Le risque démographique

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Le risque démographique

Message par KrAvEuNn le Mer 21 Mar 2007 - 13:22

Quelques idées reçues à propos de la démographie

Le nombre d’humain présent sur terre (6 milliards) conjugué au mode de vie qui est en partie le sien, semble être un problème sérieux pour la préservation du milieu naturel et donc, par extension, pour la continuité d’un « certain mode de vie » pour les générations futures.
Il existe beaucoup d’idées reçues concernant la démographie. D’abord le taux de 2,1 enfants par femme, destiné à conserver une population stable est faux. Le fameux 0,1 enfant du taux de 2,1 enfant/femme est lié au plus grand nombre de naissances masculines (+ 0,1). Donc, ce taux reflète une natalité et une démographie où aucuns autres éléments ne rentrent en compte (mortalité adolescente et adulte).
Dans l’absolu et si l’on tient compte de tous les facteurs extérieurs (mortalité, stérilité, désir de certains couples de ne pas avoir d’enfants), le taux de fécondité devrait être d’environ 2,5 à 2,7 enfants par femme fertile (mais ceci ne change rien au taux d'ensemble de 2,1 enfants par femme).
Donc, par exemple, pour maintenir la population française stable, il faudrait que toutes les femmes fertiles et désirants avoir des enfants en aient environ, pour majorité 2 et pour minorité 3 enfants. Tout se joue en effet sur le nombre de femme fertile qui met au monde un troisième enfant ; s’il est faible, la pop diminue, s’il est moyen, elle se stabilise plus ou moins et s’il est il important, la pop augmente.
Actuellement on en est loin (1,8 enfants/femme en France...il n'existe par contre par de stat pour le taux d'enfant par femme fertile).

Avec un taux de 1,8 enfant/femme,il y a virtuellement décroissance de la population française (masquée par un vieillissement de la population (allongement de la durée de vie ; on meure moins et la pop augmente en conséquence) et une immigration non négligeable).
Une bonne partie de la pop mondiale connaît encore une natalité forte, quoiqu’en diminution ces dernières années (transition démographique) et devrait atteindre un pic (vers environ 9 milliards d’hab), avant de probablement diminuer (il n’y a pas de stabilisation de population possible ; celle-ci croit et décroît continuellement).
Tout ça pour vous dire qu’avoir moins d’un enfant/femme la fait significativement diminuer ; avoir 2 enfants, la fait doucement diminuer la pop ; avoir 2,1 enfant stabilise la pop et en avoir plus la fait monter. La croissance démographique n’est pas partout répartie de la même façon ; il y a des endroits du monde où la natalité est marquée (trop ?) et d’autres où elle est moyenne, voir faible (trop faible ?) Il y a des secteurs où il y a surnatalité et d’autres sous natalité.


Dernière édition par le Mer 21 Mar 2007 - 13:46, édité 1 fois

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Re: Le risque démographique

Message par KrAvEuNn le Mer 21 Mar 2007 - 13:24

Salut,

Ce message était à l’origine destiné à être posté sur Oléocène, en réponse à un sujet sur le RC ; toutefois, le prochain chat sur le sujet démographique m’a incité à le placer ici.

Attention, le développement et les conclusions sont très perso et demandent à êtres critiquées, analysées, etc. C’est du brut de décoffrage.

En fait, quand j’ai commencé cette analyse, je n’avais absolument pas idée d’aller dans cette direction et je suis le premier surpris par mes propres conclusions.



Quelle population post-PO sur le long terme ?

GillesH38 a écrit :

On est bien d'accord. L'humanité a connu en gros trois étages :
* un étage paléolithique, de chasseurs cueilleurs, a quelques dizaines de milliers d'individus.
* un étage agricole, de quelques centaines de millions d'individus.
* un étage industriel, de quelques milliards d'individus.

Le troisième, caractérisé par une abondance d'énergie jamais connue auparavant, a permis à un dixième de l'humanité de vivre dans des conditions ou la plupart des causes de décès anticipés ont été maitrisées.

Nous tous vivons donc dans ce dixième le plus riche de l'age le plus riche qui ait jamais existé. Et cela inclut meme les RMIstes.

C'est ce troisième étage qui est menacé (et d'ailleurs je ne vois pas trop comment il pourrait survivre a la disparition des fossiles). Mais la disparition de l'humanité nécessiterait aussi la disparition du deuxième (c'est à dire en gros de l'intégralité des surfaces arables de la surface du globe), et même du premier (donc de l'intégralité des forêts et milieux naturels abritant du gibier et des plantes comestibles). On en est encore très loin, et ce n'est surement pas la disparition du pétrole ou même de tous les fossiles qui va causer ça!


Théoriquement oui et je pense moi aussi que c’est la probabilité majeure pour le proche avenir ; seulement il existe d’autres possibilités (certes moins probantes) : diminution démographique très marquée (par PO, famines, infertilité, guerres) couplée à une grande pandémie, ou à un hivers nucléaire, etc. Quoiqu’il en soit, les espèces disparaissent toutes un jour ou l’autre et l’homme ne fera pas exception à la règle ; même s’il est l’espèce la plus inventive et adaptable qui soit, un jour il atteindra ses limites (ou bien c’est l’écosystème qui atteindra ses limites propres à le « supporter ») et j’espère que nous n’en sommes pas encore là.


Toutefois, une population humaine n’est jamais stable : elle monte et elle descend continuellement (via les morts et les naissances).

Indubitablement, le PO va entraîner une diminution de la population mondiale et cette population ne pourra jamais plus remonter vers les sommets actuels (ni même récents).


Certains parlent de 1 à 2 milliards d’habitants après le PO, d’autres de quelques centaines de millions, mais c’est potentiellement faux ; la population remontera et diminuera alternativement, encore et toujours indéfiniment (ce qu’elle fait depuis des millions d’années) et seul un calcul sur une période donnée peut permettre de donner un sens général à l’orientation de la démographie (diminution ou augmentation) sur un temps donné.


Pour augmenter, la population a besoin d’espace et de ressources ; mais quel sera l’étendu des territoires exploitables et l’état des ressources futures (déjà bien entamés) ? Le maintien d’une civilisation, même « durable » et « sobre » n’aura-t-elle aucun impact sur l’état des ressources (même minime) sur le long et très long terme ?


Une population (moderne), pour « se stabiliser », a besoin d’un taux démographique théorique de 2,1 enfant par femme (le 0,1 étant due au surplus de mâles ; dans les faits, c’est plutôt 2,5 à 2,7 enfants par femme fertile qui sont nécessaires (si l’on tient compte des couples qui ne veulent pas d’enfants, de ceux qui sont stériles (un homme et une femme sur 6) et des décès avant d’arriver à l’âge de procréation). Quel sera le taux idéal nécessaire pour maintenir une pop « viable » dans la société post-PO ? Tout dépendra en fait du taux de mortalité, de stérilité et de non désir d’enfant. Plus ce taux sera inférieur au taux « idéal » et plus la décroissance démographique sera importante ; plus il en sera proche (mais inférieur) et plus la décroissance sera modérée.


Le risque est que la population baisse trop vite et ne puisse jamais (ou rarement) remonter au niveau précédent (maximum), faute de ressources suffisantes et que doucement, imperceptiblement (sur des milliers d’années), ou rapidement (sur des siècles) la population régresse vers des taux démographiques de plus en plus « faibles ».


Imaginons que conjointement, l’état de la planète se détériore de plus en plus, suite à la poursuite de la désertification et à l’épuisement des ressources (qu’entraîne tout maintien d’une civilisation d’importance ou même minime) ; le phénomène serait long et stagnant (avec des avancées et des reculs), mais doucement, la Terre continuerait à s’épuiser et en contre partie, la population (moins bien nourrit) diminuerait et ainsi de suite, jusqu’à ce que nous retournions à un stade d’organisation sociale « inoffensif » (neutre).

Quel serait l’avenir d’une humanité qui ne pourrait jamais remonter aux niveaux démographiques précédents ? : « L’implosion démographique » et ceci jusqu’à des taux très bas, à un niveau où les hommes n’auraient plus aucun impact sur l’écosystème et où la population augmenterait et diminuerait désormais au fil des saisons, bonnes ou mauvaises et des aléas climatiques et naturels.

Bref, la population post PO évoluera sur le long terme vers des taux probablement baissiers et il en sera de même du niveau de la civilisation ; car là non plus, il n’y a pas de stabilité possible sur le très long terme : ça évolue ou ça régresse selon les ressources, (la stagnation étant une baisse ou une hausse lente.)

Olduvai est notre seule issue possible ; les seules incertitudes sont de savoir comment (probablement par l’épuisement de toutes les ressources non renouvelables et/ou lentement renouvelables) et quand elle surviendra : tôt (dans quelques millénaires) ou tard (quelques dizaines ou centaines de milliers d’années) ?


la disparition de l'humanité nécessiterait aussi la disparition du deuxième (c'est à dire en gros de l'intégralité des surfaces arables de la surface du globe), et même du premier (donc de l'intégralité des forêts et milieux naturels abritant du gibier et des plantes comestibles). On en est encore très loin, et ce n'est surement pas la disparition du pétrole ou même de tous les fossiles qui va causer ça!


Pas tout à fait d’accord. Si les surfaces arables diminuent, ainsi que les milieux naturels, nous rentrerons en concurrence de + en + vive et directe avec les autres animaux et se sera eux ou nous (donc nous). Plus ces surfaces diminuerons et plus notre pop diminuera (par manque de ressources) ; ceci aura pour effet de diminuer en retour notre pression sur la nature et donc de lui permettre de se régénérer et donc, alors, à notre pop de ré augmenter, etc., etc. Problème : certains dégâts seront irréparables avant des siècles et sur le long terme, la nature diminuera inexorablement et donc la pop aussi. Tout se jouera en fait sur la rapidité de la démographie et/ou de la nature à se régénérer ou pas et peut être surtout, sur le niveau technologique de notre civilisation.

Certaines terres sont stérilisées pour des centaines d’années, voir plus ; une partie des forêts (l’Amazonie) sont foutues pour des millénaires.

L’espace naturel ne redeviendra pas, en superficie et en qualité, aussi étendu et prolifique que de nos jours avant des siècles et des siècles. Des zones risquent (bien que foisonnantes) d’être inhabitables et inexploitables pour des millénaires (pollutions radioatives et chimiques). La montée des océans va indisposer des surfaces potentiellement utiles pour très longtemps. L’avancée des déserts va encore grignoter une partie des terres restantes pour des millénaires. Le peu qui restera risque d’être soumis à forte pression et à rude épreuve (ou plutôt exploitation).


Ma conclusion, l’humanité, dans le cas d’un effondrement de civilisation ne pourra même pas soutenir une pop équivalente aux époques passées technologiquement « équivalentes », car les ressources et les territoires seront très largement diminués par rapport à ceux de toutes les époques passées.


Qu’est-ce qui, dans ce cas, peut donc nous arriver de mieux ? - Prendre conscience de tout ça, agir en conséquence (sortir de la civilisation industrielle et marchande de façon radicale et rapide, diminuer notre population et la réguler strictement), devenir enfin sages, nous improviser comme les gérants de la Terre et faire passer le message aux générations futures intact durant les siècles et les siècles. Sinon, Olduvai le plus rapidement possible. D’autres voies sont-elles possibles pour sauver l’espèce sur le très long terme ? Aller sur d’autres planètes ? Je n’y crois même pas une seconde (c’est de la SF). Inventer une énergie inépuisable et non polluante ? C’est encore de la SF.

Just my point de vue clind'oeil

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Re: Le risque démographique

Message par geispe le Mer 21 Mar 2007 - 14:22

je pense aussi que la population surtout là où elle est dense et pétro-dépendante, va se réduire de façon considérable.
Par contre je suis d'un autre avis dans ce cas :

<<<Imaginons que conjointement, l’état de la planète se détériore de plus en plus, suite à la poursuite de la désertification et à l’épuisement des ressources (qu’entraîne tout maintien d’une civilisation d’importance ou même minime) ; le phénomène serait long et stagnant (avec des avancées et des reculs), mais doucement, la Terre continuerait à s’épuiser et en contre partie, la population (moins bien nourrit) diminuerait et ainsi de suite, jusqu’à ce que nous retournions à un stade d’organisation sociale « inoffensif » (neutre). >>>

la fin du pétrole signifie la fin des émissions et pressions humaines sur la planète et son environnement : je vois ensuite une bénéfique (pour ceux qui restent) et quasi instantanée explosition de la nature et donc de ses ressources, puisqu'il n'y aura plus moyen de la tenir en échec comme c'est le cas aujourd'hui.

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Re: Le risque démographique

Message par KrAvEuNn le Mer 21 Mar 2007 - 15:17

oui, mais je pense que dans le cas que tu cite la civilisation s'effondre rapidement, parceque sinon, tout type de civilisation épuise (plus ou moins rapidement) les ressources ; voir par exemple le croissant fertile (moyen orient), qui ne l'est plus.

Bref, ce dont j'ai peur, c'est qu'une civilisation avancée (type moyen âge par exemple) perdure et continue à épuiser les ressources (bois, terres agricoles, etc.)

L'amazonie (partie déforestée) par exemple est foutue (stérile) pour des millénaires ; je suis toutefois d'accord, la nature reprendra ses droits...là où elle le pourra encore et si nous la laissons faire. En fait tout dépendra de notre démographie et de notre niveau de technologie.

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Re: Le risque démographique

Message par KrAvEuNn le Mar 24 Avr 2007 - 19:49

Boom démographique d'ici à 2050: transfert de richesses, déclin en Europe

PARIS (AFP) - La forte croissance démographique dans le monde et particulièrement en Asie au cours des prochaines décennies devrait entraîner un déplacement des richesses des pays développés vers les pays émergents et un appauvrissement de l'Europe, d'après une étude de la Société Générale (Paris: FR0000130809 - actualité) .

La Terre devrait compter 9 milliards d'individus d'ici 2050 contre 6 aujourd'hui, soit une croissance de 50%, tirée par l'Asie et l'Afrique, tandis que la population des pays développés devrait plafonner à 1,26 milliard de personnes dès 2030, a indiqué mardi Véronique Riches-Fores, chef économiste Europe de la Société Générale.

En 2050, les plus de 60 ans seront 2 milliards et la proportion des inactifs par rapport aux actifs devrait passer de 11% aujourd'hui à plus de 25% en 2050 dans le monde, d'après l'étude.

"Ce choc démographique va induire un déplacement des richesses spectaculaire", a commenté l'économiste de la Société Générale lors d'une conférence de presse.

En se fondant sur la théorie du cycle de vie, qui suggère qu'un individu épargne pendant sa vie active puis consomme son épargne lors de sa retraite, elle a estimé que "les tendances démographiques suggèrent une +désépargne+ marquée dans les pays industrialisés entre 2015 et 2030".

A l'inverse, dans les pays en développement, la tendance à épargner devrait se développer, d'où un déplacement massif des sources d'actifs à attendre à travers la planète.

Au niveau mondial, la baisse relative du nombre d'actifs, toutes choses égales par ailleurs (notamment sans tenir compte d'éventuelles hausses de productivité), devrait entraîner une forte hausse du "taux de dépendance", c'est-à-dire la hausse du nombre d'inactifs par rapport à l'ensemble de la population.

Elle pourrait se traduire par une perte de produit intérieur brut (PIB) par tête de 6,6% au cours de la période 2005-2050, soit 0,15% par an, affirme l'étude.

Avec le taux de fécondité le plus faible du monde, l'Europe devrait être la plus touchée, avec un manque à gagner estimé à 18%, soit 0,35% par an, suivie par l'Amérique du Nord (9,3% soit 0,2% par an).

Tous les pays d'Europe occidentale se verraient menacés d'un appauvrissement, avec une baisse du revenu par tête allant de 9 à 23% selon les cas.

Seule une série de mesures combinant une importante hausse de la productivité, un allongement de la durée du travail, une participation accrue de toutes les tranches de la société, une réforme des systèmes de retraite et une immigration très élargie pourrait contrebalancer le coût du vieillissement de la population.

En Europe, ce serait presque trop tard pour se lancer dans une politique d'immigration comparable à celle que mènent les Etats-Unis depuis 25 ans, car les pays de l'Europe de l'Est aussi se trouvent concernés par le vieillissement et il n'y a donc plus de "réservoir" de main d'oeuvre possible.

Outre l'Afrique, seul continent susceptible de générer une émigration massive selon Mme Riches-Flores, l'intégration de la Turquie, dont le taux de natalité est aussi en train d'amorcer un repli mais reste très élevé, "est l'un des facteurs qui pourraient changer complètement la donne" pour l'Europe, a-t-elle conclu.

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Re: Le risque démographique

Message par KrAvEuNn le Mer 4 Juil 2007 - 2:21

On mésestime en général le facteur démographique et son lien direct avec la croissance économique ; la machine capitaliste a besoin de bras pour produir et de portefeuilles pour consommer mrsgreen

Le vieillisement de la population occidentale, liée à l'épuisement des réserves humaines des pays du sud et de l'est de l'europe, de l'asie et de l'afrique du nord, voir de l'amérique du sud (ne reste plus que l'afrique noire) và de toute façon (à moyen terme), poser un grave problème de disponibilité de bras bon marché (et accessoirement d'intégration dans les pays d'acceuil et de manque de mains d'oeuvre et de cerveaux dans les pays fournisseurs).

Le capitalisme fait le vide d'homme à l'intérieur (population riche et peu "fertile") et absorbe les forces vives de l'extérieur (population immigrée) ; bref, notre économie aime pomper dans les réserves de mains d'oeuvre peu couteuse (qu'il n'a pas eut à financer et à éduquer)...le beurre, l'argent du beurre, la crémière et son chien...telle est la devise...mais toute chose a ses limites.

Voici ce qui nous attends si l'on ne met pas en place une politique d'immigration massive dans les années à venir (enfin, hors PO bien sûr fumeur ). La pologne déja parle d'importer une main d'oeuvre indienne (alors que leur force vive s'est dilluée en allemagne et en europe occidentale.)

Le vieillissement démographique menace l'Europe de l'Est et l'ex-Union soviétique

En 2025, les populations de nombreux pays d'Europe de l'Est et de l'ex-Union soviétique compteront parmi les plus âgées au monde, ce qui pourrait mettre en péril la réussite économique récente de la région si des réformes satisfaisantes des régimes de retraite et de santé ne sont pas conduites et si des mesures ne sont pas mises en place pour favoriser la hausse de la productivité, prévient aujourd'hui la Banque mondiale.

Selon un nouveau rapport de l'institution, la région de l'Europe de l'Est et de l'ex-Union soviétique qui, de la Russie à l'Albanie, regroupe 27 pays, est la seule qui soit confrontée au problème cumulé d'un vieillissement rapide, d'une relative pauvreté et d'une transition incomplète à une économie de marché bien développée, révèle un communiqué publié à Washington.
LIEN

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Re: Le risque démographique

Message par KrAvEuNn le Mer 15 Aoû 2007 - 17:08



Population mondiale : la décélération


jeudi 16 septembre 2004.par Philippe Ladame

La planète porte aujourd’hui 6.4 milliards de personnes, mais un rapport du Fonds des Nations unies pour la population (Fnuap) confirme le ralentissement de la croissance de cette population mondiale.


Après un pic de 80 millions d’habitants supplémentaires chaque année au milieu des années 90, la croissance est maintenant de 76 millions.

Cette décélération va se confirmer puisque Le nombre moyen d’enfants par femme est tombé de six en 1960, à trois environ aujourd’hui. Le taux de fécondité devrait baisser encore, pour se situer à peu près au niveau de remplacement. La prévision de population à l’horizon 2050 est de 8,9 milliards d’habitants.

Le rapport souligne toutefois que cette décélération moyenne sera en réalité très contrastée suivant les régions du monde.

Ainsi les 49 pays les moins avancés devraient voir leur population tripler, alors que les populations de l’Europe et du Japon sont déjà en train de diminuer. L’afrique, bien que dramatiquement touchée par le sida, qui explique pour une part la décélération, devrait néanmoins conserver une croissance forte

Lien : http://citron-vert.info/spip.php?article31








Et moi, et moi, et moimercredi 26 octobre 2005.par Philippe Ladame

La population de l’Union Européenne est estimée à 460 millions d’habitants, en hausse de 0.5% en 2004.


Alors que la population mondiale est estimée à 6.5 milliards d’individus, Eurostat extrait deux grands traits d’un [url=]rapport[/url] (.pdf 245 Ko) intitulé La population en Europe en 2004 Premiers résultats :
la population de l’Union Européenne a augmenté de 0.5% au cours de l’année 2004
près d’un tiers des naissances dans l’UE25 sont des naissances "hors mariage".

Avec ses 2,3 millions d’habitants supplémentaires en 2004, soit un taux d’augmentation de 0,5%, l’Union Européenne se situe dans la "moyenne", pour autant que cela ait un sens ici. « En comparaison, explique Eurostat, la population des États-Unis a augmenté de 0,9% (294,4 millions au 1er janvier 2005) et celle du Japon de 0,1% (127,4 millions), tandis que la population en Russie a diminué de 0,5% (143,5 millions). Les deux pays les plus peuplés du monde ont connu une croissance démographique, à hauteur de 0,6% en Chine (1 302,6 millions d’habitants au 1er janvier 2005) et de 1,4% en Inde (1 072,7 millions). »

Cette augmentation est due, pour une petite part (0.4 million), à l’acroissement naturel [1] (naissances et longévité) et pour une part bien plus nette (1,9 million) à un solde migratoire positif.

Si ces deux facteurs n’intervenaient pas la population de l’UE diminuerait. En effet, si le taux de fécondité [2] a légèrement augmenté, passant de 1.48 à 1.50, il reste nettement inférieur au seuil de renouvellement des générations qui est de 2,1. En UE, les taux de fécondité les plus élevés ont été constatés en Irlande (1,99), suivie de la France (1,90), de la Finlande (1,80) et du Danemark (1,78). Ils ont été de 2.89 en Inde, de 2.07 aux Etats-Unis et de 1.69 en Chine.

Eurostat signale aussi la progression du nombre de naissances "hors mariages" qui a augmenté de 1% en un an, pour atteindre 31.6%. Mais cette moyenne européenne recèle de fortes disparités ou, du moins, toute une gamme de situations de la Grèce (avec moins de 5% de naissances "hors mariages") à la Suède (où plus de 55% des enfants naissent de couples non mariés).


[1] Le taux d’accroissement naturel est la différence entre le nombre de naissances vivantes et le nombre de décès pour mille habitants.

[2] Le taux de fécondité est le nombre moyen d’enfants par femme.

Lien : http://citron-vert.info/spip.php?article386




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Re: Le risque démographique

Message par KrAvEuNn le Mer 15 Aoû 2007 - 17:09

1001 manières de mourir dans le monde
jeudi 18 janvier 2007.par Gilles Pradeau

"Nous ne pouvons tolérer que chaque année, 11 millions d’enfants meurent avant leur cinquième anniversaire" déclarait lors du 60e anniversaire de l’ONU Joschka Fischer. Mais globalement quelles sont les causes de mortalité les plus importantes dans la surenchère de chiffres ?


Tout d’abord, quelques 57 millions de décès sont constatés chaque année dont 7,5 millions d’enfants de moins d’un an d’après l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Absence de nourriture de bonne qualité



40 millions de gens meurent de faim chaque année alors que l’on produit 356 kg de céréales par personne (selon l’Atlas de l’Alimentation dans le monde), ce chiffre tombe à un peu plus de 8 millions pour Action Contre la Faim citant le Rapport FAO 2005 L’insécurité alimentaire dans le monde. Selon le FAO, il y aurait 854 millions de personnes sous-alimentées.

Si un milliard de personnes souffrent chaque année de diarrhées (le plus souvent à cause de l’alimentation), 4.5 millions de personnes en meurent chaque année. La diarrhée est actuellement la deuxième cause de décès d’enfants, tuant 1,9 million de jeunes enfants chaque année, principalement par déshydratation.

Un autre rapport de l’OMS montre que plus de 1,1 milliard d’habitants des zones urbaines et rurales n’ont actuellement pas accès à une eau de boisson provenant d’une source améliorée et que 2,6 milliards de personnes ne sont pas raccordées à des systèmes d’assainissement de base. Cette situation a des effets particulièrement marqués chez les enfants. L’OMS estime en effet qu’en 2005, 1,6 millions d’enfants de moins de 5 ans (soit en moyenne 4500 par jour) sont morts faute d’accès à une eau saine ou par manque d’hygiène.

La carence en vitamine A rend aveugle 500 000 enfants chaque année selon l’Atlas de l’Alimentation dans le monde, et 13% (740 millions de gens) sont carencés en iode (provoque des retards mentaux et hypertrophies de la thyroïde). Il convient d’ajouter que l’industrie alimentaire dépense chaque année 40 milliards de dollars pour la publicité (500 fois le budget de l’OMS pour les questions nutritionelles).

L’OMS estime qu’il y a plus de 180 millions de diabétiques dans le monde et qu’il y en aura plus du double en 2030 : d’après les estimations, 1,1 million de personnes sont mortes du diabète en 2005 et près de 80 % des décès dus au diabète se produisent dans les pays à revenu faible ou moyen. Ils risquent d’ailleurs d’augmenter de plus de 80 % dans les pays à revenu moyen de la tranche supérieure entre 2006 et 2015.
Cancer



Le cancer est l’une des principales causes de décès dans le monde. On estime à 7,6 millions le nombre des décès provoqués par cette maladie en 2005 et à 84 millions le nombre de ceux qui surviendront au cours des dix prochaines années si des mesures ne sont pas prises.

3 types de cancer peuvent être attribués à la surexposition aux UV, et ce sont entre 41 000 and 71 000 morts annuelles dans le monde selon l’OMS

Le tabagisme reste la principale cause de décès évitable dans le monde, puisqu’il est à l’origine de 5 millions de décès chaque année selon l’OMS : responsable de 90 % des cas de cancer du poumon, il est associé à bien d’autres types de cancer, comme le cancer du col de l’utérus ou le cancer du rein, ainsi qu’à l’emphysème, à la bronchite.
Environnement



Citron-vert en avait déjà parlé : près de 24% des maladies dans le monde sont causés par des expositions environnementales qui peuvent être évitées. Le rapport de l’OMS sur ce sujet en outre que plus de 33% des maladies qui touchent des enfants de moins de 5 ans sont causées par des expositions environnementales. En prévenant les risques liés à l’environnement on pourrait sauver les vies de près de quatre millions d’enfants par an, surtout dans les pays en développement.

L’OMS rappelle que chaque année "la pollution tueuse des cuisines est responsable de la mort de 1.5 million de personnes" dont près des deux tiers en Afrique et en Asie du Sud-Est.

Au total, ce sont 13 millions de décès dus annuellement à des causes environnementales évitables. Les quatre principales maladies influencées par un environnement de mauvaise qualité sont la diarrhée, les infections des voies respiratoires inférieures, différentes formes de lésions involontaires et le paludisme.
Epidémies



Au niveau mondial, le SIDA engrange 5 millions de nouveaux cas, plus de 3 millions de morts, dont 570 000 enfants.

La tuberculose vient au deuxième rang : chaque année près de 9 millions de cas de tuberculose évolutive et deux millions de décès sont constatés. Dans les pays à forte prévalence de tuberculose, les programmes VIH doivent renforcer la prévention, le diagnostic et le traitement de la tuberculose. Ces mesures et d’autres sont recommandées dans la politique de l’OMS sur les activités dirigées à la fois contre la tuberculose et le VIH.

Enfin, le paludisme touche 500 millions de personnes provoquant au moins un million de décès, l’OMS l’estimant à plus de 2 millions . Elle est la parasitose tropicale la plus importante.

D’après de nouvelles données de l’OMS, la rougeole provoque de moins en moins de morts dans le monde (873 000 en 1999 mais 345 000 en 2005). En Afrique, ce recul est de 75 % (de 506 000 à 126 000 sur la même période).
Cardiopathies



Les cardiopathies représentent aujourd’hui la principale cause de mortalité dans le monde et constituent un poids financier considérable pour les organismes et services de santé. 17 millions de personnes meurent chaque année de maladies cardio-vasculaires, et 80% de ces décès surviennent dans les pays à revenu faible et moyen selon la World Heart Federation.

Selon les estimations de l’OMS, 80 millions de personnes ont une bronchopneumopathies obstructives chroniques (BPCO) modérée à sévère, et 3 millions de personnes sont mortes de BPCO en 2005. L’OMS prévoit que BPCO deviendra la quatrième cause des morts dans le monde entier en 2030.
Grossesse et petite enfance



D’après des chiffres récents de l’OMS, près de 530 000 femmes meurent chaque année pendant la grossesse ou l’accouchement (99 % dans les pays en développement), plus de trois millions d’enfants sont mort-nés, plus de quatre millions de nouveau-nés meurent au cours des premiers jours ou des premières semaines de vie. Au total, ce sont 10,6 millions d’enfants qui meurent chaque année avant leur cinquième anniversaire.

Parmi ces dix millions d’enfants, beaucoup de diarrhée, du VIH/SIDA, du paludisme, d’infections respiratoires ou de pneumonie. Il existe des interventions efficaces contre ces maladies - répertoriées dans la liste OMS des médicaments essentiels -mais on ne sait pas toujours comment utiliser au mieux ces médicaments chez l’enfant et l’on manque de formulations pédiatriques. Dans 16 pays, dont 14 se trouvent en Afrique, les taux de mortalité chez les moins de cinq ans sont plus élevés qu’en 1990.

Selon l’OMS, chaque année, plus d’un demi-million de femmes meurent suites à des complications de la grossesse ou de l’accouchement. Il y a aussi environ 80 millions de grossesses non désirées, dont 45 millions sont interrompues (19 millions d’avortements ne sont pas médicalisés, dont résultent 70 000 décès et des millions d’incapacités permanentes).

Toujours selon une étude publiée par l’OMS , les femmes ayant subi des mutilations génitales féminines sont bien plus exposées que les autres à des difficultés lors de l’accouchement. Leurs enfants risquent aussi davantage de mourir. En Afrique, sur 1000 accouchements, 10 à 20 décès de nouveau-nés de plus que dans d’autres continents sont dus aux mutilations génitales féminines.

A noter aussi qu’on ne dispose pas actuellement de chiffres etayés sur le plan mondial sur le nombre de décès dus à des violences conjugales.
Autres types de violence



Chaque année les accidents de la route tuent environ 1,2 million de personnes et blessent ou rendent handicapées des millions d’autres selon l’OMS. La plupart des décès sont évitables. Dans de nombreux pays à bas ou moyens revenus, les usagers de deux roues - particulièrement les motocyclistes - représentent plus de 50% des blessés ou des tués sur la route. Les blessures à la tête constituent le principale cause de décès et d’incapacité chez les motocyclistes et le coût de ces blessures est élevé car elles requièrent des soins médicaux spécialisés ou une longue réadaptation.

L’OMS estime à près d’un million de décès annuels dus au suicide.
Handicaps



L’OMS avait déjà estimé que 161 millions de personnes souffraient de déficiences visuelles imputables à des maladies oculaires comme la cataracte, le glaucome et la dégénérescence maculaire. Dans les faits selon une autre estimation, toujours de l’OMS, ce sont 314 millions de personnes souffrant de déficience visuelle dans le monde.

50 millions souffrent d’épilepsie et 24 millions de la maladie d’Alzheimer et d’autres démences. Chaque année, presque 7 millions de personnes meurent des suites de troubles neurologiques.


A lire ailleurs :

Le discours de Joschka Fischer lors de la 60ème session de l’Assemblée générale à l’occasion du Sommet mondial à New York, le 15 septembre 2005

Un discours de Kofi Annan sur ce thème

INED : "Tous les pays du monde"

Les morts violentes dans le monde

Lien : http://citron-vert.info/spip.php?article672

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Re: Le risque démographique

Message par splotch le Mer 15 Aoû 2007 - 18:11

la machine capitaliste a besoin de bras pour produir et de portefeuilles pour consommer

C'est pas si sûr. Une grande partie de la production utile étant mécanisée*, beaucoup d'emplois ont une faible productivité réelle et semblent créés uniquement pour occuper les travailleurs et contenir le malaise social qui surviendrait sinon. Viviane Forrester dans "l'horreur économique" (lisible ici http://olivier.hammam.free.fr/imports/textes/forrester/horreur.htm) disait :
L'extinction du travail passe pour une simple éclipse alors que, pour la première fois dans l'Histoire l'ensemble des êtres humains est de moins en moins nécessaire au petit nombre qui façonne l'économie et détient le pouvoir

Par habitude, les Etats mesurent encore leur force par leur population "j'en ai une plus grosse que toi..." Donc incitent encore à augmenter relativement aux voisins. Mais avec un nationalisme en disparition et un individualisme forcené, il viendra un moment où la qualité sera préférée à la quantité.

Si la quantité de ressources disponibles diminue trop, les bouches inutiles ont du souci à se faire. Il n'y aura probablement pas de camps de la mort type Auschwitz, mais de discrets programmes de maîtrise de la population seront mis en place : réduction de la natalité, des soins aux seniors, incitation aux conduites à risque, voire dé-tabouïsation du suicide... peuvent alléger le fardeau.

S'il faut éliminer x% de la population, il est plus discret d'y envoyer d'abord des "volontaires" anonymes avant de recourir à des méthodes musclées : sous-alimentation, puis pollutions volontaires, pandémies et enfin guerres.



* grâce à l'énergie abondante, Geispe vous dira que ce ne sera bientôt plus le cas

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Re: Le risque démographique

Message par KrAvEuNn le Jeu 16 Aoû 2007 - 9:44

[quote="splotch"]
la machine capitaliste a besoin de bras pour produir et de portefeuilles pour consommer

C'est pas si sûr. Une grande partie de la production utile étant mécanisée*, beaucoup d'emplois ont une faible productivité réelle et semblent créés uniquement pour occuper les travailleurs et contenir le malaise social qui surviendrait sinon. Viviane Forrester dans "l'horreur économique" (lisible ici http://olivier.hammam.free.fr/imports/textes/forrester/horreur.htm) disait :
L'extinction du travail passe pour une simple éclipse alors que, pour la première fois dans l'Histoire l'ensemble des êtres humains est de moins en moins nécessaire au petit nombre qui façonne l'économie et détient le pouvoir
Effectivement, la mécanisation et l'informatisation du travail ont rendu un nombre croissant d'humains inutile à la production mais (peak oil oblige),ce ne sera finalement que passager. Par contre, à la consommation, plus il y a de clients (portefeuilles) et plus les potentialités d'accroitre les bénéfices sont grands.
Il suffit de voir la propention actuelle des états et des entreprises à rechercher et constituer des marchés sans cesse plus grands (CEE, Marcosur, chine, etc.) pour s'en convaincre. Un pays peu peuplé ne serait pas un marché suffisamment important pour l'industrie et les services actuels.
Enfin, le capitalisme a besoin d'une réserve d'hommes importante pour fournir la main d'oeuvre nécessaire à faire tourner ses usines, son artisanat et ses services délocalisés dans le tiers monde (ainsi que les emploies délaissés par les nationaux) ; il en a aussi besoin pour renouveller une population endogène déclinante.

Par habitude, les Etats mesurent encore leur force par leur population "j'en ai une plus grosse que toi..." Donc incitent encore à augmenter relativement aux voisins. Mais avec un nationalisme en disparition et un individualisme forcené, il viendra un moment où la qualité sera préférée à la quantité.
Un pays ayant une population relativement faible peut en effet influer disproportionellement sur les affaires du monde, mais seulement temporairement.
Les 3 grands ressorts de l'histoire : technologie, idéologie et démographie. Qu'il vienne a en manquer un et tout s'effondre. L'occident ne maitrise plus la démographie (implosion rapide des naissances) et ne compense que par une immigration importante.
Le succès de l'occident est dû à l'explosion démographique de sa population aux siècles précédents et à la propagation de son idéologie et de sa technologie à travers le monde par la colonisation (de nombreux états puissants étaient jusqu'à présent gouvernés par des européens de souche - l'occident a quitté la vieille europe pour s'étendre en amérique et en océanie).
Une civilisation dont la population décroitrait vers l'infini serait condamnée à disparaitre à terme, car la démographie a toujours le dernier mot ; sans peuple, l'idéologie qui lui est propre meurt et sa technologie, si elle n'est pas intégrée par d'autres, disparait.
Ce que l'on appel capitalisme est un système d'origine et de nature purement occidental ; il est le fruit d'une civilisation : l'occident moderne et est donc particulièrement dépendant de cette civilisation.
Préférer la qualité n'y suffira pas ; l'europe vieillissante va devenir une charge insupportable pour ses cadets, sans compter ce qu'induit psychologiquement et politiquement la montée en nombre des séniors et donc de leurs valeurs propres (c'est eux qui auront le pouvoir).


Si la quantité de ressources disponibles diminue trop, les bouches inutiles ont du souci à se faire. Il n'y aura probablement pas de camps de la mort type Auschwitz, mais de discrets programmes de maîtrise de la population seront mis en place : réduction de la natalité, des soins aux seniors, incitation aux conduites à risque, voire dé-tabouïsation du suicide... peuvent alléger le fardeau.
C'est en effet à envisager, mais à se niveau là, je pense que le capitalisme sera fortement touché et son avenir à long terme compromis.

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Re: Le risque démographique

Message par KrAvEuNn le Lun 17 Sep 2007 - 16:48

Quelques infos glanées pour un topic sur oléocène
A propos de la transition démographique :
article wikipédia
http://fr.wikipedia.org/wiki/Transition_d%C3%A9mographique
Vidéo
http://www.ined.fr/fr/tout_savoir_population/videos/transition_demographique/
tableau (france)
http://histgeo.ac-aix-marseille.fr/enseign/houot/europe/tdfr.htm
Transition démographique :
Historique de l'évolution démographique en France et en Angleterre http://atlas-transmanche.certic.unicaen.fr/commun/lecteur2f/page.php?base=atlas&idpage=15&idlangue=fr
Les révolutions agricoles et industrielles du XIX ème siècle ont permis le passage d'un régime démographique à forte natalité et forte mortalité à un régime dit moderne ( baisse des naissances et des décès).
Dès la Révolution Française, la France a enregistré une chute de sa fécondité. Cette évolution constitue un cas atypique. Deux siècles et demi avant l'ensemble des pays européens, la France a entamé sa phase de restriction des naissances, phase qui s'est poursuivit jusqu'à la seconde guerre mondiale.
http://eduscol.education.fr/D1012/ES-L_hist.htm
Alors que le reste de l'Europe entre à peine dans la transition démographique et connaît un essor de sa population, en France, la baisse de la natalité est continue, tant en milieu rural qu'urbain. La croissance démographique après 1880 y est de 0,29 % - et plusieurs années sont déficitaires - quand elle est de 1,3 % en Italie et de 1,37 % en Allemagne. On comprend les craintes qui poussent au vote de la loi militaire de trois ans en 1913. La France vieillit et doit faire appel à la main-d'œuvre étrangère (1,2 % de la population en 1851 et 3% en 1911, soit 1,2 million d'habitants).
Un article sur la décroissance démographique française en 2030 http://bp3.blogger.com/_H-qQBhQdjkU/Ra3m2GK01bI/AAAAAAAAAJc/oNcJFJj_YAs/s1600-h/Lorraine+se+d%C3%A9peuple.jpg
http://www.melchior.fr/La-transition-demographique.3913.0.html
causes de la transition
Les facteurs explicatifs
L’explication de la baisse du taux de mortalité est globalement simple et universelle. Si elle a été aussi forte dans les pays en développement, c’est en partie grâce au transfert de médicaments et de compétences médicales des pays du Nord dans les pays du Sud. On note :
a. Les progrès alimentaires, qualitatifs et quantitatifs (diversification…),
b. L’amélioration de l’hygiène, individuelle et publique (meilleur accès a l’eau…)
c. Les progrès médicaux, comme l’antisepsie, la chirurgie et les vaccins

L’explication de la baisse du taux de natalité est plus délicate.
a. La baisse de la mortalité, notamment infantile
Les enfants qui meurent à la naissance ou peu après sont souvent remplacés. Certains portent même le prénom de leur frère décédé. Avec la baisse du taux de mortalité périnatale, le taux de fécondité baisse quasi naturellement. Il faut donc moins de grossesses pour un nombre d’enfants vivant équivalent.
b. Le recul de l’agriculture familiale implique des besoins inférieurs en main d’œuvre
A la campagne, l’enfant est une charge, mais aussi rapidement, un facteur de production. A la ville, il est d’abord une charge. On constate donc que l’urbanisation s’accompagne souvent d’une réduction rapide de la fécondité, accentuée par la promiscuité et des conditions de vie urbaines.
c. Les méthodes contraceptives, l’éducation et le travail des femmes se développent.
d. Des politiques de limitation des naissances ont été mises en place, soit incitatives, soit coercitives, dans de nombreux pays en développement (campagnes de stérilisation en Inde, politique de l’enfant unique en Chine…).
La transition démographique et la sortie de la trappe malthusienne s’expliquent principalement par l’accélération du progrès technique et des gains de productivité. Par exemple, certains modèles de croissance endogène montrent un processus en boucle tel que :
- Le progrès technique augmente la rentabilité de l’investissement en capital humain (moins d’enfants mais mieux élevés), d’où la demande de scolarisation croissante à partir de la seconde moitié du XIXème.
·- L’amélioration de la formation du capital humain a un effet d’entraînement sur la productivité et le progrès technique.
- L’accélération du progrès technique entraîne l’allégement de la contrainte budgétaire sur les ménages qui peuvent consacrer plus de moyens au profit des enfants.
La transition démographique a débuté en Europe aux XVIIIe siècle. Elle a entraîné une forte croissance de la population européenne. Interview de Jean-Pierre Bardet, historien, sur la façon dont cet accroissement a été absorbé par le développement économique...vidéo http://www.ined.fr/fr/tout_savoir_population/videos/video_2/
Les historiens de la France s'accordent sur la priorité de la transition démographique française mais sont en désaccord sur les causes de cette transition et sur ses rapports éventuels avec la Révolution de 1789 qui l'accompagna. Ils négligent la transition américaine partie de la Révolution américaine quelques années auparavant. L'analyse de ces deux transitions selon la méthode comparative préconisée par Marc Bloch amène à rejeter comme inapplicables à l'Amérique les thèses couramment avancées pour expliquer la transition française. En revanche, la thèse la mieux fondée pour rendre compte de la transition américaine semble pouvoir s'appliquer tout aussi bien à la France : celle du «féminisme domestique», formulée dès 1973 par Daniel Scott Smith, qui voit dans le «birth control» conjugal américain surtout une initiative de femmes qui, enhardies par l'esprit antipatriarcal, individualiste et égalitaire du temps de la Révolution, prirent le contrôle de leur sexualité dans les foyers auxquels les révolutionnaires mâles les reléguèrent. Puisque la transition démographique a finalement gagné tout l'Occident et a partout été le point de départ d'une évolution historique tendant à équilibrer le rapport entre les sexes, la question se pose de savoir si la prétendue cause n'était pas plutôt effet - si le ferment idéologique dont ces deux premières transitions démographiques seraient issues ne reflétait pas plutôt une modification de fond de la sexualité humaine
http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=1549936
Au sujet de la population en chine en 2030 (source ONU http://www.linternaute.com/0redac_actu/0501-janvier/population-2050.shtml) :

Chine population en 2000 : 1 395 180 000 en 2050 : 1 275 210 000





Moins 164 millions d'européens dans 45 ans ?
7 avril 2005 - Europe : moins 164 millions d'habitants dans 45 ans ?
AFP - Strasbourg

La population de l'Europe, en proie à un vieillissement inéluctable, devrait diminuer de 13 à 22% d'ici à 2050 par rapport aux chiffres de 1995, prévoit le Conseil de l'Europe dans une étude publiée jeudi.
Forte de 728 millions d'habitants en 1995 (732 380 859 en 2005), l'Europe (sans la Turquie, les pays du Caucase et Chypre) pourrait n'en compter plus que 632 millions (-13%) en 2050 dans l'hypothèse optimiste d'un indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) qui se redresserait jusqu'à 1,85, contre 1,42 sur la période 1995-2000.
Dans le cas d'une fécondité plus faible, le nombre d'Européens pourrait même chuter à 564 millions (-22%), estiment les experts de l'organisation paneuropéenne, qui se basent sur des études démographiques des Nations Unies.
Au mieux, même dans l'hypothèse «très irréaliste» d'un ICF très élevé (à 2,34), la population baisserait tout de même, de 3%.
«Au cours des quelques années à venir, la population européenne continuera à augmenter légèrement, mais ensuite elle va commencer à décroître, si bien que vers 2010-2015 nous allons être confrontés à des problèmes très graves, notamment pour le financement des retraites», a souligné lors d'une conférence de presse Charlotte Höhn, présidente du Comité européen sur la population.
Selon ces projections, la perspective de déclin démographique est particulièrement alarmante en Europe orientale, où la population pourrait diminuer d'un tiers entre 2005 et 2050, dans l'hypothèse la plus pessimiste.
Dans l'ensemble de l'Europe, la pourcentage de personnes âgées de plus de 65 ans pourrait atteindre 25 à 33% de la population en 2050, contre 14,7% en 2000, selon le Conseil de l'Europe qui évoque un «vieillissement inéluctable».
Ce déclin démographique a peu de chance de pouvoir être contrebalancé par l'immigration, estime le rapport, car il faudrait à l'Europe «1,8 million de migrants par an» d'ici à 2050 pour maintenir d'ici là sa population à son niveau de 1995, «3,6 millions d'immigrants par an» pour maintenir à son niveau la population en âge de travailler, et même «25,2 millions d'immigrés par an» pour maintenir le rapport entre les actifs et les retraités.
Par ailleurs, les experts du Conseil de l'Europe soulignent que la population du Vieux Continent n'a dû sa croissance en 2003 qu'à l'immigration : deux millions de personnes sont venues s'installer en Europe l'an dernier tandis que l'accroissement naturel était négatif de 63 000 personnes.
Cet accroissement naturel reste positif pour les 25 États membres de l'Union européenne (+143 000 personnes), mais il est négatif pour les autres États membres, dont la Russie, l'Ukraine et la Roumanie (-247 000 personnes pour l'ensemble des ces autres pays).
Ces rapports sont rendus publics à l'occasion de l'ouverture à Strasbourg d'un colloque de deux jours, intitulé «La cohésion sociale face aux défis démographiques», et qui réunit quelque 300 experts et responsables politiques.
Sources : Cyberpresse

> voir le compteur en temps réel de la population mondiale

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Re: Le risque démographique

Message par KrAvEuNn le Lun 17 Sep 2007 - 17:05

février 2005 - Serons-nous 9 milliards en 2050 ?

Dans les pays riches industrialisés, à l'exception des Etats-Unis où les populations immigrées entretiennent une hausse de la démographie, le renouvellement des générations n'est plus assuré.
"La population continue de croître mais à un rythme ralenti", résume le démographe Thomas Buettner, auteur du rapport des Nations Unies sur les "Projections démographiques mondiales (1950-2050)" présenté jeudi 24 février. Selon cette étude, neuf milliards d'êtres humains peupleront la Terre en 2050, contre 6,5 milliards actuellement.
Cet accroissement revient à ajouter à la population mondiale actuelle les populations combinées de la Chine et de l'Inde, souligne la division de la population des Nations unies.
La tendance générale est toutefois à un ralentissement de la croissance démographique par rapport aux progressions des vingt à cinquante dernières années, ce qui tend à confirmer une lente stabilisation de la population globale.
D'ici à 2050, l'Inde aura dépassé la Chine en tête de la liste des pays les plus peuplés de la planète, et ces deux pays représenteront environ 50 % de la population mondiale (contre 40 % aujourd'hui).
Sans surprise, la croissance démographique sera la plus élevée dans les pays pauvres qui éprouvent déjà des difficultés à assurer la sécurité alimentaire de leur population. "La planification des naissances et une fécondité en baisse expliquent cette différence", souligne le rapport de l'ONU.
Triplement en Afghanistan, au Mali...
La propagation de la pandémie du sida, qui réduit l'espérance de vie dans des proportions considérables, contribue également à ce ralentissement. En Afrique australe, l'espérance de vie est passée de 62 ans dans les années 1990-1995 à 48 ans pour la période 2000-2005.
Dans les pays riches industrialisés, à l'exception des Etats-Unis où les populations immigrées entretiennent une hausse de la démographie, le renouvellement des générations n'est plus assuré. Dans ces conditions, la population de ce groupe de pays, d'actuellement 1,2 milliard de personnes, ne devrait pas augmenter d'ici à 2050 - l'ONU prévoit même une baisse démographique en Allemagne, en Italie, au Japon, en Russie et dans d'autres Etats issus de l'éclatement de l'Union soviétique.
"Ils entrent dans une zone inédite dans l'histoire de l'humanité", relève Hania Zlotnik, directrice de la division de la population, rattachée au département des affaires économiques et sociales. "La mortalité est basse et la fécondité extrêmement basse."
A l'inverse, la population des pays pauvres devrait passer de 5,3 à 7,8 milliards d'habitants d'ici à 2050, expliquant à elle seule l'explosion démographique attendue par l'ONU. Et les taux de croissance démographique les plus élevés se retrouvent dans les pays les moins avancés, où le contrôle de la natalité est pratiquement inexistant et où les familles de cinq enfants sont la norme.
En Afghanistan, au Burkina Faso, au Burundi, au Congo-Brazzaville et en République démocratique du Congo, au Timor-Oriental, en Guinée-Bissau, au Liberia, au Mali, au Niger, en Ouganda et au Tchad, les populations devraient tripler dans les 45 prochaines années.
Or ces pays sont précisément ceux "qui ne sont pas en mesure de fournir une alimentation et un logement suffisants à leurs populations", insiste Hania Zlotnik. De plus, dans chacun de ces pays, les études démontrent que les femmes souhaiteraient avoir moins d'enfants si elles en avaient le choix.
Sources : LeMonde.fr

La population de l’Europe montre une tendance toute nouvelle à se contracter, signale une étude de la revue Science

La population de l’Europe a atteint un degré de vieillissement tel qu’elle continuera probablement à se contracter, même si les taux de natalité remontent à un niveau de remplacement à parité des générations, suggère une nouvelle étude. Selon les recherches effectuées, cette tendance est due en grande partie au fait que les femmes attendent de plus en plus longtemps avant d’avoir un enfant. Cette étude est parue dans la revue Science, publiée par l’American Association for the Advancement of Science (AAAS).

L’année 2000 a marqué un tournant décisif pour la démographie en Europe, note l’équipe de chercheurs dirigée par Wolfgang Lutz, de l’Académie des sciences autrichienne, à Vienne, et de l’International Institute for Applied Systems Analysis, à Laxenburg, en Autriche.

En 2000, en effet, l’«inertie démographique», une mesure qui reflète la structure de la pyramide des âges dans une population, est devenue négative. En Europe, où les générations plus âgées sont plus importantes que les plus jeunes, l’inertie démographique négative se traduit par une réduction du nombre de mères potentielles dans les générations suivantes. Par conséquent, même si les femmes commençaient à avoir davantage d’enfants, la tendance au déclin pourrait se maintenir pendant des décennies, en raison tout simplement du nombre moins important de femmes en âge de procréer.

«Il ne s’est jamais produit d’inertie démographique négative à grande échelle dans l’histoire de l’humanité jusqu’à présent, souligne Lutz. Désormais, aller à l’encontre revient à nager à contre-courant d’un phénomène inéxorable de compression et de vieillissement de la population.»

Deux facteurs sont responsables de l’inertie démographique négative de la population en Europe. Le premier est bien connu : les femmes ont en moyenne moins de deux enfants.

Le deuxième, dont l’impact sur l’avenir n’a jamais été abordé directement jusqu’à présent, est que l’âge moyen des femmes à la maternité augmente depuis un certain temps. Cet effet «temps» est important car il entraîne une réduction du nombre de naissances pour une année donnée en augmentant l’âge moyen auquel les femmes ont des enfants.

Les chercheurs ont estimé, en s’appuyant sur les données de l’Observatoire démographique européen, l’impact potentiel de ces deux facteurs sur la démographie européenne au cours des prochaines décennies. Ils ont découvert qu’approximativement 40% des déclins démographiques futurs dus à une baisse de fécondité étaient liés aux naissances différées.

«Nous avons découvert que l’âge à la maternité peut en fait avoir un impact essentiel sur les tendances démographiques à venir», confirme le co-auteur de l’étude, Brian O’Neill, de l’International Institute for Applied Systems Analysis et Brown University.

Le taux de natalité en Europe est actuellement de 1,5 enfant par femme. Selon les auteurs de l’article de Science, après ajustement pour l’effet temps (estimation du nombre d’enfant nés au cours d’une période de temps donnée si les naissances n’étaient pas différées), le taux de natalité augmente à 1,8.

Pour mieux préciser les effets futurs de changements dans les taux de fécondité et l’âge à la maternité, les chercheurs ont supposé que d’autres facteurs potentiels iraient dans le sens de la stabilité, autrement dit que les taux de mortalité resteraient inchangés et que l’immigration serait inexistante.

«En fait, nous nous attendons à ce que l’immigration continue, mais nous voulions être en mesure de distinguer les effets de ces deux mécanismes, dont nous pensons qu’ils offrent un regard nouveau et essentiel sur la nature de la dynamique démographique. Pour mettre en évidence leur impact, il nous fallait éliminer toute autre influence, comme celle de l’immigration, de nos calculs», explique Lutz.

D’après les calculs des chercheurs, si l’âge moyen des femmes à la maternité continue à augmenter pendant encore 10 à 40 ans, on notera une tendance intrinsèque à une baisse de la population de 55 millions de personnes, pour atteindre 144 millions d’ici à 2100.

Lutz et ses collègues suggèrent que les gouvernements préoccupés par le vieillissement de la population et le risque de déclin démographique pourraient envisager d’adopter une politique qui offre aux femmes davantage d’options pour planifier l’âge auquel elles ont des enfants.

«Les choix des jeunes couples peuvent dépendre des conditions dans lesquelles ils vivent», signale Lutz.

Selon lui, un bon point de départ pourrait consister à étudier les possibilités de garde d’enfants, de nouvelles lois sur le travail, d’options de travail à temps partiel ou de logement subventionné.

«Donner plus de choix aux femmes n’est pas toujours évident, souligne-t-il. Cela implique la transformation d’un plan de carrière jusqu’alors structuré autour du modèle masculin, sans coupures pour la maternité. Ce type de plan de carrière calqué sur le modèle masculin doit changer.»

«Dans les différentes options définies jusqu’à présent pour gérer le vieillissement de la population et son déclin potentiel, un point n’a jusqu’à présent pas été pris en considération: il peut y avoir des avantages démographiques et sanitaires à offrir aux femmes davantage d’options pour planifier leur vie et choisir le moment de la maternité», souligne O’Neill.

Selon Lutz et ses collègues, le déclin démographique continu de l'Europe et la tendance au vieillissement ne manqueront pas de taxer les systèmes de sécurité sociale et de retraite. Ils postulent également que ces tendances risquent d'entraîner un ralentissement des gains de productivité, ce qui affecterait à long terme la compétitivité à l'échelle mondiale de l'Europe et sa croissance économique.
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Lutz a pour co-auteurs Brian C. O’Neill de l’International Institute for Applied Systems Analysis de Laxenburg, en Autriche, et de Brown University, à Providence, Rhode Island, aux États-Unis, ainsi que Sergei Scherbov de l’Académie des sciences autrichienne, à Vienne, en Autriche, et de l’International Institute for Applied Systems Analysis de Laxenburg, en Autriche.

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Le risque démographique

Message par KrAvEuNn le Jeu 20 Sep 2007 - 13:02

Attention, sujet à polémique ! scratch

La démographie est un sujet très sensible et l'ouvrage qui suit, bien que très sérieux et non engagé (non idéologique : ni catho intégriste, ni de droite extrème), expose une vision basée sur la prolongation des tendances actuelles (qui comme chacun sait peuvent être perturbées par quelques ruptures brutales : minimisées par des reprises ou agravées par des épidémies ou le pic de pétrole par exemple).
Bref, certainement la menace potentielle la plus méconnue et la plus sous estimée (car opposée aux certitudes et idées reçues ayant cours concernant le boom démographique contemporain) pesant sur notre avenir.

La fin de l'humanité
Extrait de presse
LE CANARD ENCHAINE
(16 juillet 2003)

APRÈS NOUS, RIEN
D'ABORD on n'en croit pas ses yeux. On saute à la conclusion, on feuillette, et on finit par s'en assurer: le philosophe Christian Godin, entre autres coauteur avec Jacques Testart d'un passionnant petit bouquin (Au hasard du vivant, Seuil, 2001), en est réellement persuadé : à très court terme, trois ou quatre siècles au plus, l'humanité est appelée à disparaître ; et la raison majeure de cette extinction définitive n'est pas, comme on pourrait le croire, l'explosion démographique, la pollution ou le réchauffement de la planète, mais l'effondrement de la natalité. Rien à voir, ici, avec les prédictions d'un Pierre Chaunu sur la fin de l'Europe blanche submergée par les peuples de couleur: c'est, dit Godin, l'espèce humaine tout entière qui s'achemine vers sa propre disparition. Pourquoi ? Parce que après les pays occidentaux, dont le taux de fécondité est descendu au-dessous du taux de renouvellement des générations, lequel est de 2,1 enfants par couple (aujourd'hui l’Espagne est à 1,22, l'Italie à 1,25, l’Allemagne à 1,34, etc.), c'est maintenant le tour des pays du Sud. Certes il y a des exceptions (d'ici cinquante ans, l'Ouganda va passer de 24 à 101 millions d'habitants), et à la fin du siècle 11 milliards d'humains s'entasseront sur la planète, mais le mouvement est lancé, il est inexorable, et il débouchera sur un monde tellement peu peuplé, uniformisé et appauvri génétiquement que les survivants seront une proie désignée pour les virus... A cette extinction selon lui en cours, Godin identifie plusieurs causes. La mondialisation, qui propage partout le même modèle malthusianiste. La technique, qui tend à rendre l'homme superflu. Le nihilisme ambiant. La marchandisation généralisée : " Un monde totalement gouverné par la production économique et la consommation est un monde qui ferme son temps et son espace aux générations futures. Il convient de prendre à la lettre le dicton selon lequel les enfants sont la richesse des pauvres, pour en considérer l'envers : les riches n'ont plus besoin de cette richesse de pauvres que représentent les enfants. " Ces riches sont minoritaires ? Certes, mais " les discours et les images massivement distribués de par le monde viennent d'eux et diffusent leurs normes et leurs valeurs ". Ne se contentant pas d'extrapoler des courbes, l'auteur se livre à un minutieux décryptage des signes accompagnateurs de cette extinction, d'où une foultitude d'aperçus originaux: dans la vogue actuelle de l'incinération, par exemple, il voit un équivoque désir de " disparaître sans laisser de traces ". Dans le clonage reproductif il devine une compulsion de répétition, laquelle est l'autre nom de l'instinct de mort. Il étudie de près les délires de ces écologistes déviants qui rêvent d'une Gaïa débarrassée des humains. Il discerne dans le modèle dominant une haine de soi. généralisée paradoxalement accompagnée d'un narcissisme exacerbé, une éviction de la femme, une pédophobie galopante... " Avoir un, enfant c'est se lier durablement. Or ceci est devenu proprement insupportable pour un nombre croissant d'individus qui ne conçoivent plus leurs relations que sur le mode de contrats ponctuels et transitoires — à la manière de ceux que l'on peut avoir avec un fournisseur de matériel électrique "... De tous ces signes avant-coureurs, le bon docteur Godin tire son diagnostic funèbre : " L’humanité est en train de perdre collectivement, universellement, le désir de vivre. " Peut-être bien, mais pourquoi tant de fatalisme ? Accablé, le lecteur n'a qu'une issue: continuer à se dorer au soleil, et reprendre une bière…

Jean-Luc PORQUET
La fin de l’humanitéChristian Godin


Auteur : Paul Soriano

L’humanité n’est pas immortelle. Mais cette mort, assassinat ou suicide, nous continuons à tort de la penser sur le mode catastrophique. La Fin de l’humanité montre pourquoi l’apocalypse n’est pas notre destin le plus probable, pourquoi notre destin le plus probable qui pourrait survenir d’ici trois ou quatre siècles - c’est-à- dire demain, à l’échelle de l’Histoire - est l’extinction pure et simple par désintérêt de soi, par désinvestissement de soi. Les prophètes et crieurs d’apocalypse qui brandissaient il y a trente ans les foudres de la surpopulation se seront massivement et frontalement trompés. L’humanité vieillit et elle s’acheminera doucement vers la mort, parce qu’elle n’aura plus la volonté de continuer, tout simplement. Tel est le destin terminal de l’homme. (4ème de couverture).


Christian Godin, La Fin de l’humanité, Champ Vallon, 2003.

Table des matières


Présentation

L’extinction de l’humanité

Les meilleurs prophètes démentis. - C’est de la mort physique de l’humanité qu’il sera question dans cet essai. - La population mondiale existe. - Le paradoxe populationnel : la tendance à la diminution puis à l’extinction est aux antipodes de l’évidence présente. - L’extinction n’est pas seulement celle des populations de la France et de l’Occident. - Une fois encore, les philosophes auront manqué de jugement. - Les rares lucides. - La démographie oubliée. - Le déni de réalité : la psychose populationniste et la névrose antipopulationniste. - Comment il convient de comprendre la mort de l’homme.

Les apocalypses

Le sens propre et le sens figuré de l’apocalypse. - Un universel de l’imaginaire humain. - Le déclin provisoire de la pensée d’apocalypse et sa résurgence au xxe siècle. - La science-fiction comme témoignage et avertissement. - Les quatre sortes d’apocalypse.

Les apocalypses religieuses

Pourquoi croit-on à une fin du monde ? - La raison morale. - Les eschatologies. - Mythe et origine. - La destruction régénératrice chez les Guaranis, les Aztèques, les Mayas, les Quechuas, les Chaldéens, les Hindous, les Scandinaves. - Le mythe du survivant. - La fin du monde dans les monothéismes juif, chrétien et musulman.

Les apocalypses techniques

Le principe responsabilité de Jonas. L’être humain a désormais une capacité d’apocalypse. - Le danger nucléaire (guerre, accident, terrorisme). - La destruction de l’environnement. - Le réchauffement global de la planète. - La pollution chimique. - Le collapsus psychologique. - Les robots ennemis. - Le désastre nanotechnologique. - Les menaces biotechnologiques.

Les apocalypses politiques

La nécessaire dimension politique du malheur humain. - Il existe néanmoins deux horreurs absolues en matière politique : la guerre mondiale et le totalitarisme. - Les risques de guerre atomique : le Proche-Orient, le Cachemire, la possible confrontation de la Chine et des États-Unis. - Le totalitarisme comme la guerre totale tend à l’extermination totale. - Le totalitarisme islamique comme terrorisme mondial total.

Les apocalypses naturelles

La destruction de l’écosystème terrestre. - Les épidémies. - Les cataclysmes pouvant venir de la Terre. - Les cataclysmes pouvant venir du ciel. - Les rayons gamma. - La rencontre d’un astéroïde. - Le trou noir. - L’alien méchant. - Le Soleil donne la mort après avoir apporté la vie.

Critique de la raison apocalyptique

Le retour du survivant : le complexe de Noé. - L’arche métamorphosée en vaisseau spatial. - Pourquoi l’extinction prévisible de l’humanité représente une fin beaucoup plus radicale que n’importe quelle possibilité d’apocalypse. - Les faiblesses de l’apocalypse. - Contre l’apocalypse religieuse. - Contre les apocalypses techniques : guerre nucléaire, pollution. - Contre les apocalypses politiques : guerre mondiale, totalitarisme. - Contre les apocalypses naturelles : épidémies, astéroïde, Soleil. - Ces deux derniers dangers sont les plus probables mais l’humanité sera éteinte bien avant.

L’extinction démographique

Les réalités de l’extinction démographique

Schopenhauer pris en défaut. - La conception stationnaire de Platon. - L’augmentation tendancielle de la population humaine depuis les origines n’a pas été régulière. - Le caractère d’exception du dernier siècle. - La transition démographique. - Les taux (de croissance, de natalité, de fécondité) baissent partout. - Les premières régions atteintes par la disparition démographique : l’Europe, la Russie, le Japon, la Chine. - La mondialisation du comportement démographique. - Les dangers du vieillissement qui précède la mort. - Les projections faites pour un siècle, et au-delà.

Les signes accompagnateurs de l’extinction démographique

La disparition de la figure humaine

Dans les arts plastiques contemporains, la déformation puis la disparition pure et simple de la figure humaine. - L’antihumanisme de l’art contemporain. - Le cas de la photographie. - Dans les techniques, le remplacement de l’être humain par la machine. - La technique tend à rendre l’homme superflu.

Les signes de la destruction de l’humain

Pourquoi nous ne croyons plus que l’humanité soit digne d’avenir. - L’antihumanisme naturaliste de sade. - Le surhomme de Nietzsche. - La génétique. - L’antihumanisme techniciste : la robotisation de l’humain. - L’indifférence en matière démographique. - L’insouciance en matière démographique. - La fin des cimetières : le triomphe de l’incinération sur l’inhumation.

Le narcissisme

Le narcissisme comme destin de l’individualisme. - L’enfermement dans le moi : le racisme et la xénophobie. - L’intolérance réelle dans le cadre de l’idéologie de la tolérance. - Pourquoi la drogue est exemplaire. - La métamorphose du désir d’immortalité : il n’y a plus d’au-delà de soi. - Le désir de descendance inséparable du sens de la dette. - Le sens du clonage : la fin simultanée de la natalité et de la mortalité. - Les avatars de la sexualité. - Deux pratiques sexuelles exaltées : la masturbation et la fellation. - La stérilité involontaire comme aboutissement du narcissisme.

La haine de soi

La dépréciation de soi. - La vie comme dommage. - Le corps martyrisé (l’anorexie comme symptôme). - La sexualité humaine n’a pas toute l’éternité devant elle. - La grande croisade de l’euthanasie : le vocabulaire et les pratiques. - Les militants de l’extinction humaine : les écoterroristes. - Le totalitarisme est écocentrique : le cas du VHEMT.

La pédophobie

L’innommable détestation des enfants. - Quelques précurseurs : Sade, les surréalistes, Sartre, Beauvoir. - Toutes les raisons pour ne pas aimer les enfants. - La haine de la maternité. - La responsabilité sans réciprocité est devenue insupportable. - Le ressentiment contre l’enfant. - La sexualité contre l’enfant. - La jeunesse : une arme contre l’enfant. - L’enfant sans utilité est remplacé par l’animal domestique. - La mort de la mère. - L’enfant-artefact. - L’avortement : du crime au droit, et du droit à l’obligation. - La stérilité volontaire : la contraception, la stérilisation définitive. - Le refus de la descendance, la fin de l’héritier. - Le double refus de la dette et du don. - C’est le lien à l’histoire et à la culture qui se trouve rompu. - Ce que Pierre-André Taguieff nomme le présentisme. - L’exemple du système de retraite.

Les causes de l’extinction démographique

Les causes et les précédents historiques de l’extinction de l’humanité

Tout le monde a été, est, ou sera malthusien. - Contre la fable d’un christianisme populationniste. - Le contresens sur Onan. - La Grèce malthusienne. - Le christianisme : le salut contre la fécondité. - L’apologie malthusienne de Chateaubriand. - Le cas gnostique. - L’abstinence orientale. - La réforme fut antipopulationniste. - Montesquieu et Rousseau font figure d’exception. - La réaction de Malthus. - Le néomalthusianisme. - La parenthèse nataliste du fascisme.

Les causes sociales et économiques de l’extinction de l’humanité

Montesquieu précurseur. - Le malthusianisme du système capitaliste. - La démocratie elle aussi a des tendances malthusiennes. - Le néomalthusianisme de la fin du xixe siècle eut un sens émancipateur. - Le rôle de la libération des femmes. - Le capitalisme tend à détruire la famille. - Le poids économique de l’enfant. - La rationalisation de la vie privée conduit à l’élimination de l’enfant. - Les deux formes d’utilitarisme en rapport avec la question de la population. - Dans le cadre du système de production actuelle, c’est l’homme lui-même qui tend à devenir une contrainte.

Les causes techniques et scientifiques de l’extinction de l’humanité

L’avertissement de Hans Jonas. - La technique tend à rendre l’homme superflu. - Les techniques de procréation sont donc doublement exclusives. - Vers la fin de la maternité. - La génétique pour la mort de l’homme. - L’antihumanisme de l’écologie profonde.

Les causes psychologiques et culturelles de l’extinction de l’humanité

Ce qu’est le nihilisme. - Le propre de l’homme. - Les causes morales. - La maternité et la virilité également suspectes. - Le culte de soi en guise de culture. - La détestation du monde. - La dépréciation universelle de l’humain. - Nous ne voulons plus rien pour l’homme lui-même. - Une culture de la mort qui ne présuppose pas nécessairement une pulsion de mort.

Épilogue

La prévisible irréversibilité de l’extinction démographique

Les dangers de l’extrapolation. - Le passé nous donne-t-il des leçons ? - Le retour impossible. - Le phénomène échappe à la volonté humaine. - L’introuvable équilibre.

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Re: Le risque démographique

Message par KrAvEuNn le Jeu 20 Sep 2007 - 13:31

Crash démographique - Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
On appelle crash démographique, déclin démographique ou "hiver démographique" l'hypothèse, vérifiée en Europe et en plusieurs autres pays comme l'Iran, selon laquelle le taux de natalité, loin de se stabiliser au niveau du taux de mortalité à la fin de la transition démographique, poursuivrait momentanément sa décroissance pour se maintenir à bas niveau, accentuant le vieillissement des populations et, étant inférieur au taux de mortalité, provoquant leur diminution importante, à rythme plus ou moins rapide.

Origine du concept et discussion


Le crash démographique est le titre d'un ouvrage de Michel Schooyans, professeur émérite de l'Université de Louvain-la-Neuve (Belgique) où il a enseigné vingt-cinq ans la philosophie politique, membre de l’Institut royal des relations internationales (Bruxelles), de l’Institut de démographie politique (Paris), et du Population Research Institute (Washington). L'inventeur de l'expression "hiver démographique" est quant à lui le recteur Gérard-François Dumont, directeur de la revue Population et Avenir, président de l’Alliance Nationale Population et Avenir, administrateur de Familles de France, Membre du Conseil national de l'information statistique et professeur à la Sorbonne. Tous deux sont aussi, au titre de leurs compétences, membres du Conseil pontifical pour la famille et de ce fait considérés comme proches du Vatican.
Le crash démographique est une notion discutée : thématique initialement avancée, pour la déplorer, par des penseurs dont le combat politique est à rapprocher des mouvements populationnistes ou à la suite d' Alfred Sauvy qui dénonçait déjà en 1980 un "refus de voir" le non-renouvellement des générations en France, elle est contestée par les tenants malthusiens de l'écologie profonde ou les membres du club de Rome, qui encouragent une restriction du nombre d'humains à terme sur la planète ou minimisent la baisse annoncée par leurs adversaires idéologiques. Cependant, pour le cas de l'Europe, qui est particulièrement concernée, bien des hommes politiques de toutes tendances ont dénoncé jusqu'à un "suicide démographique", tel Michel Rocard clôturant la conférence dite « des familles » le 20 janvier 1989 : «La plupart des États d’Europe occidentale sont en train de se suicider, de se suicider par la démographie, sans même en avoir conscience». Ces prises de conscience successives ont donné lieu en octobre 2004 au "Pacte européen pour la jeunesse" signé par MM.Zapatero, Chirac, Schröder et Persson au président de la Commission européenne [1] .
À l'échelle mondiale, selon l'hypothèse moyenne retenue par l'ONU en 2004, après une période de croissance jusque vers 2050 où elle atteindrait 9,1 milliards d'habitants, la population mondiale quant à elle se mettrait à décroître, retrouverait son niveau actuel en 2100, puis régresserait à 3 milliards (population de 1960) en 2200. Les prévisions de l'ONU sont cependant régulièrement revues à la baisse. L'ONU prévoyait ainsi pour 2050 : 11,1 Mds d'habitants (en 1973) ; 9,4 Mds (en 1996) ; 9,3 Mds (en 2000) ; 9,07 Mds (en 2004) [2]).
[url=][/url]
Causes du crash démographique


La croissance démographique au XXe siècle fut inédite par son ampleur, confortant momentanément les théories du malthusianisme ou la peur du péril jaune (Jacques Decornoy, 1970), en particulier au cours des années 1970 qui connurent l'apogée de la croissance de la population mondiale.
À ces causes idéologiques s'ajoutèrent, pour jouer un rôle en faveur de la diminution de la fécondité :


  • l'urbanisation de la population mondiale (50% d'urbains en l'an 2000),
  • la hausse du niveau de vie,
  • des changements de mentalités divers selon les cultures,
  • ou parfois des politiques étatiques malthusiennes.

La croissance démographique mondiale connut ainsi une inflexion au ralentissement au milieu des années 1970. L'effet d' inertie démographique, bien connue des démographes, et l'augmentation de l'espérance de vie qui explique pour une bonne part l'accroissement de la population mondiale "par le haut" (GF Dumont), masquèrent cependant pendant plusieurs années ces nouvelles tendances. Les politiques de limitation des naissances, parfois brutales, comme en Inde, en Chine ou au Brésil où une grande partie des femmes furent stérilisées sans véritable consentement, continuèrent tout au long des années 1980-90. L'ONU continua également de promouvoir des programmes variés, incitatifs, afin de limiter les naissances.
Les statistiques mondiales l'indiquent maintenant clairement : la fécondité globale est aujourd'hui en baisse (fécondité moyenne mondiale de 2,5 enfants par femme en 2005 contre 3,1 en 1995), le vieillissement de la population mondiale est entamé.

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Re: Le risque démographique

Message par KrAvEuNn le Jeu 20 Sep 2007 - 13:34

La mesure actuelle du "crash démographique"

Certains démographes français, se basant sur l'évolution extrêmement rapide de nombreux pays, notamment en Europe, sonnèrent l'alarme dès les années 1980, dans la lignée anti-malthusienne d' Alfred Sauvy. On compte parmi eux Jacques Dupâquier, Pierre Chaunu (spécialistes en démographie historique), Jean-François Lecaillon, Gérard-François Dumont ("L'Hiver démographique"), ou encore Michel Schooyans ("le crash démographique"). Ils furent rejoint par Raymond Aron ("« Les Européens sont en train de se suicider par dénatalité », 1983) ou par des politiques comme François Mitterrand ("« une France pauvre d’enfants dans une Europe plus pauvre encore », Lettre aux Français, 1988) ou encore Jacques Chirac ("« le recul de la natalité porte en germe la baisse de notre compétitivité», 1994).
Les statistiques récentes confirment certes le ralentissement de la croissance européenne, ou, dans une moindre mesure, mondiale. Un cas exemplaire - car aux antipodes des préjugés répandus - est celui de l'Iran des Ayatollahs, dont la fécondité actuelle est plus faible que celle des États-Unis (1,87 contre 2,1 enfants par femme), ou encore du Maghreb, qui tend vers 2 enfants par femmes.
Les inquiétudes des démographes se tournent particulièrement vers l'Europe, dont la fécondité est d'un niveau inédit par sa faiblesse, et n'assure plus le renouvellement des générations. Aujourd'hui, l'Europe perd des habitants, à commencer par la Russie dont la population est diminuée de plus de 500 000 individus chaque année par le jeu du simple solde naturel [3].

Les prospectives envisagées
Selon le rapport sur la famille (2005) dirigé par Michel Godet et Evelyne Sullerot, la masse de la population italienne sera réduite d'un tiers dans 50 ans. Dans le cas global de l'Europe , où les femmes n'ont en moyenne que 1,4 enfant par femme en 2004 (le seuil de renouvellement des générations étant de 2,1 enfants par femme), on peut modéliser selon un calcul conçu par Jacques Dupâquier :
Si on prend une génération 1 de 100 personnes adultes (soit 48 femmes en âge de procréer), il faut que ces 48 femmes mettent au monde 2,1 enfants chacune afin que la génération 2 soit renouvelée et comprenne à son tour 48 x 2,1 = 100 personnes.
En Europe, la fécondité d'une telle génération 1 n'assure que 1,4 enfant par femme, la génération 2 sera donc de (100/2,1) x 1,4 = 48 x 1,4 = 67 (environ) personnes.
Par un rapide calcul en chaine, à fécondité constante, on peut envisager l'avenir de l'Europe pour les générations suivantes :
Génération 3 = (67/2,1) x 1,4 = 45
Génération 4 = (45/2,1) x 1,4 = 30 personnes, alors que la génération 1 comprenait 100 individus.
Ce phénomène spectaculaire de régression démographique (en environ 1 siècle), qui ne tient évidemment compte que de mouvements naturels (ici la fécondité) montre en quoi la fécondité en Europe peut influer sur la population européenne si cette fécondité se maintient à terme. Cette fécondité peut cependant bien évidemment évoluer : en ce sens, le calcul effectué ci-dessus ne peut que mettre en évidence les caractéristiques des fécondités européennes actuelles en en accentuant leurs effets par leur prolongement fictif - qui ne sera sans doute pas réalisé (soit par hausse, soit par nouvelle baisse de la fécondité - l'Allemagne de l'Est étant déjà à 0,8 enfant par femme en moyenne) - dans les années à venir.
Ce mouvement global, dont on peut donc mesurer déjà les effets en Europe, est accentué par l'espacement des générations entre elles (l'âge de la première maternité est en effet de plus en plus élevé, ce qui influe davantage à la baisse sur les taux de natalité). Ces effets démographiques, mis également en perspective par des simulations informatiques sur des pyramides des âges qui tiennent compte de l'évolution à la hausse de l' espérance de vie [4], confirment le vieillissement inéluctable précédant puis accompagnant la diminution des populations, avec ce que cela suppose de rétractation de la consommation donc de l'économie[5].
Les politiques envisagées pour faire face au non-renouvellement des générations
Au-delà des querelles des démographes, des politiques sont concrètement envisagées à différentes échelles pour faire face à ces évolutions qui marquent déjà les structures socio-économiques des pays européens.
A l'échelle nationale, Michel Godet et Evelyne Sullerot ont fait en novembre 2005 un rapport pour le Conseil d’analyse économique (conseil gouvernemental) mettant en évidence les besoins d'une politique familiale tout en dénonçant une "omerta démographique" qui a aveuglé pendant longtemps les décideurs. Selon Michel Godet, ces politiques familiales, soutenues par la chambre de Front populaire qui vota le Code de la Famille en 1939 ou par le socialiste Alfred Sauvy, ont cependant été longtemps reportées, discréditées médiatiquement à cause des politiques des dictatures européennes, depuis Vichy jusqu'à Salazar, qui avaient été natalistes. Cependant, si en effet on ne peut empêcher le vieillissement "par le haut" dû au papy-boom à venir, on peut l'éviter "par le bas" en encourageant les naissances, les femmes ayant un enfant de moins que ce qu'elles désirent, par manque d'une politique permettant de concilier travail et vie familiale. [6]. Le vieillisement suivi du crash démographique(ou déclin) européen, annonce le raport Godet/Sullerot, pourra sans doute provoquer à terme d'autres crashs de type économique (croissance économique à rebours), dont l'annonce avant-coureur médiatique est le problème des retraites.
À l'échelle mondiale, si l'ONU, pour faire face au crash démographique européen, préconise l'immigration de 13 millions de personnes par an en Europe(selon un rapport en date de l'an 2000), la revue Population et Société a mis en évidence que cette solution aurait autant d'effets que de remplir le "Tonneau des Danaïdes". Il faut aussi tenir compte du fait que même les pays dits du "Tiers Monde" (y compris en Afrique, selon G.F. Dumont) connaissent aujourd'hui un ralentissement démographique rapide, et que l'Europe ne pourra éternellement compter sur des apports extérieurs pour assurer le financement des retraites des Européens n'ayant pas assuré le renouvellement de leurs générations. Il faut dire qu'en matière de démographie, tout vide est difficilement comblé. Si la contraception en effet limite les naissances de manière réversible, les stérilisations en masse, concernant 17% des femmes en couple en âge de procréer à l'échelle mondiale (et jusqu'à 40% sur certains continents), sont irréversibles, influant définitivement sur les statistiques en matière de fécondité. Or par effet d'inertie, le manque de naissances provoqué aujourd'hui par la chute de la fécondité aura des conséquences dans les générations suivantes, de la même manière que les guerres mondiales ont provoqué des générations creuses visibles de génération en génération sur les pyramides des âges, comme par exemple celle de la Russie, qui est à ce titre exemplaire (pyramide en forme de "sapin de Noël").
À l'échelle européenne, enfin, le récent (mars 2005) livre Vert du commissaire européen Spidla rédigé pour la Commission européenne afin de mettre en évidence le vieillissement du "Vieux Monde", envisage de son côté des politiques démographiques efficaces pour empêcher, ou réduire, les effets de ce crash qui aurait déjà commencé.

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Re: Le risque démographique

Message par splotch le Jeu 20 Sep 2007 - 15:13

Démographie-fiction :

2010, une très jeune fille de 13 ans, enceinte, se suicide en se filmant du haut de la Tour Eiffel. Gigantesque émotion dans le pays. Le Président de la République promet un plan contre les naissances précoces. Un clip vidéo de prévention est aussitôt diffusé à la télé.

Janvier 2012, au bureau social de Paris, une jeune conseillère matrimoniale fait remarquer qu'elle n'a reçu aucune adolescente de moins de quinze ans enceinte depuis trois mois. Elle transmet la bonne nouvelle à sa hiérarchie. Le Président de la République, en pleine campagne de réelection se félicite de ce résultat concret.

Janvier 2013 : toujours aucune grossesse précoce dans les maternités. La jeune conseillère s'en inquiète presque, ne serait-ce que pour son poste.

Janvier 2014, les statistiques tombent en France et ailleurs, le taux de grossesses précoces est à zéro partout. La jeune conseillère, fait sensation dans un colloque : " Et s'il y avait arrêt brutal de natalité ?"

Janvier 2015, toujours aucune jeune fille de moins de 17 ans n'est enceinte. Elle enquête et tombe sur un scientifique qui prétend que le port d'un téléphone portable près des organes génitaux détruit les capacités reproductives des enfants à naître.

Entre 1995 et 2000 explique-t-il, le téléphone portable est passé de la confidentialité à 98% d'adoption chez les moins de trente ans. Tous les enfants nés à partir de cette époque ont été exposés avant leur naissance aux émissions des téléphones de leurs parents.

Les individus nés après 2000 dans les pays développés n'auront jamais d'enfants ! Le compte à rebours à commencé, merci OrangeSFRBouygues.

Le jeune scientifique et la conseillère, née en 1980 se marient et font le plus d'enfants possibles. Ce seront les derniers !

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Re: Le risque démographique

Message par transhuman le Jeu 20 Sep 2007 - 15:54

...Et les enfants de la conseillère grandissant dans un monde de plus en plus libéré de la pression humaine se feront un plaisir de faire plein de gosses qui s'étendront à leur tour dans les territoires délaissés ....

C'est déjà arrivé plusieurs fois dans la préhistoire de l'humanité à cause d'éruptions volcaniques.

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Re: Le risque démographique

Message par KrAvEuNn le Jeu 20 Sep 2007 - 16:12

transhuman a écrit:...Et les enfants de la conseillère grandissant dans un monde de plus en plus libéré de la pression humaine se feront un plaisir de faire plein de gosses qui s'étendront à leur tour dans les territoires délaissés ....

C'est déjà arrivé plusieurs fois dans la préhistoire de l'humanité à cause d'éruptions volcaniques.
C'est le juste retour des choses clind'oeil toutefois attention, car si une super pandémie (par exemple) surgie malencontreusement entre temps et réduit encore de beaucoup une population déja restreinte...ça risque d'être difficile, voir compromis (mais en effet pas impossible). c'est un risque sérieux, mais pas une certitude...l'avenir n'est pas écrit clind'oeil

Ce que perso je trouve très inquiétant, c'est l'accumulation (et la possible "aliance") inédite de tant de menaces potentielles d'une ampleur inégalée et quasi simultanées (PO, RC, épuisement des ressources naturelles, déforestation, épuisement des sols, crash démographique, nouvelles épidémies, résitance aux antibios, et j'en oublie). Une population réduite peut être une chance, mais elle peut aussi être un handicap, en fait, tout dépend de l'ampleur des catastrophes et de la décroissance démographique conjointe.

Une pop qui chute très bas se retrouve affaiblie génétiquement (moins de mutations et donc d'adaptations génétiques (voir culturelles) potentielles...c'est important en cas de pandémie).

Le problème, c'est que le crash démographique risque d'être très fortement accentué par le PO et ses conséquences (famines potentielles, diminution de l'espérence de vie, guerres internationnales, etc.)

Ensuite et en considérant une stabilisation de la société post PO, il faudra que de véritables changements socio économiques aient lieu afin que la pop retrouve des taux de natalité "durables" et adaptés à la nouvelle mortalité. En bref, nos descendants seront-ils assez différents de nous pour avoir envie de faire le pari de la vie...j'ose penser que oui clind'oeil

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Re: Le risque démographique

Message par splotch le Jeu 20 Sep 2007 - 16:21

Et les enfants de la conseillère grandissant dans un monde de plus en plus libéré de la pression humaine

Et du téléphone portable content

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Re: Le risque démographique

Message par Rammstein le Jeu 20 Sep 2007 - 17:03

Kraveunn, cela s'appelle la convergence des catastrophes. C'est scientifiquement prouvé ("lois de Murphy"), et sans cesse vérifié par le commun des mortels (LEM - Loi de l'E**erdement Maximal).

Rien de nouveau en fait : déjà à l'aube de l'humanité l'homme devait jongler entre un feu qui s'éteint, une pénurie de mammouth, des silex pourris, une grotte humide et ouverte aux 4 vents et une femme de mauvaise humeur !

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Re: Le risque démographique

Message par Andros le Jeu 20 Sep 2007 - 17:46

Bon, je peux faire très long sur ce sujet, mais comme vous êtes des gens intelligents, je vais essayer de faire court.



D'abord, j'ai lu "the Lugano Report" qui explique bien mieux que moi
les raisons de stratégies de dépopulation. Ensuite, comme je l'ai écrit
par ailleurs ici, dans mon boulot de consultant j'ai été amené à
"downsizer", c'est-à-dire à virer des gens pour les remplacer par des
machines.



Une des choses qui m'a convaincu de quitter ce milieu mortifère, c'est
l'évidence, une évidence absolue, qu'à l'âge robotique le gros de
l'humanité est superflu.



Lorsque le travail physique est accompli par des robots, et le travail
intellectuel est fait par des ordinateurs, qui gagnera de l'argent ?
Bien sûr, un monde automatisé pourrait tout produire à coût minime (et
encore...), assez pour tout le monde etc.



Oui mais voilà, pourquoi nourrir quelqu'un qui ne sert à rien ? Dans
une perspective économique, il y a salaire lorsqu'il y a eu
contrepartie (travail, service, valeur). Or bon l'essentiel de
l'humanité ne pourra plus concurrencer les machines. En fait c'est déjà le cas pour une grosse partie, et cela va aller en continuant.



En toute logique donc, des populations entières ne vont plus pouvoir survivre car dans une logique de marché elles n'auront rien à offrir en échange. Bientôt, pas mêmes leurs organes, à la limite extrême.



Or ces gens ont un coût. D'un côté, il faut les maîtriser. De l'autre
côté, ils consomment des ressources, dont on a besoin par ailleurs.
Toute une partie de l'économie est consacrée aux besoins de populations
(chaussures, coiffeurs, magazines etc.) et tout cela n'aboutit à rien.
C'est un jeu à somme nulle, et même à perte si on inclut la raréfaction
de ressources (sols, énérgies fossile etc.)



Ainsi, dans une logique de marché, il y a un excédent de population.
Qui peut penser ainsi ? Lorsque 1% de la population mondiale possède
80% des richesses, les gens encharge de la planète pensent ainsi.
Certes, "de quel droit" etc etc. Mais pour l'instant,
concrètement ce sont ces gens-là qui sont aux manettes.



Et donc leur richesse (la planète) est en train d'être menacée,
mettons-nous dans leur peau, par des légions de sauterelles qui se
reproduisent à grande allure (explosion démographique) et qui dévorent
la richesse (épuisement des ressources).



Il faut étudier la "Crise du Monde Plein" qui précède la Grande Peste
pour comprendre en quoi c'est un problème fondamental pour tout le
monde.



Il existe des auteurs qui considèrent que le groupe Bilderberg (pour
leur donner un nom qui vaut ce qui vaut) n'a besoin que de 300 millions
de personnes sur la planète pour garder le même niveau de richesse et
de pouvoir qu'aujourd'hui. Cela me semble plausible.



Du coup, il y a AMHA des politiques de dépopulations qui sont en train
d'être menées, et d'autres en préparation. La convergence de
catastrophes peut être "aidée" par ce genre d'objectifs.



Dites-vous bien que le 11 septembre a fourni la preuve que ceux qui
devraient vous protéger vous attaquent vous. Vous êtes l'ennemi (et moi
aussi : nous, le peuple, sommes l'ennemi).

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Re: Le risque démographique

Message par KrAvEuNn le Jeu 20 Sep 2007 - 18:29

Rammstein a écrit:Kraveunn, cela s'appelle la convergence des catastrophes. C'est scientifiquement prouvé ("lois de Murphy"), et sans cesse vérifié par le commun des mortels (LEM - Loi de l'E**erdement Maximal).

Rien de nouveau en fait : déjà à l'aube de l'humanité l'homme devait jongler entre un feu qui s'éteint, une pénurie de mammouth, des silex pourris, une grotte humide et ouverte aux 4 vents et une femme de mauvaise humeur !
Remarque pertinente rammstein, toutefois, ce qui perso m'inquiète, c'est la globalisation des phénomènes cités.
Autrefois, si une tribue décroissait, elle incorporait de nouveaux venus ou s'incorporait elle même à une autre ; si elle disparaissait, son territoire était colonnisé par de nouveaux venus.
Bref, les phénomènes étaient plus locaux et régionaux.
Nous le savons bien ici, il n'existe pas de refuge absolu sur cette terre (à part peut être l'île de mariner clind'oeil ) pour se préserver totalement des catas à venir et c'est probablement toutes les populations du globe qui vont être touchées en même temps...potentiellement, il n'y aura donc pas de "réservoir démographique" pour redynamiser les populations lésées dans des temps acceptables (par rapport à la violence des épidémies potentielles et autres facteurs limitatifs).

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Re: Le risque démographique

Message par transhuman le Jeu 20 Sep 2007 - 18:53

Je sais c'est hors sujet mais je peux pas résister :

Andros a écrit:.. le travail
intellectuel est fait par des ordinateurs,

Laughing Laughing Laughing Laughing affraid

fumeur

...si vous saviez !! intellectuel & ordinateurs sont des oxymores!
rir rir

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Re: Le risque démographique

Message par KrAvEuNn le Jeu 20 Sep 2007 - 18:58

Andros a écrit:raisons de stratégies de dépopulation.... remplacer par des machines... à l'âge robotique le gros de l'humanité est superflu.
Je ne pense pas qu'il y ait pour l'heure de véritable stratégie de dépopulation (de limitation certe...en chine, inde, etc.), le capitalisme a besoin d'un marché et d'une main d'oeuvre (pour ce qui n'est pas encore robotisé) en croissance perpétuelle (sinon pas de croissance sans limites possible...enfin dans sa logique je veux dire clind'oeil ). Après, tout n'est pas robotisable à l'heure actuelle (et même définitivement à mon avis : notamment les métiers intellos, artistiques et de contacts) et pour l'instant, je doute que nos élites aient le souci de limiter la pop pour la remplacer par des machines...qui de toute façon ne peuvent être développées et perfectionnées que tant que l'on dispose de suffisamment de cerveaux (savants) pour cela (à moins que tout le monde ne devienne savant).

Mais il est vrai que le développement de la robotique a nettemment diminué les besoins en hommes (même sur le plan intellectuel : informatique) pour la prod (mais pas pour la conso).

Ainsi, dans une logique de marché, il y a un excédent de population.
Qui peut penser ainsi ? Lorsque 1% de la population mondiale possède
80% des richesses, les gens en charge de la planète pensent ainsi.
Certes, "de quel droit" etc etc. Mais pour l'instant,
concrètement ce sont ces gens-là qui sont aux manettes.
Sont-ils réellement désireux de mener une politique dépopulationniste ? Je pense perso qu'ils s'en fichent complètement...advienne ce qu'il pourra à la pop, qu'elle croisse ou pas, tant que ça ne rogne pas leurs bénéfices et que cela ne touche pas à leur niveau de vie.


Et donc leur richesse (la planète) est en train d'être menacée,
mettons-nous dans leur peau, par des légions de sauterelles qui se
reproduisent à grande allure (explosion démographique) et qui dévorent
la richesse (épuisement des ressources).
ça me rappel un peu l'époque de la révolution industrielle et pré-industrielle où la bourgeoisie s'inquiétait de la prolifération des prolétaires (explosion démographique). La bourgeoisie, par tradition, faisait moins de mioches (privilégiait la "qualité) et était affolée par l'optique d'être débordée par la croissance folle de la population des mannants (parfois communiste ou révolutionnaire) ; c'est à ce moment que sont apparues les premières vraies théories malthusiennes de limitation de la population des "frustres". C'est un peu ce qui ce passe actuellement : l'occident a peur de crouler sous la masse des peuples du tiers monde (lois sécuritaires et de migration strictes...sensibilisation aux théories malthusiennes et à celle du trop plein d'hommes)

Du coup, il y a AMHA des politiques de dépopulations qui sont en train
d'être menées, et d'autres en préparation. La convergence de
catastrophes peut être "aidée" par ce genre d'objectifs.
Je ne suis pas vraiment persuadé que les "grands de ce monde" soient réellement conscients de tous les tenants et les aboutissants de ce qui nous menace actuellement et encore moins qu'il y ait de politiques de dépopulation (limitations ici ou là... oui).

Dites-vous bien que le 11 septembre a fourni la preuve que ceux qui
devraient vous protéger vous attaquent vous. Vous êtes l'ennemi (et moi
aussi : nous, le peuple, sommes l'ennemi).
Là, je suis plutôt d'accord avec toi, mais si nous sommes l'ennemi (je dirais plutôt le moyen de parvenir à ces fins : par le biais de la création de l'opinion publique, ou par celui de l'endoctrinement (propagande)), je pense plutôt que l'on cherche à nous instrumentaliser et à nous manipuler et cela dans le seul but de nous contraindre à rester dans le rang (consommer, produire, adhérer à la doctrine politico économiste en vigueur,etc.) et à ne pas leur mettre de batons dans les roues. Bref, je ne suis pas un partisan du complot, plutôt celui d'une logique inconsciente et du désir de nos "maîtres" de parvenir à leur fins par des moyens détournés. Après, s'il faut sacrifier une partie de la pop pour y parvenir (à leurs fins...pourquoi pas dévil )

Edit : en fait, je pense que nos élites n'ont pas de fortes propentions à se projetter dans le futur (anticiper les catas et autres désagréments)...bon, tout ça est bien entendu mon point de vue et ne constitue pas une vérité absolue clind'oeil

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Re: Le risque démographique

Message par KrAvEuNn le Jeu 20 Sep 2007 - 19:17

transhuman a écrit:Je sais c'est hors sujet mais je peux pas résister :

Andros a écrit:.. le travail
intellectuel est fait par des ordinateurs,

Laughing Laughing Laughing Laughing affraid

fumeur

...si vous saviez !! intellectuel & ordinateurs sont des oxymores!
rir rir
1OO% ok avec toi, toutefois, l'informatique a d'une certaine façon dévalorisé le travail humain et allégé la nécessité de certaines interventions humaines (comptabilité, architecture, etc., etc.)

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