêmes à la raison.
  • Le pompier : (réactivité) attendre d'être cerné par les flammes pour réagir et combattre le feu.
  • La vigie : (préactive et proactive) anticiper les risques et les opportunités qui s'annoncent, afin d'agir en conséquence.



3 recommandations :


  • Se poser les bonnes questions et se méfier des idées reçues/certitudes (s'interroger sur le bienfondé des questions, afin d'éviter de devoir répondre, par de mauvaises réponses, à de fausses questions. Cibler un problème particulier peut permettre d'en cacher d'autres (dérangeants)). Suivre la mode est un moyen de s'intégrer au groupe et la conformité au groupe influence vos convictions.
  • Décoder les informations à la lumière des jeux de pouvoir : l'info n'est pas neutre et participe à un jeu de pouvoir. Ce qui est caché est parfois plus important que ce qui est montré (chiffres, commentaires, sondages, etc. visent à embrouiller). Toute relation à l'autre est une stratégie et comporte une composante de pouvoir. Communiquer c'est se dévoiler et s'exposer.
  • Questionner la finalité des pouvoirs médiatiques et politiques : l'intérêt général devient, souvent, celui qui coïncide avec celui de la technocratie.
Différents courants de prospective :

  • Le courant post-industriel : naviguant entre optimisme et pessimisme.
  • Le courant néo-malthusien : la croissance exponentielle est limitée par les ressources et la démographie ; la régulation fait défaut.
  • Les cycles longs et les crises : suites d'expansions et de récessions... il faut faire face à toute éventualité.
  • Bifurcations et chaos déterministe : risque liés à l'effet papillon (incertitude sur la mesure des risques et de leur solutions).
Les courants de la stratégie :

  • Le courant heuristique : du bon sens au simplisme. La réflexion ne doit pas paralyser l'action. Il faut procéder par essais et par erreurs, développer ce qui fonctionne et laisser tomber le reste. Une réflexion solide préalable, pertinente et cohérente, renforce l'efficacité de la réaction face aux évènements.
  • Le courant rationaliste : du succès aux abus, en attendant le regain (segmentation stratégique, analyse de portefeuilles, choix multi-critères, etc.)
Pour y voir plus clair et se poser les bonnes questions, il ne faut pas hésiter à penser à contre courant (cela déplait). La majorité est un refuge confortable, car elle impose aux minorités de devoir s'expliquer (les idées marginales, dissidentes, nouvelles, etc., doivent être démontrées, explicitées, débattues, justifiées, etc., sans cesse ; mais il n'en va pas de même pour les idées installées).

Le rôle de la presse est d'être un porte voix, un miroir de la société, un relais entre gouvernants et gouvernés et un contre pouvoir (devoir d'investigation).

Les politiques se servent des médias pour faire leur pub et les médias des politiques pour ancrer, dans la population, leur statut de porte parole.


La saga des 3 mirages :

  • De l'énergie à la technologie : certains besoins sont artificiels et peuvent être laissés de côté ; d'autres sont fondamentaux, mais non satisfaits (sécurité, contacts humains, espace, calme...)
  • L'éducation, ou la maladie du diplôme : privilégier le professionnalisme et la formation continue et non pas l'illusion méritocratique (l'ascension sociale est, de toute manière, bloqué par ceux qui sont en haut de l'échelle et qui ne veulent pas risquer de la descendre).
  • La sélection par les maths : critère dominant de sélection dans quasiment tous les domaines (favorisant les garçons) éclipsant tous les autres domaines (pluralisme).

4 types de structures familles : nucléaire égalitaire, nucléaire absolue, autoritaire et communautaire.

Un régime fort (autoritaire) aura plus de facilités à s'implanter dans les régions à structure familiale autoritaire ; si l'idéologie des régimes y est égalitaire, la famille communautaire constituera le terrain de leur développement (voir l'exemple de l'ex URSS).

« Nous devons guider nos actions présentes de telle façon que notre avenir ne soit pas compromis de manière irréversible. »

L'avenir ne peut pas être envisagé comme une continuité prédéterminée du passé ; il est multiple et indéterminé.

« Un système n'est pas une réalité, mais un moyen de la regarder. »


A l'aube du XXIème siècle : tendances probables, incertitudes majeures et ruptures possibles.

Tendances probables :


  • Déséquilibres démographiques et flux migratoire sud-nord.
  • Menaces environnementales.
  • Décor international déréglé et turbulent.
  • Croissance lente et irrégulière.
  • Nouveaux renchérissements énergétiques.
  • Nouvelles technologies.
  • Déréglementation et nouvelles réglementations internationales.
  • Compétition économique mondiale.
  • Chute des emplois industriels et montée des services.
  • Crise de l'état protecteur.
  • Nouvelles formes d'exclusion.


« La croissance passée a déposée des bombes à retardement sous nos pieds. »

Dans « l'économie barbare » de « Philippe St Marc **», chez « Frison Roche. »

** énarque et Conseiller à la Cour des Comptes.

4 « scénarios pour un effondrement de l'Occident :


  1. La violence – l'ordre public s'effondre car il est cassé par la révolte intérieure et extérieure (pays de l'est et du sud).
  2. L'anarchie – l'économie s'effondre. Dislocation du système par désagrégation de son économie, propageant une immense anarchie dans l'ensemble de l'armature de production, d'échange et d'organisation urbaine (montée du chômage urbain, fragilité croissante de l'économie et désagrégation du système bancaire (faillites en chaine), développement de l'économie clandestine et d'auto subsistance).
  3. L'apathie par tranquilisation chimique – les hommes s'effondrent ; la révolte n'est pas brisée, elle est anesthésiée (goulag chimique).
  4. La combinaison des trois scénarios précédents.

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Re: La prospective de A à Z

Message par KrAvEuNn le Mer 12 Aoû 2009 - 16:54

A suivre : un résumé de l'ouvrage « 2100 - récit du prochain siècle », sous la direction de « Thierry Gaudin. » ***(site web de l'auteur - Foresight 2100).
***docteur en Sciences de l'information et de la communication (Université de Paris X Nanterre, 2008). Il est un expert international (OCDE, Commission Européenne, Banque Mondiale) en politique d'innovation d'une part et en prospective d'autre part.

L'ouvrage offre une vision très optimiste (à long terme) de l'évolution du monde, pour ne pas dire scientiste ; mais bon, des éléments intéressants s'en dégagent... je vous laisserais juger clind'oeil



2100 récit du prochain siècle

Imaginer l'avenir du monde pour les cent prochaines années, une tâche impossible ? La plupart des chercheurs estiment qu'au-delà de vingt ans " on ne peut rien dire ".
Or, même si l'on manque de certitudes absolues, les signes du futur sont déjà là. Et il est dans la nature de l'homme de rêver son avenir. Telle est la formidable ambition de Thierry Gaudin et de son équipe, proposer un récit du prochain siècle. Pendant les trente prochaines années, on assiste à une lente et générale dégradation, où les riches tirent leur épingle du jeu et les exclus deviennent des sauvages urbains.
La température augmente, les océans submergent les plaines côtières, le climat se détériore, les pollutions traversent les frontières. Les armes prolifèrent et se miniaturisent. Les pouvoirs mafieux montent en puissance. Puis, la société réagit par des programmes massifs d'enseignement, d'urbanisme et de reforestation. On construit des cités marines, on aménage l'Himalaya, la Sibérie et le Nord canadien, réchauffés par l'effet de serre.
On crée une monnaie mondiale. Enfin vient une époque de libération. Le vingt et unième siècle se présente alors comme le siècle de la femme. On surmonte les interdits religieux. La planète est transformée en jardin. Et, par-dessus tout, l'homme retrouve le chemin de la sensibilité. Cette fantastique réflexion, unique au monde, est le fruit de la consultation de plusieurs centaines de chercheurs de tous les horizons et de toutes les disciplines.
C'est une invitation à un éblouissant voyage dans notre futur et celui de nos enfants.

Petit avant goût (pour patienter) clind'oeil :


2100.org
Tableau de synthèse

Dates1900-19401940-19801980-20202020-20602060-2100
Populationde 1,6 à 2,4 Milliardsde 2,4 à 5 Milliardsde 5 à 8 Milliardsde 8 à 8,5 Milliardsde 8,5 à 7 Milliards
Ambiance généraleSociété de ProductionSociété de ConsommationSociété du SpectacleSociété de l'EducationSociété de Création
PopulationDomination européenne sur un monde coloniséCroissance démographique du "Sud", ralentissement du "Nord"Migrations Sud-Nord, montée en puissance des ex colonisésLa contraception gagne le Sud, inversion de la pyramide des âgesVieillissement, diminution, choix génétiques.
SantéDébuts de la vaccination de masseAntibiotiques, Diminution de la mortalité infantile des pays pauvresMaladies moléculaires : cancer, cardio-vasculaire, SIDAAutomédication et prévention ; maladies mentalesBiotechnologie : organes biocompatibles (branchies), réincarnation artificielle
UrbanisationRéseau des capitales des pays riches, Villes lumièreCroissances urbaines autour des industries de masseMégalopoles. La moitié de l'espèce humaine est urbanisée, bidonvillesDébut de la délocalisation : villes moyennes, cités marines, technopolesPopulation en migration détachée d'un territoire particulier, villes défis, villes vertes, biosphères
TransportsChemins de fer, voies d'eauAutomobile, aviationTGV, métros, navigation de plaisance, débuts du véhicule électrique ou hybrideHabitat transportable par dirigeable, travail autonome nomadeTourisme dans des planètes creuses artificielles, sortie du système solaire
Environnement, AgricultureMarchés locaux traditionnelsIndustrialisation, surproduction dans les pays riches, exode ruralDébut du reboisement, diversification qualitative, petits produits à la fermeReconquête de la terre, aménagements touristiquesPolice écologique mondiale Le jardin planétaire, océans compris
Commerce, IndustrieTaylorisme, petit commerceIndustrie de main d'oeuvre, délocalisation et automatisationTertiarisation, petites entreprises de pointe, hypermarchésIndustries culturelles, ludiques éducatives, design, télé-achatEssor des bio-industries, êtres vivants artificiels
Energie, matières premièresCharbon, mines de ferPétrole, électrification des pays richesEconomies d'énergie, débuts de l'hydrogèneTout électrique mondial, diversité des sources, solaireExploitation de la lune et des astéroïdes pour construire dans et pour l'Espace
CommunicationRadio populaire, téléphone limité aux notablesTélévision mondiale, téléphone professionnelFax, téléphone portable mondialisé, mémoires laser, internet, visiophoneBases de connaissances mondiales : technologie, tourisme, éducation.. multimédia portatif, virtuel.Télépathie artificielle, concrétisation des rêves, communication thérapeutique
FinanceEtalon or, crise de 1929Etalon dollar, concentration des banquesSystème tripolaire, Dollar, Yen, EuroInterconnexion, Monnaie mondiale, Ethno-banque (type Grameen)Système "hanséatique", monnaies privées généralisées
ConflitsDeux guerres "mondiales" entre états-nations, aviation et blindésGuerre froide entre les deux "blocs", dissuasion nucléaireConflits tribaux et religieux, terrorisme et médiatisation, montée des pouvoirs maffieuxLuttes d'influence pour le contrôle des psychismes ; virus informatiquesConflits autour de la gestion de l'oubli, batailles entre êtres quasi-vivants artificiels
EducationEducation Enseignement laïque de base : Europe, USA, JaponMontée en puissance des universités, institutionnalisation de la RechercheDésarroi et concurrence des médias, déficit du savoir pratiqueEnergique reprise en main, enseignement secondaire pour tous. Règne des univers virtuelsEducation ludique visant le développement personnel, l'éthique et la maîtrise des techniques de survie
Spiritualité et religionsChristianisme des colonisateursScientisme dominant, montée de l'IslamOpposition : intégrismes/ nouvelle spiritualitéLes sciences cognitives : rationalisation de l'irrationnelLes trois connaissances : rationalité, transe, créativité
CultureMondialisation de la culture européenneMusique populaire, domination anglophoneRegain des cultures locales, vidéo populaire, jeux électroniquesTraduction transculturelle standardiséeCréation artistique dans les univers virtuels d'être intermédiaires quasi-vivants

Un scénario du 21ème siècle

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Re: La prospective de A à Z

Message par KrAvEuNn le Mar 18 Aoû 2009 - 12:00

Bonjour,

Petit condensé du hors série de science & vie junior n°1 (« le XXIième siècle » ; édité en juillet 1990) et du numéro hors série de science & vie n° 172 (« la vie quotidienne en 2014 » (2014 c'est dans 5 ans et le bouquin a été édité en septembre 1990)).

Pour commencer, une série d'articles, proposés par le site slate.fr, sur l'avenir des USA :

La fin de l'Amérique: les quatre scénarios des futurologues
Citation:
Effondrement du pays, rupture à l'amiable entre Etats, gouvernance mondiale et invasion militaire.
Le thème porteur de la disparition des Etats-Unis
Citation:
Rome s'est effondrée, les Aztèques ont été vaincus, l'Empire britannique s'est évanoui, et l'Union soviétique a implosé. L'Amérique disparaîtra. Oui, mais comment?
La fin de l'Amérique: cauchemar climatique
Citation:
Sécheresses, incendies et villes englouties pourraient ruiner le pays.
La fin de l'Amérique: une nouvelle guerre de Sécession?
La disparition pour des raisons sociales, politiques ou économiques d'un intérêt national fédérateur conduirait les Etats-Unis d'Amérique à se fragmenter.
La fin de l'Amérique: le totalitarisme en cinq leçons
Cinquième volet de la série sur la Fin de l'Amérique. Les Etats-Unis peuvent-ils tomber entre les mains d'un dictateur?
Les Mormons sauveront-ils l'Amérique de l'oubli?
Sixième volet de la série sur la Fin de l'Amérique. La religion mormone pourrait jouer le rôle de l'Eglise catholique après l'effondrement de Rome.
Mêmes avertissements que d'accoutumé : ces prospectives sont extrêmement optimistes et teintées d'idéologie (scientisme : « la science résoudra tous nos problèmes », « rien n'arrête le progrès », « la technologie nous sauvera », « la modernité est notre destinée », « s'opposer à la marche du progrès c'est s'opposer à la civilisation », « croissance infinie », « énergies inépuisables », « expansion du mode de vie occidental à l'ensemble du globe », « économisme mondialisé », etc.)

Perso, je ne prendrais pas parti ; je vous suggère juste de rester vigilants quand à ce que les scientifiques et journalistes écrivent et disent. Je vous livre les infos brutes.

Parmi toutes les prospectives béates et exagérément scientistes, se trouvent quelques infos d'intérêt. Enfin, il est, je trouve, assez instructif d'observer comment nos contemporains voient l'avenir (cela nous éclair sur notre présent et sur les espérances populaires) ; quasiment toutes les prospectives à moyen et long terme se sont lamentablement plantées.

A noter que science & vie junior » et science & vie » sont des magasines particulièrement sérieux, mais scientistes (envisagent la science comme une idéologie ; exemple : la manière dont ces 2 magasines présentent le futur (à l'indicatif et non au conditionnel).... « l'homme vivra sur Mars », « on ira coloniser d'autres systèmes solaires », on vivra 250 ans », etc. Cette manière d'affirmer que l'avenir sera tel que imaginé aujourd'hui est un acte de foi (idéologique) et non une démarche scientifique, objective et neutre. Le film « 2001, l'odyssée de l'espace » est un bon exemple de cette démarche : l'an 2001 vu par le film (et imaginé par les plus grands experts de l'époque), n'a pas grand chose à voir avec l'an 2001 réel).

Fermez les yeux et faites de beaux rêves (je passe rapidement sur les thèmes les plus science fictionnels).


« le XXIième siècle » :

Mode science fiction délirante on ! (coloniser des planètes, les terraformer, détourner des comètes, etc., cela reste, à l'heure actuelle (et pour très longtemps, voir à jamais), de la science fiction).

2019 GW Bush l'a promis : l'homme marchera sur Mars. Ensuite le processus de colonisation sera enclenché : « d'ici la fin du XXVème siècle le système solaire sera complètement urbanisé. »

Vénus et Mars seront terraformées. Un astéroïde balancé en orbite autour de mars modifierait son inclinaison et pourvoirait la planète d'un printemps éternel.

La lune sera munie d'une atmosphère ténue (1 bar), arrachée à la croute lunaire par une comète détournée ; des villes et des exploitations minières s'y développeront. Il y a beaucoup d'oxygène (le futur pétrole) sur la lune, ainsi que de l'aluminium et du titane.

Les satellites de Jupiter : Io deviendrait une mine de soufre et Callisto et Ganymède, arrachées à l'attraction de leur planète et amenées en banlieue terrestre ou martienne, serviraient de citernes d'eau géantes.

Phœbé serait arraché à la gravitation de Saturne et deviendrait une mine de gaz pour terraformer les autres planètes.

Uranus et Neptune seraient capturés (par un jeu de gravitation) et amenés près du soleil pour faire évaporer leur atmosphère, et, ainsi libérer leur noyau rocheux et, donc, en faire de nouvelles terres habitables (une fois le noyau refroidit... au bout de plusieurs millions d'années).

La ceinture d'astéroïdes (entre Mars et Jupiter) deviendrait une mine de fer, nickel, silice, eau, azote, etc.

2045 ou 2060, Daedalus, vaisseau non habité, partira pour l'étoile de Barnard (durée du voyage : 100 ans).

XXIIIème siècle : premiers vols habités, direction alpha du centaure.


Villes verticales (aériennes ou souterraines) :

- Aéropolis : 2001 mètres de haut et population active 300 000 âmes, dont 140 000 résidents permanents.



- Alice city : centre d'affaire et de commerce souterrain.

- Le concept Anglade : réseau de tunnels de 15 kms, sur 3 niveaux, concentrant l'ensemble du tissu industriel de Tokyo.

Mode science fiction délirante off ! (fini de rire).


Si la déforestation se poursuit au rythme actuel, il ne restera plus aucune forêt tropicale en 2040.

A savoir que l'Amazonie, par exemple, renferme 2 tiers des espèces vivantes et un cinquième des eaux douces mondiales.

Les ressources de l'antarctique (difficilement exploitables) sont, de plus en plus, convoitées par les puissances : or, argent, nickel, cuivre, platine, cobalt, pétrole, charbon (plus gros gisements mondiaux), etc. L'eau douce (70% de l'eau douce mondiale) demeure la seule ressource vraiment exploitable.

L'aquaculture (algues, poissons, etc.) va jouer un rôle clef dans l'alimentation du futur. Du fait de la démographie et de l'agriculture, l'eau douce va devenir un luxe et la dessalinisation de l'eau de mer va se généraliser. Les fonds marins profonds regorgent de nodules polymétalliques (manganèse, fer, cuivre, nickel, cobalt, etc.), tandis que les plateaux continentaux et les zones littorales concentrent pierres précieuses, charbon, phosphates, pétrole, etc.

La pharmacopée marine, qui n'en est qu'à ses balbutiements, se révèle très prometteuse.

La génétique permettra de débusquer les gènes responsables des maladies héréditaires et des prédispositions au cancer, à l'hypertension, aux allergies, etc., et permettra donc de les soigner, voir de les éviter en corrigeant les chromosomes.

L'origine du caractère, l'évolution de l'embryon, la programmation du vieillissement, etc;, seront élucidés.

Énergie : les réacteurs à fusion thermonucléaire, au deutérium et au tritium, éviteraient tout risque d'emballement et produiraient des déchets radioactifs de durée de vie de dizaines d'années (au lieu de milliers). Le deutérium est abondant dans l'eau de mer et le tritium en quantité très limitée.

Démographie :

Certitudes : la croissance de la pop mondiale a ralenti, toutefois la pop continuera à augmenter au court de ce siècle. La pop vieilli ; les + le 65 seraient 1,2 milliards en 2025 et 2,4 milliards en 2100. Les pop des pays du tiers monde vont dominer ; l'Afrique représentera 20 % de la pop mondiale en 2025 (220 millions d'bab en 1969, 600 millions aujourd'hui et un milliard au court de ce siècle (toutefois certaines maladies (sida, paludisme, etc.) pourraient changer la donne). L'occident est amené à voir la part de sa pop diminuer ; sur 3,2 milliards de naissances d'ici 2025, seulement 200 millions verrons le jour dans les pays industriels et 3 milliards (95%) dans les pays pauvres. De forte pressions migratoires vers les pays riches en résulteront ; pressions limités par les capacités d'absorption des pays hôtes (= risques de conflits). Cet accroissement des pop du tiers monde se traduira par de forte pression environnementales (pollutions, urbanisation anarchique, exploitation des ressources naturelles, etc.) En 2020, la pop citadine sera 6 fois supérieure à celle de 1950 (attention au manque d'eau potable, aux contaminations, etc.) ; elle est de 50 % aujourd'hui et serait de 61 % en 2025.

Afrique et proche orient sont les zones géographiques qui compteront le plus dans l'augmentation de la pop mondiale au court du siècle ; l'Asie et l'Amérique du sud faisant du sur place, tandis que l'Europe vieillira massivement (tandis que la courbe des naissance dégringole).

Nourrir l'humanité : entre les années 60 et 80, la production agricole a augmentée de 2,4 %/an ; depuis (sauf en Europe) la prod chute, consécutivement à l'épuisement des sols, à l'augmentation de la salinité des terres, etc. 1/3 des surfaces cultivées sont menacées d'érosion (par la mer, le vent, la toxicité chimique, l'exploitation minière, etc.)

Le risque sanitaire : les maladies tropicales (bilharziose, paludisme, filariose, leishmaniose, etc.) infectent 500 millions de personnes/an, principalement dans le tiers monde ; toutefois, tourisme oblige, elles traversent les frontières. La salpêtrière (paris) traitait environ 10 cas dans les années 70 et 300 en 1989.


« la vie quotidienne en 2014 » :

1990 – 2015 : extension de la révolution électronique et informatique (généralisation des puces dans les appareils divers). Diversification extrême des produits et adaptation aux profils divers des usagers (personnalisation). La chimie envahie les domaines du bâtiment, de la nourriture et (avec la biologie) la pharmacopée. Démultiplication des sources d'information et des moyens d'y accéder. Les cédérom deviennent la technologie majeur de support de l'info. Généralisation de l'usage des terminaux multimédias après 2015. Montée du travail à domicile (télé travail). Ordinateurs et téléphones portables vont révolutionner les échanges et constituer le changement le plus spectaculaire.


Électronique : l'ordinateur sera partout et nul part (dans le lave linge, les cuisinières, les réfrigérateurs, etc., « intelligents »).

Matériaux de construction sur mesure : matériaux issues des technologies moléculaires et chimiques (pré fabriqués et assemblage partiellement robotisé). Banalisation du PVC (fenêtres, etc.) Conception informatisée des architectures. Toutefois, la majorité du bâtit actuel restera en place et nécessitera réhabilitation. Apparition et développement de la domotique (maison « intelligente »). Développement des cloisons mobiles et translucides, réseaux d'info et d'électricité par câbles, intégrés dans des planchers techniques, etc.

Habiter : espaces d'habitation reconfigurables. Développement du télé achat, du réapprovisionnement automatique, de la restauration par livraison rapide (gérées, dans les communs, par un système automatisé de réception et d'orientation des marchandises (faisant, aussi, office de système de tris des déchets). Développement des ponds habités et des habitats marins.

Se déplacer : plus vite, plus souvent, plus sûrement.

Les voitures seraient truffées d'électronique, de systèmes d'information et d'assistance à la conduite ; intelligentes, diagnostiquant leurs propres pannes ou maintenances, auraient accès à des données sur leur environnement (renseignements routiers, pubs, etc.) via la radio et un guidage dynamique (gps), bénéficieraient d'un copilote électronique, interagiraient avec l'environnement physique (verglas, pluie, etc.), surveilleraient la vigilance du conducteur (endormissement) et pourraient circuler en convois (file indienne avec gestion des distance, de la vitesse, etc.). La voiture de 2015 serait propre : amélioration des moteurs, grâce à l'informatique ; utilisation de l'injection électronique, etc. La voiture mixte (électrique et essence) se développerait. Développent du train (tgv, tout confort et intelligents, roulant à 350 km/h), en concurrence avec l'avion sur les courtes distances ; l'aviation garderait la primeur sur les longues distances. Des super tunnels perceraient les alpes et les Pyrénées pour permettre au rail de rallier toute l'Europe et la Russie et constituer un grand maillage continental. Le transport aérien se développerait et reposerait de plus en plus sur le tourisme (50 % en 1990 et 80 % en 2015) ; il serait principalement constitué de gros porteurs, assez proche, physiquement de ceux de 1990, mais technologiquement plus modernes (alliages de synthèse, électronique, etc.). Il y aurait 1 milliard de passagers/an en 2010. Les super soniques, eux (200 passagers à 2400 km/h) ne s'imposeraient pas dans l'immédiat (trop cher, trop polluant, trop gourmand).


Sur les USA :

La fin de l’American Dream et l’imagination un peu courte
Il y a, depuis quelques mois, sur les réseaux officiels américanistes d’information, un sujet particulièrement délicat qui commence à être abordé avec réticence et hostilité, alors qu’il était jusqu’alors implicitement off-limits et tout simplement ignoré. (L’auto-censure de l’information marche bien, y compris comme révélateur: lorsqu’elle commence à le céder sur un point précis, c’est qu’il existe une inquiétude diffuse à cet égard.) Le sujet est la dislocation des Etats-Unis, ou “la fin des USA”. Un des acteurs favoris de ce sujet, c’est le russe Igor Panarine, ex-analyste du FSB (ex-KGB), passé très officiellement dans une fonction que chapeaute le ministère russe des affaires étrangères.

… Et l’“option” de l’éclatement
Décidément, oui, la prévision sur la crise systémique finale des USA, avec options diverses sous l’étiquette “That’s the End”, est une pratique intensive par les temps qui courent. Qui s’en étonnera? Après la Grande Révolte de 2012, voici l’éclatement des USA, avec la précision qu’il se fera en six parties d’importances inégales. La prévision vient d’un professeur russe de l’académie diplomatique du ministère russe des affaires étrangères, elle apparaît dans une interview de la Pravda, dont l’essentiel nous est restitué par Bloomberg.News le 24 novembre

2025? Nous y sommes…
Klare commence en citant le rapport du National Intelligence Council (NIC), dont nous parlions nous-mêmes le 21 novembre 2008, qui prévoyait une réduction radicale de l’influence US pour 2025, c’est-à-dire la fin de l’hégémonie – pour nous dire: 2025, c’est aujourd’hui! «But the economic crisis and attendant events have radically upset that timetable. As a result of the mammoth economic losses suffered by the United States over the past year and China's stunning economic recovery, the global power shift the report predicted has accelerated. For all practical purposes, 2025 is here already. Many of the broad, down-the-road predictions made in Global Trends 2025 have, in fact, already come to pass….»
La question centrale devient alors, aujourd’hui de savoir si, et si oui dans combien de temps, la situation présente (“la puissance des USA s’effondre”) risque-t-elle de se transformer en cette situation hypothétique mais selon nous inéluctable (“les USA s’effondrent”). Notre première réponse est que, désormais, le “quand” a complètement supplanté le “si”, désormais passé du stade de la question au stade de l’affirmation; notre seconde réponse est que le “quand” risque de concerner un délai très rapide, en fonction de la rapidité des événements et des pressions d’une communication qui continue à farder la réalité au profit du virtualisme en accentuant ainsi tension et pression. Notre constat est que les conséquences sur les relations internationales et, surtout, sur la perception psychologique du poids et de la légitimité du système de l’américanisme dans ces relations, avec sa mise en cause radicale, seront considérables, très rapides et bouleversantes. C’est notre thèse sur les effets de la disparition dans notre psychologie collective du mythe de l’American Dream.
Des USA aux DSA, l'hypothèse finale
Le titre de “Disunited States (of America)” renvoie contradictoirement au United States of America officiel et nous fixe sur le propos. Il s’agit, pour la période en cours, d’une des premières réflexions d’un commentateur de ce calibre, sur l’hypothèse, non pas seulement accidentelle et de crise (outre que l’hypothèse “accidentelle et de crise” est prise en compte), mais mûrement pesée de la perspective d’un éclatement des USA. La conclusion, amenée par un raisonnement modéré et rationnel, est d’une façon surprenante très radicale. Elle se résume à ceci: “éventuellement, pourquoi pas? Les Américains devraient y songer de crainte ou avant d’y être obligés…”
As if Things Weren't Bad Enough, Russian Professor Predicts End of U.S. - Source : The Wall Street Journal.

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Effondrement - Dmitry Orlov

Message par KrAvEuNn le Lun 5 Oct 2009 - 15:44

A lire de toute urgence (un peu long, mais intéressant) :

Orlov anticipe un effondrement des USA, dans la lignée de celui dont fut victime l'URSS, dans les années 1990 et donne quelques conseils pour nous y préparer.


- Combler le retard d’effondrement
- Les cinq stades de l’effondrement
- Les meilleures pratiques de l’effondrement social


Dmitry Orlov est né à Leningrad et a immigré aux États-Unis à l'âge de douze ans. Il a été témoin de l'effondrement soviétique lors de plusieurs visites prolongées sur sa terre natale russe entre la fin des années 1980 et le milieu des années 1990. Il est ingénieur et a contribué à des champs aussi variés que la physique des hautes énergies et la sécurité informatique. Il est aussi un théoricien majeur du pic pétrolier dont les travaux ont été publiés sur des sites tels que Life After the Oil Crash et Power Switch
extraits :



Les économies sont susceptibles de défaillances en cascade
* Les problèmes insolubles s’accumulent avec le temps.
* Les mécanismes de compensation ne sont utiles que jusqu’à un certain point.
* Un certain nombre d’événements peuvent mettre l’économie en état de choc.
* De multiples effets de contrecoup empêchent de revenir à la normale.
* Le glissement vers le bas acquiert un élan propre.
* Le système politique demeure intact mais souffre de paralysie.

L’environnement post-effondrement — les conséquences immédiates
* Dislocation sociale, chômage, perte de domicile, désespoir.
* Les autorités n’imposent plus le respect. Les forces de l’ordre sont débordées, remplacées par l’auto-défense locale et la sécurité privée. De nombreuses lois sont universellement ignorées.
* Des pénuries généralisées de nombreuses marchandises de base, particulièrement la nourriture, le carburant et la médecine.
* L’entretien de base est abandonné ou rationné. L’infrastructure se délabre et tombe en panne. Beaucoup de désastres, grands et petits.
* Pas de planification à long terme possible. Les nouveaux grands projets ne sont même pas envisagés. Toutes les adaptations réussies reposent sur l’infrastructure et l’inventaire existants.

L’environnement post-effondrement — que se passe-t-il ensuite ?
* Une nouvelle économie de subsistance et de troc émerge presque immédiatement.
* Le vieux capital — actions, obligations, capital d’équipement, argent liquide — n’a aucune valeur. Les relations, les services rendus, l’accès aux ressources prouvent la durabilité de leur valeur.
* Dépouillement des actifs : les actifs sont démantelés et réutilisés, entreposés, ou vendus pour la ferraille. De nombreux articles de valeur sont exportés (particulièrement les objets d’art, les antiquités, l’équipement scientifique et industriel).
* Des éléments du crime organisé, les anciens militaires et les anciennes forces de l’ordre se combinent en nouvelles structures de pouvoir (très embrouillées).

Faites-le vous-même — ce qu’il ne faut pas faire
* N’alimentez pas les feux du progrès et de la prospérité économique. Retirez votre argent des marchés financiers. Placez vos économies dans des objets durables de valeur pérenne. Retirez l’argent de la circulation. Éliminez l’endettement et réduisez votre dépendance d’un salaire constant.
* Ne vous évertuez pas à réussir économiquement. Optimisez pour un maximum de temps libre, d’indépendance et des responsabilités limitées. Ne travaillez pas trop dur ni trop longtemps.
* Ne participez pas à l’économie sans nécessité. Achetez aussi peu que possible. Réutilisez autant que vous le pouvez. Réduisez vos besoins physiques. Établissez des plans pour les réduire davantage.

Les réactions
* Stade 1 : Vivre sans avoir besoin (de beaucoup) d’argent
* Stade 2 : Subvenir aux besoins de base
* Stade 3 : Auto-gouvernement local
* Stade 4 : Communauté cohésive, responsabilité mutuelle
* Stade 5 : Vertus humaines classiques

Les priorités post-effondrement : nourriture, logement, transport et sécurité
En ce moment l’équipe de stimulation économique de Washington est en train de passer son scaphandre et de plonger jusque dans la salle des machines pour essayer d’inventer une façon de faire marcher un moteur diesel sous la mer. Ils parlent de changement, mais en réalité ils sont terrifiés par le changement et s’accrochent de toute leur force au statu quo. Mais ce jeu sera bientôt terminé, et ils n’ont pas la moindre idée de ce qu’ils vont faire ensuite.
Alors, que pourraient-ils faire ? Oublier la croissance, oublier les emplois, oublier la stabilité financière. Que devraient être leurs nouveaux objectifs réalistes ? Et bien les voilà : nourriture, logement, transport et sécurité. Leur tâche est de trouver une manière de fournir toutes ces commodités dans l’urgence, en absence d’une économie en fonctionnement, avec le commerce au point mort, avec peu ou pas d’accès aux importations, et de les rendre disponibles à une population largement sans le sou. S’ils réussissent, la société demeurera largement intacte, et sera capable d’entamer un lent et douloureux processus de transition culturelle, et finalement de développer une nouvelle économie, une économie se désindustrialisant graduellement, à un niveau bien plus bas de dépense des ressources, caractérisée par beaucoup d’austérité et même de pauvreté, mais dans des conditions sûres, décentes, et dignes. S’ils échouent la société va graduellement être détruite dans une série de convulsions qui laisseront un pays défunt composé de beaucoup de petits fiefs misérables. Compte-tenu de sa base de ressources grandement épuisée, de son infrastructure dysfonctionnelle en train de s’effondrer, et de son passé de conflits sociaux irrésolus, le territoire des ex-États-Unis subira une dégénérescence régulière ponctuée par des cataclysmes naturels et artificiels.
Nourriture. Logement. Transport. Sécurité. Quand il s’agit de fournir ces nécessités vitales, l’exemple soviétique offre beaucoup de précieuses leçons. Comme je l’ai déjà mentionné, lors d’un effondrement de nombreux négatifs économiques deviennent des positifs, et vice versa. Considérons chacun de ces points un par un.

Comment se préparer ?
J’ai couvert ce que je pense être fondamental, en me basant sur ce que j’ai vu fonctionner et ce qui, je pense, pourrait fonctionner raisonnablement bien ici. Je présume que nombre d’entre vous pensent que tout cela est très loin dans l’avenir, si jamais en fait cela devient aussi mauvais. Vous pouvez évidemment vous sentir libre de penser ainsi. Le danger ici est que vous manquerez l’opportunité de vous adapter à la nouvelle réalité avant l’heure, et ensuite vous serez piégé. Comme je le vois, il y a un choix à faire : vous pouvez accepter l’échec du système maintenant et changer de cap en conséquence, ou vous pouvez décider que vous devez essayer de maintenir le cap, et alors vous devrez probablement accepter votre propre échec individuel plus tard.
Alors, comment se prépare-t-on ? Récemment, j’ai beaucoup écouté des gens puissants et brillants parler de leurs divers associés puissants et brillants. Habituellement, l’histoire se déroule à peu près comme ceci : Mon a) conseiller financier, b) banquier d’investissement, ou c) officier de commandement a récemment a) converti son argent en or, b) acheté une cabane en rondins dans les montagnes, ou c) construit un bunker sous sa maison garni de six mois de nourriture et d’eau. Est-ce normal ? Et je leur dis, oui, bien sûr, c’est parfaitement inoffensif. Il fait juste une crise de milieu d’effondrement. Mais ce n’est pas vraiment de la préparation. C’est juste être pittoresque à contretemps, d’une manière contre-culturelle.
Alors, comment se prépare-t-on vraiment ? Passons en revue une liste de questions que les gens me posent typiquement, et je vais essayer de répondre brièvement à chacune d’entre elles.
Bon, première question : que penser de tous ces scoubidous financiers ? Que se passe-t-il bon sang ? Les gens perdent leur emploi à gauche et à droite, et si nous calculons le chômage de la même manière qu’on le faisait durant la Grande Dépression, au lieu de regarder les chiffres truqués dont le gouvernement essaie de nous abreuver maintenant, alors nous nous dirigeons vers vingt pour cent de chômage. Et y a-t-il la moindre raison de penser que cela va s’arrêter là ? Croyez-vous par hasard que la prospérité est au coin de la rue ? Non seulement les emplois et la valeur immobilière s’évaporent, mais les fonds de retraite aussi. Le gouvernement fédéral est fauché, les gouvernements des États sont fauchés, certains plus que d’autres, et le mieux qu’ils puissent faire est d’imprimer de l’argent, qui va rapidement perdre de la valeur. Alors, comment pouvons nous nous procurer l’essentiel si nous n’avons pas d’argent ? Comment fait-on cela ? Bonne question.
Comme je l’ai brièvement mentionné, l’essentiel est la nourriture, le logement, le transport, et la sécurité. Le logement pose un problème particulièrement intéressant en ce moment. Il est encore beaucoup trop cher, avec beaucoup de gens payant des crédits et des loyers qu’ils ne peuvent plus se permettre tandis que de nombreuses propriétés restent vacantes. La solution, bien sûr, est d’arrêter les frais et de cesser de payer. Mais alors il se pourrait que vous deviez bientôt vous reloger. Ce n’est pas grave, car, comme je l’ai mentionné, il n’y a pas de pénurie de propriétés vacantes par ici. Trouver un bon endroit pour vivre deviendra de moins en moins une difficulté à mesure que les gens cessent de payer leur loyer et leur crédit et se trouvent saisis ou expulsés, parce que le nombre de propriétés vacantes ne fera que croître. Le meilleur plan d’action est de devenir gardien, occupant légitimement une propriété vacante sans loyer, en gardant un œil sur les choses pour le propriétaire. Que faire si vous ne pouvez pas trouver un poste de gardien ? Et bien, vous pourriez alors devenir squatteur, tenir à jour une liste d’autres propriétés vacantes où vous pouvez aller ensuite, et garder votre matériel de camping sous la main au cas où. Si vous êtes viré, il y a des chances pour que les gens qui vous ont viré pensent alors à embaucher un gardien, pour tenir éloigné les squatteurs. Et que faire si vous devenez gardien ? Et bien, vous prenez soin de la propriété, mais vous veillez aussi sur tous les squatteurs, car ils sont la raison pour laquelle vous avez un endroit légitime pour vivre. Un tiens squatteur vaut trois proprio-absent-tu-l’auras. Le logeur absent pourrait finalement arrêter les frais et s’en aller, mais vos amis squatteurs resteront vos voisins. Avoir des voisins est tellement mieux que de vivre dans une ville fantôme.
Et si vous avez encore un emploi ? Comment se préparer alors ? La réponse évidente est : soyez prêt à démissionner ou à être licencié à n’importe quel moment. Cela n’a vraiment pas d’importance que ce soit l’un ou l’autre ; l’important est de subir zéro dommage psychologique dans le processus. Rapprochez votre rythme de dépense aussi près de zéro que vous le pouvez, en dépensant aussi peu d’argent que possible, afin que lorsque cet emploi se sera envolé, peu de choses aient à changer. Au travail, faites-en le moins possible, parce que toute cette activité économique n’est qu’un fardeau terrible pour l’environnement. Laissez-vous juste porter jusqu’à un arrêt et sautez.
Si vous avez encore un emploi, ou si vous avez encore quelques économies, que faire de tout cet argent ? La réponse évidente est : accumulez de l’inventaire. L’argent ne vaudra plus rien, mais une boite de clous en bronze sera toujours une boite de clous en bronze. Achetez et entreposez des choses utiles, particulièrement des choses qui peuvent être utilisées pour créer diverses sortes de systèmes alternatifs pour produire de la nourriture, procurer du logement, et procurer du transport. Si vous ne possédez pas clairement et nettement un bout de terre où vous pouvez entreposer des choses, alors vous pouvez louer un espace de stockage, payer quelques années d’avance, et rester simplement assis dessus jusqu’à ce que la réalité reparte à nouveau et qu’il y ait quelque chose d’utile pour vous à faire avec. Certains d’entre vous sont peut-être effrayés par l’avenir que je viens de décrire, et à juste titre. Il n’y a rien qu’aucun d’entre nous puisse faire pour changer le chemin sur lequel nous sommes : c’est un énorme système avec une inertie formidable, et essayer de changer son chemin est comme essayer de changer le chemin d’un ouragan. Ce que nous pouvons faire est nous préparer nous mêmes, et les uns les autres, principalement en changeant nos attentes, nos préférences, et en diminuant nos besoins. Cela peut signifier que vous passerez à côté de quelques derniers petits plaisirs incertains. D’un autre côté, en se refaçonnant en quelqu’un qui pourrait avoir une meilleure chance de s’adapter aux nouvelles circonstances, vous serez capable de vous donner, et de donner aux autres, une grande quantité d’espoir qui autrement n’aurait pas existé.

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Re: La prospective de A à Z

Message par Jocelyn le Mer 7 Oct 2009 - 17:35

Je viens de finir de lire les 3 textes, c'est très intéressant.

Cela met certaines choses en perspectives, comme l'effondrement politique, pour lequel je n'avais pas vraiment d'illustration en tête.

En plus du parallèle entre la situation des Etats-Unis (entendre "Occident") et l'effondrement de l'Union Soviétique (l'auteur donnes des indices utiles pour reconnaitre l'avancée de la situation), l'auteur donnes des détails pratiques utiles pour l'individu (particulièrement dans le dernier texte).

L'entraide et l'utilité d'avoir des contacts et des connaissances est ici bien justifiée. Cette nécessité semble autant valorisée, voir plus, qu'obtenir une autonomie autarcique. La capacité à produire de la nourriture et à se loger gratuitement est présenté comme un avantage indéniable, mais insuffisant pour l'auteur, pour des raison de sécurité, et de biens impossibles produire seuls. (Enfin, c'est mon interprétation du texte.)

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Re: La prospective de A à Z

Message par KrAvEuNn le Dim 13 Déc 2009 - 18:30



Définancialisation, Démondialisation, Relocalisation


Autres documents de Dmitry Orlov en Français

Blog de Dmitry Orlov, principalement en Anglais


Exposé un peu long :

on doit tous se préparer à une vie sans beaucoup d’argent, où les produits importés sont rares et où les gens doivent subvenir à leurs propres besoins et ceux de leurs voisins immédiats. Je prendrai pour point de départ l’évolution de l’effondrement de l’économie mondiale, et vais discuter de ce qui pourrait survenir. Cela a commencé avec l’effondrement des marchés financiers l’an dernier, et il en résulte maintenant une diminution du volume du commerce international sans précédent. Ces évolutions ont aussi commencé à affecter la stabilité politique des différents pays à travers le monde. Quelques gouvernements se sont déjà effondrés, d’autres suivent peut-être le même chemin, et il ne faudra plus attendre longtemps avant que nos cartes soient redessinées radicalement.
Mon plan
Je tiens à offrir une alternative plus réaliste. Tout le monde devrait garder un dollar américain à but purement didactique. De cette façon, tous les Américains seront en mesure de montrer leur billet de un dollar à leurs petits-enfants, et leur dire : «Essayez de vous imaginer, ce vilain bout de papier était autrefois appelé Le Dollar Tout-Puissant !» Et leurs petits-enfants penseront sans doute qu’ils sont un peu fous, mais ils le penseraient sans doute de toute façon. Mais il ne serait pas utile pour eux de disposer de plusieurs boîtes à chaussures pleines de dollars, car alors leurs petits-enfants penseraient qu’ils sont tout à fait séniles, car aucune personne sensée ne stockerait de tels déchets.
7. Une série d’objectifs raisonnables

Maintenant, je m’attends à ce que beaucoup de gens trouvent cette vision trop sombre et se sentent découragés. Mais je pense que c’est tout à fait compatible avec une vision positive de l’avenir, alors permettez-moi d’essayer de l’articuler.
Tout d’abord, on a un certain contrôle. Bien qu’on ne doive pas mettre trop d’espoir dans la civilisation industrielle dans son ensemble, il y a certainement quelques bribes qu’il convient de sauver. Les actifs financiers peuvent ne pas tenir longtemps dans ce monde, mais en attendant, on peut les redéployer à bon escient pour le long terme.
Deuxièmement, on peut prendre des mesures pour se donner le temps de s’y adapter. En sachant à quoi s’attendre, on peut se préparer à le surmonter. On peut imaginer quelles options seront fermées en premier, et créer des alternatives, de sorte qu’on ne tombe pas à court d’options.
Enfin, on peut se concentrer sur ce qui est important : la préservation d’une écosphère dynamique qui prend en compte la diversité de la vie, y compris notre propre descendance. Je ne peux imaginer que peu d’options à court terme devant l’emporter sur ce point - c’est notre première priorité.
15. Au-delà de la finance : Maîtriser d’autres types de risques
Pour revenir un instant sur les pauvres banquiers et économistes, il semble assez hypocrite pour nous de traiter l’économie et la finance comme un cas particulier de personnes qui génèrent beaucoup de risques absolus. Connaît-on des exemples de risques qu’on a bien compris et contre lesquels on s’est prémuni à temps ? Y a t-il vraiment des problèmes systémiques sérieux qu’on a été en mesure de résoudre ? ... Le mieux qu’on semble pouvoir faire, c’est de gagner du temps. En fait, il semble que ce soit ce pourquoi on excelle - remettre à plus tard l’inévitable par un travail assidu et acharné. Aucun de nous ne veut agir précipitamment sur base de notre compréhension de ce qui se produira finalement, parce que cela peut ne pas se produire encore pendant un certain temps. Et pourquoi vouloir faire tanguer le navire en attendant ? Le seul risque qu’on semble incapable d’atténuer est le risque de ne pas trouver sa place dans le milieu économique, social et culturel. Et que nous arrive-t-il, si l’ensemble de notre milieu tangue finalement à l’extrême ? Eh bien, la façon dont nous le planifions est de ne pas y penser.
16. Le plus grand de tous les risques

Le plus grand de tous les risques, à mon avis, c’est que l’économie industrielle agonise pendant quelques années encore, peut-être même une décennie ou plus, en laissant une dévastation environnementale et sociale sur son passage. Une fois qu’elle rendra enfin l’âme, elle ne laissera rien derrière elle pour permettre de repartir sur d’autres voies. Pour atténuer ce risque, nous devons concevoir des alternatives, à petite échelle, qui ne perpétuent pas ce système et qui peut fonctionner sans lui.
L’idée de perpétuer le statu quo par d’autres moyens est omniprésente, parce que beaucoup de personnes au pouvoir et d’autorités souhaitent préserver leurs positions. Et à peu près toutes les propositions que nous voyons visent à éviter l’effondrement au lieu de se concentrer sur ce qui vient après. Un premier exemple est l’incitation au développement d’énergies alternatives. Beaucoup de ces solutions ne sont en fait que des amplificateurs de combustibles fossiles et non des sources d'énergies autonomes, sans matières premières : il leur faut absolument une source d’énergie fossile. De plus, beaucoup d’entre elles nécessitent une base industrielle intacte, qui fonctionne avec des combustibles fossiles. Une rumeur se répand que ces alternatives ne sont pas déjà opérationnelles pour d’infâmes raisons : malversations de la part des compagnies pétrolières cupides et ainsi de suite. La vérité est que ces solutions de rechange ne sont pas aussi performantes, physiquement ou économiquement, que les combustibles fossiles. Voilà le vrai point à méditer : Si on n’a plus les moyens d’acheter du pétrole ou du gaz naturel, pourquoi penser qu’on peut envisager des alternatives moins puissantes et plus coûteuses ? Et voici une question : Si on n'a plus les moyens pour investir dans l’infrastructure nécessaire à l’extraction du reste de pétrole et de gaz naturel, pourquoi penser qu’on va trouver l’argent pour développer les alternatives au moins bon rapport coût-performance ?
17. Combien de temps reste-t-il ?

Ce serait excellent si plus de gens réalisaient cela, et commençaient à organiser mieux leur vie de façon un peu plus durable. Mais l’inertie sociale est très grande, et le processus d’adaptation prend du temps. Et la question est, reste-il assez de temps pour qu’un grand nombre de personnes puissent le réaliser et s’y adapter, ou devra-t-on endurer beaucoup d’inconfort ?
Je crois que les gens qui commencent le processus maintenant ont une assez bonne chance de faire la transition à temps. Mais je ne pense pas qu’il est bien sage d’attendre et d’essayer de prolonger une vie confortable quelques années de plus. Non seulement ce serait une perte de temps sur le plan personnel, mais se serait un gaspillage de ressources dont on a besoin pour faire la transition.
Je concède que le choix est difficile : ou bien on attend que les circonstances nous forcent à changer, au point qu’il sera trop tard pour faire quoi que ce soit, ou on s’y prépare à l’avance. Si on pose la question, combien de personnes sont susceptibles de faire la transition ? - Alors, on pose une mauvaise question. La question pertinente est : Va-t-on s’y adapter tout seul ? Et je pense que la réponse est, probablement pas, car il y a peu de personnes qui pensent ainsi.
19. «Effondrement» ou «Transition» ?

C’est plutôt difficile pour la plupart des gens de prendre des mesures importantes, même individuellement. C’est encore plus difficile à faire pour un couple. Je connais beaucoup de cas où une personne comprend la situation et est prête à apporter des changements majeurs dans l’organisation de vie, mais le partenaire ou le conjoint n’est pas réceptif. Si elles ont des enfants, alors cela multiplie les contraintes, parce que les adaptations qui seraient nécessaires post-effondrement paraissent une régression des conditions de vie avec une mentalité pré-effondrement. Par exemple, dans de nombreux endroits aux États-Unis, éduquer un enfant dans un lieu sans électricité, chauffage, eau courante peut être assimilé à de la maltraitance envers les enfants, et les autorités débarquent et soustraient les enfants. Si il y a des grands-parents concernés, alors les malentendus se multiplient. On peut mettre quelques espoirs dans des communautés volontaires : des groupes qui décident de faire le pas en milieu rural.
Quand il s’agit de groupes plus importants : les villes, par exemple, toute discussion sérieuse sur l’effondrement est hors de portée. Les sujets de discussion porteront sur la manière de perpétuer le système actuel par d’autres moyens : énergies renouvelables, agriculture biologique, inaugurer ou soutenir des entreprises locales, le vélo au lieu de voitures, etc. Ce ne sont certainement pas de mauvaises choses à discuter, ou à faire, mais qu’en est-il de la simplification sociale radicale qui sera nécessaire ? Et y a-t-il une raison de penser qu’il est possible d’atteindre cet objectif de simplification radicale par une série de mesures contrôlées ? N’est-ce pas un peu comme demander à une équipe de démolition de démolir un bâtiment brique par brique au lieu de la manière habituelle. A savoir, le dynamiter, le faire exploser, le raser et débarrasser les débris ?
24. Monnaies locales/alternatives

On discute beaucoup sur les moyens de changer la fonctionnement de l’argent, de sorte qu’il puisse servir les besoins locaux plutôt que d’être l’un des principaux outils pour l’extraction des richesses de l’économie locale. Mais on ne discute pas de la raison pour laquelle l’argent est généralement nécessaire. C’est un à priori. Certaines communautés n’ont que peu ou pas d’argent. Elles enterrent peut-être un pot de pièces quelque part dans le jardin, pour les occasions spéciales, mais n’ont pas d’argent pour l’usage quotidien.
Le manque d’argent rend certaines choses très difficiles. Par exemple : les jeux d’argent, les prêts usuraires, l’extorsion, la corruption et la fraude. Il rend également plus difficile d’amasser des richesses, ou de l’extraire d’une communauté et les transférer ailleurs commodément sous forme compacte. Lorsqu’on utilise l’argent, on cède le pouvoir à ceux qui créent de l’argent (par la création de la dette), et qui détruisent l’argent (par l’annulation de la dette). On renforce également le pouvoir de la classe des experts dans la manipulation des règles arbitraires et le calcul des abstractions plutôt que les personnes en relation directe avec le monde physique. Ce voile de la métaphore permet de masquer les niveaux de violence effroyable, par la représentation symbolique d’une simple inscription comptable. Les gens, les animaux, les écosystèmes deviennent de simples numéros sur un bout de papier. D’autre part, cette capacité de représenter les différents objets par des symboles identiques provoque beaucoup de confusion. Par exemple, j’ai entendu des gens plutôt intelligents déclarer que les fonds publics, qui ont été alloués à des institutions financières pour les faire paraître solvables, pourraient être beaucoup mieux dépensés pour l’alimentation des veuves et des orphelins. C'est une incompréhension totale que des quantités astronomiques de chiffres créés ex nihilo et transférés entre deux ordinateurs (un à la banque centrale, l’autre à une banque privée) ne puissent pas directement nourrir tout le monde, parce qu’on ne mange pas des chiffres mais de la nourriture que les banques sont incapables de créer ex nihilo.
25. Croyance en la science et la technologie

Une accusation que j’ai souvent entendu est que je ne comprends pas le pouvoir de l’innovation technologique et le système de libre marché. Si je le faisais, je pourrais apparemment avoir plus de foi en un avenir où la technologie avancée balayerait nos dilemmes actuels, les remplaçant par une nouvelle vague d’éco-développement durable. Mon problème est que je ne suis pas un économiste ou un homme d’affaires : je suis un ingénieur avec une formation scientifique. Le fait que j’ai travaillé pour plusieurs start-up technologiques n’arrange rien.
Je sais à peu près le temps qu’il faut pour innover : avoir l’idée, convaincre les gens qu’il vaut la peine d’essayer, essayer, échouer à plusieurs reprises, éventuellement réussir, et arriver ensuite à la phase d’utilisation réelle. Il faut des décennies. On ne les a pas. On a déjà échoué à innover le moyen de s’en sortir.
De plus, à bien des égards, l’innovation technologique nous a fait un grand tort. Un bon exemple est l’innovation dans l’agriculture. La soi-disant «révolution verte» a permis d’augmenter les rendements des cultures en utilisant la pétrochimie, créant des générations d’agro-toxicomanes ne dépendants que d’une ou deux cultures. En Amérique du Nord, des échantillons de cheveux ont permis de déterminer que 69% de tout le carbone provient d’une seule plante : le maïs. Alors, quelle innovation technologique va-t-on imaginer pour que cette population dépendante du maïs puisse diversifier ses sources d’alimentation et apprendre à se nourrir sans utiliser la pétrochimie ?
Croire que la technologie va nous sauver est illusoire. Les efforts visant à créer des machines intelligentes ont échoué parce que les ordinateurs sont beaucoup trop difficiles à programmer, mais les humains se révèlent faciles à programmer pour les ordinateurs. Partout où je vais, je vois des gens faire appel à leurs unités d’aide mentale. Beaucoup d’entre eux ne peuvent plus fonctionner sans elles : ils ne savent où aller, à qui parler, ou même où trouver des repas sans un petit boîtier électronique qui leur dise quoi faire.
Tout ça sont de grands progrès pour le maïs et pour le iPhone, mais est-ce pour autant un progrès pour l’humanité ? J’en doute. Avons-nous vraiment envie de ne manger que du maïs et de ne regarder que des pixels, ou faut-il accorder plus d’attention à la vie ? Certains croient en l’émergence du royaume de l’intelligence en réseau - une sorte d’utopie de l’intelligence artificielle, en réseau - où les machines deviennent hyperintelligentes et résolvent tous nos problèmes. Et notre plus grand espoir serait que, en cas de besoin, les machines soient aimables pour nous et nous montrent la bonté ? Si c’est le cas, quelle raison auraient-elles de nous respecter ? Pourquoi ne voudraient-elles pas plutôt nous tuer ? Ou nous asservir. Oh, un instant, peut-être le font-elles déjà !

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Re: La prospective de A à Z

Message par mado le Lun 14 Déc 2009 - 10:56

Passionnant ! Et le style est excellent, avec une ironie mordante.

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et un temps--très long--pour se relever.
.


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Re: La prospective de A à Z

Message par KrAvEuNn le Mer 2 Juin 2010 - 7:20

Bonjour,

Conférence vidéo d'Orlov - " Social Collapse Best Practices " (en anglais sur ce lien et en français, ci-dessous) très pessimiste, donc à prendre avec un certain recul :


1/6 Dimitri Orlov: survivre à l'effondrement

2/6 Dimitri Orlov: survivre à l'effondrement

3/6 Dimitri Orlov: survivre à l'effondrement

4/6 Dimitri Orlov: survivre à l'effondrement

5/6 Dimitri Orlov: survivre à l'effondrement

Pas d'épisode 6 ; toutefois, toute la conférence est disponible, en anglais, sur le premier lien donné.

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Re: La prospective de A à Z

Message par KrAvEuNn le Dim 28 Juil 2013 - 10:22

Salut !

Un scénario de crise économique intéressant ; à lire sans toutefois le prendre pour une prophétie. Alexandre Aïvazov (économiste, expert indépendant, spécialiste des cycles économiques) : "Le dollar s'effondrera en 2014"
A quoi ressemblera le monde d'après-crise?

La particularité de la période actuelle est que selon les cycles d'accumulation de capital (Braudel, Arrighi), il s'y produira un transfert du cycle américain vers le cycle asiatique, dont les leaders sont actuellement la Chine et le Japon. Des pays dont les économies sont basées sur le modèle postkeynésien reposant sur les principes de collectivisme et de solidarité, aux antipodes de l'individualisme et de la concurrence intrinsèques au modèle anglo-saxon. C'est un changement important qui s'accompagnera de bouleversements dans l'économie mondiale.

Grossièrement, notre économie mondialisée actuelle va se scinder en plusieurs méga-régions, à l'instar de l'UE. On assiste d'ores et déjà à la formation de pôles économiques comme le NAFTA (USA, Mexique, Canada et qui devrait intégrer à terme la Grande-Bretagne), la Chine avec l'ASEAN, les pays d'Amérique latine, la Communauté économique eurasiatique.

Chaque méga-région aura sa devise de base, ses instituts, ses lois et ses règles en matière de relations interétatiques, compte tenu des spécificités culturelles, nationales, religieuses et civilisationnelles des États membres. Ces méga-régions vont tisser entre elles de nouvelles relations au niveau mondial.

D'ici 2020, le monde aura un visage radicalement différent de celui qu'on lui connaît aujourd'hui.

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Re: La prospective de A à Z

Message par Catharing le Mer 25 Sep 2013 - 21:49

Salut,

Article paru dans Le Sauvage qui reprend l'analyse du dernier livre de David Holmgren  (2009) "Future Scenarios : how communities can adapt to peak oil and climate change" faite par Damien Perrotin sur Agoravox.
Pas récent mais analyse qui rentre dans le cadre de ce fil..clind'oeil 

Extraits:

" David Holmgren n’est pas un inconnu dans le monde de l’écologie et de la soutenabilité. Cet australien né en 1955 a été avec Bill Mollison l’inventeur du concept de Permaculture.
Son dernier livre Future Scenarios : how communities can adapt to peak oil and climate change  a donc suscité un intérêt certain dans le monde, malheureusement restreint, de ceux qui s’intéressent au pic énergétique et ses conséquences sur nos sociétés, tout comme d’ailleurs son site : future scenario.org
Dans ce petit livre d’environ 120 pages, David Holmgren examine notre avenir à la lumière de la situation écologique présente. "

Holgrem envisage d’abord quatre futurs possible pour notre civilisation :

- La techno-explosion
- La techno-stabilité
- L’effondrement
- La descente énergétique

Récusant les deux premiers scénarios et jugeant peu probable le troisième (l'effondrement),il se concentre sur la descente énergétique.
Même si la crise qui assaille notre civilisation est multiforme, Holmgren estime que les deux plus importants, parce qu’ils déterminent tous les autres, sont le changement climatique et le pic énergétique.
La seule question qui se pose c’est de savoir quelle sera la sévérité du changement climatique et du déclin énergétique, et comment ils se combineront pour changer la société.

Pour répondre Holmgren établit quatre scénarios :


  • Brown tech : changement climatique sévère et déclin lent de la production d’énergie
  • Green tech : déclin énergétique et changement climatique modérés
  • Earth steward : déclin énergétique rapide mais changement climatique modéré
  • Lifeboat  : changement climatique sévère et rapide déclin énergétique


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Il suffit que tu les déplaces en terre, au soleil, en plein vent, sous la pluie, pour qu'ils crèvent. Tellement ils sont fragiles
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Re: La prospective de A à Z

Message par Barnabé le Lun 17 Mar 2014 - 13:02

La Nasa vient de publier une étude, qui analyse les cas d'effondrements de sociétés et d'empires, et en déduit que l'empire occidental pourrait bien s'effondrer.
Selon une étude financée par la Nasa, la question n’a rien de théorique: notre civilisation serait condamnée à un effondrement total. Cette mise en garde ne vient pas d'un Nostradamus des temps modernes, mais d'un groupe de scientifiques qui ont utilisé un mode de recherche original: les enseignements de l’Histoire.
Le site du Guardian rapporte que des sociologues et des naturalistes ont développé un nouveau modèle montrant comment "une tempête parfaite" pourrait détruire la civilisation actuelle.

Cette nouvelle étude sponsorisée par le Goddard Space Flight Center met en lumière la manière dont l’exploitation des ressources et l’inégale distribution des richesses mènera " dans quelques décennies " à un effondrement de notre système économique.

http://www.rtbf.be/info/societe/detail_une-etude-de-la-nasa-met-en-garde-contre-la-chute-de-l-empire-occidental?id=8223283
L'article du Guardian, qui semble bien renseigné et qui est écrit par un spécialiste du sujet (en anglais) :
http://www.theguardian.com/environment/earth-insight/2014/mar/14/nasa-civilisation-irreversible-collapse-study-scientists

Dit rapidement, ce n'est pas nouveau ; mais la nouveauté semble résider dans le développement d'un modèle assez pointu et pluridisciplinaire. L’étude repose sur un nouveau modèle de disciplines croisées, baptisé Handy (Human And Nature DYnamical). L’étude est conduite par le mathématicien Safa Motesharri (du Centre national de synthèse socio-environnemental qui est soutenu par la Fondation nationale pour la science des USA), en association avec une équipe de scientifiques issus des sciences dures et des sciences humaines et sociales.
(A noter le piège de traduction : en anglais, natural sciences ne désigne pas seulement nos "sciences naturelles", mais aussi la chimie, la physique... tout ce qui n'est ni les "humanités" (sciences humaines et sociales) ni les mathématiques et la logique. C'est pour ça que j'ai traduit natural sciences par sciences dures...à défaut de mieux).

En recherchant des infos sur ce sujet, j'ai trouvé deux choses :
1) je n'arrive pas à mettre la main sur l'étude elle-même. Peut-être parce qu'elle a été publiée dans une revue qui ne veut pas que ses papiers s'éparpillent sur l'internet ?
2) je suis tombé sur l'info, datant de septembre dernier, qu'un groupe travaillant sur les événements catastrophiques de faible probabilité mais avec potentiellement de grosses conséquences. Pas eu le temps d'en lire plus pour l'instant mais ça peut intéresser des gens ici : http://www.independent.co.uk/news/science/stephen-hawkings-on-the-team--but-why-no-bruce-willis-worlds-biggest-brains-get-together-to-work-out-how-to-save-us-all-from-the-end-of-the-world-8812919.html

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Re: La prospective de A à Z

Message par Cyrus_Smith le Jeu 20 Mar 2014 - 7:11

Barnabé a écrit:1) je n'arrive pas à mettre la main sur l'étude elle-même. Peut-être parce qu'elle a été publiée dans une revue qui ne veut pas que ses papiers s'éparpillent sur l'internet ?
Je pense qu'elle correspond plus ou moins à ça.

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la fin du monde. Encore...

Message par Résilient le Jeu 20 Mar 2014 - 7:32

Pour le fil http://www.le-projet-olduvai.com/t2634-la-prospective-de-a-a-z#138439, merci !

"L'apocalypse annoncée
Dans un rapport fuité de l'ONU, les experts du changement climatique annoncent des situations catastrophiques pour l'humanité, rapporte The Independent.
"Changement climatique : la prédiction officielle de la damnation", titre The Independent, se référant à une version non-définitive d'un rapport du Giec, le Groupe d'experts international sur l'évolution du climat, dont le quotidien a pris connaissance. Le rapport, qui devrait être publié à la fin du mois de mars, prévoit que d'ici la fin du siècle la montée des eaux générée par le changement climatique obligera "des centaines de millions de personnes à se déplacer suite aux inondations le long des côtes et suite aux pertes de terres".
La suite : http://mobile.courrierinternational.com/article/2014/03/18/l-apocalypse-annoncee
A noter que le GIEC pédale un peu dans la semoule depuis quelques temps, notamment avec cette histoire de "plateau climatique". Il y a a ce sujet un très bon dossier "Mais où est passé le réchauffement climatique ? " paru dans le Science & Vie de décembre 2013

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Re: La prospective de A à Z

Message par KrAvEuNn le Ven 4 Avr 2014 - 9:44

Barnabé a écrit:La Nasa vient de publier une étude, qui analyse les cas d'effondrements de sociétés et d'empires, et en déduit que l'empire occidental pourrait bien s'effondrer.
Juste pour info et pour ceux qui n'ont pas lu le fil [Intox] C'est la fin de notre civilisation (étude financée par une des agences de la NASA), l'étude ne vient pas de la NASA, mais a été financée par une des 13 agences de la NASA, le GSFC, et a été réalisée par le National Socio-Environmental Synthesis Center.

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Re: La prospective de A à Z

Message par KrAvEuNn le Sam 6 Fév 2016 - 13:33

Salut !

Orlov, plus sombre - et quelque peu vindicatif - que jamais, joue le jeu des prescriptions pour 2016 et nous donne ce conseil : Effondrez-vous rapidement et souvent !

Pour lui les choses vont continuer comme avant - dégradation des conditions de vie, fuite en avant, déni, etc -, juste qu'à ce que quelque chose rompt brutalement, provoquant l'implosion de la civilisation industrielle - modèle occidental - moderne telle que nous la connaissons.

Ce qu'Orlov préconise - pour hier déjà  mrsgreen - c'est d'adopter volontairement un processus de vie résilient et d'autosuffisant afin de devenir autonome, hors réseaux, et ceci en vue d'affronter le futur effondrement qui se profile - selon lui - à l'horizon tout proche.
Si le réseau électrique s’effondre maintenant puis après-demain, alors vous finirez par apprendre que vous devez vous procurer un système 12V, un générateur, des panneaux solaires, une éolienne, et installer des lumières LED.
• Si la pression de l’eau descend périodiquement à zéro, alors vous apprendrez que vous devez installer des citernes, un système de filtration, une pompe à la demande, et de quoi recueillir l’eau sur le toit.
• Si la collecte des ordures s’interrompt par périodes, alors vous allez apprendre à incinérer et à composter, puis vous essaierez de minimiser la quantité de déchets non biodégradables que vous générez.
• Si le travail rémunéré disparaît pendant de longues périodes, alors vous apprendrez que vous devez garder quelques mois d’épargne pour passer ces mauvais moments.
• Si les magasins en viennent à être à court de nourriture sur une base semi-régulière, alors vous apprendrez que vous avez besoin de faire croître votre propre nourriture, mettre un poulailler dans la cour arrière et déterminer de combien de rangs de pommes de terre vous avez besoin.
• Si les banques confisquent régulièrement tout votre argent (ce que l’on appelle un bail-in, et cela a effectivement été rendu légal il y a peu), alors vous allez apprendre à garder le moins d’argent possible dans les banques, et trouver ailleurs des formes plus fiables où stocker vos économies.
• Si vous deviez vous trouver périodiquement coupé du système médical, alors vous voudriez trouver des moyens de rester en bonne santé et de vous traiter vous-même.
• Si, périodiquement, il est impossible d’acheter de l’essence, vous apprendrez que vous ne pouvez pas compter sur votre voiture, et vous privilégierez plutôt le vélo ou la marche à pied, ou vous prendrez les transports publics.
• Si le gouvernement de votre pays tourne périodiquement au fascisme et commence à détenir, torturer et tuer des gens sans discernement, alors vous apprenez que vous devez vous procurer un deuxième passeport et le moyen de sortir du pays à la hâte.

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