Le paradoxe de Fermi et les extraterrestres invisibles

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Le paradoxe de Fermi et les extraterrestres invisibles

Message par albertspetz le Lun 5 Juin 2017 - 17:31

Le physicien Gabriel Chardin explique pourquoi aucune civilisation extraterrestre ne nous a encore rendu visite, alors que notre galaxie compte plusieurs centaines de milliards de planètes. Une question très sérieuse connue sous le nom de paradoxe de Fermi.

Au début des années 1950, le physicien et Prix Nobel Enrico Fermi lançait la discussion sur le paradoxe apparent suivant : alors qu’environ deux cents milliards d’étoiles existent dans notre galaxie, et que très probablement, comme nous le savons assez précisément aujourd’hui, plusieurs centaines de milliards de planètes orbitent également autour d’elles, comment peut-il se faire que nous n’ayons pas encore été visités par de (nombreuses) civilisations d’extraterrestres ?

En effet, faisons l’hypothèse que la vie émerge sur une fraction même très minime de ces milliards de planètes : les dimensions de notre galaxie (quelques dizaines de milliers d’années-lumière) laissent espérer, pour une civilisation comme la nôtre assez proche de la capacité d’explorer à une fraction appréciable de la vitesse de la lumière les systèmes environnants, une exploration d’une large part de la galaxie en un temps inférieur à 1 million d’années. Or ce temps n’est que le dix-millième environ de l’âge de notre galaxie, la Voie lactée, âgée d’environ 13 milliards d’années, ou de notre Univers, âgé de 14 milliards d’années environ. Il eût donc été fort probable que notre planète ait été visitée par plusieurs centaines d’espèces différentes d’extraterrestres, qui sont à ce jour remarquablement absentes.

Une simple question de délai ?

Un point semble toutefois avoir peu été discuté par Fermi : le délai dont nous disposons avant d’épuiser les ressources à notre disposition, que ce soit à l’échelle de notre planète Terre, ou même à l’échelle de l’Univers observable (disons à l’intérieur d’un rayon de 10 milliards d’années-lumière, soit environ 100 milliards de milliards de kilomètres).

Sous l’hypothèse apparemment raisonnable d’un taux de croissance de la consommation et de l’utilisation des ressources de 2 % par an, la durée d’épuisement des ressources de la Terre est de quelques centaines d’années, avec une large marge d’incertitude. Pour l’Univers observable tout entier, curieusement, l’estimation est plus précise : entre 5 000 et 6 000 ans, à très peu de chose près…

Ce temps est ridiculement faible et lui aussi apparemment paradoxal : pour épuiser les ressources dans un rayon de 10 milliards d’années-lumière, il faudrait, a priori, plusieurs milliards d’années, sauf à avoir simultanément à l’œuvre un très grand nombre de civilisations expansionnistes, ou à aller plus vite que la vitesse de la lumière, ce qui semble impossible. Autrement dit, une croissance de 2 % par an poursuivie pendant quelques millénaires grille presque nécessairement le système planétaire qui en subit l’expérience.

.../...

Je défends donc l’idée qu’il est essentiel, durant les quelques dizaines d’années où nous pouvons espérer poursuivre la phase de développement technologique que nous connaissons actuellement, que l’ensemble des pays, et en premier lieu les pays développés qui ont la chance de pouvoir disposer déjà de structures de recherche éprouvées, mettent en toute première priorité le développement des activités de recherche et développement qui seules pourront nous permettre de faire face aux défis à venir.

https://lejournal.cnrs.fr/billets/le-paradoxe-de-fermi-et-les-extraterrestres-invisibles?utm_content=bufferb61f6&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=buffer

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Pour l’instant, on voit que la croissance de nos économies est corrélée à la consommation de ressources et d’énergie. Vous pensez qu’une croissance qui augmente en consommant moins de ressources est possible ?

Alexandre Delaigue : Si, jusqu’à présent, la croissance économique a été intensive en consommation de ressources et d’énergie, c’est essentiellement parce qu’elles ne coûtaient pas cher. Lorsqu’on a maîtrisé la pêche à la baleine, on a eu un système d’éclairage très intensif en huile de baleine, jusqu’au jour où cela a commencé à devenir difficile et coûteux de capturer des baleines pour nos lampes et que cela a incité à la recherche d’autres moyens pour fournir de l’éclairage.

Ce moyen a été l’ampoule à incandescence. L’économiste William Nordhaus a comparé les techniques d’éclairage depuis le feu de bois de l’homme préhistorique jusqu’aux ampoules halogènes et fluorescentes et a étudié la quantité d’éclairage produite par unité d’énergie consommée. Il a montré qu’il y avait eu une diminution exponentielle du coût énergétique de la production de lumière.

De la même façon qu’il y a une croissance exponentielle, il y a en même temps des améliorations technologiques qui permettent une diminution exponentielle des coûts.

Bien sûr, il y a des limites à ce processus, mais on ne sait pas exactement comment et quand elles seront atteintes. Ce qu’on peut constater, c’est que quand les sociétés humaines s’approchent de leurs limites, il y a toute une série de mécanismes sociaux qui se mettent en place, à commencer par le mécanisme des prix. Par exemple, lorsqu’il est plus difficile de trouver du pétrole, le pétrole coûte plus cher, ce qui incite à aller vers d’autres techniques ou à fournir de l’énergie de manière différente.

Ça nous met face aux vraies questions. D’abord, à quelle distance est-on de nos limites ? Et puis est-ce que quand on touchera une limite, on ne risque pas de se retrouver dans la position des bactéries dans la boîte de Pétri ou des habitants de l’île de Pâques, ou est-ce qu’on aura des mécanismes sociaux qui permettent de faire en sorte que ces limites ne conduisent pas à des drames comme la disparition de milliards de personnes ?

Gabriel Chardin : Je reviens sur la question de l’éclairage. En fait, le prix Nobel de physique 2014 montre que la croissance exponentielle de l’efficacité énergétique de l’éclairage touche à sa fin. Ce prix Nobel récompense la découverte des LEDs bleues dont l’efficacité est proche de 1. Auparavant, on a pu faire des choses plus aberrantes, encore comme tuer des baleines pour récupérer leur graisse et allumer des bougies.

Mais là, le progrès technologique a une fin parce que, sauf à vouloir autre chose que l’éclairage, l’émission de photons a un coût et ces LEDs représentent à peu près l’étape ultime. Pour des raisons fondamentales, on ne peut quasiment pas faire mieux, ou alors vraiment à la marge. L’exemple que vous prenez montre qu’on tombe sur une fin de croissance sur un certain nombre de processus.

A-t-on justement un moyen de mesurer le délai qui nous sépare du dépassement de ces limites ?

Gabriel Chardin : Ce qui m’inquiète, c’est que la réflexion stratégique n’existe pas sur ces limites. Soit on ne les voit pas, soit on a un discours relativement rassurant. Le discours du Club de Rome et celui des gens qui disent « Attention, on va droit dans le mur ! » est jusqu’ici relativisé, alors que l’avidité qui existe dans nos sociétés et l’absence de contraintes, notamment au niveau démographique, font que sur un certain nombre de choses assez fondamentales qu’on surveille trop peu, on est dans une situation inquiétante.
.../...
http://tempsreel.nouvelobs.com/rue89/rue89-planete/20150228.RUE8019/croissance-a-quelle-distance-sommes-nous-de-nos-limites.html?xtref=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2F#https://www.facebook.com/


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Re: Le paradoxe de Fermi et les extraterrestres invisibles

Message par Collapse le Mar 6 Juin 2017 - 8:58

Très intéressant merci.

Il soulève un point intéressant : il y a une limite à la technologie.

La suite de l'article va dans notre sens : "On n’est pas encore arrivés à la catastrophe, mais on le voit à travers plusieurs indicateurs, on est au bord de l’instabilité.()J’ai l’impression qu’on ne fait actuellement que prolonger l’instabilité et que notre système peut s’effondrer pratiquement à tout moment"

cordialement
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Re: Le paradoxe de Fermi et les extraterrestres invisibles

Message par eclipse66 le Mar 6 Juin 2017 - 23:31

je pense que les scientifiques se fourvoie sur cette question en s'imaginant qu'il vont débarquer en grande pompes  . Ils partent du postulat que les ET nous considéreront comme leurs égaux.

Si extraterrestre il y a , en aucun cas il débarqueront pour nous dire un coucou ou faire un quelconque échange technologique .

En effet  le quel d'entre nous a signé un quelconque accord d'échange technologique avec des babouins, chimpanzés voir des ours ou des fourmis!
en général on les met en cage voir on les exploite. 
Il y a probablement plus de différences entre nous et des probables extraterrestres  qu'entre nous et les grands singes ou des ours.

Ensuite la technologie est neutre c'est simplement l'usage que l'homme en fait qui pose problème (vue à court terme, intérêts financiers, pouvoir, domination  ...)

L'homme n'est pas encore  assez intelligent pour utiliser la sciences et la techno  à bon escient

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