2084, l'ancien monde n'existe plus. Il a été rasé, aux termes d'une longue guerre sainte,.....

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2084, l'ancien monde n'existe plus. Il a été rasé, aux termes d'une longue guerre sainte,.....

Message par Catharing le Mar 26 Juil 2016 - 21:39

 "2084" : un roman d'anticipation (hautement romanesque)
"Le meilleur des mondes" (Aldous Huxley), en 1932, "1984" (George Orwell), en 1949, "461 Fahrenheit" de Bradbury en 1953… L'anticipation apocalyptique a une dimension romanesque qui nourrit la littérature depuis toujours.
 La description de la fin d'un monde, et de la construction sur ses ruines d'un nouvel état (totalitaire et sombre, le plus souvent), est un sujet que chaque époque explore avec ses propres démons : le nazisme et le stalinisme à la fin des années 40 ont inspiré le modèle de "1984". Aujourd'hui ce qui inquiète, ce qui terrorise, c'est le fanatisme religieux, incarné par l'islamisme radical.
 C'est sur la base de cet Islam radical, dont on peut voir aujourd'hui dans la réalité ce qu'il projette d'obscurantisme et de violence, que Boualem Sansal construit une dystopie (une utopie version cauchemar). Et donc ça marche : on y croit. On a peur (et on aime bien avoir peur). On s'interroge.

L'histoire : 2084, l'ancien monde n'existe plus. Il a été rasé, aux termes d'une longue guerre sainte, le "Char", qui a éradiqué l'ennemi "de manière totale, définitive, irrévocable".
Le nouveau monde, baptisé "Abistan", est totalement régi par les lois de Yölah, le tout Puissant et Abi son délégué. Tout de l'ancien monde a disparu : la langue, les livres, l'histoire, les musées, jusqu'aux tables, couverts, vêtements, nourriture…
Le nouvel ordre a tout réinventé : une nouvelle langue (pauvre, car il ne faut pas donner aux citoyens les moyens de penser), une nouvelle façon de s'habiller, de manger, de dormir. La vie est organisée exclusivement autour de la foi, de la prière, des pélerinages. Ati, un homme d'une trentaine d'années, est exilé pour soigner sa tuberculose dans un sanatorium situé une montagne aux confins de l'Empire, éloignée de toute ville, traversée par des caravanes de pèlerins faméliques, avec qui Ati aime converser.
C'est dans cette retraite forcée qu'Ati se trouve soudain envahi par le doute, sentiment étrange qu'il tente (en vain) de réprimer…


"Dans 2084 vous ne nous projetez pas dans un monde technologique et futuriste. Ce n’est pas la technologie qui est en jeu, mais nos attitudes, notre suivisme, notre collaboration avec le système.
Votre livre parle de « la force du mouvement infinitésimal, rien ne lui résiste, on ne s'en rend compte de rien pendant que, vaguelette après vaguelette, angström après angström, il déplace les continents sous nos pieds… ». On y est déjà ? Cela se passe-t-il déjà en France et en Europe ?"


"Absolument. Toutes les évolutions se font comme ça, millimètre par millimètre. Sauf dans le domaine technologique où il peut y avoir des découvertes où tout change, du jour au lendemain. Comme l’ordinateur qui a bouleversé notre univers technologique. Mais les évolutions politiques, sociales, philosophiques, religieuses, se sont faites dans l’immobilité…"



2084 - La fin du monde Boualem Sansal (Gallimard - 275 pages – 19,50 euros)

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Il suffit que tu les déplaces en terre, au soleil, en plein vent, sous la pluie, pour qu'ils crèvent. Tellement ils sont fragiles
." Lo de

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