Venezuela : un gigantesque panne plonge la quasi-totalité du pays dans le noir

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Message par tarsonis le Ven 8 Mar 2019 - 10:40

Le Venezuela plongé dans le noir après une importante panne d'électricité

Le Venezuela a été plongé dans le noir, jeudi 7 mars au soir, après une gigantesque panne électrique. La majeure partie du pays, comme la capitale, s'est retrouvée sans électricité pendant plusieurs heures.

À Caracas, le courant a été brusquement coupé à 16 h 50 heure locale (20h50 GMT) et la panne durait toujours vers 03 h 40 GMT, affectant tous les quartiers de la capitale et les services comme le métro et les feux de circulation. Près de huit heures après le début de la panne, les lumières ont commencé à se rallumer dans certains bâtiments de l'est de la capitale, a constaté l'AFP.

Les lignes téléphoniques et internet ont été également brusquement interrompues ainsi que la distribution de l'eau assurée par des pompes électriques dans certains immeubles.

Les coupures de courant sont habituelles au Venezuela, voire chroniques dans l'ouest. Mais elles sont plus rares à Caracas, surtout de cette ampleur.

Hormis les bâtiments alimentés par générateur, la ville, considérée comme l'une des plus dangereuses au monde et régulièrement désertée après la tombée du jour, était totalement plongée dans l'obscurité.

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Message par Kyraly le Ven 8 Mar 2019 - 11:33

Ce qui est intéressant, c'est que les 2 partis en présence accusent l'autre :

Maduro a écrit:"La guerre de l'électricité annoncée et dirigée par l'impérialisme américain contre notre peuple sera mise en échec. Rien ni personne ne pourra vaincre le peuple de Bolivar et de Chavez. Patriotes, unissez-vous!"

Guaido a écrit:"Plus de six heures sans lumière à Caracas, c'est un record. Chaos, inquiétude, indignation. Cette panne témoigne de l'inefficacité de l'usurpateur. La renaissance du circuit électrique et celle du Pays passent par la fin de l'usurpation"

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Message par Kyraly le Lun 11 Mar 2019 - 11:51

Les premières conséquences dramatiques de cette situation :

https://www.lalibre.be/actu/international/deces-et-odeur-de-putrefaction-une-panne-de-courant-geante-plonge-le-venezuela-dans-le-chaos-5c83604f7b50a607248126c8

une attaque "cybernetique" aurait empeché le retour a la normale (??) : 
https://www.lalibre.be/actu/international/panne-de-courant-sans-precedent-au-venezuela-maduro-denonce-une-nouvelle-attaque-cybernetique-qui-l-empeche-de-retablir-l-electricite-5c8435999978e2710e9d1fb4
Est il possible que ce soit la conséquence d'une cyberattaque?

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Message par Collapse le Lun 11 Mar 2019 - 20:21

un lien avec ça : http://www.le-projet-olduvai.com/t9894-roman-black-out-marc-elsberg
ou ça : https://fr.wikipedia.org/wiki/Stuxnet

Donc oui une attaque est possible :
https://information.tv5monde.com/info/venezuela-d-ou-viennent-les-coupures-de-l-electricite-et-des-communications-289296
http://lesakerfrancophone.fr/venezuela-trois-pannes-delectricite-totales-en-trois-jours

Amha c'est pas le plus probable.

vu qu'ils tirent leur électricité d'une centrale hydro vieillissante, un bon sabotage à l'ancienne me semble plus crédible.
Le timing laisse à penser qu'il ne s'agit pas d'un hasard mais personne n'a revendiqué.

Comme le reste, la situation est a surveiller, ne serait-ce qu'en terme de retex sur une coupure de plus de 3 jours
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Message par Jeff01 le Lun 11 Mar 2019 - 20:28

Comment on réalise une cyberattaque sur un système éteint ? Je suis assez perplexe ...
Je pense qu'il n'y a pas besoin d'aller chercher des hypothèses farfelues, leur infra élec est vieillissante, plus correctement maintenue depuis des lustres, et le personnel en charge de la maintenance n'a plus rien à manger.

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Message par Kyraly le Lun 11 Mar 2019 - 20:42

Je pense que dans leur idée, la cyberattaque aurait été la cause de défaillance primaire de la centrale, et qu'il n'arrivent pas a la résoudre. 
Même si a fortiori je miserais plutôt sur une défaillance (provoquée ou non), cela reste une hypothèse, surtout que ce barrage semble le point faible du pays. 

A lire sur le sujet : 
https://information.tv5monde.com/info/venezuela-d-ou-viennent-les-coupures-de-l-electricite-et-des-communications-289296

 "Bien que la panne d'électricité au Venezuela soit probablement due au sous-financement chronique de son infrastructure électrique et à un entretien différé, l'idée d'un État-nation étranger manipulant le réseau électrique d'un adversaire pour forcer une transition gouvernementale est bien réelle (…) Interrompre les sources d’alimentation en eau et en électricité, perturber le trafic, ralentir ou entraver l’accès à Internet, détraquer les maisons intelligentes et même déclencher à distance des effondrements de centrales nucléaires étaient des sujets de plus en plus débattus [en 2015] dans la communauté de la sécurité nationale, en tant que questions légitimes, légales et tactique pour saper un État étranger."

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Message par Kyraly le Mar 12 Mar 2019 - 14:08

Un article tiré de la fameuse RMS (revue Militaire Suisse) sur le blackout et ses conséquences :

http://www.geoculture.org/medias/files/1805dossierblackout-181010135928.pdf

Vraiment bien fait

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Message par Kyraly le Mar 12 Mar 2019 - 21:18

Guaido visé par une enquête pour sabotage alors qu'il vient de déclarer l'état d’urgence à l'assemblée :

https://www.huffingtonpost.fr/2019/03/12/venezuela-juan-guaido-vise-par-une-enquete-pour-sabotage_a_23690543/

Cerise sur le gâteau :
Mike Pompeo a reconnu que les États-Unis auraient "préféré que les choses se passent plus rapidement". "Mais j'ai pleine confiance", a-t-il ajouté". "Les choses bougent dans la direction voulue par les Vénézuéliens et vont continuer ainsi", a affirmé le secrétaire d'État américain.

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Message par Kyraly le Mer 13 Mar 2019 - 8:32

Une interview d'une responsable de l'ONG Care

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/03/12/panne-de-courant-geante-au-venezuela-a-caracas-c-est-le-chaos_5435054_3210.html

Quelle est la situation sur place ?

Les gens restent calfeutrés chez eux. Ils ont peur de sortir dans la rue, car beaucoup d’émeutes ont eu lieu ces derniers jours. Des habitants des quartiers défavorisés viennent à la nuit tombée pour piller les supermarchés. A Caracas c’est le chaos. La police elle-même est débordée.

Les gens avec qui on a pu entrer en contact à Caracas ne mangent plus que des fruits secs. Tout ce qui était au frigo est perdu. Ils avaient aussi stocké de la viande et du poulet au congélateur, mais avec la panne électrique, ils ont dû tout jeter.

Les gens ont très peur de ce qu’il va se passer à la fin de la semaine, car ils ont épuisé leurs réserves d’eau et de nourriture.

Ce qui marche c’est le réseau familial, car les habitants ont peur que la nourriture soit empoisonnée si elle vient de personnes qu’ils ne connaissent pas. 

 Comme il n’y a plus d’électricité, il n’y a ni Internet ni téléphone, donc nous avons aussi beaucoup de mal à communiquer avec elles. L’incertitude est totale, pour les habitants comme pour nous, car la situation change dramatiquement tous les jours.

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Message par BigBird le Mer 13 Mar 2019 - 12:15

Kyraly a écrit:
... Tout ce qui était au frigo est perdu. Ils avaient aussi stocké de la viande et du poulet au congélateur, mais avec la panne électrique, ils ont dû tout jeter.
perso, si panne de congélateur, je ferais tout cuire, et je mange tout ce que je peux ... je ne jette que ce que je n'ai pas pu manger dans les 4 ou 5 jours qui suivent,
au mois de février à Caracas, du poulet cuit ça doit bien tenir 4 ou 5 jours en restant consommable.
après, si leur cuisinière est aussi tout électrique, là, il y a erreur stratégique (la base de la survie, c'est de ne pas "mettre tous ces œufs dans le même panier") .
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Message par moulino51 le Mer 13 Mar 2019 - 13:23

Bonjour,

Itou, cette phrase m'avait également interpellé, je ferais quelques bocaux de conserves de viande a manger rapidement
Sinon on donne aux voisin qui n'ont rien.



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Message par Kyraly le Mer 13 Mar 2019 - 14:08

Oui. Je suis assez étonné du peu de témoignage de "solidarité". Il paraîtrait logique de partager les denrées périssables plutôt que les jeter. Où alors le clivage Maduro/Guaido est tel que la défiance prends le pas sur l'entraide??

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Message par Da le Mer 13 Mar 2019 - 14:35

Je serai taquin, je ferai remarquer que dans un régime socialiste, il ne faut pas s'étonner que la solidarité individuelle disparaisse. Mais je ne le ferai pas, promis clind'oeil.

Plus sérieusement, dans une telle situation de chaos, je pense que chacun veut se faire le plus discret possible. Difficile dans ces conditions de faire un BBQ entre voisins. Même si cela doit exister.
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Message par 2Cy le Mer 13 Mar 2019 - 14:57

Au plus je lis les reportages et les commentaires, au plus je me dis que je suis du bon côté de la plaque.
Prêt!
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Message par Catharing le Mer 13 Mar 2019 - 16:53

Salut,
Merci Kyraly pour l'article pouce 

Les gens parviennent-ils à se nourrir ?
C’est extrêmement difficile. A Caracas, les supermarchés sont fermés. Comme la monnaie nationale n’a plus aucune valeur, les gens ne payent que par carte bleue. Or sans électricité, les terminaux de CB ne fonctionnent plus.
Seuls 10 % des supermarchés sont ouverts, lorsqu’ils ont la chance d’avoir un générateur. Mais ils n’acceptent, en espèces, que les dollars, ce que personne n’a.

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/03/13/au-venezuela-la-vie-est-devenue-un-enfer_5435458_3210.html
Depuis deux mois, l’argent liquide a complètement disparu. « Maintenant, même si on a de l’argent à la banque, on ne peut rien acheter, il n’y a pas de réseau pour payer par carte », explique Miriam, 34 ans.
Le dollar est désormais la seule monnaie qui circule.



Comment les habitants font-ils face à ces pénuries ?


Ce qui marche c’est le réseau familial, car les habitants ont peur que la nourriture soit empoisonnée si elle vient de personnes qu’ils ne connaissent pas. Il y a eu beaucoup de rumeurs et de mensonges sur l’aide humanitaire que Juan Guaido voulait faire entrer dans le pays [à laquelle M. Maduro s’est farouchement opposé].
Les gens les ont crus, et se méfient donc beaucoup de l’aide alimentaire, même quand ils en ont besoin.
L'intox ,critère à prendre aussi en compte .... zinzin


Da a écrit:Je serai taquin, je ferai remarquer que dans un régime socialiste, il ne faut pas s'étonner que la solidarité individuelle disparaisse. Mais je ne le ferai pas, promis Venezuela : un gigantesque panne plonge la quasi-totalité du pays dans le noir 310536.

Kyraly a écrit:Je suis assez étonné du peu de témoignage de "solidarité". Il paraîtrait logique de partager les denrées périssables plutôt que les jeter.


Quand il n'y a plus rien à partager,quelque soit le régime,c'est pareil.... clind'oeil

« Dans la ville de Rubio, là où j’habite, les gens se sont d’abord serré les coudes, raconte Miriam. Des commerçants ont distribué leurs stocks de nourriture réfrigérée avant qu’elle ne pourrisse. Mais maintenant plus personne n’a rien. La tension est terrible. »
https://www.lemonde.fr/international/article/2019/03/13/au-venezuela-la-vie-est-devenue-un-enfer_5435458_3210.html

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Message par troisgriffes le Mer 13 Mar 2019 - 19:15

Humour noir:
Ils ont plus rien...Ils ont plus rien...C'est à voir...
Mémé a bien vécue... siffle

Ok,je sors...
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Message par Catharing le Mer 13 Mar 2019 - 19:17

Salut,
troisgriffes a écrit:Humour noir:
Ils ont plus rien...Ils ont plus rien...C'est à voir...
Mémé a bien vécue... siffle

Ok,je sors...
Oui...sors c'est mieux... nan
Sinon ce site 
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https://www.barril.info/

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Message par Catharing le Mer 13 Mar 2019 - 19:27

Salut,

CLAP, le système de distribution alimentaire par le gouvernement de Maduro.
https://medium.com/latinioo/clap-le-syst%C3%A8me-de-distribution-alimentaire-par-le-gouvernement-de-maduro-441c744a2914

Les clap, les comité locaux d’approvisionnement et de production, ont été mis en place par le gouvernement de Nicolas Maduro afin de lutter contre la guerre économique qui touche le Venezuela.
Le but est de distribuer maison par maison les produits de nécessité dans la vie quotidienne comme par exemple des aliments, des produits d’hygiène ou alors des médicaments.
Mais ce système reste néanmoins très critiqué.

Comment fonctionne ce nouveau système ?



Tout d’abord les CLAP sont liés à une autre organisation, qui elle aussi est une création du gouvernement, les Conseils communaux.
La première mission de ces comités est de recenser toutes les personnes vivant dans chaque zone avec leur besoin.
Ensuite ces comités sont tenus au courant du jour où ils recevront les produits et suite à cela sera mis en place un journée de distribution ou alors un porte à porte.
Selon une jeune femme organisatrice d’un clap, ce système fonctionne parfaitement et chaque famille recevrait un sac de courses environ tous les 21 jours.


L’envers du décor de ce système.



Comme dit précédemment ce système ne doit pas intervenir de façon politique, toutes les personnes recensées doivent être approvisionner sans discrimination.
Cependant, ce n’est pas la réalité.
Selon un député ces distributions sont devenues une forme de discrimination, ce qui ne répond pas aux promesses à la création des CLAP.
De plus, certaines personnes voient ce système se transformer en corruption et se rapproche de plus en plus du système qu’il voulait combattre celui des “Bachaqueros” (personnes qui achètent et revendent des produits basiques en pénurie à des prix supérieur au marché).


La "Bolsa" Clap vu par une Vénézuélienne
https://www.amnesty.fr/justice-internationale-et-impunite/actualites/venezuela-lart-de-survivre
.........Mais sa véritable crainte, c’est la nourriture. Comment apaiser la faim de son fils ?
Cette recherche quotidienne est au cœur de sa stratégie de survie.
Avec des prix qui doublent toutes les semaines, les aliments disponibles sont inabordables.
Certes, Laura a droit à la bolsa Clap (comités locaux d’approvisionnement et production), une caisse subventionnée par l’État, qui contient quelques kilos de carbohydrates (pâtes, riz, farine de maïs), du sucre, des lentilles et de l’huile, qu’elle paye 200 BS.
Lancée en mars 2016, présentée comme une réponse à la pénurie alimentaire, la bolsa est décriée pour la mauvaise qualité des produits importés du Mexique, de Colombie, ou de plus loin, sans apports protéiques.
Un système de surfacturation se cacherait derrière cette caisse dont les bénéfices se retrouveraient dans des paradis fiscaux.
La bolsa constitue ainsi un outil de contrôle social des plus pauvres par les 32 000 comités locaux qui la distribuent à leur convenance.
Pour cet apport alimentaire de quelques jours, Laura a cédé au harcèlement et aux menaces de la Manzanera, la femme assignée par le conseil local pour la surveiller.
Elle a pris le Carnet de la Patrie qui contient toutes ses données personnelles.
Censée recevoir la bolsa tous les mois, elle l’attend six semaines voire davantage.
Pire, à tout moment, si elle est suspectée de critiquer le gouvernement, la Manzanera peut décider de la supprimer de la liste des bénéficiaires. 
Elle pourrait aussi acheter des « produits régulés » les lundis et samedis dans certains supermarchés.
Il lui faudrait faire la queue toute la nuit et une partie de la journée, sans l’assurance que des produits soient encore disponibles.
Sans compter l’humiliation de se voir imprimer « un numéro sur la peau comme un animal » par les militaires qui surveillent, maltraitent, font passer ceux qui leur glissent un billet.
Elle préfère acheter au prix fort des œufs, du pain, des bananes aux buhoneros, les vendeurs ambulants.
La boîte d’œufs coûtait 240 BS la semaine dernière, plus de 600 cette semaine.
Elle en gagne 3 500 par mois.

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Message par troisgriffes le Mer 13 Mar 2019 - 19:54

"sans apports protéiques"
Elle veux sans doute dire sans viande car le riz et les pâtes contiennent un peu de protéines.
Les lentilles nettement plus.
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Message par Catharing le Mer 13 Mar 2019 - 22:44

Salut,
Quelques témoignages ...(traduction Gogol Sleep )

La ville et les ténèbres: Vingt-quatre heures d'une catastrophe invisible.
https://medium.com/@Aglaia_Berlutti/la-ciudad-y-la-oscuridad-veinticuatro-horas-de-una-cat%C3%A1strofe-invisible-9766be1b3f03
Spoiler:

Blackout national aux portes du Venezuela à l'intérieur.
 L'écran de l'ordinateur s'éteint.  Il me faut quelques secondes pour comprendre qu’il s’agit d’une nouvelle panne.  Un des nombreux, je dis, de mauvaise humeur, tout en regardant l'heure sur le téléphone portable.  Jeudi 7 mars 2019, près de cinq heures de l'après-midi. Rien ne se passe, je le répète, bien que mon cœur commence à battre plus vite lorsque je vérifie que je n'ai pas accès aux données cellulaires.  "Ce n'est pas juste ma rue", écris-je dans un cahier sur le bureau.  "Un autre" j'ajoute.  Je suppose que je veux me calmer un peu.  Mes mains tremblent quand j'écris la date et l'heure.  Si je lève les yeux, je trouve plus de six lignes identiques.  Un autre, je vous assure.  Ce n'est rien d'autre que ça.
Dans le couloir devant ma porte, j'écoute les voix des voisins.  En mars, la nuit tombe un peu plus tard et il y a encore de la lumière.  Quelqu'un approche de la course, il me montre l'écran du téléphone portable "Il est partout dans le pays", il murmure.  Mon voisin à l'arrière se racle la gorge.  "Ils exagèrent", dit-il.  Mais j'entends votre peur.  Aussi clair et aussi évident que le mien.  "C'est à travers le pays", répète celui au téléphone.  "J'ai un peu de signal et c'est ce qui est dit."
En réalité, "ce qui est dit" est beaucoup plus grave que nous ne pouvons l'imaginer à ce moment-là.  Personne ne peut prédire que ce n'est pas seulement quelque chose de beaucoup plus grave, mais des implications beaucoup plus profondes que tout autre événement similaire dans l'histoire du pays.  Pour le groupe de voisins - qui devient de plus en plus nombreux, turbulent, inquiet - ce n’est qu’une autre panne d’électricité.  Un autre des nombreux petits malheurs subis par le quotidien vénézuélien, qui les frappe comme un filet qui s’étouffe jour après jour.  "À Altamira et Sebucán, nous n'avons pas de lumière", dit le message d'un ami de l'autre côté de la ville.  "Ici à Coro, soit" insiste l'un de mes cousins.  Quand je commente à haute voix, il y a des regards inquiets.  "C'est assez gros cette fois-ci", déclare une femme assise sur l'un des marches.  Il vient de gravir six étages pour savoir ce qui se passe.  Il nous dit qu'il y avait plusieurs personnes piégées dans l'ascenseur, une voiture qui a percuté la grille de sécurité électrique, une fois fermée par le système.  "Ces petites calamités" dit-il.  Il secoue le téléphone portable dans sa main.  Votre opérateur ne fournit pas non plus de service.  Une autre panne, me dis-je, quand je rentrerai chez moi.  Je ferme la porte avec une double clé, je m'assieds sur les meubles.  Au-delà de la fenêtre, la ville semble paisible, trompeuse et pâle.  La brume soyeuse et huileuse des premiers brûlages du mois enveloppe tout.  L'odeur d'herbe brûlée et de quelque chose de plus désagréable me vient en rafales.  Je regarde l'écran du téléphone portable.  Il est cinq heures et demie de l'après-midi.  Près de quarante-cinq minutes se sont écoulées depuis que tout a commencé.  Ça viendra, je me le dis.  Ce n'est pas la première fois.
La lumière commence à disparaître rapidement.  Quand mon cousin arrive à la maison, la silhouette de la ville est étrange, terne et sombre.  "Le pod est à travers le Venezuela" me répète et me montre le dernier message que j'ai reçu d'une connaissance qui travaille dans un journal en ligne.  Une liste alphabétique comprenant chaque état du pays.  "Ce n'est pas possible", répondis-je.  Elle me regarde avec une expression sérieuse "C'est un fourreau sérieux", ajoute-t-elle.  "Je ne sais pas ce que c'est, mais la ville est un chaos absolu."  Je reste silencieux.  L’avenue devant le bâtiment où j’habite est pleine de véhicules.  L'avenue qui mène à une petite rocade, puis à l'autoroute, s'ouvre au milieu d'un chaos de cornes et de cris.  Une foule de passants se promène dans toutes les directions.  "Dépêche-toi que la nuit vient" crie quelqu'un qui ne peut pas distinguer dix étages plus haut.  Je regarde l'heure: il est 18h23 de l'après-midi.  La dernière partie du jour s'ouvre dans une arche sur la montagne.  Et puis je remarque un paysage que je ne reconnais pas, qu’il me faut regarder.  La ville entière est dans la morosité.  Il n'y a pas un seul clignotement bleu ou jaune entre les fenêtres.  Il n'y a que des fenêtres fermées, dans le noir, aussi loin que je puisse voir.  Mon cousin s'approche de l'endroit où je me trouve "Ma mère dit que c'est le Guri, il lui est arrivé quelque chose", me dit-il à voix basse.  Il suffit d'appeler le téléphone de la maison, apparemment le seul moyen de communiquer maintenant.  "Si c'est le Guri, tout le pays est en situation d'urgence", a-t-il commenté, bien que je ne sache pas si c'est vrai, si c'est l'une de ces idées que vous apprenez et que vous tenez pour acquises, à force de les répéter.  Que sais-je exactement sur le Guri?  Je me dis, et j'ai le sentiment que dans l'enchevêtrement de données dans mon cerveau, rien n'est vrai, rien n'est valide.  Parce que j'ai peur  Une peur profonde, inconnue, étrange, toxique.  Je regarde à nouveau la ville.  La lumière dessine simplement le profil des bâtiments les plus hauts.  Il n'y a pas une seule lumière allumée.
- C'est grave - répète ma cousine - c'est quelque chose de pire que ce que nous avons vécu.
Je ne comprends pas bien l'idée - dans toute son étendue dure et singulière - jusqu'à ce que la nuit tombe complètement.  Ensuite, je remarque l'ampleur de la tragédie.  Caracas a un visage méconnaissable, sombre et dangereux.  Encore plus, je me dis avec la gorge serrée de panique, montant pas après pas vers la terrasse ouverte du bâtiment où je vis, haut de vingt étages.  Caracas est une obscurité pure, elle n’a aucune forme.  Quelques ampoules au loin délimitent les taupes des bâtiments les plus hauts.  Et c'est tout, me dis-je alors que je suis dans l'obscurité, entre des tremblements de froid et de peur.  La foutue peur.  La peur qui ne me quitte pas.  C’est partout à Caracas, c’est dans ce sens d’impuissance absolue.  La noirceur est complète et j'avale tout le monde, je pense et je me sens stupide, mélodramatique.  Mais je ne peux penser à rien d'autre.  La gueule des ombres a finalement dévoré la ville.
Lorsque je reviens dans le couloir de mon appartement, l'un de mes voisins tente d'allumer une très petite centrale qu'il a réussi à trouver.  L'odeur d'essence me donne le vertige, je me lève.  Sa femme lève les yeux et me montre avec une lampe de poche dans le noir.  "Cela dure longtemps, apportez le chargeur et mettez le téléphone portable pendant un moment", dit-il.  Comme si elle était ma mère, je pense en lui obéissant aveuglément.  Ma mère, à propos de laquelle je n'ai pas de nouvelles il y a six heures.  En fait, je n'entends parler de personne.  Aucun numéro de téléphone ne fonctionne, pas plus qu'aucun des opérateurs de services cellulaires.  Je suis assis avec le téléphone inutile dans mes mains.  Je tremble si fort que mes dents claquent.  Mon cousin parle à quelqu'un à quelques pas.
- Les lignes sont en bas - dit son interlocuteur - il n'y a pas d'eau, bien sûr.  Et il semble qu'il y ait des pillages dans plusieurs villes de l'intérieur.
 - Personne ne le sait, dit mon cousin.
 - C'est le plus susceptible de se produire - intervient le voisin qui se débat avec l'usine.  L'appareil émet un bruit étranglé, il ne s'allume pas.  Ça tremble.  Il me regarde par-dessus le rayon de lumière que tient sa femme - que pensez-vous qu'il va se passer dans un pays sans loi Mija?  Dans l'obscurité?  Avez-vous entendu une sirène de police?  Vous devez vous enfermer et vous attendre au pire.
 - Mais tu penses que ça dure si longtemps?  - Je demande.
Il y a un silence important.  L'homme secoue la tête et tire à nouveau le cordon de la centrale électrique.  Cette fois, le moteur commence à fonctionner et une petite lampe nous éclaire tous.  Personne ne me répond au milieu de la flaque de lumière jaune et sale qui se reflète dans les murs qui nous entourent.




Il est neuf heures du soir.  Je viens de prendre une tasse de café froid et quelques biscuits.  La cuisine est électrique, la cafetière également, il n’ya donc pas grand chose à manger.  Mon cousin est une silhouette rigide près de la fenêtre.  Il n'arrête pas de regarder la silhouette de Caracas sans forme, des ombres tordues pures entre eux.
- Tu penses que ça va être long?  - Je demande à nouveau.
Je ne sais pas pourquoi j'insiste sur le sujet.  Est-ce que je veux que quelqu'un me réconforte?  Qu'est-ce que quelqu'un me répond ce que je veux entendre?  Mais mon cousin ne dit rien non plus.  Il pose ses doigts sur sa bouche, se mordille les ongles.  Secouez la tête.  "Nous sommes dans cette situation depuis quatre heures", dit-il enfin.  "Nous avons duré plus longtemps sans électricité" dis-je.  Mais même pour moi, la réponse semble ridicule et faible.  Oui, il y avait d'autres jours avec plus de temps, mais jamais au milieu de quelque chose d'aussi colossal.  Il est difficile d'imaginer un pays envahi par l'obscurité, des maisons et des bâtiments fermés.  Les rues vides  Le paysage derrière ma fenêtre est comme un cauchemar, me dis-je.  Ce sera une pensée que j'aurai plusieurs fois cette nuit-là.  Je l'aurai pendant que je regarde les voitures qui avancent lentement dans la rue, les phares allumés au milieu d'une obscurité soyeuse.  Je l'aurai quand j'entendrai des détonations lointaines, une rafale de coups de feu à proximité.  Quelqu'un crie  Ça ne peut pas être réel, ça.  Ça ne peut pas être réel, une telle calamité ... quoi?  Artificielle?  Ne l'avez-vous pas prédit à maintes reprises au cours de la dernière décennie?
- Il y a des années, un député a annoncé cette panne d'électricité - dit ma cousine quand elle m'écoute - ça allait arriver.  Personne ne l'évitait, personne ne se souciait de ce qui allait arriver.
Je ne réponds pas  Je pense aux avertissements éternels concernant une tragédie nationale, à chaque fois que quelqu'un annonçait que quelque chose de similaire pourrait se produire.  Dans la fenêtre à côté de la mienne, mon voisin parvient à redresser l'usine et à permettre à plusieurs voisins de connecter des câbles d'alimentation.  Les petites réflexions des écrans ont quelque chose d’inutile, de fade.  Maintenant, j'ai tellement de désirs de pleurer que j'ai envie de crier, je veux quoi?  Échapper?  Imaginez que tout cela soit éventuel?  Qu'est-il arrivé par accident?  Qu'est-ce qui sera résolu rapidement?  A quoi devons-nous nous attendre?  Soudain, la conscience que je suis exposé à quoi que ce soit, que je ne sache rien de ce qui se passe, que je ne sache pas si mes parents et mes amis se portent bien, devient très lourde.  Un poids sur la poitrine.  Je commence à pleurer  Un lent et silencieux pleurs que personne n'entend.
J'essaie encore d'appeler ma mère.  Je ne réussis pas  À l'une de mes tantes.  À mes amis les plus proches.  Je regarde les ténèbres.  Ils sont là, quelque part dans cette ville noire.  J'ai essayé tellement de fois qu'à la fin, je ne fais que bouger les doigts pour me réconforter.  Cadrer les numéros de mémoire.  J'essaie.  J'essaie.  Je pleure pendant que je le fais.  J'essaie.  L'appui rapide sur la tonalité d'occupation provoque des nausées.  Je prends le cahier, j'essaye de l'éclairer avec l'écran du téléphone portable "Tout est silencieux", j'écris.  Quel cliché, phrase ringarde, je me le reproche moi-même.  Mais il en est ainsi: outre l'obscurité de la ville, il y a un silence terrifiant.  Il n'y a pas un seul son familier: ni la musique échevelée de l'adolescent, ni les voix et les rires des fenêtres ouvertes.  Le silence est énorme.  C'est comme une sorte de bulle qui entoure tout.  Qu'est-ce qui se passe?  Qu'est-ce qui se passe?  Est-ce que quelqu'un sait ce qui se passe réellement?  J'appuie sur le téléphone avec mes doigts raides et mouillés de peur.  Qu'est-ce qui se passe?
C'est seulement à ce moment-là que je remarque que certains messages viennent d'arriver.  Un ami qui demande dans un groupe de messagerie instantanée comment nous sommes.  "Ils sont là-bas?  dit quelqu'un d'autre sur Twitter.  Je ne peux pas lire assez.  Ma TimeLine est étrangement vide.  Et seulement après avoir lu ce que la maigre connexion permet, je comprends bien ce qui se passe: il n’ya pas de Vénézuélien.  Il n'y a pas de nouvelles du pays, ni d'utilisateurs.  Il n'y a personne pour parler de ce qui se passe, il n'y a personne pour le dire.  Il y a un silence, me dis-je et la phrase ne semble pas si vide, si simple.  Il n'y a pas ... personne là-bas.
Je ne peux m'arrêter de pleurer.  Je me cache dans ma chambre noire.  Je couvre ma tête avec mes bras.  Comment pouvez-vous avoir si peur à l'endroit où vous vivez?  Comment pouvez-vous ressentir une telle peur?  "Je ne sais pas si ce Tweet sera envoyé et ne sachant pas, il est traumatisant.  Avec près de dix-huit heures sans électricité, nous nous retrouvons isolés, terrorisés.  Sans savoir ce qui va arriver.  Je pense que je souffre d’une sorte de dépression nerveuse, pris au piège de cette situation ", écris-je.  Je frappe l'envoi.  Mais le téléphone est gelé.  Silencieusement aussi.  Il est presque onze heures du soir et il faudra douze heures à Tweet pour surmonter l'obscurité et la bulle silencieuse d'un pays dans l'obscurité.  Mais je ne le saurai que plus tard.  À ce moment, je ne continue qu'avec un appareil inutile entre mes mains.  Et je pleure, je pleure de colère, de peur, de pure impuissance.  Je pleure jusqu'à ce que la fatigue arrive et que tout disparaisse.




Je dors très peu.  Toutes les heures environ, je me réveille, je vais en classe, je regarde par la fenêtre.  La ville est encore sombre.  Ma cousine est parfois assise là, une cigarette entre les doigts.  D'autres fois, j'écoute sa voix dans le vide à côté des voisins.  Mais je n'ose pas quitter la maison.  Je me sens aveugle, tellement abasourdi qu'il me faut un effort pour me rappeler que je ne rêve pas, que c'est réel.  C'est un vrai cauchemar.  C'est un cauchemar sans nom ni forme.  Quelqu'un commente que les porte-parole du gouvernement n'ont presque rien dit, mais le "Saboteo" habituel dit quelqu'un et laisse échapper un rire.  Mais ça ne me fait pas rire.  La peur est partout.  Encore une fois, il y a une rafale de tirs.  Très proche ou alors je pense, dans ce silence les sons deviennent forts, presque douloureux.  Tout ce qui m'entoure a la texture de la réalité augmentée, d'une masse critique sur le point d'exploser.  Quelqu'un crie - plutôt des cris - et je suis paralysé sur le canapé, la bouche serrée.  Un blessé, je me dis.  Et alors seulement j'y pense.
Il y a des blessés partout.  Hommes, femmes et enfants dont la vie dépend de machines de survie artificielles.  Personnes âgées atteintes de respirateurs, bébés dans des incubateurs.  Et les salles d'urgence?  La chirurgie?  La pensée me frappe avec la force d'une énorme vague et je suis abasourdi.  Maintenant c'est la peur et aussi l'angoisse.  Que se passe-t-il dans chaque ville du pays?  Que se passe-t-il dans chaque village et hameau?  Je réessaie le téléphone.  Mais encore une fois, le monde est de l'autre côté du silence.  De ce dur et sombre silence qui peut tout signifier.
Je ne sais pas combien d'heures se sont écoulées quand je me suis réveillé, car à la fin, le vieux truc de la fatigue m'a vaincu.  Ongle?  Deux heures?  Il y a une tache grise et radieuse devant ma fenêtre.  Mais tout est en silence.  Ou comment j'appelle ça?  Je me dis enveloppé dans les draps.  Quand je regarde par la fenêtre, le brouillard sale est là et aussi, l'obscurité.  Cela fait presque douze heures que tout a commencé et le monde entier semble suspendu.  Venezuela, je me souviens.  Venezuela, je me dis.  Pas tout le monde.  Seulement ... quoi?
J'entends mon cousin trajinar à travers la maison.  Je la trouve assise devant la fenêtre avec un thermos à café.  J'ai utilisé une petite tasse.  Je découvre que j'ai très faim, mais aussi que je suis très fatiguée.  L'ancienne centrale électrique du voisin continue de produire de petits miracles, je pense, lorsque je sirote le café sans sucre.  Elle me regarde avec une expression fatiguée.
- Il y a des morts - dit-il.
 - Quoi…?
 - Les gens dans les cliniques et les hôpitaux - explique-t-il.  Les larmes emplissent ses yeux - Ils commentent sur Twitter.  Les données ont fonctionné il y a un moment.  J'ai lu des nouvelles ... J'ai lu ...
 - Que disent les gens?
 - Il y a des gens qui sont morts dans des accidents.  Une dame qui est tombée dans les escaliers.  Les personnes qui ont échoué l'équipement médical.
Secouez la tête.  Il va à la cuisine et ne me regarde pas.  Mais je sais qu'il pleure.  Je le fais aussi, avec mes mains qui tremblent de peur.  Maux d'estomac, gorge fermée impuissante.  La ville à l'aube a un air simple et innocent.  Mais je sens la colère quand je la regarde.  Contre les crimes, invisibles et silencieux, ceux qui ont été commis en vingt ans de dictature corrompue.  Vingt ans de peur, partout.  Quand la baise va-t-elle se terminer?  je me dis.  La frustration est un goût amer dans ma bouche, quelque part dans mon esprit que je ne peux pas identifier.  Caracas, dix étages en dessous et en dessous de la montagne, me regarde avec indifférence.
La journée passe très lentement.  La batterie de mon téléphone portable est épuisée et je regarde l'écran noir comme un miroir opaque.  Il n'y a pas grand chose à faire.  J'essaie de lire un livre.  Deux.  Je ne peux pas me concentrer.  Puis, d'un moment à l'autre, ma poitrine se ferme d'inquiétude.  Je ne peux pas respirer.  Je jette le Kindle de quelque façon que ce soit sur le canapé et me cache dans ma chambre, je ferme la porte.  Mes genoux fléchissent.  Cela se produit plus de dix-huit heures sans électricité.  Cela se passe.  Je pleure, je me frappe la tête avec la paume de la main.  C'est un cauchemar.
Mon cousin me trouve, se met à genoux à mes côtés.  Il me serre dans ses bras.  Comme quand on était filles.  Je pleure, je pleure avec tant d'angoisse que je pense que ma poitrine va se briser en deux.  Je ne connais toujours rien de ma mère ou de ma famille.  Nous continuons dans ce maudit terrifiant silence qui n’a ni explication ni signification.  "Ils vont bien, au secret mais bien, restez calme", ​​dit mon cousin.  Et je veux le croire.  Mais au Venezuela, le "bien" est une sorte de mot manqué, inexact et inexistant.  Bien?  Qui peut être d'accord?
Encore une fois, avec les voisins, je parviens à charger une batterie de téléphone portable.  Personne ne parle beaucoup, nous sommes tous pâles et émaciés.  "Personne ne dit rien, le pajuo de Maduro a donné sa journée de congé", déclare une femme que je connais à peine, après l'avoir rencontrée dans les couloirs et les ascenseurs.  Il se penche et me prend par le bras.  "Cette merde doit finir ou nous mourrons tous."
Les informations arrivent par rafales, le téléphone s'anime.  Sur Twitter, les Vénézuéliens qui ont émigré emplissent ma ligne de temps de messages d’angoisse et de peur.  "Je ne suis pas au courant de ma famille depuis plus de neuf heures", dit J. avec parcimonie habituelle.  "Je ne sais plus rien de ma mère depuis hier!  Qui peut m'aider? ", Déclare A. terrifié, l'un de mes plus jeunes amis qui vient de quitter le pays.  Je veux aider tout le monde, mais je ne peux pas.  Le signal de données va et vient.  Je me bats avec WhatsApp mais je ne reçois aucun message.  Combien de temps allons-nous passer comme ça?  je me demande.  J'essaie de me rassurer, si rigide que le corps qui fait mal ne le bouge que.  Qu'est-ce qui va arriver ...?
J'ai passé presque vingt-quatre heures à boire des tasses de café sans fin entre des biscuits très chauds et très froids et du fromage.  Mon cousin regarde le réfrigérateur et soupire.  "Nous devrons tout manger avant qu'il ne soit endommagé", dit-il.  Nous avons donc fini par cuisiner six morceaux de poulet, du brocoli et une bonne quantité de pommes de terre avec les voisins.  Tout à la fois.  Quelqu'un a de la viande, aussi du chou.  À la fin, les quatre familles de l'appartement ont partagé un déjeuner silencieux et étrange.  "Parce que nous ne devons plus jamais revivre cela", propose le propriétaire de l'installation de sauvegarde.  Personne ne répond  J'ai envie de pleurer.




Il est trois heures de l'après-midi lorsque, enfin, le service électrique revient.  Cri surpris lorsque la télévision, je ressens un soulagement impudent et grotesque.  Je prends le téléphone portable immédiatement.  Ma mère crie pour l'appel, rit et me couvre de bénédictions.  Nous sommes tous bons, dit-il.  Vos tantes aussi.  Mon cousin écoute aussi la bonne nouvelle.  Ensuite, tous les messages WhatsApp arrivent que je voulais consulter pendant des heures.  Mais je n'en lis qu'un:
"Le fils de C. est mort la nuit dernière.  Il a eu une crise d'asthme et quand il a vomi, il s'est étouffé.  Ils ne pourraient pas aspirer par manque d'électricité. "
Le fils de C. a neuf mois.  Un bébé que j'ai tenu dans mes bras plus d'une fois.  Un bébé que j'ai photographié pour mon amour pour leurs parents.  Le corps est paralysé, je sens que la peur devient un choc de dégoût et puis je comprends que la panne est la moindre des tragédies.  Qu'il n'y a rien qui surmonte ce deuil sans fin, énorme et dévorant.  Pendant un instant, le silence revient et cette fois, il est beaucoup plus effrayant qu’il l’a été jusqu’à présent.
Une ville dans l'ombre.  Un pays tragique.
Spoiler:
On apprend à comprendre les ténèbres.  Ou c'est ma première pensée quand, encore une fois, la ville est dans l'ombre.  A cette occasion, il n'y a pas une seule source de lumière visible: près de cinquante heures se sont écoulées depuis le début de la panne d'électricité nationale au Venezuela et le début de l'effondrement des centrales.  Les ténèbres sont donc beaucoup plus profondes qu’il ya deux jours, impénétrables.  Il a quelque chose de sauvage.  Cela me rappelle le paysage nocturne de montagnes et de hameaux, que j'ai visités lors de mes sorties en famille.  Une obscurité pourpre et si lourde qu'il me faut des efforts pour respirer seulement quand je la regarde.
 La centrale électrique de mes voisins a subi un dommage inconnu.  La dernière ampoule autour de moi s’éteint par étincelles.  Le son métallique du moteur disparaît et le silence arrive.  La ville sous un dôme impénétrable, je pense.  J'imagine le monde des choses normales, dans lequel les gens mènent une vie entière sans connaître cette obscurité, cette horreur, cet espace brisé au milieu d'un cataclysme qui ne peut être nommé par un seul mot.
Je marche d'un côté à l'autre.  Mon cousin essaie de trouver une station de radio dans un petit appareil à piles que nous achetons pendant la journée.  Deux dollars, dit l'homme dans le magasin, comme si c'était le cas.  Et je les ai payés, sans penser à l'irrégularité de ce qui se passe, au fait que le dernier vestige de la normalité a complètement disparu.  Le papier-monnaie, ce n'est rien, me dis-je.  Mais c'est quelque chose, même dans un pays avec une hyperinflation comme le nôtre.  Je porte donc la petite radio, quelques sacs avec de la glace, du pain et du café.  Tous dans la même réserve délabrée que j'ai visitée tant de fois au cours de ma vie.  Le propriétaire me regarde, entre défiant et honte, quand je regarde les pièces de monnaie (dollars aussi) qu'il rend comme un changement.  "Vous ne pouvez pas charger en bolivars, cela ne vaut plus rien, c'est un autre Venezuela."  Je ne réponds pas  Que puis-je vous dire  Je quitte les lieux.  Un groupe en colère affirme, demande, quelqu'un crier des insultes à personne en particulier.  "Mature, la chatte et 'ta mère" crie une femme.  Les mains serrées, le visage rougi.  Je marche rapidement vers ma voiture.  Il y a quelque chose de chaud et de violent dans l'air.  Je ne sais pas si je l'imagine ou si cela fait partie de l'humeur collective, mais la peur se transforme si rapidement en colère que le changement est notoire, latent, dangereux.
- Ça va exploser - dit mon cousin, qui m'attend au volant, quand je ferme la porte - ça va exploser et bientôt.
Démarrer le moteur.  La foule continue de croître si rapidement que lorsque nous manoeuvrons pour quitter le petit parking, le groupe de vingt clients qui protestent - pour les prix, la charge en dollars, la pénurie - atteint déjà cinquante.  Quelqu'un jette une pierre  Il y a des cris.  Une femme court avec un petit enfant dans ses bras.  Nous descendons la rue et quittons l'agglomération.  Je me retourne pour regarder, sa bouche serrée de peur.  Deux hommes crient et se battent au milieu d'un cercle de spectateurs.  L'un des anciens propriétaires de l'alimentation ferme la grille extérieure.  "Cela doit être payé par quelqu'un!" Crie une femme, les poings sur la tête.  Il est juste midi, un peu plus, le troisième jour de la panne d'électricité nationale au Venezuela.
- Ça va exploser et ce sera moche - répète mon cousin.
Je continue à regarder dans le rétroviseur.  La foule se réduit en même temps, ce qui augmente.  Un phénomène visuel qui semble décrire la réalité mieux que toute autre chose.




Dans l'immeuble où je vis, deux femmes ont eu des problèmes cardiaques.  L'une est une femme âgée qui pourrait être admise dans une clinique privée le vendredi soir et l'autre, une femme d'âge moyen qui a refusé de recevoir des soins médicaux jusqu'à ce que la douleur la paralyse.  Il est maintenant sur le parking à côté de son fils aîné, tremblant de peur.  L'homme court à la fenêtre de ma voiture lorsque nous passons la barrière de sécurité.
- Les filles, pouvez-vous nous donner un coup de pouce à la clinique L.?  - dit.
La femme est assise au bord de l’une des jardinières, le visage pâle et en sueur.  Le corps plié de douleur.  Les yeux voilés et opaques.  L'homme, que je ne connais que de vue en trébuchant plusieurs fois dans l'ascenseur un matin, tremble de peur.  Je me dépêche d'ouvrir la porte arrière.
- Viens - je lui dis.
 - Je n'ai pas comment leur payer ça, murmure-t-il.  La mâchoire crispée, les épaules rigides.  Peur, vraie peur.
 - On est tous pareils, allez.
Il court vers sa mère et la porte presque dans ses bras.  La femme a les lèvres violettes et la peau tendue autour de la bouche.  Respirez avec un son rauque et dur.  Le fils met son bras autour de ses épaules.  "Nous allons bien", murmure-t-il.  Elle posa sa tête sur son épaule.  "J'ai mal".  "Nous allons bien", répète l'homme.  La peur, encore.
Dans la clinique L., nous pouvons à peine nous arrêter sur le parking.  Il y a un chaos de voitures et de motos.  Une ambulance avec des portes ouvertes ferme le chemin.  Un gardien se précipite vers l'endroit où nous serrons les bras.  "Nous n'acceptons personne", dit-il en s'approchant de la fenêtre.  Son visage est en sueur et fatigué.  Les yeux grands ouverts  "Nous n'avons plus comment les mettre."
- C'est une crise cardiaque - je lui dis que bien sûr, je ne sais pas si c'est le cas - nous avons besoin d'aide.
 - Ma chatte, mais les médecins sont débordés.
La femme tousse, elle se plaint doucement.  Le fils dit quelque chose à haute voix, mais la voix est coupée.  La peur.  La peur, je pense encore.  La peur.  Près des portes de l’ambulance ouvertes, un groupe de trois femmes s’étreint.  De l'autre côté de la rue, une femme porte un enfant endormi sur son épaule, le téléphone portable contre sa joue, elle pleure.  Mon cousin secoue la tête.
- Pussy, quelqu'un peut-il vraiment t'aider?  Ç'est grave!
 - Mija Il ne nous reste plus de brancards!  Les médecins ne peuvent pas faire face!
Mais cela ne nous fait pas quitter la région.  Nous restons silencieux puis descendons la rampe vers la porte d’urgence.  "C'est une femme sérieuse", crie-t-elle en secouant les bras "Tu ne peux pas l'emmener ailleurs."  Il y a des cris, quelqu'un a répondu "Que nous ne pouvons pas baiser!" Et enfin, un jeune docteur avec le visage émacié et la robe de chambre froissée, les chaussures en frappant des crocs en plastique orange.  Je ne sais pas pourquoi je vois la couleur et au milieu du gris de la rue, du son des pleurs, du souffle de la femme dans mon dos.  Les ténèbres sont partout, je pense au hasard.
- Métanla, mais peut-être faut-il en déduire - dit le médecin - nous n’avons presque rien, mais cela peut être stabilisé.
Le fils ouvre la porte d'un coup sec et part avec sa mère dans ses bras vers la rampe en béton.  Il ne nous regarde pas, il ne dit pas au revoir.  Le médecin court à ses côtés et bouge ses bras.  Le gardien regarde tout, ferme la portière, se penche par la fenêtre.
- Va à la maison, mijas.  Cela va exploser.
Ma cousine serre ses mains sur le volant en caoutchouc du volant.  La peur.  Peur encore.




La nuit tombe encore.  La lumière disparaît et avec elle la ville.  Dix étages plus bas, la rue dans laquelle j'ai grandi devient dangereuse et sauvage.  J'entends un bruit de balles, une explosion avec une odeur de fumée traverse mon visage.  Mais dans le noir, il n'y a pas de détails et d'histoires.  Vous apprenez à la connaître, je me répète.  La peur en elle, comme un visiteur tardif.  Seulement des ombres  C'est le troisième jour de la panne d'électricité nationale au Venezuela, en mars 2019. Personne ne sait ce qui se passera ensuite.  La seule constante est la peur.

VIdeo des habitants de Caracas à la recherche d'eau potable


Témoignage d'une habitante de Caracas
https://medium.com/the-post-grad-survival-guide/precious-water-e46016947356
J'ai beaucoup lu sur les problèmes auxquels une communauté peut être confrontée si elle n'a pas d'eau et j'ai suivi de très près la crise de l'eau au Cap .
 Mais maintenant, je le vis.
J'habite à Caracas, au Venezuela, et la semaine dernière, nous avons eu une panne d'électricité pendant trois jours.  Le pays entier a vécu sa période la plus sombre.  J'ai eu la chance d'avoir quelques périodes de service électrique à cette époque.
Vous vous demandez peut-être ce que cela a à voir avec l'eau.  Eh bien, s'il n'y a pas d'électricité, il n'y a pas moyen de distribuer de l'eau.
Dans la plus grande partie du pays, le service électrique a déjà été rétabli (avec quelques coupures), mais il semble que la crise de l'eau ne résoudra pas de si tôt.  S'ils mettent les turbines en marche pour démarrer la distribution, ils prennent le risque de nous laisser à nouveau sans service d'électricité;  ce n'est pas encore stable.
Cela fait presque une semaine et nous n’avons toujours pas d’eau.  Il s’agit maintenant d’une urgence nationale (ou devrais-je dire catastrophe?).
Ces deux derniers jours, j'ai observé de mes propres yeux comment des personnes parcourent des kilomètres sur une autoroute pour trouver de l'eau au pied de la montagne .  Porter tout ce qu'ils trouvent pour rapporter de l'eau chez eux.  Beaucoup de personnes possèdent un véhicule et n'ont pas besoin de marcher mais doivent encore faire face à une longue file d'attente pour l'obtenir.

....

Beaucoup d'amis souffrent de la pénurie.  Quelques-uns n'ont même plus de nourriture.  Certains n'ont toujours pas accès à l'électricité.
Je fais tout ce que je peux pour soulager la situation des personnes que je connais.  Nous sommes une communauté très proche et amicale et nous nous entraidons pour de nombreuses choses.  Mais nos efforts sont limités.
La police a pris le contrôle des points de remplissage et nos mains sont attachées.  Il n'y a pas grand chose à faire contre la crise de l'eau.
....
Voir autant de visages inquiets m'a aidé à comprendre l'importance de l'eau.  Cela pourrait se transformer en une situation de vie ou de mort.  Notez que sans eau, vous ne pouvez ni cuisiner, ni nettoyer, ni vivre.

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Venezuela : un gigantesque panne plonge la quasi-totalité du pays dans le noir Empty Re: Venezuela : un gigantesque panne plonge la quasi-totalité du pays dans le noir

Message par troisgriffes le Jeu 14 Mar 2019 - 17:56

Ces textes me font avoir une petite pensée vers l'époque pas si ancienne ou l'on vivait
très bien sans ordinateur personnel ni téléphone portable.

Cela montre aussi l’intérêt des bougies ou autre moyen d’éclairage autonome.
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Venezuela : un gigantesque panne plonge la quasi-totalité du pays dans le noir Empty Re: Venezuela : un gigantesque panne plonge la quasi-totalité du pays dans le noir

Message par BigBird le Jeu 14 Mar 2019 - 18:42

l'effet "domino" tant redouté en cas de crise, ... pale
une pénurie (énergie) en entrainant une autre (eau, approvisionnement nourriture, ...)
ça peut très vite tourner au vinaigre, pillage, guérilla sociale, condamnation express (sans procès) d'un bouc-émissaire,
coup d'état (= prise du pouvoir par un pseudo "fascho-salvateur" sous les applaudissements du peuple) ...
les scénari sont malheureusement assez bien connus, avec toutes les variables d'ajustement.
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Venezuela : un gigantesque panne plonge la quasi-totalité du pays dans le noir Empty Re: Venezuela : un gigantesque panne plonge la quasi-totalité du pays dans le noir

Message par Kyraly le Ven 15 Mar 2019 - 13:15

Une conséquence du black out :

https://www.lesechos.fr/monde/ameriques/0600908129795-venezuela-le-black-out-accelere-le-declin-du-petrole-2252762.php

Venezuela : un gigantesque panne plonge la quasi-totalité du pays dans le noir Captur69

Ce déclin inquiète l'Agence internationale de l'énergie (AIE) qui, dans son rapport mensuel paru vendredi, note : «La semaine dernière, les opérations du secteur (pétrolier vénézuélien) ont été sérieusement perturbées et les pertes actuelles à grande échelle pourraient représenter une difficulté pour le marché ». L'agence redoute qu'il ne faille, pour contrebalancer les volumes perdus du Venezuela, mettre à contribution l'Arabie saoudite afin de satisfaire la demande mondiale. 

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Message par Kyraly le Ven 15 Mar 2019 - 13:18

L'angoisse des familles vénézuéliennes en France  :

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/03/13/je-n-en-dors-plus-les-venezueliens-en-france-desempares-face-a-la-panne-d-electricite-qui-touche-leurs-familles_5435565_3210.html

Face au chaos provoqué par l’absence de réseaux de communications fonctionnels au pays, les Vénézuéliens en France restent suspendus aux réseaux sociaux, à l’affût des moindres changements. C’est le cas de Maria : « On ne sait pas ce qu’il peut se passer. Je ne sais pas ce que va devenir mon pays. On peut compter sur la solidarité des gens sur des groupes WhatsApp qui sont prêts à rendre service, ou sur les groupes Facebook où on tente de réunir l’information pour la rendre disponible pour tous. Mais c’est difficile de trouver des choses fiables. » Sur le principal groupe de la diaspora à Paris, on tente de dénicher de nouveaux outils pour communiquer, comme l’application FireChat, qui fonctionnerait sans Internet. Certains partagent une liste de lieux où l’on peut trouver du réseau mobile dans les environs de la capitale.

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Venezuela : un gigantesque panne plonge la quasi-totalité du pays dans le noir Empty Re: Venezuela : un gigantesque panne plonge la quasi-totalité du pays dans le noir

Message par Kyraly le Mer 27 Mar 2019 - 17:05

Toujours dans le noir, la situation reste critique, même si les citoyens venezueliens essayent de s'organiser :

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/03/27/face-aux-pannes-d-electricite-la-debrouillardise-des-venezueliens_5441896_3210.html

La nouvelle panne nationale a démarré lundi soir à 21 h 30. Elle a été précédée de coupures partielles. Mardi dans la soirée, plusieurs villes et certains quartiers de Caracas restaient dans l’obscurité. « Les gens qui vivent à l’étranger ne savent pas ce que c’est, a posté Angela Ojeda. Le silence est total, l’obscurité complète. La peur et la terreur s’emparent de chacun d’entre nous, avec une cruauté inimaginable. »

« Il n’y a ni policier, ni agents, ni secours dans les rues de Caracas, s’inquiétait dans la journée le journaliste Rey Mozo. Les gens sont livrés à eux-mêmes. »

Et ils sont priés de ne pas tomber malades. Postée par le site Web El Pitazo, la vidéo de chirurgiens de l’hôpital de Ciudad Ojeda opérant dans le noir à la lueur d’un smartphone l’a rappelé.

Conseils et messages de solidarité circulent aussi sur les réseaux sociaux. Une entreprise de téléphonie demande à ses clients de libérer leur Wi-Fi pour que leurs voisins puissent en profiter. Un supermarché signale qu’il met ses réfrigérateurs au service des gens ayant besoin de garder au frais des médicaments.


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