Les bonnes nouvelles sont ennuyeuses....

Aller en bas

Les bonnes nouvelles sont ennuyeuses.... Empty Les bonnes nouvelles sont ennuyeuses....

Message par Catharing le Jeu 19 Sep 2019 - 22:00

Salut,

«Sentez-vous combien vous êtes entourés par des nouvelles négatives?
 Vous n’arrivez plus à lire les nouvelles du matin? 
Vous pensez que les informations positives sont un mythe?

Nous allons tenter de vous prouver le contraire demain!», expliquaient les journalistes russes.

Comme promis, pendant toute la journée du 1er décembre (2014), le site a décrit un «monde bisounours» idyllique, ne s’attardant jamais sur les aspects négatifs des événements, titrant par exemple ainsi: «Aucune perturbation sur les routes malgré la neige».
«Nous avons cherché des points positifs dans chaque information et nous les avons trouvés», explique le rédacteur en chef, Viktoriya Nekrasova. «Le problème est que personne ne voulait le lire», ajoute-t-il.


Bilan de cette journée?
Ce jour-là, The City Reporter (site d’information locale basé à Rostov-sur-le-Don en Russie) a perdu 70% de ses lecteurs.... wall

L'article

D'où nous vient cette fascination pour les catastrophes et autres mauvaises nouvelles ? Serions-nous tous des voyeurs morbides ? Cette curiosité malsaine est indissociable de la nature humaine de l'avis de Joël de Rosnay


Extraits
- La peur est un mécanisme utile à la survie de l'espèce.

......Selon les mécanismes biologiques de la sélection darwinienne, on sait que les êtres vivants (humains, animaux), qui se souviendront des mauvaises expériences et de la manière d'échapper à toutes sortes de périls (catastrophes naturelles, prédateurs en tous genres, accidents de la vie et de la route...), auront de meilleures chances d'échapper à la mort. Ils pourront procréer, assurer le développement de leur famille et donc contribuer à assurer la survie de l'espèce.

- Les faits positifs n'ont pas la même utilité.
Il n'est donc pas étonnant que les faits positifs, même lorsqu'ils reçoivent un écho dans le public, soient si vite oubliés : ils n'ont pas la même utilité pour la survie de l'espèce. S'ils suscitent des moments d'émotion parfois intenses, des souvenirs fédérateurs, ils ne causent pas de traumatismes dans la mémoire collective comme le ferait une grande frayeur.

Savoir éviter ou s'extirper des situations potentiellement dangereuses est un avantage, utile certes, mais il faut laisser du champ à la prise de risques, à la création collective.
Poussé à l'extrême, cet appétit pour les mauvaises nouvelles risque de nous paralyser, de limiter la prise de risques, de nous faire voir le monde en noir, de donner l'impression de ne pas maîtriser notre destin.

C'est aussi ce qui a mené à l'introduction du fameux « principe de précaution » dans la Constitution française.

Un principe qui, s'il est appliqué trop systématiquement, risque d'annihiler la créativité et, au-delà, le « désir d'avenir » puisque le futur n'est plus un champ des possibles, mais une terra incognita dominée par la peur de l'inconnu, la peur d'avoir peur...
C'est la dose qui fait le poison disait Paracelse, et tout en ce bas monde est question d'équilibre.
........

-Un cerveau programmé pour la survie plus que pour le bonheur

Paradoxalement, et contrairement aux idées reçues, les nombreuses expériences réalisées par des laboratoires de psychosociologie à travers le monde tendent à démontrer que c'est le public qui « programme » les médias et les poussent à diffuser des mauvaises nouvelles et non l'inverse. D'après les scientifiques qui ont réalisé ces études, notre cerveau, programmé pour la survie (plus que pour le bonheur) contiendrait un « biais négatif » (negative brain bias) destiné à renforcer le système de mémorisation par le stress et l'émotion que nous ressentons en réaction aux mauvaises nouvelles, et la production d'hormones (adrénaline, cortisol, épinéphrine...) qui en découle.
.............

« Nous cherchons constamment des informations négatives pour sur-réagir, et puis nous stockons ces réactions dans la structure du cerveau.
Par exemple, on apprend plus vite de la douleur que du plaisir, et les interactions négatives ont plus d'impact.
Notre cerveau fonctionne comme du velcro avec le mal, et du téflon avec le bien ».

L'article

Liens traitant du sujet
Cabinet de curiosités sociales
Vers une société de mise en scène de la peur
Le fear marketing

________________________________________________________
"Il y a une espérance infinie..mais pas pour nous". Kafka
"Sur cette terre, le risque de mourir diminue. C'est la peur de mourir qui nous tue".
"N'oublies pas que chaque personne que tu croises mène une guerre dont tu ignores tout."
Catharing
Catharing
Modérateur

Masculin Nombre de messages : 5011
Localisation :
Date d'inscription : 22/11/2011

http://amicaledesnidsapoussiere.over-blog.com/

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum